Règles douloureuses (Dysménorrhées)

Mis à jour : Vendredi 08 Mars 2019

Une femme sur deux se plaint de douleurs dans le ventre ou dans les reins au moment des règles. On parle de dysménorrhée (règles douloureuses). Souvent sans conséquences, ces problèmes peuvent quelquefois être le signe d’un problème de santé qu’il convient de traiter. Des gestes simples ou des médicaments peuvent toutefois soulager ces douleurs.

Quels sont les symptômes des dysménorrhées ?

règles douloureuses

Les douleurs des règles constituent un problème fréquent durant le cycle menstruel.

Chez de nombreuses femmes, les règles s’annoncent par un léger malaise ou des tensions dans le bas-ventre. Pour certaines, des troubles notables peuvent survenir avant et pendant les règles, rendant celles-ci très pénibles et constituant un handicap sérieux dans la vie quotidienne. La plupart du temps, il s’agit de crampes douloureuses survenant dès le début des règles et pouvant irradier dans les reins et les cuisses. Dans des cas plus prononcés, ces douleurs des règles s’accompagnent parfois de maux de tête, de nausées et de vomissements.

Quelles sont les complications éventuelles des dysménorrhées ?

Les douleurs des règles sont sans complications. Toutefois, comme elles peuvent être le signe d’une maladie des organes génitaux, par exemple de polypes à l’utérus ou d’une endométriose, elles doivent amener à consulter un médecin, car ces maladies peuvent entraîner des problèmes de stérilité.


Les douleurs des règles peuvent apparaître soit à l’adolescence dans les mois suivant les premières règles (dysménorrhée primaire), soit au cours de la vie adulte (dysménorrhée secondaire). Leurs causes sont habituellement différentes.

Quelles sont les causes d’une dysménorrhée primaire ?

Chez l’adolescente, la douleur peut provenir de contractions utérines pendant les règles dues à un excès de prostaglandines. Dans ce cas, les douleurs de règles s’atténuent au fil des mois et sont soulagés par un traitement antalgique ou anti-inflammatoire.

Si les douleurs s’intensifient au cours du temps, une autre cause doit être envisagée : une anomalie congénitale (hymen non perforé, malformation du col ou de l’utérus par exemple), endométriose de l’adolescente ou de troubles hormonaux d’origine ovarienne (sécrétion de progestérone insuffisante).

Quelles sont les causes d’une dysménorrhée secondaire  ?

    Les douleurs des règles qui surviennent plus tard chez la femme adulte peuvent être dues à :
  • une endométriose (développement de muqueuse utérine dans un organe où elle ne devrait pas se trouver, trompes de Fallope, ovaires, vagin, vessie, cavité abdominale, etc.),
  • une infection génitale chronique,
  • des troubles ovariens,
  • des polypes de l’utérus, etc.

De ce fait, elles justifient un examen médical soigneux.


Que faire en cas de règles douloureuses ?

Prenez suffisamment de repos et de sommeil, avant et pendant les règles.

L’activité sexuelle peut entraîner la suppression ou la diminution de ces troubles.

Bougez ou pratiquez un sport doux. Cela permet souvent de soulager les douleurs.

Renoncez à l’alcool, au café et au tabac, avant et pendant les règles.

Le repos au lit avec une bouillotte sur l’abdomen ou un bain chaud contribue à détendre le bas-ventre contracté.

En cas de douleurs des règles ponctuelles, prenez si nécessaire un médicament antalgique (de type paracétamol ou ibuprofène) disponible sans ordonnance, en évitant absolument l’aspirine (qui est susceptible d’augmenter les saignements). Il existe également des médicaments homéopathiques ou contenant des extraits de plantes qui peuvent être pris en cas de douleurs modérées.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Homéopathie

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Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance
Conduite à tenir en cas de règles douloureuses
  Si les règles sont très importantes et obligent à changer de protection plus de six fois par jour.
  Si on observe de la pâleur, une sensation de malaise, de fatigue et une soif intense.
  S'il se peut que vous soyez enceinte.
  Si la présence de douleurs avant ou pendant les règles est inhabituelle.
  Si les règles deviennent difficiles à supporter
  Si les règles surviennent à un moment inattendu ou si des douleurs les précèdent de façon inhabituelle.
  Si les règles surviennent avec du retard.
  Si les règles sont de couleur ou de consistance inhabituelle (caillots).
  Si les douleurs ne s'accompagnent d'aucun autre signe et restent supportables.
  Si les douleurs sont identiques à celles du cycle précédent et que vous avez déjà consulté.
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Consultez un médecin dans la journée.
Consultez un médecin dans les jours qui viennent.
Il est possible de s’automédiquer.

Que fait le médecin en cas de règles douloureuses ?

Il questionne et examine la patiente pour tenter de déterminer la cause des troubles. Il vérifie ainsi que les saignements sont bien dus aux règles et non à une autre affection plus grave, comme une grossesse extra-utérine ou une endométriose. Le médecin définit le traitement en fonction de l’intensité des douleurs, de la cause identifiée, du besoin éventuel d’une contraceptions : anti-inflammatoires non stéroïdiens pour lutter contre la douleur, antispasmodiques pour lutter contre les contractions utérines, progestatifs ou pilules estroprogestative en cas de troubles ovariens ou d'endométriose par exemple.


Le choix du traitement peut dépendre de l’intensité des douleurs, de troubles de règles associé, de la cause identifiée par le médecin et du besoin éventuel d’une contraception.

Le traitement initial comporte habituellement des médicaments pour soulager pour soulager les douleurs (antalgiques) de type paracétamol, des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou des antispasmodiques pour lutter contre les contractions utérines. L’aspirine est déconseillée, car elle fluidifie le sang et pourrait contribuer à augmenter les pertes de sang ou la durée des règles.

Un traitement par progestatif ou par pilule est recommandé dans certaines situations.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens dans le traitement des dysménorrhées

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont les médicaments utilisés préférentiellement pour traiter les dysménorrhées en l’absence de contre-indications. Certains AINS ont une indication spécifique dans les douleurs de règles et peuvent être prescrits par le médecin. Ils sont listés ci-dessous. Il est conseillé de les prendre dès le début des règles, même si la douleur n’est pas encore forte, de poursuivre les prises jusqu’à disparition des symptômes. Une durée de traitement de 2 jours est souvent suffisante.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

AINS : acide méfénamique

AINS : alminoprofène

AINS : dexkétoprofène

AINS : flurbiprofène

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Médicament générique

Les antispasmodiques dans le traitement des dysménorrhées

Les médicaments antispasmodiques à base de phloroglucinol peuvent se révéler utiles pour soulager les douleurs liées aux contractions de l’utérus. Les autorités de santé estiment néanmoins que leur efficacité est faible. Les effets indésirables sont rares (réaction allergique cutanée).

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Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les progestatifs dans le traitement des dysménorrhées

Si les douleurs de règles ne sont pas bien soulagées par les AINS, le médecin peut proposer un médicament contenant un progestatif (hormone proche de la progestérone) à prendre en fin de cycle avant les règles pendant 10 à 20 jours selon le médicament. Certains de ces médicaments sont contre-indiqués en cas d’antécédent d'accident thromboembolique (phlébite, embolie pulmonaire…) ou de maladie du foie.
Des méningiomes (tumeurs cérébrales le plus souvent bénignes) ont été observés chez des femmes traitées avec des médicaments contenant de la chlormadinone (LUTERAN et génériques) ou du nomégestrol (LUTENYL et génériques). En conséquence, ces médicaments ne doivent pas être utilisés en cas d'antécédent de méningiome. Dans tous les cas, la durée de traitement doit être la plus courte possible et la dose utilisée la plus faible (voir Actualités, 02/2019).
Seuls sont listés les progestatifs qui ont une indication dans les règles douloureuses dans leur Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).

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Médicament générique

Les pilules estroprogestatives

Le médecin peut également prescrire une pilule estroprogestative, notamment en cas de troubles ovariens ou d'endométriose. Les pilules de 2e génération sont privilégiées.

Les autres traitements

D’autres traitements non médicamenteux peuvent être proposés : acupuncture, règles hygiénodiététiques, exercices de relaxation, prise en charge psychologique. Leur efficacité n’a pas été confirmée par des études scientifiques validées.

En cas de malformation des organes génitaux associée aux douleurs de règles, un traitement chirurgical peut être nécessaire.


Quelles plantes pour soulager règles douloureuses et syndrome prémenstruel ?

phytothérapie

Chez de nombreuses femmes, les règles s'annoncent par un léger malaise ou des tensions dans le bas-ventre. Pour certaines, des troubles notables peuvent survenir avant et pendant les règles, rendant celles-ci très pénibles et constituant un handicap sérieux dans la vie quotidienne. Certaines plantes peuvent contribuer à soulager ce type de problèmes.

Le gattilier pour soulager règles douloureuses et syndrome prémenstruel

Les baies séchées de gattilier sont employées en cas de règles irrégulières ou absentes, de douleurs des seins liées au cycle menstruel ainsi que de syndrome prémenstruel. Une étude récente a montré une certaine efficacité des extraits de gattilier pour soulager les symptômes prémenstruels. Ces extraits sont commercialisés sous forme liquide contenant des teneurs standardisées en agnuside et en casticine, des substances supposées à l’origine de ses effets.

L’actée à grappes noires pour soulager règles douloureuses et syndrome prémenstruel

L’actée à grappes noires (ou cimicifuga) est proposée pour soulager les règles douloureuses ou irrégulières, ainsi que le syndrome prémenstruel. L’usage de l’actée à grappes noires sur les troubles liés aux règles repose sur la tradition et n’a fait l’objet d’aucune étude clinique convaincante.

Le fenouil pour soulager règles douloureuses et syndrome prémenstruel

Les graines et l’huile essentielle de fenouil sont proposées en cas de règles douloureuses. Elles contiennent de la fenchone, qui serait responsable des propriétés antispasmodiques du fenouil ; elles permettraient ainsi de combattre les spasmes douloureux au cours des règles. Pour prévenir les effets toxiques de certaines substances contenues dans le fenouil, il est recommandé de ne pas prendre plus de 7 g de fruits séchés par jour et de ne pas poursuivre le traitement plus de deux semaines d’affilée.

Le saule blanc pour soulager règles douloureuses et syndrome prémenstruel

Les chatons du saule blanc sont proposés dans le traitement des règles douloureuses. Ils contiendraient des phytoestrogènes (aux effets similaires à ceux des hormones féminines), mais cet usage du saule blanc n’a pas été validé scientifiquement.

Les autres plantes pour soulager règles douloureuses et syndrome prémenstruel

L’usage du curcuma dans le traitement des règles douloureuses ou irrégulières est traditionnel. Le chardon-Marie, l’aneth (Anethum graveolens), la camomille allemande (Matricaria recutita) et le souci des jardins sont également proposés pour soulager les douleurs liées aux règles.

Existe-t-il des risques à soulager règles douloureuses par les plantes ?

Lorsque les douleurs de règles s’intensifient ou qu’elles s’accompagnent de saignements inhabituels, elles doivent amener à consulter un médecin. En effet, elles peuvent alors être le signe d’une maladie des organes génitaux, par exemple de polypes à l’utérus, ou d’une grossesse extra-utérine.


Sources et références de l'article "Règles douloureuses (Dysménorrhées)"

  • Dysménorrhées, Vidal Recos, 11/2016
  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • Guide de l'automédication, Vidal, 2010