Syphilis

Mis à jour : Lundi 07 Novembre 2016

La syphilis est une infection bactérienne sexuellement transmissible qui faisait des ravages avant la découverte des antibiotiques. Elle est encore très présente dans les pays en voie de développement. Depuis le milieu des années 1990, cette maladie très contagieuse est réapparue dans les pays industrialisés, en particulier chez les homosexuels masculins (80 % des cas). En 2009, plus de 500 cas de syphilis ont été diagnostiqués en France, mais ces chiffres sont probablement très en dessous de la réalité.

Les symptômes de la syphilis

jeune homme

Les symptômes de la syphilis sont très variables d’une personne à l’autre. Les signes de cette infection peuvent ressembler à de très nombreuses maladies, ce qui a valu à la syphilis le surnom de « grande simulatrice ». Non traitée, la syphilis peut évoluer à bas bruit pendant des dizaines d’années en provoquant de graves complications.

On distingue plusieurs stades dans l’évolution et les symptômes de la syphilis.

Les symptômes du stade primaire de la syphilis

Quelques jours à quelques mois après la contamination, le patient remarque un ou plusieurs boutons rouges sur ses organes génitaux, son anus ou au fond de sa gorge. Ce bouton évolue en ulcère non douloureux qui peut persister pendant un à deux mois en l’absence de traitement.

Les symptômes du stade secondaire de la syphilis

Quelques semaines après l’apparition du ou des ulcères, le patient se plaint d’un syndrome pseudogrippal (fièvre, fatigue, courbatures, ganglions gonflés et douloureux). Parfois, des plaques rouges apparaissent brièvement sur sa peau. Ensuite, des plaques de boutons ou des rougeurs peuvent apparaître sur la paume de ses mains et la plante de ses pieds.

Dans certains cas, les yeux sont touchés : inflammation de l'enveloppe des yeux (uvéite) ou de la rétine (rétinite). Parfois, des troubles neurologiques sont présents : méningite, paralysie d'une partie du visage, par exemple. Ces symptômes peuvent réapparaître régulièrement pendant des mois ou des années.

Les symptômes du stade de latence de la syphilis

Deux ans après la contamination, les symptômes disparaissent. Cette phase peut durer plusieurs dizaines d’années.

Les complications de la syphilis

Chez 40 % des personnes touchées, de graves complications apparaissent après dix à trente ans : rupture de gros vaisseaux sanguins, troubles neurologiques ou psychiatriques, destruction d’organes. Ces complications, également appelées stade tertiaire de la syphilis, peuvent entraîner le décès de la personne.

La syphilis expose également à un risque accru d’infection par le VIH/sida via les lésions que provoque cette infection (risque de trois à cinq fois plus élevé).

Pendant la grossesse, la syphilis peut être transmise de la mère au fœtus. Le risque de transmission est d’environ 70 % en cas de syphilis précoce et de 10 % en cas de syphilis tardive. Les complications pour le fœtus et l’enfant à naître sont fréquentes et extrêmement sévères.


Les causes de la syphilis

La syphilis est due à une bactérie, Treponema pallidum (tréponème pâle). Cette bactérie se transmet lors de rapport sexuel non protégé avec une personne atteinte de syphilis pendant les premiers stades de la maladie (avant l’installation du stade de latence, lorsqu’il existe encore des ulcères ou des plaques muqueuses qui contiennent le tréponème). Tous les types de rapports sexuels non protégés peuvent être contaminants, y compris la fellation ou, parfois, le baiser profond.

La syphilis peut également être transmise pendant la grossesse ou lors d’échanges de matériel injectable utilisé par les personnes toxicomanes. Les personnes séropositives pour le VIH/sida semblent plus à risque d’être infectées par le tréponème de la syphilis : elles représentent plus de la moitié des cas observés en France.

Qu'appelle-t-on chancre mou ?
Le chancre mou est une infection bactérienne due au bacille de Ducrey (Hæmophilus ducrey). Il se manifeste par de petites ulcérations, souvent douloureuses, au niveau des organes génitaux. Si le chancre n’est pas traité, il existe un risque de surinfection.
Le port du préservatif est le seul moyen de prévention, mais il n’offre pas une protection absolue. Les lésions peuvent en effet se situer en dehors de la zone protégée par le préservatif.

La prévention de la syphilis

Comme toutes les infections sexuellement transmissibles, la prévention de la syphilis repose sur l’utilisation systématique de préservatifs (même pour la fellation) et sur un dépistage régulier chez les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels. Même s’ils restent indispensables, les préservatifs n’offrent pas une protection absolue contre la syphilis, dans la mesure où la contamination peut avoir lieu lors d’un baiser profond. Il existe des centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) dans de nombreuses villes qui proposent un dépistage de la syphilis.

Comme il existe un risque de transmission de la mère au fœtus de la syphilis, le dépistage de la syphilis est pris en charge à 100 % par l’assurance maladie dès la déclaration de la grossesse.

Il n’existe pas de vaccin contre la syphilis.


Comment diagnostique-t-on la syphilis ?

La durée et les symptômes des différents stades de la syphilis sont très variables d’un individu à l’autre, ce qui fait de la syphilis une maladie difficile à diagnostiquer.

Comme les signes cliniques peuvent être absents, le diagnostic repose sur l’interrogatoire et sur un examen sérologique. Cet examen se fait à partir d’une prise de sang et consiste à doser des anticorps spécifiques, dirigés notamment contre les tréponèmes. Les deux tests les plus utilisés sont le VDRL (Venereal Disease Research Laboratory) et le TPHA (Treponema Pallidum Haemagglutination Assay).

En cas de boutons (chancre) sur les organes génitaux, le médecin peut également faire un prélèvement pour visualiser directement la bactérie au microscope (le tréponème, à la différence d’autres bactéries, ne peut pas être cultivé in vitro). Cet examen n’est réalisé que dans des centres très spécialisés.

Quand il y a diagnostic de syphilis, la personne infectée est invitée à contacter ses partenaires sexuels récents (et plus anciens si la maladie est à un stade avancé) afin qu’ils subissent un test de dépistage et, le cas échéant, un traitement adapté.

Comment soigne-t-on la syphilis ?

Une infection de plus en plus souvent résistante aux traitements antibiotiques

La syphilis, comme la gonorrhée et la chlamydiose, peut être traitée par des antibiotiques. Cependant les cas de résistance au traitement antibiotique se multiplient, en lien avec un usage inapproprié ou abusif de ces médicaments. Pour tenter d'enrayer le développement des souches antibiorésistantes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié en août 2016 de nouvelles recommandations de traitement qui mettent en avant la nécessité de traiter avec la bonne substance antibiotique, au bon moment et à la bonne dose.

Les recommandations sur le traitement de la syphilis

Pour traiter la syphilis, l'OMS recommande la prescription d'une injection IM unique de benzathine benzylpénicilline (2,4 MU), un antibiotique de la famille des pénicillines. Lorsque cette substance ne peut pas être utilisée (allergie ou rupture de stock), une cycline par voie orale (essentiellement la doxycycline) ou une céphalosporine par voie injectable (la ceftriaxone) peuvent être prescrites pour 10 à 15 jours. Dans certains cas, une administration unique d'azithromycine peut être envisagée.

L’efficacité du traitement antibiotique peut être évaluée par des prises de sang régulières.

Antibiotiques : pénicillines

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