Troubles des règles

Mis à jour : Mardi 14 Octobre 2014

Les troubles des règles sont un problème de santé fréquemment observés. Par exemple, les jours précédant les règles s'accompagnent de changements hormonaux importants qui peuvent être à l'origine d'une sensation d'inconfort physique et psychologique : c'est le syndrome prémenstruel. De plus, les règles peuvent également être irrégulières, douloureuses (dysménorrhée), trop abondantes ou trop prolongées (ménorragie) ou absentes (aménorrhée).

Les hormones féminines

femme

Les hormones sexuelles féminines sont de deux types : les estrogènes (estradiol, estrone et estriol) et la progestérone. Elles sont sécrétées par les ovaires selon un cycle, dit cycle menstruel , dont les règles sont la manifestation. De la puberté à la ménopause, une femme connaît environ cinq cents cycles dont la succession est interrompue par les grossesses. Durant le cycle, l'activité des ovaires est contrôlée par deux hormones produites par le cerveau : l'hormone folliculostimulante (FSH) et l'hormone lutéinisante (LH).

Les estrogènes

Les estrogènes sont responsables du développement des organes féminins au moment de la puberté : utérus, seins et épaississement de la paroi du vagin. Ils agissent également sur le cerveau, participent à la consolidation des os, féminisent la voix et jouent un rôle important dans la qualité de la peau et des cheveux. Ils sont également responsables de la répartition du tissu adipeux (graisse) sur les hanches et les cuisses, et rendent les femmes plus sensibles aux problèmes veineux (comme, par exemple, la phlébite).

La progestérone

La progestérone est produite par les ovaires après l'ovulation (le moment où l'ovule est libéré par l'ovaire). Elle complète et contrôle les effets des estrogènes. Elle permet l'implantation de l'œuf dans l'utérus et participe au bon déroulement de la grossesse. Elle tend à augmenter légèrement la température du corps.

Le cycle menstruel

Le cycle menstruel se répète tous les 28 jours environ. Au premier jour des règles, le cerveau commence à sécréter de la FSH, ce qui a pour effet de stimuler les ovaires. Pendant 14 jours, cette hormone favorise la sécrétion d'estrogènes et la maturation du futur ovule.

Quelques jours avant l'ovulation, le cerveau commence à sécréter de la LH. Au 14e jour du cycle, les taux sanguins de LH sont élevés : l'ovulation a lieu et l'ovaire commence à sécréter de la progestérone. Cette hormone épaissit la paroi interne de l'utérus (l'endomètre) et la prépare à recevoir l'œuf.

Sous l'effet de la progestérone, le cerveau cesse progressivement de sécréter la FSH et la LH : les ovaires diminuent leur production d'estrogènes, puis de progestérone, jusqu'au prochain cycle. La diminution des taux sanguins de l'ensemble de ces hormones est responsable du déclenchement des règles.


Qu'est-ce que le syndrome prémenstruel ?

Le syndrome prémenstruel est un ensemble de symptômes qui survient environ une semaine avant les règles, et qui disparaît un jour ou deux après leur apparition. On estime qu’une femme sur deux le ressent de manière gênante. Il peut se manifester de manière très diverse, à la fois sur le plan physique (seins douloureux et tendus, prise de poids, gonflements, ballonnements et maux de ventre, douleur dans les reins, etc.) et psychologique (tristesse, manque d’énergie, impression de malaise, crises de larmes, irritabilité, impatience, anxiété, etc.).

Les mécanismes précis de ce trouble sont encore mal connus, mais il semble lié à la baisse des hormones sexuelles dans le sang après l'ovulation. Certains symptômes (tensions des seins, prise de poids) peuvent s'expliquer par une rétention d'eau.

Lorsque les symptômes sont légers, le traitement peut simplement reposer sur des mesures d'hygiène de vie, dont l'efficacité n'a toutefois pas été démontrée scientifiquement :

  • une alimentation moins riche en sel (pour limiter la rétention d'eau) et dépourvue d'excitants (caféine, alcool, tabac) peut améliorer la sévérité du syndrome prémenstruel ;
  • la pratique d’un sport ou de techniques de relaxation est également bénéfique ; de plus, il est préférable d'éviter le stress et de dormir suffisamment ;
  • la prise de compléments alimentaires riches en calcium, magnésium et vitamine B6, est parfois recommandée.

Lorsque le syndrome prémenstruel devient invalidant, un recours aux médicaments est possible. Par exemple, le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, par exemple) peuvent atténuer les symptômes douloureux. Les médecins prescrivent parfois des diurétiques pour diminuer la rétention d’eau, et des anxiolytiques pour soulager les symptômes psychologiques.

L'usage d'hormones progestatives (afin de corriger le déséquilibre hormonal qui survient après l'ovulation) du 16e au 25e jour du cycle est controversé : elles semblent améliorer les symptômes chez certaines femmes, mais les aggravent chez d'autres. Dans tous les cas, il convient de prendre conseil auprès de son gynécologue, car un bilan complet s'impose en cas de syndrome prémenstruel sévère.

Les douleurs des seins liées au syndrome prémenstruel

Le fait de ressentir une tension dans les seins pendant les jours précédant les règles peut être considéré comme un phénomène physiologique normal. On parle de mastodynie, ou de douleur mammaire, lorsque cette sensation devient inconfortable et pousse la patiente à consulter. Ces douleurs sont le plus souvent dues à la rétention d'eau qui accompagne la chute des taux sanguins d'hormones sexuelles après l'ovulation.

Selon l’âge de la patiente, on distingue deux types de douleurs des seins. La mastodynie de la jeune fille accompagne les premières règles et régresse avec un traitement à base de progestérone, soit sous forme de gel à appliquer sur les seins (PROGESTOGEL), soit plus simplement avec une contraception estroprogestative séquentielle. Le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène par exemple), voire les diurétiques légers, permettent de soulager la douleur et la sensation de tension.

Chez les femmes de 40 ans et plus, la mastodynie peut avoir des causes plus graves et s’accompagner d’une mastose (la présence de kystes fibreux dans les seins). Compte tenu de l’âge des patientes, l’examen clinique doit être minutieux afin de détecter une éventuelle tumeur. Le traitement des mastodynies chez les femmes de plus de 40 ans, en l’absence de mastose ou de tumeur, repose sur l’utilisation de progestatifs, inclus dans un schéma contraceptif ou prescrits entre le 16e et le 25e jour du cycle. Parfois, des progestatifs en gel sont prescrits tout au long du mois. Un traitement complémentaire permet de soulager les douleurs.

Il arrive que certaines pilules contraceptives provoquent des sensations pénibles au niveau des seins, voire des mastodynies. Un changement de prescription pour une contraception plus fortement dosée en progestatifs permet souvent de soulager cet effet indésirable.


Quels compléments alimentaires contre le syndrome prémenstruel ?

compléments alimentaires

Les compléments alimentaires destinés à soulager le syndrome prémenstruel sont peu nombreux et contiennent des ingrédients variés dont l’efficacité n’a, le plus souvent, guère été prouvée.

Le ginkgo contre le syndrome prémenstruel

Par leur action sur la circulation du sang, les extraits de feuilles de ginkgo pourraient soulager les douleurs des seins associées au syndrome prémenstruel. Néanmoins, cet usage n’est pas inclus dans les indications des médicaments qui contiennent des extraits de ginkgo. Il a été suggéré par quelques études de petite taille mais reste hypothétique.

Les acides gras oméga-6 contre le syndrome prémenstruel

Les acides gras oméga-6, et en particulier l’acide gamma-linolénique (GLA), sont souvent inclus dans les compléments alimentaires destinés à soulager le syndrome prémenstruel. Les huiles de bourrache et d’onagre, riches en acides gras oméga-6, sont également proposées. Aucune étude n’a été menée pour confirmer cet usage.

La vitamine B6 contre le syndrome prémenstruel

L’efficacité de la vitamine B6 sur les troubles prémenstruels a été mise en évidence au cours d’une seule étude et demande à être précisée.

Le calcium contre le syndrome prémenstruel

Plusieurs petites études ont suggéré qu’un apport en calcium serait efficace pour soulager le syndrome prémenstruel. Cette efficacité n’est cependant pas prouvée.

Le magnésium contre le syndrome prémenstruel

Plusieurs études ont suggéré que le magnésium pourrait agir sur les douleurs liées aux règles et sur le symptôme prémenstruel. Une étude récente suggère en outre qu’un apport conjoint de magnésium et de vitamine B6 serait plus efficace que la prise isolée de ces deux substances. Des études complémentaires restent nécessaires.

La vitamine E contre le syndrome prémenstruel

Deux petites études ont conclu à la relative efficacité de la vitamine E sur les symptômes prémenstruels. Néanmoins, dans l’état des connaissances actuelles, il n’est pas recommandé de prendre des compléments alimentaires riches en vitamine E.

Mieux vaut s'assurer de consommer des aliments qui en contiennent comme les huiles végétales, les fruits secs oléagineux, les graines, le jaune d'œuf ou le germe de blé.

Le gattilier contre le syndrome prémenstruel

Une étude récente contre placebo menée sur cent soixante-quinze femmes a montré que des extraits de baies d'une plante méditerranéenne, le gattilier (Vitex agnus castus), soulageaient les symptômes prémenstruels. Les extraits de gattilier sont commercialisés sous forme liquide contenant des teneurs standardisées d'agnuside et de casticine, les substances supposées être à l'origine de ces effets.

Attention, le gattilier pourrait interagir avec certains médicaments, notamment les contraceptifs oraux, ou « pilule ».

Existe-t-il des risques avec les compléments alimentaires contre le syndrome prémenstruel ?

Les personnes qui souffrent d’épilepsie ainsi que celles qui prennent des médicaments anticoagulants doivent s’abstenir de prendre du ginkgo.

La prise de calcium en grande quantité (plus de 5 000 mg par jour) pourrait provoquer chez certaines personnes l’apparition de calculs rénaux. De surcroît, les compléments alimentaires de calcium doivent être pris à distance des antibiotiques de la famille des cyclines et des quinolones, et des hormones thyroïdiennes.

Les compléments riches en magnésium doivent être évités en cas d’insuffisance rénale. À l’instar du calcium, le magnésium ne doit pas être pris en même temps que les antibiotiques de la famille des cyclines et des quinolones.


Qu'appelle-t-on règles irrégulières ?

La durée des cycles menstruels peut varier de 25 à 35 jours : certaines femmes ont des cycles plus courts, d’autres plus longs, sans que cela soit le signe d’un problème de santé. En revanche, il arrive qu’un cycle dure particulièrement longtemps, accompagné de douleur des seins et de maux de ventre, avec un test de grossesse négatif. Parfois, ces symptômes sont dus à un kyste fonctionnel de l’ovaire (voir encadré). Un traitement d’une dizaine de jours avec un médicament progestatif suffit en général à rétablir une durée normale des cycles.

Les kystes de l'ovaire
Un kyste est une cavité fermée et remplie d'une substance liquide. La formation de kystes sur l’ovaire n’est pas exceptionnelle. Il existe plusieurs types de kystes de l’ovaire. Les kystes dits fonctionnels sont les plus courants (90 % des cas de kystes avant la ménopause). Ils évoluent à partir d’un ovule immature ou du tissu qui reste dans l’ovaire après l’ovulation. Il arrive que les traitements destinés à stimuler l’ovulation provoquent la formation de kystes fonctionnels. Ils sont douloureux et ont tendance à retarder les règles. Pendant celles-ci, ils régressent mais peuvent récidiver lors des cycles suivants.
Certains kystes ovariens dits organiques sont permanents et ne disparaissent pas avec une contraception orale. Ils sont constitués de divers tissus (fragments de peau, cheveux, dents, issus du développement embryonnaire) ou de liquides (mucus, plasma, etc.). Ils sont souvent sans symptômes et découvert à l’occasion d’un examen. Parfois, ils provoquent des maux de ventre. Ils ne répondent pas au traitement hormonal. Il arrive que ces kystes se compliquent et, pour cette raison, ils sont le plus souvent retirés chirurgicalement.

Qu'est-ce que l'aménorrhée ?

L’aménorrhée correspond à une absence totale de règles. Elle peut s'observer chez la jeune fille de 16 ans ou plus et n'ayant jamais eu de règles : c'est alors une aménorrhée primaire. Elle peut également se rencontrer chez une femme préalablement réglée et non ménopausée : c'est alors une aménorrhée secondaire, lorsque les règles sont interrompues depuis plus de trois mois. Le traitement des aménorrhées met fréquemment en œuvre des hormones (estrogènes, progestatifs ou contraceptifs estroprogestatifs).

Les causes des aménorrhées

La première cause d'aménorrhée primaire est le retard pubertaire. Ce retard peut être d'origine héréditaire ou être la conséquence d'une maladie grave ou d'une anorexie. Parfois, il s'agit d'un mauvais fonctionnement de la région du cerveau qui contrôle la production des hormones sexuelles, ou des ovaires. Si la puberté s’est déroulée normalement, l’aménorrhée primaire est parfois liée à une malformation congénitale de l’utérus, une maladie génétique ou un problème hormonal. Dans certains cas, il s’agit simplement d’un défaut de perforation de l’hymen, qui empêche l’écoulement des règles : ce problème est résolu par une petite intervention chirurgicale. Certains traitements médicaux pris à l’adolescence peuvent aussi retarder les règles.

L’aménorrhée secondaire de la femme adulte, qui survient après des cycles normaux, peut avoir de nombreuses causes :

  • l’effet des contraceptifs estroprogestatifs qui peuvent interrompre les règles ; l’arrêt de la contraception peut également, dans de rares cas, entraîner une aménorrhée transitoire, qui justifie parfois un traitement hormonal.
  • les suites d’une IVG ou d’une intervention chirurgicale sur l’utérus ; dans ce cas, il convient de consulter un médecin sans tarder.
  • la grossesse, bien sûr, dans un contexte où on ne l’attend pas ; par exemple, femmes sous contraception à la suite d’un oubli de pilule pendant un ou deux jours ou femmes plus âgées portant un stérilet, etc.
  • les suites d’un accouchement et d’un allaitement prolongé. Les règles réapparaissent normalement quatre à huit semaines après l’accouchement ou la fin de l’allaitement, mais un état de fatigue ou de dépression peut les retarder. Un court traitement hormonal est parfois nécessaire pour relancer les cycles. Les tranquillisants, les antidépresseurs et les médicaments contre l’hypertension artérielle, que l’on prescrit parfois aux jeunes mamans, peuvent également retarder le retour des règles.
  • une ménopause précoce, qui peut intervenir dès l’âge de quarante ans.
  • le stress important et répété qui peut provoquer un arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles (voir ci-dessous). Les athlètes féminines et les personnes souffrant d’anorexie sont sujettes aux aménorrhées.

Dysménorrhée et aménorrhée d'origine psychologique

L’hypothalamus et l’hypophyse, qui se trouvent dans le cerveau, contrôlent la production de FSH et LH. Ils peuvent subir l’influence d’autres régions du cerveau, notamment celles où se forment les émotions. Un choc psychologique (décès, divorce, perte brutale d’emploi, etc.), une maladie prolongée, une douleur chronique, un état dépressif ou anxieux peuvent entraîner un arrêt plus ou moins long des cycles menstruels. Les troubles anorexiques provoquent également un arrêt des cycles.

Dans tous les cas, une consultation médicale s’impose, afin d’écarter en premier lieu les causes les plus évidentes (grossesse, contraception, ménopause, autre maladie, etc.). L’interrogatoire minutieux du gynécologue permet d’identifier les éventuelles causes psychologiques d’une dysménorrhée ou d’une aménorrhée. Le traitement est alors personnalisé et peut s’appuyer sur des médicaments anxiolytiques ou antidépresseurs, mais aussi sur une approche complémentaire fondée sur la psychothérapie, la relaxation (sophrologie), l’acupuncture, etc.


Qu'est-ce que la ménorragie ?

Lorsque les règles sont anormalement abondantes, on parle de ménorragie. Les ménorragies s’installent souvent progressivement, de telle sorte que les femmes qui en sont atteintes n’en prennent pas immédiatement conscience. On parle de ménorragie lorsque la durée des règles dépasse la durée habituelle (trois à sept jours) ou lorsque la quantité des écoulements n’est plus contrôlée par les moyens habituels (tampons ou serviettes). Parmi les causes les plus courantes, on peut citer :

  • la puberté ou la ménopause (les premiers et les derniers cycles sont souvent plus abondants) ; la présence de ménorragies à la puberté met parfois en évidence un trouble congénital de la coagulation.
  • la présence de polypes ou de fibromes de l’utérus (voir encadré) qui ont tendance à saigner.
  • la présence d’un stérilet au cuivre, qui entraîne des règles plus abondantes (la pose d’un stérilet hormonal est alors envisagée).

Le traitement des ménorragies vise à corriger ses causes. L’emploi de progestatifs permet d’améliorer les symptômes de certaines ménorragies, soit sous forme d’une contraception orale, soit sous forme non contraceptive entre le 16e et le 25e jour du cycle. D'autres médicaments sont parfois prescrits qui agissent sur la coagulation ou les contractions de l'utérus.

Les fibromes de l'utérus
Les cellules musculaires de la paroi de l’utérus peuvent parfois proliférer et former des nodules, appelés fibromes. Présents chez un quart de la population féminine de plus de 40 ans, les fibromes varient de la taille d’une groseille à celle d’un pamplemousse. Dans 80 % de cas, ils passent inaperçus et ne justifient pas de traitement.
En fonction de leur taille et de leur localisation, certains fibromes peuvent provoquer des troubles : douleurs spontanées ou pendant les rapports sexuels, saignements en dehors des règles, envie d'uriner plus fréquente, etc. Les femmes qui ont eu leurs premières règles très jeunes, celles qui n'ont pas eu d'enfant, celles qui souffrent d'obésité ou qui ont des antécédents familiaux de fibrome sont plus exposées.
Le traitement des fibromes peut être hormonal ou chirurgical. Un traitement hormonal à base de progestatifs, administré entre le 16e et le 25e jour du cycle, permet en général de réduire les saignements et l’abondance des règles. En cas de gêne provoquée par un fibrome de grande taille, un traitement chirurgical est envisagé. Chez les femmes qui désirent des enfants, on enlève le fibrome en préservant l’utérus. Chez les femmes qui ne souhaitent plus de grossesse, l’ablation de l’utérus (hystérectomie) est proposée.