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La stimulation cérébrale profonde

Mis à jour : Vendredi 31 Mars 2017

Qu'est-ce que la stimulation cérébrale profonde ?

La stimulation cérébrale profonde est une technique chirurgicale qui consiste à implanter dans le cerveau deux électrodes (deux fils très fins) qui sont laissés en place en permanence. Grâce à une technique de repérage radiologique des structures du cerveau (stéréotaxie), les électrodes sont très précisément positionnées dans deux zones du cerveau, les noyaux subthalamiques droit et gauche. Ces électrodes sont reliées, par des fils passés sous la peau, deux stimulateurs électriques situés au niveau des clavicules (également sous la peau). Cette intervention chirurgicale dure environ dix heures.

Via les électrodes, les stimulateurs envoient des impulsions électriques (d’une intensité de 2 à 3 volts, et d’une fréquence de 130 impulsions par seconde). Ces impulsions électriques activent les cellules nerveuses des noyaux subthalamiques. Cette stimulation localisée corrige les effets de l’insuffisance en dopamine et réduit fortement les symptômes moteurs de la maladie (tremblements, rigidité et ralentissement), ainsi que les dyskinésies et les fluctuations motrices. La fréquence de la stimulation électrique est adaptée selon le besoin de chaque patient afin d’obtenir le meilleur contrôle des symptômes avec le moins d’effets indésirables.

Les piles des stimulateurs durent environ cinq ans et celles-ci sont changées au cours d’une intervention chirurgicale rapide.

Cette technique est pratiquée depuis une dizaine d’années. Néanmoins, la stimulation cérébrale profonde ne peut être proposée qu’à seulement 10 à 15 % des personnes souffrant de maladie de Parkinson, les critères pour pouvoir en bénéficier étant très stricts. Environ 300 à 400 personnes sont équipées de ce système chaque année en France.

La mise en place du dispositif de stimulation profonde exige une forte expertise de la part des équipes chirurgicales. Elle n’est effectuée que dans une quinzaine d’hôpitaux en France. La stimulation cérébrale profonde est une technique coûteuse (environ 50 000 euros par patient). Elle est prise en charge par l’Assurance maladie.

Le traitement médicamenteux peut être maintenu après la pose des électrodes mais, le plus souvent, à des doses très inférieures à celles prescrites avant l’intervention.

Les critères pour bénéficier de la stimulation profonde
(Source : Fédération française des groupements de parkinsoniens)
- Etre atteint d’une forme « typique » de maladie de Parkinson.
- Présenter, sous lévodopa, une amélioration des symptômes moteurs d’au moins 50 % avec un handicap résiduel compatible avec une vie normale. Plus le patient réagit positivement à la lévodopa, plus efficace sera la stimulation profonde.
- Absence de troubles de la conscience, de dépression ou d’épisode psychiatrique majeur.
- IRM cérébrale normale.
- Avoir moins de 70 ans.
- Diagnostic datant de moins de 20 ans (ou maladie d’évolution très lente).
- Bonnes conditions sociofamiliales et forte motivation du patient.
- Absence de contre-indication à la neurochirurgie.
bonjour docteur

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Le réglage des stimulateurs : un témoignage

« Depuis quelques mois, je suis équipée d’un dispositif de stimulation cérébrale profonde. Après une dizaine de jours d’hospitalisation, je suis rentrée chez moi et la période post-opératoire a commencé. Cette période de « rodage » permet d’ajuster la stimulation électrique pour obtenir un effet optimal.

Pendant les premières semaines, le dispositif électrique reste inactif. En effet, le léger traumatisme local provoqué dans le cerveau par la pose des électrodes suffit pour que les symptômes s’améliorent nettement : c’est ce qu’on appelle l’effet lésionnel. La durée de cet effet est variable et il tend à disparaître progressivement. Pour cette raison, la fréquence du stimulateur électrique doit être augmentée au fur et à mesure de la disparition de l’effet lésionnel. Dans mon cas, le premier rendez-vous de réglage a eu lieu cinq semaines après l’intervention, puis à des intervalles progressivement croissants (quatre semaines, six semaines puis tous les quatre mois).

Pendant cette période d’ajustement, j’ai continué à prendre un traitement antiparkinsonien mais à des doses très inférieures à celles que je prenais avant l’intervention. Je vais toujours mieux en sortant d’un rendez-vous de réglage mais, après une dizaine de jours (pendant lesquels l’effet lésionnel continue à s’estomper), je suis obligé d’augmenter un peu mon traitement médicamenteux. Je continuerai probablement à prendre des médicaments dans le futur, mais ils ne seront qu’un complément à la stimulation électrique.

Aujourd’hui, quand je sors, j’emmène toujours mon programmateur (un petit appareil qui ressemble à une console de jeux). Il me permet de vérifier que les deux stimulateurs sont en marche et, le cas échéant, il permet leur remise en marche. En effet, les portiques antivol des magasins peuvent parfois arrêter les stimulateurs, sans parler des portiques des aéroports et des musées qui, eux, sont interdits aux porteurs de stimulateurs (cardiaques ou neurologiques). Il n’est pas toujours évident de s’en rendre compte, surtout dans la phase où l’on prend encore des médicaments à dose moyenne.

A ceux qui vont bénéficier prochainement de la stimulation cérébrale profonde, je dirais simplement que le plus dur est derrière eux et que si la période de « rodage » peut susciter quelques inquiétudes, le jeu en vaut la chandelle. »

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