Les traitements de l’état de stress post-traumatique

Mis à jour : Mercredi 14 Juin 2017

Après un événement traumatique, il est préférable de se faire suivre par un médecin généraliste formé à ce type de prise en charge, ou par un psychiatre. Le traitement de l’ESPT repose sur des mesures psychothérapeutiques susceptibles d’être complétées par la prescription de médicaments.

Quelles sont les mesures psychothérapeutiques utilisées ?

La prise en charge psychothérapeutique fait appel aux thérapies comportementales et cognitives, à l’EMDR (voir encadré), à l’hypnose ou à la sophrologie, qui ont toutes montré une certaine efficacité dans le traitement de l’ESPT.

L’EMDR ne doit pas être utilisée chez les personnes souffrant de maladies psychotiques. L’hypnose peut être bénéfique sur les symptômes tels que l’anxiété, les cauchemars, ou les douleurs.

Qu’est-ce que l’EMDR ?
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une technique de désensibilisation et de reprogrammation par les mouvements oculaires) mise au point dans les années 1980 aux Etats-Unis. Elle est proposée pour traiter les troubles liés à un ou plusieurs traumatismes précis, récents ou anciens.
La thérapie débute par plusieurs séances au cours desquelles le thérapeute aide le patient à identifier les souvenirs traumatiques ou, à défaut, les manifestations liées à des traumatismes oubliés. Ces souvenirs sont ensuite traités un par un au cours de séances d’EMDR qui durent de quarante-cinq à quatre-vingt-dix minutes. Le patient se concentre sur les sensations physiques ressenties lors du traumatisme tout en effectuant des mouvements des yeux d’un côté puis de l’autre, selon les conseils du thérapeute. Parfois, les mouvements des yeux sont remplacés par des stimulations tactiles ou des bips sonores alternant de chaque côté du corps. Les séances se succèdent jusqu’à ce que l’évocation des souvenirs traumatiques n’évoque plus que des pensées calmes et positives.
La thérapie EMDR est censée permettre au cerveau de retraiter les informations enregistrées lors du trauma afin de les débarrasser de leur charge affective. Parce qu’elle repose sur l’évocation de souvenirs traumatiques, la thérapie EMDR ne doit être pratiquée que par un professionnel de la santé psychique (psychiatre, psychologue, etc.) spécialement formé à cette technique.

Quels sont les traitements médicamenteux du stress post-traumatique ?

Certains médicaments antidépresseurs ont également une action bénéfique, démontrée dans le cadre d’études cliniques, et cela même si la personne n’est pas déprimée. La paroxétine (Déroxat, Divarius et génériques) et la sertraline (Zoloft et génériques) sont les seules molécules ayant une indication officielle dans le traitement du stress post-traumatique. En cas d’échec, un autre antidépresseur peut être prescrit par le psychiatre. Si les problèmes de sommeil sont importants, un traitement hypnotique peut être proposé.

Les traitements peuvent être mis en place dès que le stress devient anormalement persistant (plus d’un mois après l’événement traumatisant). En général, leurs effets positifs se font ressentir au bout de trois à quatre mois.

Légende
Médicament générique

Quelle place pour l’activité physique adaptée dans la prise en charge de l'état de stress post-traumatique ?

ordonnance

L’activité physique adaptée (APA) fait partie des traitements non médicamenteux de l'état de stress post-traumatique (ESPT). En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à une amélioration de l’humeur et de l’estime de soi, une réduction du stress et favorise la reconstruction de l’image de soi.

De nombreuses activités sportives peuvent être adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant de ESPT : par exemple, escrime et natation. En particulier, la Fédération française d’escrime propose des activités adaptées spécifiquement destinées aux personnes qui ont été victimes de violences sexuelles et dont le but est de se reconstruire et de reprendre confiance en soi.

Dans le cadre du ESPT, le médecin traitant peut désormais prescrire de l’APA en précisant les objectifs recherchés (lutte contre le stress, amélioration de l’image de soi, etc.) et les contre-indications propres au patient. Dans les clubs qui proposent ces disciplines, des éducateurs formés à la pratique du sport santé sont chargés de définir des protocoles de remise en forme et d’entraînement adaptés à chaque cas particulier. Les frais engagés, souvent modestes, sont parfois pris en charge par les assurances complémentaires (« mutuelles ») ou les mairies/départements.

Les patients qui ont recours à ces activités adaptées témoignent de bénéfices physiques (par exemple sur l’autonomie et l’endurance), mais également de bénéfices psychosociaux (lutte contre l’isolement, meilleure image de soi).

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