Anxiété

Mis à jour : Mardi 24 Novembre 2015

S’il est normal de ressentir de l’anxiété la veille d’un examen ou lorsque l’on se trouve face à un problème ponctuel, il arrive que ce sentiment prenne une importance injustifiée et handicapante. Lorsqu’elle est pathologique, l’anxiété prend des formes variées : attaque de panique, phobie, troubles obsessionnels compulsifs, etc.

Quelles formes l’anxiété peut-elle prendre ?

contrôler son anxiété

A un degré raisonnable, l’inquiétude et l’anxiété sont des sentiments normaux et utiles. Lorsque ces périodes d’anxiété sont justifiées par des causes réelles (examen, soucis financiers, divorce, chômage par exemple), elles peuvent être considérées comme normales, même si elles durent plusieurs semaines. Elles constituent un système d’alerte face à une situation donnée et permettent de mobiliser les ressources de l’individu et de solliciter sa faculté d’adaptation.

L’anxiété devient pathologique lorsqu’elle persiste malgré la disparition de la situation qui l’a provoquée ou lorsque le système d’alerte se met constamment en route alors qu’aucun événement ne le nécessite vraiment. Ces symptômes deviennent rapidement incompatibles avec la vie quotidienne. On parle alors de troubles anxieux. Ils s’expriment de très nombreuses manières selon l’histoire familiale et personnelle du patient, son hérédité, son imaginaire ou les causes des premiers épisodes d’anxiété.

L’anxiété peut être diffuse, persistante, irrationnelle et concerner la plupart des situations de la vie quotidienne. On parle alors d’anxiété généralisée. Cette angoisse impossible à contrôler est source de souffrance et rend impossible tout plaisir.

L’anxiété peut également se fixer sur une ou plusieurs situations très précises dont la présence va provoquer des symptômes intenses. Ce sont les troubles phobiques. La phobie devient grave lorsqu’elle oblige la personne touchée à restreindre ses activités.

Parfois, l’anxiété se concentre de manière intense sur une période très courte, quelques minutes à peine. Sans signe annonciateur, elle surgit violemment et provoque des symptômes qui peuvent simuler une crise aiguë de maladie cardiaque, pulmonaire ou neurologique. Ce sont les troubles paniques, également appelés attaque de panique ou crise d’angoisse.

Quelle que soit la forme de l’anxiété, ses manifestations sont souvent similaires. Aux symptômes psychologiques (angoisse, peur, nervosité, difficultés à se concentrer, irritabilité, distraction) s’ajoutent des symptômes physiques parfois éprouvants : palpitations cardiaques, tension musculaire, sensation d’étouffement, sueurs, bouffées de chaleur ou de froid, sensation de boule dans la gorge ou dans l’estomac, insomnies, etc. Ces symptômes physiques n’évoquent pas toujours de manière très évidente l’anxiété, et les patients redoutent d’être atteints d’une autre maladie.

Dans certains cas, l’anxiété ne provoque pas ce type de symptômes mais entraîne la mise en place d’une action répétitive destinée à la soulager de manière temporaire. Ce sont les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Le rituel adopté se répète de plus en plus souvent et finit par gêner la vie sociale et professionnelle du patient, qui vit son anxiété dans le secret et la honte.


Comment se manifeste l’anxiété ?

Les symptômes psychiques

L’anxiété se manifeste par un sentiment diffus d’inquiétude qui a des répercussions négatives sur le quotidien. La personne ressent de la peur et de l’angoisse face à la plupart des événements de la vie et craint toujours l’arrivée d’une catastrophe. Même lorsque les choses vont bien, elle se dit que cela ne va pas durer. Elle est fatiguée, irritable, a du mal à se concentrer et se sent incapable de contrôler les situations qui se présentent. Parfois, elle s’isole par peur de ne pas avoir le contrôle de ce qui l’entoure (anxiété sociale).

Parfois, la personne angoissée cherche à échapper à sa peur du lendemain en devenant hyperactive, en se lançant dans une fuite en avant qui lui permet d’avoir l’impression de contrôler ce que l’avenir lui réserve.

Les symptômes physiques

Les symptômes physiques sont variés et nombreux : troubles du sommeil, douleurs musculaires, palpitations, tremblements, mains moites, vertiges, frissons, maux de tête ou maux de ventre, diarrhée ou constipation, sensation de serrement au niveau de la poitrine, impression d’étouffer, nœud à l’estomac ou à la gorge, spasmophilie, envie constante d’uriner, etc.

Le cas de la spasmophilie

La spasmophilie est une trop grande sensibilité émotionnelle qui se manifeste par une crise subite, regroupant un ensemble de symptômes très variés : paupières et muscles du visage qui tressaillent, sensation de vertiges et évanouissements, fourmillements, perte de la sensibilité dans les mains, paralysie des doigts, sensation d’étouffer, palpitations, par exemple. Pour les psychiatres, la spasmophilie est une manifestation des troubles anxieux.

Quelles sont les causes de l’anxiété ?

    Des facteurs bien identifiés peuvent provoquer des états d’anxiété, parmi lesquels :
  • une situation de stress avec épuisement physique ou psychique, par exemple un stress chronique au travail ;
  • une maladie ou un décès dans la famille ou dans le cercle d’amis ;
  • une situation professionnelle précaire ;
  • une nouvelle étape de la vie (comme un départ à la retraite, un divorce, le départ d’un enfant de la maison) ;
  • les changements hormonaux de la ménopause ;
  • une expérience négative (une agression physique, par exemple) ;
  • des affections psychiques telles que la dépression ou la schizophrénie.

Du point de vue de la psychanalyse, l’anxiété traduirait l’existence de conflits inconscients non résolus à des stades fondamentaux du développement de l’enfant. Ces conflits, parmi lesquels figurent l’angoisse de séparation et la crainte de perdre un être aimé, peuvent émerger de façon spontanée ou à la suite d’une expérience traumatisante particulière.

 


 

Comment diagnostique-t-on l’anxiété ?

Le diagnostic d’anxiété est posé lorsque le malade se plaint de soucis excessifs, chroniques et incontrôlables depuis plus de six mois et qu’il présente au moins trois des six symptômes suivants : fatigue, irritabilité, difficultés à se concentrer, troubles du sommeil, douleurs musculaires, agitation ou surexcitation.

L’anxiété est souvent mal prise en charge, parce que les personnes concernées hésitent à consulter. Elles pensent que leur anxiété exacerbée est un trait de leur personnalité, qu’elles doivent la subir et qu’il n’y a pas de remède. La majorité des personnes souffrant d’angoisse déclare avoir toujours éprouvé cette inquiétude excessive.

Conduite à tenir en cas d'anxiété
  Si l'anxiété a des répercussions importantes sur la vie sociale ou professionnelle.
  Si la personne craint de perdre le contrôle de ses émotions.
  Si l'anxiété s'accompagne d'idées noires, d'insomnies ou de lassitude dès le matin.
  Si l'anxiété dure plus de quatre à cinq jours, ou si elle revient fréquemment.
  Si cette anxiété mène à un abus d'alcool, de drogues ou de médicaments.
  Si les symptômes physiques (palpitations, insomnies, nausées, etc.) deviennent insupportables.
  Si la personne ressent le besoin de parler de son anxiété.
  Si l'anxiété est passagère, provoquée par une raison identifiable et ponctuelle.
  Si l'anxiété est connue et ancienne.
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Consultez un médecin dans les jours qui viennent.
Il est possible de s’automédiquer.

L’anxiété est-elle fréquente ?

L’anxiété généralisée constitue le trouble anxieux le plus courant. Elle touche entre 5 % et 8 % de la population. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes, surtout après 40 ans. À partir de cet âge, une femme sur dix est concernée.

Comment évoluent les troubles anxieux ?

Si les troubles anxieux ne sont pas traités, ils peuvent évoluer vers la dépression. L’anxiété non traitée peut aussi entraîner alcoolisme, dépendance aux drogues ou tentatives de suicide. Des complications à long terme sont possibles, entraînant par exemple un risque accru d’hypertension artérielle, de maladies cardiaques, de cancer ou de diabète. De plus, l’anxiété généralisée favorise l’apparition d’autres troubles anxieux, phobie simple ou phobie sociale, troubles paniques, troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

En revanche, un traitement adapté, incluant une psychothérapie, réduit sensiblement les symptômes et permet de contrôler l’angoisse. Des rechutes peuvent cependant se produire. Dans ce cas, le traitement devra être repris.


Les enfants souffrent-ils d’anxiété ?

L’anxiété est normale à certains moments du développement d’un enfant. Par exemple, pendant les années préscolaires, un enfant est souvent anxieux à l’idée de se séparer de ses parents. Comme chez l’adulte, cette anxiété devient pathologique lorsqu’elle interfère avec les activités quotidiennes. Elle peut alors entraîner des difficultés sociales ou scolaires. Les signes les plus fréquents de l’anxiété chez l’enfant sont les troubles du sommeil, le refus d’aller à l’école (phobie scolaire), de participer à des activités sportives ou d’aller dormir chez ses camarades, certains symptômes physiques comme les maux de ventre et les vomissements ou la fatigue. L’anxiété peut être difficile à identifier par les parents, car les enfants anxieux sont souvent sages, calmes et soucieux de plaire. Lorsqu’un enfant en souffre, un traitement psychologique doit être mis en place le plus rapidement possible. 


Que faire pour dissiper un épisode d’angoisse ?

Un événement important a lieu demain. Jusqu’alors vous n’étiez pas très inquiet, et soudain vous êtes pris d’une bouffée d’angoisse. Votre cœur se met à battre plus vite, vos mains deviennent moites, vous avez des difficultés à avaler votre salive, vous vous sentez mal et n’arrivez pas à vous raisonner.

  • Des techniques simples de relaxation peuvent être efficaces pour vous calmer. Respirez lentement et profondément pendant quelques minutes. Bloquez votre respiration en comptant jusqu’à trois à la fin de chaque inspiration. Videz complètement vos poumons à chaque expiration. Détendez vos muscles de manière consciente en commençant par le bas du corps et en remontant progressivement jusqu’au visage. Relativisez autant que possible l’événement stressant, en essayant d’en voir les côtés positifs.
  • Les participants à des épreuves sportives ou à des examens doivent s’adapter à des impératifs parfois contradictoires, être motivés et combatifs, tout en restant maîtres d’eux-mêmes. Certaines personnes ont une aptitude naturelle à contrôler leur stress et à maintenir leur vigilance à un niveau favorable à la performance. D’autres ont besoin de recourir à des techniques particulières contre le stress : relaxation, respiration profonde, auto contrôle, etc.
    Les méthodes de gestion du stress varient d’une personne à l’autre. Certains ont besoin de s’isoler avant les épreuves, pour se concentrer et garder l’esprit fixé sur leur objectif. D’autres préfèrent passer du temps entourés d’amis, de coéquipiers, de collègues… pour un soutien et des encouragements mutuels.
  • Tâchez de vous souvenir de la façon dont vous avez préparé des épreuves par le passé et de vous rappeler quelles actions vous ont été les plus bénéfiques. Vous pourrez ainsi les appliquer, voire les améliorer.

Comment prévenir l’anxiété ?

Comme l’anxiété est une réaction normale, les mesures de prévention visent plutôt à éviter qu’une anxiété passagère ne s’installe de manière durable. La parole est un excellent moyen de soulager un sentiment anxieux. Il ne faut pas hésiter à parler à un proche, un médecin ou un professionnel du soutien psychologique. Les inquiétudes non exprimées ont rapidement tendance à devenir difficiles à supporter. Les activités sportives sont souvent d’une aide précieuse pour les personnes qui sont d’un tempérament anxieux : l’activité physique lutte contre le stress, détend, change les idées et permet d’éliminer les tensions physiques.

Pratiquez des activités de relaxation (yoga, tai-chi, sophrologie, etc.) susceptibles de favoriser la gestion du stress. Essayez de vous coucher tôt et d’avoir un sommeil suffisant. Assurez-vous que votre alimentation est équilibrée et satisfaisante. Réduisez votre consommation de caféine (café, thé, colas, chocolat, guarana, etc.).


L’anxiété est une maladie difficile à vivre qu’il est nécessaire de traiter. Une prise en charge associant éventuellement la prise de médicaments adaptés, une psychothérapie de soutien et un changement du mode de vie peut apporter une aide considérable à la personne anxieuse.

Les psychothérapies sont-elles un traitement de l’anxiété ?

Le principal traitement de l’anxiété repose sur les techniques de psychothérapie. Une psychothérapie devrait être systématiquement entreprise par la personne anxieuse, en association éventuelle avec des médicaments si les symptômes sont trop difficiles à supporter.

Une psychothérapie de soutien peut être initiée par le médecin généraliste dès la première consultation. Celui-ci écoute et conseille le patient en fonction des situations qui provoquent chez lui de l’anxiété. Lors de cette première approche, la personne anxieuse peut percevoir l’intérêt d’une psychothérapie spécialisée et structurée.

Les thérapies cognitives et comportementales ont été les plus étudiées dans le traitement de l’anxiété. Elles ont montré une efficacité durable, à condition que le traitement ait été suffisamment intense et prolongé : au moins une séance par semaine pendant trois à six mois. Ces thérapies visent tout d’abord à comprendre les circonstances dans lesquelles les symptômes d’anxiété apparaissent, à identifier le mode de pensée négatif et irrationnel qui entre en jeu, puis à le modifier. Soutenu par le thérapeute, le malade anxieux apprend à reconnaître les facteurs déclenchant l’anxiété, et à surveiller ses réactions. Il prend conscience de son interprétation catastrophique des événements. Petit à petit, il mesure mieux le niveau réel de menace liée aux aléas et sa capacité à y faire face.

Les thérapies cognitives et comportementales peuvent aussi comporter des techniques de relaxation et de respiration, qui aident le patient à se détendre.

Les psychothérapies d’inspiration analytique peuvent aider à découvrir les raisons profondes de l’anxiété, en identifiant les traumatismes précoces des premières relations affectives. Malgré l’absence d’études de référence, l’expérience montre que ce type de thérapie améliore significativement et durablement l’état des personnes souffrant d’un trouble anxieux handicapant.

Peut-on traiter son anxiété en changeant ses habitudes de vie ?

L’activité physique, alliée à un régime alimentaire équilibré et à un rythme de vie régulier, semble particulièrement bien compléter les autres types de traitement. La marche, la course, la natation et le vélo sont ainsi recommandés pour gérer le stress et lutter contre l’anxiété, à raison d’une trentaine de minutes par jour si possible.

L’arrêt de l’alcool et du tabac, ainsi que la diminution de la consommation de café permettent également de faire régresser les symptômes de l’anxiété.

Enfin, chacun peut choisir une méthode de relaxation à son goût, parmi toutes celles à sa disposition, telles le yoga, la méditation, les massages ou la sophrologie.


Comment apaiser une anxiété légère ?

    En cas d’anxiété légère ou d’inquiétude passagère – dont la cause est connue et ponctuelle – on peut prendre un médicament sans ordonnance. Celui-ci peut contenir :
  • des extraits de plantes (aubépine, passiflore, valériane, etc.) connues pour leurs propriétés sédatives ;
  • des sels de brome ;
  • des oligoéléments, notamment en cas d’irritabilité ou de spasmophilie ;
  • des médicaments homéopathiques ;
  • du magnésium. En effet, irritabilité, anxiété, fatigue passagère et troubles du sommeil peuvent être le signe d’une carence en magnésium ; dans ce cas, son apport peut se révéler utile.

Sédatifs contenant du brome

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Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Il est normal de ressentir de l’anxiété la veille d’un examen ou lorsque l’on se trouve face à un problème ponctuel. Tant que ces troubles demeurent passagers et ne constituent pas un handicap dans la vie quotidienne, ils peuvent être soulagés par des règles d’hygiène de vie et la prise de plantes sédatives (calmantes).

Quelles plantes pour soulager une anxiété légère ?

phytothérapie

Les plantes proposées ont essentiellement des propriétés sédatives (calmantes). Elles sont utilisées séparément ou dans des formules composées de plusieurs plantes. On les trouve le plus souvent sous forme de médicaments ou d’extraits en gélules, en comprimés ou telles quelles en infusions.

La valériane pour soulager une anxiété légère

La valériane a montré une certaine efficacité dans les troubles du sommeil liés à l’anxiété. Mais son action n’est pas immédiate : une dose unique reste sans effet et ce n’est qu’après deux à quatre semaines d’utilisation que ses bénéfices se font ressentir.

La passiflore pour soulager une anxiété légère

L’utilisation de la passiflore pour calmer les manifestations de l’anxiété comme les troubles du sommeil et les palpitations repose essentiellement sur la tradition. La passiflore est proposée en infusion de feuilles ou en poudre séchée de feuilles et de fleurs ; elle est souvent associée à l’aubépine, qui possède également des propriétés sédatives. Les mécanismes d’action sont mal connus.

Le houblon pour soulager une anxiété légère

Les inflorescences du houblon contiennent une huile essentielle très parfumée et des composés oxygénés qui sont à l’origine des effets sédatifs de cette plante.

La mélisse pour soulager une anxiété légère

Des extraits de feuilles de mélisse ont montré une activité sédative (calmante) au cours d’études chez les animaux. Mais les substances responsables de ces effets n’ont pas été formellement identifiées.

Les autres plantes pour soulager une anxiété légère

Le coquelicot (Papaver rhoeas), l’eschscholtzia (Eschscholtzia californica) ou la camomille allemande (Matricaria recutita) auraient des vertus sédatives. On les trouve généralement associés à d’autres plantes ou substances dans des médicaments ou compléments alimentaires.

Existe-t-il des risques à soulager une anxiété légère avec des plantes ?

Du fait de leur effet sédatif, les plantes utilisées pour réduire les effets de l’anxiété légère peuvent provoquer une baisse de la vigilance dans la journée et se révéler dangereuses pour les personnes conduisant un véhicule ou une machine-outil.

L’utilisation de la mélisse et de la valériane demande des précautions particulières. Elles peuvent interagir avec de nombreux médicaments et augmenter les effets des autres plantes. De même, mieux vaut éviter de consommer des boissons alcoolisées.

Du fait de leur teneur en tanins, la mélisse et la valériane ne doivent pas être prises avec des médicaments ou des compléments alimentaires destinés à apporter du fer. De plus, la valériane ne doit pas être utilisée chez les personnes qui souffrent de troubles du foie.

En l’absence d’amélioration après quatre semaines de traitement, mieux vaut contacter votre médecin afin d’envisager un autre type de traitement.


Quels médicaments contre les troubles anxieux ?

Les troubles anxieux peuvent être traités par plusieurs types de médicaments : certains antidépresseurs, les anxiolytiques (essentiellement benzodiazépines et buspirone) et d’autres médicaments (prégabaline). Les premiers anxiolytiques (tranquillisants) utilisés étaient des médicaments sédatifs puissants qui soulageaient l’anxiété en réduisant l’état de vigilance du patient. L’angoisse diminuait au prix d’une somnolence plus ou moins permanente. Depuis une trentaine d’années, des médicaments mieux ciblés sont apparus. Ils soulagent les symptômes anxieux sans entraîner de tels effets indésirables.

Les médicaments ne doivent être prescrits que dans les cas où les troubles anxieux deviennent invalidants et entravent la vie quotidienne. Le traitement de fond des troubles anxieux repose essentiellement sur les psychothérapies.

Les antidépresseurs

Certains médicaments antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) et de la noradrénaline (IRSNA) sont prescrits dans certaines formes invalidantes d’anxiété : anxiété généralisée évoluant depuis plus de 6 mois, troubles paniques, phobie sociale. Ce sont désormais les médicaments prescrits en priorité. Leur efficacité contre l’anxiété n’est pas immédiate ; il faut au moins deux à quatre semaines pour en ressentir les effets bénéfiques. Une durée de traitement d’au moins six mois semble nécessaire pour une guérison durable. L’arrêt du traitement se fait progressivement pour éviter d’éventuels effets indésirables liés à cet arrêt.

La duloxétine (CYMBALTA et génériques) peut être responsable de troubles hépatiques et expose à un risque suicidaire. Les autorités de santé estiment que sa balance bénéfice risque est défavorable dans le traitement de l’anxiété généralisée. Les médicaments à base de duloxétine ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie dans cette indication.

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Les benzodiazépines anxiolytiques

Les benzodiazépines anxiolytiques agissent en augmentant la capacité de relaxation et en diminuant les manifestations physiques de l’anxiété. Leur action est rapide. Elles ne peuvent pas constituer un traitement de fond. Elles ne doivent être utilisées que pour de courtes durées (douze semaines au maximum) et à la dose efficace la plus faible possible, en raison du risque de dépendance. Le traitement est revu régulièrement par le médecin. L’arrêt du traitement se fait très progressivement pour éviter les réactions de sevrage, même en cas de prises de courte durée.
Il est fréquent de ressentir une somnolence en début de traitement. Attention, il est préférable d’éviter de conduire lorsque l’on prend ces médicaments.
Les benzodiazépines anxiolytiques sont susceptibles de déclencher des réactions paradoxales avec augmentation de l'anxiété, ou des troubles de la mémoire (amnésie antérograde).

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Les autres anxiolytiques

La buspirone est un anxiolytique qui semble plus efficace sur les signes psychiques de l’anxiété que sur les symptômes physiques. Deux à trois semaines peuvent être nécessaires pour ressentir ses effets. La durée du traitement varie en fonction du type d’anxiété traitée. Il entraînerait moins de risques de dépendance, de troubles de la mémoire et de somnolence que les benzodiazépines.

L’hydroxyzine (ATARAX et ses génériques) est un anxiolytique de la famille des antihistaminiques. Il est indiqué dans les manifestations mineures de l’anxiété. Son principal effet indésirable est un effet sédatif. Il expose à un risque de troubles du rythme cardiaque qui imposent des restrictions d’utilisation dans certains cas. La durée de prescription est limitée à 12 semaines.

La captodiamine (COVATINE) et l’étifoxine (STRESAM) sont des anxiolytiques ayant une action différente de celle des benzodiazépines. Ils sont plutôt destinés à soulager les manifestations psychosomatiques de l’anxiété.

Anxiolytiques : buspirone

Autres anxiolytiques

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Un médicament antiépileptique

Une substance habituellement prescrite contre l’épilepsie, la prégabaline (Lyrica), a montré une efficacité dans le traitement des symptômes du trouble anxieux généralisé.

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Autres traitements de l'anxiété

Certains neuroleptiques sont également indiqués pour traiter certains états anxieux, notamment en cas d'échec des autres traitements habituellement utilisés.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Neuroleptiques dits classiques

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Bien utiliser les médicaments de l’anxiété

Il est important de respecter la posologie et les conditions de prise préconisées par le médecin. En règle générale, le traitement est mis en place par augmentation progressive de la posologie. L’objectif est d’identifier la dose efficace minimale pour limiter les effets indésirables et le risque d’accoutumance. Les personnes âgées sont souvent sensibles à des doses plus faibles. Il est inutile et dangereux de prendre simultanément deux anxiolytiques.

Le traitement par benzodiazépine ne doit pas durer plus de quelques semaines (en général entre quatre et six semaines). Il doit être ensuite réévalué par le médecin en fonction de la situation et des effets de la prise en charge psychothérapeutique. L’arrêt du traitement se fait par réduction progressive des doses.

La prise d’un médicament anxiolytique implique que l’on ne boive pas d’alcool. La combinaison de ces deux substances peut en effet entraîner des troubles du comportement, de la mémoire, et augmenter les risques d’accident. C’est pourquoi il est déconseillé de conduire ou d’utiliser des outils potentiellement dangereux.

Les risques d’interactions entre les anxiolytiques et d’autres médicaments sont importants. Pour cette raison, il est indispensable de signaler la prise d’anxiolytiques à son pharmacien ou à tout nouveau médecin consulté.

Que faire en cas de grossesse ou d’allaitement ?

En cas de grossesse, il ne faut jamais prendre d’anxiolytiques sans en parler au préalable à son médecin. Mieux vaut s’abstenir de tout usage de benzodiazépines pendant le premier trimestre. Pendant l’allaitement, il est indispensable de consulter son médecin avant de prendre ce type de médicaments.


Comment soutenir une personne souffrant d’anxiété ?

L’anxiété généralisée est une maladie qui bouleverse la vie de la personne atteinte, mais également, parfois, celle de son entourage. Les proches peuvent jouer un grand rôle en faisant preuve de compréhension, et en encourageant le patient à prendre régulièrement ses médicaments et à suivre une psychothérapie.

Accompagner et encourager

Comme dans toutes les maladies psychiques, il est primordial d’encourager la personne qui souffre d’anxiété généralisée à se faire soigner et à suivre une psychothérapie.

La solitude et l’inactivité aggravent l’anxiété généralisée. Si l’un de vos proches est atteint de cette maladie, sachez que votre présence attentive et votre investissement à ses côtés sont déjà bénéfiques pour lui. Même si cela ne vous paraît pas évident, votre patience et votre affection peuvent faire la différence et devenir un véritable soutien vers un mieux-être. Essayez de ne pas juger ni minimiser ses sentiments négatifs.

Se faire aider

Il est difficile de vivre avec une personne anxieuse. Son pessimisme, sa tendance à tout dramatiser peuvent rejaillir sur la famille entière. L’entourage peut se sentir découragé, avoir l’impression de se battre en permanence pour l’amener à voir la vie de façon positive. C’est un travail complexe qui peut nécessiter une aide. N’hésitez pas à consulter un psychothérapeute si vous sentez que vous perdez pied face à un proche souffrant de troubles anxieux, ou à contacter une association de patients pour exprimer les difficultés rencontrées dans un groupe de parole.