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Les médicaments contre le VIH/sida

Mis à jour : Lundi 21 Novembre 2016

Les médicaments utilisés contre le VIH sont des substances qui ont été conçues pour bloquer différentes étapes de la multiplication du VIH ou pour réduire sa capacité à infecter de nouveaux lymphocytes CD4 : ce sont des médicaments dits « antiviraux » ou « antirétroviraux » (le VIH appartient à la famille des rétrovirus).

Depuis 1997, les traitements contre le VIH peuvent être achetés dans toutes les pharmacies, que ce soit en ville ou à l’hôpital. Ils peuvent être prescrits pas tous les médecins, mais ils doivent être prescrits la première fois à l’hôpital. Le coût des antirétroviraux est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.

Les médicaments destinés à la prévention et au traitement des maladies opportunistes qui caractérisent la phase sida de la maladie ne sont pas traités ici.

Les trithérapies contre le VIH

Il existe actuellement six classes de médicaments anti-VIH avec des mécanismes d’action différents : inhibiteurs nucléosidiques et nucléotidiques de la transcriptase inverse (INTI), inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI), inhibiteurs de protéase (IP), inhibiteurs de fusion, inhibiteurs d’intégrase et les antagonistes du récepteur CCR5

Les médicaments contre le VIH sont prescrits sous forme de « trithérapies », des associations de trois substances antivirales qui appartiennent à des classes différentes. Le plus fréquemment, ces trithérapies se composent de :

  • deux inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse (INTI, voir ci-dessous),
  • d’un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI, voir ci-dessous) ou d’un inhibiteur de protéase « boosté » par le ritonavir (voir ci-dessous).

Dans le cas particulier du VIH-2, moins courant, la trithérapie se compose de deux INTI et d’un inhibiteur de protéase (lopinavir ou darunavir) « boosté » par le ritonavir.

Le traitement du VIH chez la femme enceinte
Chez la femme enceinte déjà traitée par le VIH, le traitement est maintenu sauf s’il contenait de l’efavirenz, incompatible avec la grossesse. Dans ce cas, ce médicament est remplacé par un autre.
Chez la femme enceinte dont l’état de santé personnel ne justifie pas de traitement, un traitement contre le VIH est mis en place entre la 14e et la 26e semaine de grossesse, pour réduire le risque de transmission au fœtus. Ce traitement consiste en deux INTI associés à un inhibiteur de protéase.

Les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI)

La zidovudine (AZT), la stavudine (D4T) et la didanosine (DDI), médicaments historiques, ne sont plus utilisés dans les trithérapies prescrites en France au début de la maladie, au profit d’inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse produisant moins d’effets indésirables, notamment le ténofovir (VIREAD), la lamivudine (seule dans EPIVIR, en association dans COMBIVIR, KIVEXA, TRIZIVIR) et l'emtricitabine (seule dans EMTRIVA, en association dans ATRIPLA, EVIPLERA, STRIBILD, TRUVADA).

Les substances appartenant à cette famille d’antiviraux présentent peu d’interactions.

Les effets indésirables diffèrent selon les substances. Des examens médicaux et une surveillance régulière permettent d’en dépister certains. Tous les médicaments de cette famille exposent à une toxicité (acidose) pouvant se traduire par une altération de l’état général, des douleurs musculaires, des troubles digestifs, une insuffisance rénale. à une complication aiguë, l’acidose lactique. Elle est devenue rare avec la commercialisation des substances les plus récentes.

L’abacavir (seul dans ZIAGEN, en association dans KIVEXA, TRIZIVIR et TRIUMEQ) peut provoquer des réactions d’hypersensibilité potentiellement graves. La présence d’un marqueur génétique (l’allèle HLA-B*5701) chez le patient prédispose à ces réactions d’allergie. Avant la prescription d’abacavir, le médecin demande un test sanguin destiné à rechercher ce marqueur qui, s’il est présentt, contre-indique son usage.

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Médicament générique

Les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI)

Les INNTI sont prescrits contre le VIH, en association avec d'autres antirétroviraux dans le cadre des trithérapies. Ils ne doivent jamais être utilisés seuls, sinon le VIH peut développer facilement une résistance susceptible de compromettre l’efficacité des traitements ultérieurs. Le strict respect des doses et des prises est particulièrement important avec ces traitements.

Ces substances ont tendance à interagir avec de nombreux autres médicaments, ce qui en complique l’usage. Ce risque d'interaction peut amener le médecin à faire doser la concentration sanguine des antirétroviraux utilisés en association afin d’ajuster les dosages.

Les effets indésirables de l’efavirenz (SUSTIVA), de la névirapine (VIRAMUNE) et de l'étravirine (INTELENCE) sont principalement cutanés : rougeurs de la peau, et rarement éruption cutanée étendue grave. Des atteintes hépatiques sont également possibles avec la névirapine. Des troubles neuropsychiques (vertiges, somnolence, cauchemars, trouble de la concentration, syndrome dépressif) ont été observés avec l'efavirenz.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 18 Mai 2017

Inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse

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Médicament générique

Les inhibiteurs de protéase (IP) contre le VIH

Les inhibiteurs de protéase (IP, ou antiprotéases) ont, par leur efficacité, révolutionné le traitement de l’infection par le VIH/sida. Ils bloquent la formation des protéines finales du VIH. Ils interagissent avec de nombreux médicaments qui peuvent modifier leur concentration dans le sang : trop élevée, celle-ci est à l’origine d’effets indésirables ; trop faible, elle favorise l’apparition de VIH résistants. Pour éviter ce type de problème, le médecin peut faire doser la concentration d’inhibiteur de protéase dans le sang afin d’affiner le dosage prescrit à son patient.

Les effets indésirables des inhibiteurs de protéase sont variables selon les substances : des troubles digestifs (diarrhée, douleurs abdominales) avec le lopinavir, des calculs rénaux avec l’indinavir et l’atazanavir, des troubles du métabolisme (diabète, excès de cholestérol ou de triglycérides), une lipodystrophie (trouble de la répartition des graisses avec accumulation au niveau du ventre ou de la nuque, et perte de graisse au niveau des jambes et du visage).

Un inhibiteur de protéase, le ritonavir (NORVIR), est utilisé soit pour ses propriétés antivirales sur le VIH, soit à toute petite dose pour « booster » les autres inhibiteurs de protéase (c’est-à-dire pour maintenir plus longtemps des concentrations efficaces dans le sang, réduisant ainsi le nombre de prises dans la journée).

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 18 Mai 2017

Inhibiteurs de protéase

Les inhibiteurs de fusion du VIH

Les inhibiteurs de fusion perturbent l’entrée du VIH dans de nouveaux lymphocytes. L’enfuvirtide est à ce jour le seul représentant de cette famille. Il s'administre sous la forme de deux injections par jour sous la peau. Les réactions d’irritation au site d'injection sont très fréquentes (98 % des patients).

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 18 Mai 2017

Inhibiteurs de fusion

Les inhibiteurs du CCR5

Comme les inhibiteurs de fusion, les inhibiteurs du CCR5 bloquent l’entrée d’un certain type de VIH (les VIH dits « à tropisme CCR5 ») dans de nouveaux lymphocytes. Le maraviroc (CELSENTRI) est prescrit chez les patients infectés par un VIH de ce type (ce qui s’évalue à partir d’une prise de sang). Il est plutôt réservé aux patients qui ont déjà reçu d’autres types de traitement.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 18 Mai 2017

Antagoniste des récepteurs CCR5

Les inhibiteurs de l'intégrase du VIH

L’intégrase est l’une des trois enzymes, avec la protéase et la transcriptase inverse, nécessaire à la réplication du VIH dans l’organisme. En bloquant cette enzyme, les inhibiteurs de l’intégrase perturbent l'intégration de l’ADN du VIH dans l’ADN des lymphocytes CD4. Le raltégravir (ISENTRESS) et le dolutégravir (TIVICAY) sont les deux représentants de ce type de substance antivirale. Ils sont utilisés en association avec d’autres antirétroviraux.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 18 Mai 2017

Inhibiteurs de l’intégrase

Les associations fixes de différentes familles d'antirétroviraux

Des comprimés contenant des associations fixes d’antiviraux de différentes familles sont désormais disponibles. Ces présentations simplifient la prise du traitement. Selon les associations, les comprimés associent deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (abacavir, emtricitabine, lamivudine, ténofovir) et un inhibiteur non nucléosidiques de la transcriptase inverse (efavirenz, rilpivirine) ou un inhibiteur d’intégrase (dolutégravir ou elvitégravir).

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 18 Mai 2017

Association d'antiviraux : emtricitabine + ténofovir alafénamide + elvitégravir + cobicistat

Association d’antiviraux : abacavir + lamivudine + dolutégravir

Association d’antiviraux : emtricitabine + ténofovir disoproxil + efavirenz

Association d’antiviraux : emtricitabine + ténofovir disoproxil + rilpivirine

Actualités

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