Verrues génitales (condylomes)

Mis à jour : Mardi 15 Novembre 2016

Les condylomes (également appelés verrues génitales) sont une maladie sexuellement transmissible due à des virus. Certaines souches de ces virus provoquent parfois une transformation des cellules infectées pouvant entraîner l'apparition de cancers, en particulier un cancer du col de l'utérus. Chaque année, en France, ce cancer touche environ 4 000 femmes et entraîne un millier de décès. L'arrivée de vaccins et de nouvelles méthodes de dépistage pourrait aboutir à son éradication.

Les symptômes des verrues génitales

couple

Les condylomes sont de petites excroissances qui ressemblent à des verrues lorsqu’elles se trouvent sur les organes génitaux externes (vulve, pénis, prépuce, scrotum), le périnée et l’anus. Ils sont parfois également présents dans la bouche, l’urètre, le vagin ou sur le col de l’utérus.

Les condylomes se manifestent parfois plusieurs années après la contamination et ne sont pas toujours visibles à l'œil nu. Lorsqu'ils le sont, ils peuvent être plats, surélevés (en forme de chou-fleur ou de crêtes de coq), de couleur rosée ou grisâtre. Ils entraînent parfois des démangeaisons ou des saignements lors des rapports sexuels.

Les complications des verrues génitales

La plupart des personnes qui ont été infectées par les virus responsables de condylomes parviennent à l’éliminer sans qu’il y ait eu de symptômes. Certaines développent des symptômes, puis éliminent le virus après traitement. Enfin, dans certains cas, ces virus persistent sans provoquer d’autres désagréments.

Chez certains patients, des souches particulières de ce virus peuvent favoriser l’apparition de cancers à partir des cellules infectées : cancer du col de l’utérus, de la vulve, de l’anus, du rectum, et parfois du pénis ou de la gorge. Une infection persistante avec ce type de virus amène les cellules infectées à se transformer en cellules dites « précancéreuses » puis en cellules cancéreuses.

Le tabagisme, l'âge et la pilule contraceptive favorisent l'apparition du cancer à partir des lésions produites par les virus, en particulier dans le cas du cancer du col de l'utérus. Ce risque est également augmenté chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli (chimiothérapie anticancéreuse, personnes greffées, infection par le VIH/sida).

Chez les femmes enceintes porteuses de condylomes, une contamination de l’enfant peut se produire lors de l’accouchement et provoquer des verrues dans la bouche du nourrisson.

Papillomes et cancers de la bouche
Des études récentes semblent indiquer que les virus du papillome humain, responsables des condylomes génitaux, pourraient être à l'origine d'un grand nombre de cancers de la bouche et de la gorge. Transmis lors de rapports sexuels buccogénitaux (fellation et cunnilingus), ces virus semblent être à l'origine d'un nombre croissant de cancers, peut-être en lien avec l'augmentation du nombre moyen de partenaires sexuels au cours de la vie.
On ignore encore si les vaccins disponibles pour prévenir les cancers du col de l'utérus liés au HPV sont également capables de prévenir ceux de la bouche et de la gorge.

Les causes des verrues génitales

Les condylomes sont dus à des virus dits papillomavirus humains (HPV). Très contagieux, il en existe une grande variété, dont seuls certains provoquent des condylomes et, parmi eux, seules quelques souches peuvent entraîner l’apparition de cancers. Ces virus se transmettent lors de rapports sexuels.

Les personnes qui ont débuté leur vie sexuelle très jeunes et celles qui ont eu de nombreux partenaires sexuels présentent un risque plus élevé de contamination par les papillomavirus humains, en particulier si elles ont eu des relations sexuelles sans protection. Les personnes dont le système immunitaire est affaibli, ainsi que celles qui souffrent d'une autre infection sexuellement transmissible, sont plus à risque d'être infectées par les papillomavirus.

La prévention des verrues génitales

Parce que la contamination se fait par voie sexuelle, l’utilisation du préservatif est indispensable pour prévenir l’apparition de condylomes. Néanmoins, le préservatif n’offre pas une protection absolue. En effet, les condylomes se transmettent de peau à peau et les lésions peuvent se situer à des endroits non protégés par le préservatif. La contamination peut également se faire par des doigts souillés.

Il existe un vaccin destiné à la prévention du cancer du col de l'utérus également indiqué dans la prévention des condylomes (verrues génitales). En effet, ce vaccin protège contre les papillomavirus humains de type 6 et 11 qui sont à l'origine d'environ 90 % des verrues génitales. La vaccination est inefficace si la personne est déjà infectée. Il est donc recommandé de pratiquer la vaccination avant le début de la vie sexuelle.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Vaccins : papillomavirus


Comment diagnostique-t-on des verrues génitales

En présence de lésions évoquant des verrues génitales, le médecin effectue des tests ou des prélèvements pour rechercher un papillomavirus et confirmer son diagnostic.

Comment soigne-t-on les verrues génitales ?

Le traitement des condylomes vise à détruire les lésions visibles. Ce traitement n’élimine pas le virus et d’autres lésions peuvent apparaître dans les semaines ou les mois qui suivent. Une surveillance prolongée est donc nécessaire pour prévenir toute récidive.

Le choix du traitement dépend de plusieurs facteurs : nombre de verrues, localisation, aspect... L’élimination des lésions peut être effectuée par le médecin en les brûlant avec de l’azote liquide, un laser ou un courant électrique (électrocoagulation). Parfois, un traitement médicamenteux local peut être appliqué par le patient sur les lésions.

Si des lésions provoquées par les papillomavirus humains ont été identifiés sur le col de l’utérus ou dans le rectum, le traitement est proportionnel à la gravité et à l’étendue des lésions. Dans les cas les plus sévères, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

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Cytotoxiques locaux


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