La prévention de l'infection par le VIH/sida

Mis à jour : Jeudi 06 Février 2020

En l’absence de vaccin et de traitement permettant de guérir définitivement l’infection par le VIH/sida, il est important de connaître et d’appliquer systématiquement les mesures de prévention qui ont prouvé leur efficacité.

Les règles de prévention du VIH dans la vie sexuelle

Les règles de prévention de l’infection par le VIH dans le cadre des rapports sexuels sont simples à comprendre mais souvent difficiles à appliquer de manière systématique. Elles reposent sur l’utilisation du préservatif pour toute pénétration, ainsi que pour la fellation. En cas de contact bouche/vulve ou bouche/anus, une digue dentaire (ou un préservatif fendu dans le sens de la longueur) doit être utilisée. L’objectif est d’éviter tout contact direct entre les muqueuses de la bouche, des organes génitaux et de l’anus/rectum avec le sperme, les sécrétions vaginales ou le sang.

PrEP, un traitement préventif sous certaines conditions

Depuis 2017, pour réduire le risque de contamination du VIH par voie sexuelle, les autorités de santé françaises ont autorisé l’utilisation de l’association ténofovir/emtricitabine (TRUVADA et certains génériques) dans la prévention pré-exposition au VIH (PrEP).

Cette prophylaxie pré-exposition s’inscrit comme un mode de prévention complémentaire aux autres mesures préconisées pour prévenir l’infection par le VIH : utilisation du préservatif (qui protège contre le risque d’autres infections sexuellement transmissibles, IST), dépistage régulier du VIH, prophylaxie post-exposition et, chez les personnes séropositives, traitement antirétroviral.

L’association ténofovir/emtricitabine (TRUVADA) est déjà commercialisée dans le traitement curatif du VIH/sida. Pour la prévention pré-exposition, elle est officiellement indiquée pour réduire le risque s’infection par le VIH-1 chez les adultes à haut risque de contamination. Elle est remboursée à 100 % dans cette indication.

    Les personnes à haut risque de contamination sont :
  • les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ou des personnes transgenres avec des personnes transgenres ayant des rapports anaux non protégés avec des partenaires différents, ou ayant eu une infection sexuellement transmissible au cours de l’année, ou ayant pris un traitement post-exposition au cours de l’année, ou utilisant des drogues lors des rapports sexuels ;
  • les personnes jugées au cas par cas à haut risque d'acquisition du VIH par voie sexuelle.

L’utilisation de la prévention pré-exposition est encadrée par des modalités de prescription, de délivrance, d’administration et de suivi des patients susceptibles de recevoir le traitement :

  • L’ordonnance initiale doit être rédigée par un médecin expérimenté dans la prise en charge du VIH exerçant à l'hôpital ou dans un centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD dont la liste par département est disponible sur le site de Sida Info Service). L’ordonnance peut être renouvelée par un médecin généraliste dans la limite d’un an.
  • L’absence d’infection par le VIH doit être confirmée avant la prescription du traitement.
  • En cas de prévention continue, la posologie est de un comprimé de ténofovir/emtricitabine par jour, en continu.
  • Une prévention discontinue est également possible pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. La posologie est alors de deux comprimés dans les 24 heures qui précèdent une relation sexuelle à risque (et au plus tard 2 heures avant), puis un comprimé 24 heures après la première prise et un comprimé 24 heures après la deuxième prise. Si la période d'activité sexuelle à risque se prolonge sur plusieurs jours, il faut prendre un comprimé toutes les 24 heures en terminant après le dernier rapport sexuel à risque par 2 prises d'un comprimé espacées de 24 heures.
  • L’association ténofovir/emtricitabine peut entraîner des effets indésirables peu graves (nausées, diarrhée, douleurs abdominales, maux de tête) mais aussi des effets indésirables plus graves comme une insuffisance rénale ou une fragilité osseuse. Un suivi médical régulier incluant un dépistage du VIH et des autres infections sexuellement transmissible tous les 3 mois et une surveillance du fonctionnement des reins est nécessaire.
  • Fin 2019, environ 12 000 personnes reçoivent une PrEP en France.

Une brochure d'information sur la prévention pré-exposition (PrEP) et une carte de rappel des modalités de prise du médicament et des rendez-vous ont été élaborées par les autorités de santé. Ces documents doivent être remis au patient par le médecin.

Voir les actualités :

TRUVADA : extension d'indication en prévention de l'infection par le VIH et fin de la RTU, 02/2017

Prophylaxie pré-exposition contre le VIH : prescription désormais ouverte aux médecins des CeGIDD, 06/2016

Prophylaxie pré-exposition contre le VIH : où en est-on aujourd'hui ?, 09/2015

Prophylaxie pré-exposition contre le VIH : la RTU établie par l'ANSM, 09/2015

Qu'appelle-t-on Treatment as Prevention (TasP) ?

Le traitement systématique des personnes séropositives est également une forme indirecte de prévention de l'infection par le VIH. En effet, il est maintement prouvé que, lorsque ce traitement se traduit par une disparition du virus dans le sang (une "charge virale" indétectable), la personne traitée n'est plus contaminante. Cette stratégie de prévention, appelée TasP (Treatment as Prevention), implique de traiter toutes les personnes séropositives dès leur diagnostic et met en évidence l'importance de faire un test de dépistage très régulièrement lorsqu'on est exposé au risque d'une contamination par le VIH.

Que faire en cas de prise de risque au VIH ?

Si, lors d’un rapport sexuel ou d’un événement de la vie quotidienne, du sang ou des sécrétions sexuelles ont été en contact direct avec des muqueuses ou une plaie de la peau, il convient de prendre des mesures pour essayer de réduire le risque d’infection :

  • nettoyer les muqueuses ou la plaie avec de l’eau savonneuse, rincer, puis désinfecter avec un antiseptique, si cela est possible ;
  • consulter un service d’urgence hospitalier au plus vite pour éventuellement recevoir un traitement dit « post-exposition ». Ce traitement est d’autant plus efficace qu’il est débuté rapidement après l’exposition, si possible dans les 4 heures et au plus tard dans les 48 heures. Il contient des médicaments actifs contre le VIH et il est administré pendant un mois. Des tests sanguins sont faits avant et après le traitement pour s’assurer de l’absence d’infection par le VIH. Ces traitements provoquent souvent des effets indésirables désagréables mais ils doivent être pris comme indiqué pour être efficaces.

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