Ménopause

Mis à jour : Vendredi 04 Octobre 2019

Résultant de l’arrêt progressif de la production des hormones sexuelles par les ovaires, la ménopause peut occasionner des manifestations parfois très gênantes. Des traitements peuvent aider à passer ce cap parfois difficile, mais ils présentent certains inconvénients. D’autres mesures pour préserver son bien-être sont alors utiles.

Qu’appelle-t-on ménopause ?

ménopause

La ménopause est la période de la vie au cours de laquelle les ovaires réduisent leur production d'hormones sexuelles (estrogènes) : les règles s’arrêtent progressivement. Les femmes sont considérées comme étant ménopausées lorsqu'elles n'ont pas eu de règles depuis un an. Même si pour la majorité des femmes, la ménopause arrive vers l'âge de 50 ans, elle peut survenir de façon naturelle entre 40 et 55 ans. Les dernières menstruations sont généralement plus irrégulières et entraînent une hémorragie réduite. Au cours de la période qui précède la ménopause (pré-ménopause ou périménopause), la plupart des femmes commencent à ressentir des changements : règles irrégulières, premières bouffées de chaleur, irritabilité, troubles du sommeil, etc.

Des problèmes psychiques liés au manque d’estrogènes et aux troubles du sommeil peuvent également survenir. Enfin, la baisse du taux d'estrogènes a des effets sur de nombreux organes : le vagin, les os, les vaisseaux sanguins, les seins, la peau, les voies urinaires et l'appareil digestif.

Certains indices permettent de penser que les manifestations des troubles de la ménopause dépendent en partie de la façon dont les femmes abordent psychologiquement cette période de leur vie.

Quels sont les symptômes de la ménopause ?

La ménopause entraîne une grande variété de symptômes. Heureusement, la majorité des femmes ne connaîtront que quelques uns d'entre eux. Lorsque l'intensité de ces symptômes interfère avec la vie quotidienne, des traitements efficaces sont mis en place pour les soulager jusqu'à ce qu'ils disparaissent.

Les bouffées de chaleur

Présentes chez 75 % des femmes, les bouffées de chaleur s'accompagnent parfois de rougeur du visage et d'accélération du pouls. Elles durent de 30 secondes à deux minutes. Elles peuvent être spontanées ou être déclenchées par des aliments épicés, des boissons chaudes, l'alcool, la caféine ou le stress. Elles commencent à apparaître plutôt la nuit pour se manifester ensuite dans la journée. La nuit, elles s'accompagnent parfois d'une forte transpiration : les sueurs nocturnes, qui perturbent le sommeil. Les bouffées de chaleur durent en général quelques mois, puis s'atténuent.

Les changements du cycle menstruel

    Ils commencent avant la menopause proprement dite. Les règles deviennent plus ou moins abondantes, leur fréquence est irrégulière. Attention, consultez votre médecin si :
  • vous observez des saignements après les rapports sexuels, entre les règles, ou de manière inattendue ;
  • les règles sont très abondantes à moins de trois semaines d'intervalle, avec présence de caillots de sang.

Les troubles du sommeil

Outre l'inconfort des sueurs nocturnes, les modifications hormonales de la ménopause peuvent être à l'origine d'insomnies, avec des conséquences négatives sur la vigilance et sur la mémoire.

Les troubles de l'humeur

Les sautes d'humeur et l'irritabilité observées avant et pendant la ménopause sont dues à la fois aux changements hormonaux et aux troubles du sommeil. Parfois, des épisodes dépressifs sont également observés.

La sécheresse vaginale

La chute du taux d’estrogènes dans le sang entraîne une baisse de la lubrification vaginale ainsi qu’un amincissement et une perte d’élasticité des parois du vagin. Ces changements peuvent avoir un impact sur la vie sexuelle, aggravé parfois par une diminution du désir lié aux changements hormonaux de la ménopause.

Les troubles urinaires

La ménopause peut s'accompagner d'incontinence urinaire si les muscles du périnée perdent de leur tonus. De trop nombreuses femmes continuent à passer sous silence ces troubles, parfois très invalidants. Pourtant, des traitements existent et il ne faut pas hésiter à en parler avec son médecin.

Les autres signes

Au cours de la ménopause, certaines femmes se plaignent également de maux de tête, de fatigue, de douleurs musculaires, prise de poids et de sécheresse de la peau et des cheveux.

Quelles sont les complications éventuelles de la ménopause ?

L’abaissement du taux d'estrogènes a des conséquences à long terme sur les os, les vaisseaux sanguins et le cœur. Après la ménopause, le risque de déminéralisation des os est plus élevé, entraînant leur fragilisation et leur fracture en cas de chute : c'est l'ostéoporose.

Si les risques de maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, maladie coronarienne, athérosclérose, infarctus, accident vasculaire cérébral) sont plus faibles chez les femmes que chez les hommes, ils augmentent néanmoins après la ménopause. Dix ans après celle-ci, les risques encourus par les femmes sont aussi élevés que ceux encourus par les hommes du même âge.


Que faire en cas de ménopause ?

    Quelques mesures peuvent aider à passer le cap de la ménopause, même si elles n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques :
  • Mangez de manière équilibrée et évitez les aliments épicés, la caféine (café, thé, chocolat, cola) et les boissons chaudes ou alcoolisées génératrices de bouffées de chaleur. Enrichissez votre alimentation en calcium (lait et produits laitiers, eaux minérales riches en calcium, éventuellement préparations à base de calcium).
  • Faites du sport (marche, natation, vélo, etc.) pour régulariser votre sommeil et lutter contre la dépression , l’ostéoporose, le surpoids, le cholestérol et les maladies cardiovasculaires.
  • Relaxez-vous en pratiquant le yoga, la méditation, le tai chi, le stretching, etc.
  • Prenez le temps de vous occuper de votre corps : massages, hydratation, soins de la peau, etc.
  • Tâchez de trouver de nouvelles activités, de nouveaux intérêts et maintenez un bon cercle d’amis pour vous aider à franchir ce cap sans encombre.
Conduite à tenir en cas de ménopause
  Si les troubles de la ménopause sont intenses et interfèrent avec la qualité de la vie quotidienne.
  S'il existe des antécédents familiaux d'ostéoporose : fracture du poignet, du col du fémur, tassements vertébraux, arrondissement de la colonne vertébrale et réduction de la taille.
  Si les troubles se limitent à des bouffées de chaleur modérées ou à des problèmes de sécheresse vaginale.
Légende
Consultez un médecin dans les jours qui viennent.
Il est possible de s’automédiquer.

Que fait le médecin en cas de ménopause ?

Le médecin peut proposer une thérapie hormonale de substitution (THS) de la ménopause qui vise à corriger les symptômes liés au déficit en estrogènes. La décision de prescrire un THS est individuelle. Elle est prise par le médecin et la patiente, après une évaluation des bénéfices et des risques, adaptée à chaque cas. En cas de contre-indication à ce traitement, les femmes ayant des antécédents d’ostéoporose peuvent néanmoins bénéficier de traitements spécifiques, sans effet sur les autres troubles de la ménopause (bouffées de chaleur, insomnie, etc.).


Quels compléments alimentaires contre la ménopause ?

compléments alimentaires

De nombreux compléments alimentaires sont proposés pour soulager ces troubles en stimulant ou en remplaçant la production d'hormones sexuelles. Leur usage doit impérativement se faire sous contrôle médical.

Les isoflavones ou phytoestrogènes contre la ménopause

Avec la polémique sur les traitements hormonaux de la ménopause, de nombreuses femmes ont été tentées de prendre des comprimés ou des gélules à base de soja pour atténuer les effets de la ménopause. En effet, le soja renferme des isoflavones, également appelées phytoestrogènes ou estrogènes végétaux.

D'autres plantes, comme le trèfle rouge ou l'actée à grappes noires, contiennent un autre type de phytoestrogènes, les lignanes. Ces phytoestrogènes compenseraient partiellement la chute des estrogènes produits par les ovaires.

Les phytoestrogènes semblent moins efficaces que les estrogènes de synthèse : ils ne soulageraient que 30 % des femmes contre 70 % pour les produits de synthèse. De plus, les phytoestrogènes n’ont fait l’objet d’aucune étude clinique sur leur utilisation à long terme.

Depuis 2012, faute de preuves d'efficacité convaincantes, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant des isoflavones de prétendre favoriser la qualité des cheveux et la tonicité de la peau, de maintenir le bon fonctionnement des articulations pendant et après la ménopause, de soulager les symptômes vasomoteurs liés à la ménopause (« bouffées de chaleur »), ni de contribuer à maintenir la densité des os pendant ou après la ménopause.

La DHEA contre la ménopause

La DHEA est une hormone naturelle qui entre dans le processus de synthèse des hormones sexuelles, dont les estrogènes. Sa prise sous forme de comprimés ou de gélules pourrait stimuler la production d’estrogènes par l’organisme et soulager les symptômes de la ménopause.

La DHEA a été étudiée dans le cadre de la lutte contre le vieillissement et les troubles de la ménopause. Dans ce dernier cas, une certaine activité a été observée sur la sécheresse de la peau et du vagin, mais plutôt chez les femmes de plus de soixante-dix ans.

L’igname sauvage ou « yam » contre la ménopause

Certains compléments alimentaires proposés contre les troubles de la ménopause contiennent de l’igname sauvage. Cette plante renferme des substances qui servent de base pour fabriquer industriellement des hormones sexuelles de synthèse.

Cependant, notre corps ne possède pas les enzymes nécessaires pour effectuer cette transformation chimique et les produits à base d'igname sauvage n'ont jamais montré d'efficacité dans le cadre de la ménopause.

La vitamine E contre la ménopause

Les fabricants de compléments alimentaires conseillent parfois de prendre des compléments de vitamine E pour soulager les bouffées de chaleur et protéger le cœur.

En fait, il semble qu'un apport excessif de cette vitamine n'ait aucun effet positif et provoque même une augmentation de la mortalité. Il convient donc de se limiter à la quantité apportée par les aliments tels que les huiles végétales, les fruits secs oléagineux, les graines, le jaune d'œuf et les germes de blé.

Les endophospholipides contre la ménopause

Certains compléments alimentaires proposés pour soulager les symptômes de la ménopause contiennent un mélange d'acides gras insaturés riches en acides gras oméga-3 d'origine marine, les endophospholipides. Pour l'instant, aucune preuve clinique ne vient étayer cette allégation.

La gelée royale contre la ménopause

Certains compléments alimentaires proposés pour soulager les symptômes de la ménopause contiennent de la gelée royale. Pour l'instant, aucune preuve clinique ne vient étayer cette allégation. Depuis 2012, faute de preuves d'efficacité convaincantes, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant de la gelée royale de prétendre soulager les désagréments de la ménopause.

Le calcium contre les effets de la ménopause

Selon les autorités de santé européennes, les denrées et suppléments alimentaires apportant au moins 400 mg de calcium par portion peuvent prétendre contribuer à réduire la perte de densité minérale osseuse, chez les femmes ménopausées de 50 ans et plus. La consommatrice doit être informée que l'allégation concerne spécifiquement les femmes de 50 ans et plus, et que l'effet bénéfique est obtenu moyennant une consommation journalière d'au moins 1 200 mg de calcium, toutes sources confondues.

De plus, selon les autorités sanitaires européennes, les compléments alimentaires contenant du fer ne peuvent pas prétendre lutter contre la perte excessive de cheveux chez les femmes ménopausées.

Existe-t-il des risques avec les compléments alimentaires contre la ménopause ?

Récemment, les autorités sanitaires ont mis en garde les consommatrices de phytoestrogènes ou de DHEA : ces produits pourraient entraîner les mêmes risques que les estrogènes du traitement hormonal de substitution pour une efficacité moindre. Les recommandations officielles déconseillent aux femmes qui ont des antécédents de cancer du sein ou de l’utérus de prendre ce type de produits.

L’Agence française de sécurité des aliments (Afssa, désormais Anses) recommande de ne pas prendre plus de 1 mg par kilo de poids et par jour d’isoflavones, soit 60 mg par jour pour une femme de 60 kilos. Malheureusement, les compléments alimentaires n’indiquent pas toujours la dose d’isoflavones contenue dans un comprimé ou une gélule.

Dans tous les cas, l’usage de ce type de complément alimentaire doit se faire sous contrôle médical afin de dépister rapidement tout problème cardiovasculaire ou cancéreux.


Quelles plantes pour soulager les signes de la ménopause ?

phytothérapie

Certaines plantes peuvent être proposées pour soulager des troubles attribués à la ménopause, tels que les bouffées de chaleur et les troubles de l’humeur. Les plantes les plus utilisées sont celles contenant des phytoestrogènes, des substances ayant des effets proches des hormones féminines (estrogènes). Elles compenseraient partiellement la chute des estrogènes produits par les ovaires.

L’actée à grappes noires pour soulager les signes de la ménopause

Le rhizome de l’actée à grappes noires (ou cimicifuga) contient des tanins, de l’acide fukinolique et des triterpènes glucosidiques (actéine et cimicifugoside). La présence d’isoflavones (des phytoestrogènes) a été évoquée. L’usage de l’actée à grappes noires dans le traitement des symptômes gênants de la ménopause est considéré comme cliniquement prouvé. Les études les plus récentes émettent l’hypothèse que les effets de l’actée à grappes noires seraient d’ordre psychologique plutôt qu’hormonal. Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer cette hypothèse.

Les phytoestrogènes dans le traitement de la ménopause
De nombreuses femmes prennent des comprimés ou des gélules à base de soja (Glycine max) pour atténuer les effets de la ménopause. En effet, le soja renferme des isoflavones, également appelées phytoestrogènes ou estrogènes végétaux. D’autres plantes, comme le trèfle rouge (Trifolium pratense) ou l’actée à grappes noires contiennent une autre famille de phytoestrogènes, les lignanes.
Les phytoestrogènes semblent moins efficaces que les estrogènes de synthèse : ils ne soulageraient que 30 % des femmes contre 70 % pour les produits de synthèse. De plus, les phytoestrogènes n’ont fait l’objet d’aucune étude clinique sur leur utilisation à long terme.

Le houblon pour soulager les signes de la ménopause

Les cônes de houblon sont proposés pour lutter contre les effets de la ménopause, en particulier les bouffées de chaleur. Ils contiennent des phytoestrogènes (par exemple la 8-prénylnaringénine). Des études semblent indiquer une certaine efficacité du houblon contre les bouffées de chaleur liées à la ménopause.

Les graines de lin contre la ménopause

Les graines de lin fournissent des acides gras oméga-3 et des lignanes qui réduiraient les bouffées de chaleur.

Deux études cliniques, menées aux États-Unis et au Québec, ont étudié l'effet des graines de lin, à raison de trois cuillerées à soupe par jour, sur les bouffées de chaleur. Elles ont montré des résultats contradictoires qui ne permettent pas de se prononcer sur leur efficacité.

La sauge officinale pour soulager les signes de la ménopause

La sauge officinale est utilisée pour lutter contre la transpiration excessive ainsi que les sueurs nocturnes liées à la ménopause. Plusieurs petites études suggèrent des effets sur l’excès de transpiration. Mais dans l’ensemble, son usage s’appuie sur la tradition.

Les autres plantes pour soulager les signes de la ménopause

Les autres plantes proposées contre les troubles de la ménopause sont le ginseng, l’igname sauvage ou yam (Dioscorea villosa), le trèfle rouge (Trifolium pratense), l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) ou le gattilier.

Existe-t-il des risques à soulager les signes de la ménopause par les plantes ?

  • Les recommandations officielles déconseillent aux femmes qui ont des antécédents de cancer du sein ou de l’utérus de prendre des plantes contenant des phytoestrogènes.
  • Mieux vaut éviter de cumuler plusieurs sources de phytoestrogènes.
  • De plus, la prise prolongée de phytoestrogènes n'a fait l'objet d'aucune étude. Elle ne devrait s'effectuer que sous contrôle médical. Les durées de traitement sont généralement limitées à quelques mois.
  • Un excès de graines de lin entraîne un inconfort intestinal et parfois de la diarrhée.

Les médicaments disponibles sans ordonnance

Le traitement des troubles liés à la ménopause ne relève pas de l’automédication : il repose sur la prescription par un médecin d’hormones sexuelles, les estrogènes et la progestérone.

La bêta-alanine, un acide aminé vendu sans ordonnance, peut être prescrite pour soulager les bouffées de chaleur chez les femmes qui ne prennent pas de traitement hormonal.

Des médicaments de phytothérapie, d'homéopathie et certains oligoéléments sont également proposés dans les troubles liés à la ménopause.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Homéopathie

Oligoéléments

Traitements d'appoint : acide aminé

Traitements d’appoint : phytothérapie

Légende
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les produits de parapharmacie

Des compléments alimentaires peuvent être proposés pour soulager les symptômes de la ménopause. Ils contiennent le plus souvent des extraits de plantes avec ou sans phytoestrogènes. Leur utilisation ne doit pas être prolongée sans avis médical.

De plus, en cas de sécheresse vaginale, des produits d’hygiène, vendus en pharmacie ou dans les grandes surfaces, tels que gels et liquides lubrifiants peuvent être placés à l’entrée du vagin avant chaque rapport et jouent le même rôle que les sécrétions physiologiques. On préférera les gels à base d’eau et non de corps gras.


Le traitement hormonal de la ménopause (THM)

Lorsque les troubles liés à la ménopause sont sévères, le traitement repose sur la prescription d'hormones sexuelles, les estrogènes et la progestérone, destinée à compenser la chute de leur taux sanguin. Ce traitement hormonal de la ménopause (THM) a été remis en cause à la suite de la publication de plusieurs études sur les effets négatifs à long terme de ces traitements.

Les traitements à base d’estrogènes

Les estrogènes peuvent être pris en comprimé par voie orale ou appliqué localement sous forme de gel ou de dispositif transdermique (patch). L'estradiol est l'estrogène le plus utilisé en France actuellement. Il est le plus souvent prescrit en association avec la progestérone ou un de ses dérivés (voir ci-dessous).

L'estriol (PHYSIOGINE) est un estrogène également prescrit dans le traitement de la ménopause. Ses effets à long terme ne sont pas connus.

Les doses d'estrogènes sont adaptées en fonction des signes de sous ou de surdosage : la persistance des bouffées de chaleur, de la sécheresse vaginale, etc. peut amener le médecin à augmenter progressivement les doses. En revanche, l'apparition d'une tension douloureuse des seins peut conduire à réduire les doses.

Le traitement doit être réévalué régulièrement par le médecin, au moins une fois par an.

Les traitements à base de progestérone

Lors du cycle menstruel normal, l'organisme produit de la progestérone immédiatement avant l'apparition des règles. Les femmes ménopausées qui prennent des estrogènes ont, du fait de ce traitement, un risque augmenté d'apparition d'un cancer de l'endomètre, le revêtement qui tapisse l'utérus. Pour diminuer ce risque, on prescrit habituellement un progestatif (progestérone et ses dérivés) en association avec les estrogènes au moins 10 jours par mois (sauf chez les femmes ayant subi une ablation de l’utérus). Le progestatif est pris par voie orale dans le traitement de la ménopause.
Des méningiomes (tumeurs cérébrales le plus souvent bénignes) ont été observés chez des femmes traitées avec des médicaments contenant de la chlormadinone (LUTERAN et génériques) ou du nomégestrol (LUTENYL et génériques). En conséquence, ces médicaments ne doivent pas être utilisés en cas d'antécédent de méningiome. Dans tous les cas, la durée de traitement doit être la plus courte possible et la dose utilisée la plus faible (voir Actualités, 02/2019).
Il existe des médicaments contenant des associations estrogènes/progestatifs. Ces associations se présentent sous forme de comprimés ou dispositifs transdermiques.

    Le traitement combiné estrogène/progestatif peut être pris de façon cyclique ou continue :
  • dans le cas du traitement cyclique, les estrogènes ou la progestérone ou les deux hormones sont prises certains jours du mois, les règles surviennent alors tous les mois ;
  • dans le cas du traitement continu, les hormones sont prises ensemble tous les jours, les règles sont absentes, mais le médecin peut en déclencher après quelques mois afin d'éviter l'épaississement de la paroi de l'utérus.
Légende
Médicament générique

Les traitements locaux de la sécheresse vaginale

Les estrogènes sous forme de crème vaginale, d'ovules ou d'anneau vaginal peuvent également être prescrits par le médecin en cas de sécheresse vaginale due à la carence en estrogènes lors de la ménopause. Ils permettent de prévenir l'amincissement et l'assèchement des parois vaginales ainsi que la sensibilité aux infections ou à la douleur pendant les rapports sexuels.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Estrogènes par voie vaginale

Les autres traitements hormonaux

Un dérivé synthétique, la tibolone, est parfois prescrit à la place d'un THM. S'il possède une activité de type progestérone, ce médicament est transformé par le corps en plusieurs composants estrogéniques, fournissant ainsi les deux types d'hormones. Selon une récente étude britannique, cette substance, lorsqu'elle est administrée pendant plusieurs années, augmenterait le risque de développer un cancer de l'utérus, ce qui a remis en cause l'innocuité de son utilisation.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Autres traitements : tibolone

La prastérone est une substance identique à la DHEA humaine. Disponible sous forme d’ovule, elle se transforme après mise en place dans le vagin en estrogènes et en androgènes (testostérone). Elle permet ainsi d’atténuer les symptômes vaginaux (atrophie de la vulve et du vagin) chez la femme ménopausée. Elle ne doit pas être utilisée en cas de cancer hormonodépendant (cancer du sein ou de l’utérus) même guéri. Des pertes vaginales et des frottis cervicaux anormaux ont été fréquemment rapportés.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Autres traitements : prastérone

Doit-on prendre un traitement hormonal ?

Les études récentes ont montré que le THM, pris pendant plusieurs années, augmente le risque de maladies cardiovasculaires et d'accidents vasculaires cérébraux (attaques). Le THM combinant estrogènes et progestérone augmente également le risque de cancer du sein (mais diminue le risque de cancer de l'utérus).

Pour ces raisons, le THM est contre-indiqué chez les femmes qui ont des antécédents personnels de maladie cardiovasculaire, qui ont déjà souffert d’un cancer du sein ou de l'utérus, ou qui présentent des hémorragies vaginales anormales.

    Pour les autres femmes, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a émis des recommandations claires :
  • le THM est indiqué chez les femmes souffrant de troubles liés à la ménopause (notamment de bouffées de chaleur) avec un retentissement important sur la qualité de vie. Un THM peut alors être instauré si la femme le souhaite, à la plus petite dose efficace, pour la durée la plus courte possible, avec une information claire sur les risques. Une réévaluation régulière doit être assurée par le médecin traitant.
  • le THM est également indiqué chez les femmes ménopausées présentant un risque élevé de fractures, mais seulement en cas d'intolérance ou de contre-indication aux autres traitements indiqués dans la prévention de l'ostéoporose.

Si vous vous interrogez sur l'opportunité d'un THM, parlez-en avec votre médecin ou votre gynécologue. Faites-vous expliquer clairement l’utilité d’un traitement dans votre cas et sur ses éventuels risques et bénéfices.


Sources et références de l'article "Ménopause"

  • ménopause : traitement hormonal, Vidal Recos, 09/2019