Les traitements des troubles de l’érection

Mis à jour : Jeudi 12 Décembre 2019

Depuis quelques années, plusieurs types de traitement contre l’impuissance masculine existent. Ils doivent être prescrits par un médecin après un examen médical complet.

Les médicaments à prendre avant un rapport sexuel

Disponibles sur ordonnance, les traitements oraux doivent être pris au plus tard entre 20 minutes et une heure avant le rapport sexuel. Ces médicaments ne sont actuellement pas remboursés par l’Assurance maladie. Attention, ces médicaments ne doivent jamais être utilisés en association les uns avec les autres dans l'espoir d'obtenir de meilleurs résultats.

Il existe également des traitements locaux qui s’utilisent juste avant un rapport sexuel. Ils sont administrés par le patient lui-même, dans l’urètre (un gel que l’on introduit dans le canal par où sort l’urine) ou directement dans la verge (par injection). La technique d’injection de ces derniers nécessite un apprentissage en milieu médical.

Les médicaments oraux d’action locale

L’avanafil (Spreda), le sildénafil (Viagra et ses génériques), le tadalafil (Cialis et ses génériques, et le vardénafil (Levitra et ses génériques) sont des médicaments qui agissent en favorisant le remplissage du pénis par le sang. Ils agissent rapidement, mais uniquement en présence d'excitation sexuelle. Leur durée d’action est variable selon le médicament (de 12 à 36 heures). Un examen clinique de l'état du cœur et des vaisseaux sanguins est indispensable avant leur prescription. En effet, ces médicaments doivent être utilisés avec beaucoup de précautions chez les personnes présentant des troubles cardiaques. Seul votre médecin est à même de savoir si vous pouvez bénéficier de ce type de traitement.

Leurs effets indésirables les plus fréquents sont : des maux de tête, des rougeurs du visage, une sensation de nez bouché, des vertiges, des troubles de la digestion et de la vue (vision trouble ou modification de la perception des couleurs). Attention : ces médicaments sont incompatibles avec les traitements de l’angine de poitrine de la famille des vasodilatateurs (angor) et avec la prise de nitrite d’amyle (un stimulant sexuel également appelé « poppers », « boosters » ou « snappers »). Leur usage simultané peut provoquer une chute brutale de la pression sanguine (hypotension) pouvant entraîner la mort.

Légende
Médicament générique
Avis aux conducteurs !
Attention : les médicaments oraux contre les troubles de l’érection peuvent provoquer des vertiges et des troubles de la vue. Dans ce cas, leur usage peut être incompatible avec la conduite de véhicules ou l’usage de machines-outils.

Les applications locales de prostaglandines

Depuis juin 2015, il existe un traitement des troubles de l'érection sous forme de crème à appliquer à l’extrémité du pénis. Elle contient une substance (alprostadil) qui est la même que celle utilisée pour les injections intra-caverneuses et les injections intra-urétrales (voir ci-dessous) et qui agit localement en provoquant rapidement (en 5 à 30 minutes) une dilatation des vaisseaux sanguins de la verge, permettent ainsi une érection pendant 1 à 2 heures selon les hommes.

Ce traitement ne doit pas être utilisé plus de 2 à 3 fois par semaine, ni plus d’une fois par 24 heures. Il peut provoquer des effets indésirables locaux, notamment des irritations vaginales chez la partenaire. L’utilisation de préservatifs est recommandée.

Comme pour les injections intra-caverneuses, il peut être pris en charge par l’Assurance maladie (remboursable à 15 %) dans certains cas (sclérose en plaques, paraplégie, atteinte des nerfs liée au diabète, etc.) dans le cadre de la procédure des médicaments d'exception.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Application locale de prostaglandines

Les médicaments intra-urétraux

Il s’agit d’un gel que l'on place dans l'urètre (le canal à l'intérieur du pénis) à l'aide d'un applicateur spécial et qui agit localement. Ce traitement a une efficacité variable et tend à provoquer des effets indésirables locaux (irritation, petits saignements).

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Traitement de l'impuissance par voie intra-urétrale

Les injections intra-caverneuses

L'auto-injection intra-caverneuse consiste à s'injecter soi-même dans le pénis une substance destinée à provoquer une érection. Ces injections ne provoquent aucune douleur. Ce type de traitement est habituellement utilisé chez des personnes pour qui les traitements par voie orale se sont révélés inefficaces. Dans 90 % des cas, l'érection obtenue permet la pénétration pendant une durée allant jusqu'à une heure. La première injection doit être réalisée par le médecin au cabinet médical pour déterminer la dose spécifique qui vous convient et vous apprendre le geste de l'injection, que vous pratiquerez ensuite chez vous. La dose de produit à injecter pour provoquer une érection est très variable d'une personne à l'autre et doit être ajustée progressivement par un médecin familier de cette technique. L'injection d'une trop forte dose peut provoquer une érection trop intense et trop longue (priapisme) qui est très désagréable et peut parfois endommager durablement le pénis.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Traitement de l'impuissance par voie intra-caverneuse

Les traitements d'appoint

La yohimbine est une substance végétale utilisée depuis de nombreuses années dans le traitement d’appoint des troubles de l’érection. Son mécanisme d’action est mal connu et les données disponibles ne permettent pas d’évaluer son efficacité. Seul un médicament à base de yohimbine est encore disponible. Il doit être pris tous les jours et son effet peut n’apparaître qu’après 2 à 3 semaines de traitement. Depuis la commercialisation des médicaments par voie orale à prendre avant un rapport sexuel, son utilisation est plus rare.

Ses effets indésirables sont : anxiété, irritabilité, troubles digestifs, vertiges, maux de tête, rougeur cutanée, insomnie.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Yohimbine

Les traitements non médicamenteux

Des solutions non médicamenteuses peuvent être proposées lorsque l'homme ne souhaite pas prendre de médicament ou lorsque celui-ci lui est contre-indiqué.

La pompe à vide (également appelée vacuum)

Il s’agit d’un dispositif comprenant un cylindre placé sur la verge et dans lequel le patient fait le vide à l'aide d'une pompe manuelle ou électrique. L'aspiration de l’air dans le dispositif permet un afflux de sang provoquant l’érection qui est maintenue, après avoir ôté le cylindre, grâce à un anneau élastique placé à la base de la verge. L’anneau ne doit pas être maintenu plus de 30 minutes. Les effets indésirables sont minimes, comprenant des douleurs, une sensation de pénis froid et des difficultés à l'éjaculation.

Les prothèses péniennes

Il s’agit d’une solution définitive nécessitant une intervention chirurgicale sous anesthésie générale ou locorégionale. Elle est habituellement réservée à des hommes qui ont des troubles sévères et irréversibles pour lesquels les autres traitements ont échoué ou ne peuvent être utilisés.

Les prothèses péniennes sont des dispositifs médicaux placés dans les corps caverneux de la verge. Elles sont de différents types: rigides, semi-rigides ou malléables et gonflables. Leur utilisation peut nécessiter un apprentissage. Les risques liés à la pose de ces prothèses péniennes sont principalement des défaillances mécaniques et des risques d’infection du matériel (1 à 5 % des cas) qui nécessitent souvent le retrait de la prothèse.

Pour savoir plus sur les implants péniens : fiche info-patient publiée sur urogrance.org.

La chirurgie de revascularisation

La chirurgie de revascularisation de la verge consiste à réaliser des pontages artériels de façon à améliorer le flux sanguin et la pression dans les corps caverneux. Cette microchirurgie ne s’adresse qu’à certains patients, par exemple des patients jeunes qui ont des lésions suite à un traumatisme.

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