Maladie de Parkinson

Mis à jour : Jeudi 28 Mars 2019

La maladie de Parkinson se caractérise par la disparition progressive de cellules nerveuses situées dans une région du cerveau appelée « substance noire ». Ces cellules produisent de la dopamine (un messager chimique entre les cellules) et sont impliquées dans le contrôle de la précision et de la fluidité des mouvements. Lorsqu’une grande partie de ces cellules a disparu (plus de 50 %), les symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson apparaissent.

La maladie de Parkinson est-elle une maladie fréquente ?

homme malade

La fréquence de la maladie de Parkinson augmente avec l’âge : 90 % des cas sont observés chez des personnes de plus de 50 ans. Dans les pays industrialisés, on estime que la maladie de Parkinson touche environ 0,6 à 0,8 % des personnes âgées de 65 à 69 ans, et 2,6 à 3,5 % des personnes âgées de 85 à 89 ans. En France, environ 120 000 personnes souffrent de cette maladie. Les hommes sont plus touchés que les femmes, peut-être du fait d’un effet protecteur des hormones féminines (estrogènes).

En termes de fréquence, la maladie de Parkinson est la seconde maladie neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer.

Quelles sont les complications de la maladie de Parkinson ?

La maladie de Parkinson évolue de manière très variable selon les patients. Cette évolution est indépendante de l’âge auquel la maladie est apparue. Elle est probablement fonction du degré de dégénérescence de la substance noire mais également de celui d’autres régions du cerveau (par exemple, les ganglions de la base). Dans 85 % des cas, les symptômes ne sont pas seulement dus à la disparition des cellules nerveuses sécrétant de la dopamine dans la substance noire, mais également à des anomalies impliquant d’autres messagers chimiques du cerveau.

La maladie de Parkinson a peu d’impact sur l’espérance de vie. Dans les formes les plus avancées, outre les symptômes habituels, la maladie de Parkinson se complique parfois de confusion (le patient ne comprend plus la situation dans laquelle il se trouve, il est désorienté dans le temps et dans l’espace, il a des hallucinations, etc.), de troubles de la mémoire, voire de démence. Comme les médicaments prescrits contre la maladie de Parkinson peuvent être à l’origine d’hallucinations et de confusion, ce type de complication doit être distingué d’éventuels effets indésirables de ces médicaments.


Des symptômes variables selon les personnes

Les symptômes de la maladie de Parkinson sont variables d’une personne à l’autre. Les médecins ont coutume de dire qu’il n’y a pas une maladie de Parkinson mais des maladies de Parkinson, avec des symptômes et une évolution propres à chaque patient. De plus, chez un patient, ces symptômes peuvent varier en intensité dans le temps, parfois au cours d’une même journée : le stress, le manque de sommeil, les émotions, etc. peuvent aggraver les symptômes. Enfin, les signes physiques de la maladie sont rarement identiques du côté droit et du côté gauche du patient.

    En règle générale, la maladie de Parkinson s’exprime par trois symptômes majeurs :
  • des tremblements observés au repos ;
  • une rigidité musculaire ;
  • un ralentissement des mouvements.

Les tremblements au repos

Même s’ils sont synonymes de maladie de Parkinson dans l’imaginaire de chacun, les tremblements ne sont présents que chez deux tiers des personnes touchées par cette maladie. Chez ces patients, ils ont fréquemment été le premier symptôme observé.

Les tremblements liés à la maladie de Parkinson apparaissent au repos, le plus souvent au niveau des mains, parfois du menton et des jambes. Ils sont accentués lors de stress ou d’efforts de concentration mentale. Ces tremblements disparaissent lorsque la personne dort ou fait un effort physique. Ils sont le plus souvent observés d’un seul côté du corps.

Qu'appelle-t-on tremblement essentiel ?
Le tremblement essentiel est un tremblement qui apparaît lorsque la personne effectue un mouvement (par exemple, en écrivant) ou essaie de maintenir une posture qui exige un travail musculaire. Ce type de tremblement cesse au repos... ou lors de consommation de boissons alcoolisées ! Plus fréquent avec l'âge, le tremblement essentiel n'est aucunement lié à la maladie de Parkinson. Il est généralement d'une fréquence plus rapide que celui lié à la maladie de Parkinson. De plus, il s'observe des deux côtés du corps.

La rigidité musculaire

La rigidité des muscles est caractéristique de la maladie de Parkinson. Les mouvements perdent leur fluidité et sont exécutés par à-coups. Lorsque le médecin fait effectuer un mouvement à son patient, par exemple fléchir le bras, ce mouvement est saccadé : on parle de sensation de « roue dentée ». Comme les autres symptômes, la rigidité musculaire peut varier selon la partie du corps et le moment de la journée. Cette rigidité a des conséquences sur la façon dont le patient marche : ses bras ne se balancent plus le long du corps et son équilibre s’en trouve compromis. Certains patients se plaignent de douleurs liées à une rigidité des muscles du cou.

Le ralentissement des mouvements

Le ralentissement des mouvements (également appelé bradykinésie) est également caractéristique de la maladie de Parkinson. Les mouvements sont difficiles à initier, avec des hésitations au moment du démarrage. De ce fait, le nombre de mouvements effectués par le patient tend à diminuer : sa marche est lente et à petits pas, son visage est impassible, il cligne moins souvent des yeux et son regard est relativement fixe. Il a du mal à effectuer les tâches qui exigent une certaine dextérité : boutonner un vêtement, se raser, nouer ses lacets, etc. Les mouvements peuvent temporairement devenir impossibles (akinésie). Un des symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson est le « freezing » qui se caractérise par une immobilité soudaine et brève (quelques secondes à quelques minutes), habituellement accompagnée d’un piétinement sur place, les pieds restant collés au sol.

Les autres symptômes de la maladie de Parkinson

De nombreux autres symptômes sont observés lors de maladie de Parkinson, certains liés aux problèmes de coordination motrice, d’autres liés aux conséquences psychologiques de cette maladie.

Les troubles de la coordination motrice ont de nombreuses conséquences qui apparaissent plutôt dans les stades avancés de la maladie.

  • Un changement d’élocution : la personne parle avec un débit plus rapide, plus saccadé et une voix plus faible.
  • Des troubles de l’écriture : la personne a une écriture incertaine, très souvent plus petite qu’à l’accoutumée (on parle alors de « micrographie »).
  • Des difficultés pour avaler : la personne peut avoir du mal à avaler, y compris sa salive.
  • Des troubles de l’équilibre : la personne a tendance à tomber en avant ou en arrière, voire à faire des chutes pendant ses déplacements.

Les troubles du sommeil sont fréquents chez les personnes qui souffrent de maladie de Parkinson. La qualité de leur sommeil est perturbée par des crampes, des sensations de ne plus pouvoir bouger, de l’agitation, des cauchemars, etc. Les traitements prescrits contre cette maladie peuvent parfois aggraver ces troubles et une adaptation du traitement peut être indispensable pour retrouver un sommeil de bonne qualité.

On estime que 50 % des personnes atteintes de maladie de Parkinson souffrent d’anxiété et de dépression, au moment du diagnostic comme dans les phases ultérieures de la maladie. Des liens particuliers entre dépression et maladie de Parkinson semblent exister : il n’est pas rare que les premiers signes physiques de la maladie soient précédés par une période dépressive. Pour cette raison, il est fréquent que le traitement de la maladie de Parkinson inclue un médicament contre la dépression.

Dans certains cas, un léger relâchement des muscles de la vessie est observé lors de maladie de Parkinson. Il se traduit par un besoin fréquent d’uriner, voire une incontinence urinaire. La constipation est également assez fréquente chez les personnes atteintes de maladie de Parkinson.


Pourquoi développe-t-on une maladie de Parkinson ?

Les causes précises de la maladie de Parkinson sont encore méconnues. Actuellement, les spécialistes penchent pour une origine multifactorielle de la maladie.

Une prédisposition héréditaire semble indiquée par l'existence de familles où la maladie de Parkinson est plus fréquente que dans l'ensemble de la population, en particulier pour les formes les plus précoces de la maladie. Des facteurs liés à l'environnement sont également suspectés, en particulier le rôle déclencheur d'une exposition répétée à certains métaux lourds (plomb, manganèse, cuivre) ou à certains pesticides et autres polluants. Le rôle d'une exposition prolongée à certains herbicides (en particulier chez des personnes présentant une prédisposition génétique) est de plus en plus communément admis : cette maladie est plus fréquente en milieu rural. Récemment, un agriculteur atteint de maladie de Parkinson a été reconnu comme atteint d'une maladie professionnelle par la justice.

Certaines maladies proches de la maladie de Parkinson (syndromes parkinsoniens) ont pu être rattachées à des substances toxiques : par exemple, le MPTP (un contaminant présent dans une drogue récréative illicite) ou des décoctions de feuilles et de racines de corossol (une plante utilisée en phytothérapie dans les Caraïbes).

Peut-on prévenir la maladie de Parkinson ?

A ce jour, on ne connaît pas de moyen de prévenir la maladie de Parkinson. Des études de grande taille semblent indiquer un effet protecteur de la consommation modérée de café, en particulier chez les hommes. Mais ces études demandent à être confirmées. De plus, il semble que le tabagisme ait un effet protecteur vis-à-vis de la maladie de Parkinson. Considérant les graves complications qu’entraîne la consommation de tabac, il serait bien sûr malvenu de commencer à fumer pour se protéger de la maladie de Parkinson…


Comment diagnostique-t-on la maladie de Parkinson ?

Le diagnostic de la maladie de Parkinson repose essentiellement sur l’observation clinique du patient, à la recherche des trois symptômes caractéristiques : tremblements au repos, rigidité musculaire et ralentissement des mouvements. Les techniques d’imagerie médicale (IRM, scanner) ne révèlent aucune modification susceptible d’orienter le diagnostic.

Lorsqu’une maladie de Parkinson est suspectée par le neurologue et que les symptômes sont suffisamment invalidants pour justifier un traitement, la réponse du patient aux médicaments antiparkinsoniens permettra de confirmer le diagnostic.

Au tout début de l’apparition des symptômes, il est parfois difficile de diagnostiquer la maladie de Parkinson et il n’est pas rare que celle-ci ne soit confirmée que plus tard.

Lorsque la maladie est diagnostiquée, son évolution est mesurée par des outils spécifiques dont le plus courant est l’UPDRS (Unified Parkinson’s Disease Rating Scale ou échelle d’évaluation unifiée de la maladie de Parkinson).

Qu'appelle-t-on syndrome parkinsonien ?
Il existe plusieurs maladies du système nerveux qui se traduisent par des symptômes de même type que ceux de la maladie de Parkinson. On parle alors de syndrome parkinsonien. Ces maladies sont rares : paralysie supranucléaire progressive, atrophies multisystématisées, maladie à corps de Lewy, maladie de Wilson, dégénérescence cortico-basale, etc. Leurs causes sont mal définies, à l’exception de la maladie de Wilson qui est une maladie génétique caractérisée par une accumulation anormale de cuivre dans l’organisme.
Certains médicaments, et en particulier les neuroleptiques, peuvent également entraîner un syndrome parkinsonien.

Quels médicaments contre la maladie de Parkinson ?

Le traitement de la maladie de Parkinson vise à réduire et à soulager les symptômes, sans pour autant arrêter la progression de la maladie. Ce traitement se fait essentiellement par la prescription de médicaments adaptés. Du fait de la grande variabilité de la maladie selon les patients, la mise en place d’un traitement médicamenteux est un processus progressif qui demande de multiples ajustements, tant dans le choix du médicament le plus adapté que dans l’identification de la dose optimale. Plus récemment, une technique chirurgicale, la stimulation cérébrale profonde, est venue enrichir les modalités de traitement de cette maladie.

    Les médicaments prescrits contre la maladie de Parkinson visent à rétablir une concentration normale de dopamine dans le cerveau. Pour cela, on peut :
  • administrer un précurseur de la dopamine (qui sera transformé en dopamine dans le cerveau),
  • administrer une substance qui agit comme la dopamine (un agoniste de la dopamine),
  • administrer une substance qui bloque la dégradation de la dopamine ou de son précurseur dans le cerveau (pour garder des concentrations élevées le plus longtemps possible).

Le précurseur de la dopamine : la lévodopa

La lévodopa (ou L-dopa) est transformée en dopamine dans le cerveau. Elle est le traitement de référence de la maladie de Parkinson, celui qui possède le meilleur rapport efficacité/effets indésirables. Pour que son effet soit plus prolongé, tous les médicaments dans lesquels elle se trouve contiennent également une substance qui inhibe sa dégradation par l’organisme.

Parce que la lévodopa a tendance à provoquer des mouvements involontaires (dyskinésies) plus rapidement que les autres traitements (après quelques années de traitement tout de même), elle est plutôt réservée aux patients qui ont développé la maladie depuis plusieurs années, ou chez qui les autres traitements ont perdu leur efficacité ou sont mal tolérés, ou enfin chez les personnes de plus de 70 ans. Chez les personnes de moins de 70 ans qui sont au début de la maladie, les médecins préfèrent débuter le traitement avec des agonistes de la dopamine (voir ci-dessous).

Les effets indésirables de la lévodopa sont les nausées et vomissements (en particulier au début du traitement), les vertiges au réveil (hypotension), les hallucinations, la somnolence (qui contre-indique la conduite de véhicules) et, plus rarement, des épisodes de délire.

Comme l’ensemble des médicaments contre la maladie de Parkinson, la lévodopa est prescrite à des doses progressivement croissantes jusqu’à atteindre la dose maximale bien tolérée.

Ces médicaments sont le plus souvent administrés par voie orale (gélule, comprimé, comprimé pour suspension buvable). Il existe également un gel intestinal (DUODOPA) administré via une pompe reliée directement dans l’intestin grêle. Il permet une perfusion en continu du médicament. Son utilisation nécessite une intervention chirurgicale pour placer la sonde dans l’intestin.

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Médicament générique

Les agonistes de la dopamine

Dans le cerveau, les agonistes de la dopamine agissent comme la dopamine. Ils provoquent moins de mouvements involontaires que la lévodopa mais sont plus fréquemment responsables d’effets indésirables : nausées et vomissements, vertiges au réveil (hypotension), somnolence et accès de sommeil (contre-indiquant la conduite de véhicules), hallucinations, épisodes délirants. Chez certaines personnes, les agonistes de la dopamine provoquent, lorsqu’ils sont prescrits à forte dose, des fluctuations de l’humeur, une hyperactivité sexuelle ou alimentaire, voire une addiction au jeu. Pour ces raisons, il est préférable que les personnes qui prennent des agonistes de la dopamine à forte dose soient suivies par un psychologue, en particulier durant la période nécessaire à l’ajustement du traitement.

Certains agonistes de la dopamine sont des dérivés de l’ergot de seigle. Ils peuvent, en cas d'emploi prolongé, être responsables d'une atteinte des valves cardiaques ou des réactions inflammatoires de type fibrose.

Les agonistes de la dopamine sont prescrits dans plusieurs situations : seuls au début de la maladie chez les patients jeunes, en association avec la lévodopa pour diminuer les doses de lévodopa ou lorsque des fluctuations motrices apparaissent. Ils doivent être prescrits à dose progressivement croissante jusqu’à obtention d'une dose maximale qui soit bien tolérée.

Les agonistes de la dopamine se présentent sous forme de comprimés ou de gélules à prendre plusieurs fois par jour. Certaines formes à libération prolongée permettent une seule prise par jour. Il existe deux agonistes dopaminergiques qui s'administrent différemment : l'apomorphine (APOKINON) qui s'injecte par voie sous-cutanée et la rotigotine (NEUPRO) qui se présente sous forme de dispositif transdermique (patch) à remplacer tous les jours.

Antiparkinsoniens : agonistes de la dopamine dérivés de l'ergot de seigle

Antiparkinsoniens : autres agonistes de la dopamine (apomorphine)

Antiparkinsoniens : autres agonistes de la dopamine (rotigotine)

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Médicament générique

Les inhibiteurs de la dégradation de la lévodopa

Les inhibiteurs de la dégradation de la lévodopa permettent de maintenir des taux plus élevés de lévodopa (et donc de dopamine) dans le cerveau. On en distingue deux types selon l’enzyme qu’ils bloquent : les inhibiteurs de la COMT et les inhibiteurs de la MAO-B. Ces deux types d’inhibiteurs sont prescrits en association avec la lévodopa lorsque le patient présente des fluctuations motrices. Les inhibiteurs de la MAO-B sont parfois prescrits comme seul traitement en tout début de maladie lorsque les symptômes sont peu gênants.

Les effets indésirables des inhibiteurs de la COMT sont des diarrhées et des mouvements involontaires. Ceux des inhibiteurs de la MAO-B sont essentiellement des épisodes de confusion.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Juin 2019

Antiparkinsoniens : inhibiteurs de la COMT

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Médicament générique

Les autres médicaments contre la maladie de Parkinson

D’autres médicaments existent dans le traitement de la maladie de Parkinson. Les anticholinergiques bloquent l’action d’un autre messager chimique du cerveau (l’acétylcholine, dont l’action s’oppose à celle de la dopamine). De nos jours, ils sont moins utilisés du fait de leur moindre efficacité et de leurs effets indésirables : rétention urinaire, glaucome aigu et confusion.

L’amantadine (MANTADIX) est parfois prescrite contre les mouvements anormaux (dyskinésies). Son mécanisme d’action est mal connu.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Juin 2019

Antiparkinsoniens : amantadine

Antiparkinsoniens : anticholinergiques

D’autres médicaments sont utilisés pour soulager les effets associés à la maladie de Parkinson ou les effets indésirables des médicaments antiparkinsoniens. Lorsque la maladie de Parkinson s’accompagne de démence (troubles de la mémoire, difficulté d’adaptation associés ou non à des hallucinations), des études ont montré que la rivastigmine (EXELON et ses génériques) est susceptible d’avoir un effet favorable sur cette démence.

Lorsque le traitement antiparkinsonien provoque des hallucinations mais doit être maintenu, celles-ci peuvent être soulagées par la clozapine (LEPONEX et ses génériques) mais ce médicament exige une surveillance stricte du nombre de globules blancs dans le sang.

Enfin, les nausées et vomissements, fréquents en début de traitement, peuvent être soulagés par les traitements habituels.

Comment prescrit-on les médicaments contre le Parkinson ?

Le choix du ou des médicaments prescrits dépend de nombreux facteurs. Au début de la maladie, lorsque les symptômes commencent à devenir gênants, le choix d’un traitement est essentiellement fonction de l’âge du patient. Chez le patient de moins de 70 ans, il est recommandé d’utiliser les agonistes de la dopamine (sauf si le patient présente des symptômes avancés, par exemple des troubles de la marche).
Si les agonistes de la dopamine sont mal tolérés (avec d’importants effets indésirables), il est possible de réduire leur posologie en leur associant la lévodopa. S’ils provoquent systématiquement des hallucinations, ils sont remplacés par la lévodopa. Dans tous les cas, les doses sont augmentées progressivement pour identifier la dose maximale qui est bien tolérée par le patient. De plus, pour une efficacité plus constante tout au long de la journée, il est fréquent que la prise de médicaments contre la maladie de Parkinson soit fractionnée en quatre, cinq, voire six prises par jour.


Qu'appelle-t-on fluctuations motrices ?

Après une période dite « lune de miel » pendant lesquelles les médicaments sont très efficaces (de quelques mois à une trentaine d’années selon les patients, le plus souvent de six à huit ans), le traitement devient moins efficace et entraîne l’apparition de mouvements involontaires (dyskinésies, voir ci-dessous) qui ne sont pas présents en permanence. Des périodes de bien-être (périodes « on ») alternent avec des périodes de blocage ou de mouvements involontaires (périodes « off ») : ce phénomène porte le nom de « fluctuations motrices » ou « effet on/off » (également appelées « fluctuations symptomatiques » ou « fluctuations de fin de dose »). Les fluctuations motrices sont le signe que la maladie de Parkinson a atteint un stade où il devient plus difficile d’équilibrer le traitement.

Si le patient reçoit un médicament agoniste de la dopamine, les fluctuations motrices sont souvent le signe qu’il est temps d’associer la lévodopa au traitement. En général, cela suffit à assurer une stabilisation des symptômes.

Si le patient est déjà sous lévodopa, le neurologue envisage alors plusieurs stratégies : ajout d’un agoniste de la dopamine, ajout d’un inhibiteur de la dégradation de la lévodopa ou, éventuellement, prescription de formes de lévodopa à longue durée d’action.

Qu'appelle-t-on dyskinésies ?

Les dyskinésies sont des mouvements involontaires qui gênent le patient. Après plusieurs années de traitement contre la maladie de Parkinson, les dyskinésies sont fréquemment observées. Leur nature varie selon le moment de la journée (en fait, selon la concentration de lévodopa dans le sang). Au réveil, lorsque la concentration sanguine de lévodopa est la plus faible, il s’agit plutôt de contractions involontaires au niveau des pieds et des jambes (des « crampes »). Lorsque la concentration de lévodopa s’élève (après la prise du médicament), des mouvements involontaires des jambes peuvent survenir. Mais la plupart des dyskinésies s’observent lorsque la concentration sanguine de lévodopa est maximale : des mouvements brusques, irréguliers et de courte durée se déclenchent alors spontanément, en particulier lorsque la personne effectue un mouvement volontaire ou une tâche demandant une attention particulière. Lorsque les dyskinésies sont invalidantes, un ajustement du traitement est nécessaire.


Qu'est-ce que la stimulation cérébrale profonde ?

La stimulation cérébrale profonde à haute fréquence (SCP ou « neurostimulation ») est une technique chirurgicale qui consiste à implanter dans le cerveau deux électrodes (deux fils très fins) qui sont laissés en place en permanence et qui vont stimuler des zones très réduites du cerveau, les noyaux subthalamiques.

La SCP est réservée aux cas difficiles à traiter avec les médicaments antiparkisoniens, en particulier lorsque des fluctuations d’efficacité sont observées malgré une bonne sensibilité au lévodopa. Cette technique, qui a l’avantage de permettre une stimulation continue, adaptable et réversible, est utilisée chez 5 à 10 % des personnes souffrant de maladie de Parkinson.

Les piles des stimulateurs durent environ cinq ans et celles-ci sont changées au cours d’une intervention chirurgicale rapide.

La SCP est également utilisée dans le traitement du tremblement essentiel (en stimulant le noyau intermédiaire du thalamus) et dans celui des dystonies (troubles du tonus musculaire, en stimulant le pallidum interne).

Comment fonctionne la stimulation cérébrale profonde ?

Grâce à une technique de repérage radiologique des structures du cerveau (stéréotaxie), les électrodes sont très précisément positionnées dans deux zones du cerveau, les noyaux subthalamiques droit et gauche. L’extrémité de chaque électrode possède quatre zones de contact (les « plots ») qui peuvent être stimulées indépendamment pour un meilleur contrôle des symptômes. Ces électrodes sont reliées, par des fils passés sous la peau, à deux stimulateurs électriques situés au niveau des clavicules (également sous la peau).

Via les électrodes, les stimulateurs envoient des impulsions électriques (d’une intensité de 2 à 3 volts, et d’une fréquence de 130 impulsions par seconde). Ces impulsions électriques activent les cellules nerveuses des noyaux subthalamiques. Cette stimulation localisée corrige les effets de l’insuffisance en dopamine et réduit fortement les symptômes moteurs de la maladie (tremblements, rigidité et ralentissement), ainsi que les dyskinésies et les fluctuations motrices. La fréquence de la stimulation électrique est adaptée selon le besoin de chaque patient afin d’obtenir le meilleur contrôle des symptômes avec le moins d’effets indésirables.

Les piles des stimulateurs durent environ cinq ans (selon l’intensité de la stimulation) et celles-ci sont changées au cours d’une intervention chirurgicale rapide. Des piles d’une durée de vie de 25 ans commencent à être utilisées.

La mise en place du dispositif de stimulation profonde (une intervention qui dure environ dix heures) exige une forte expertise de la part des équipes chirurgicales. Elle n’est effectuée qu’après une concertation pluridisciplinaire (neurologue, neurochirurgien, psychiatre, neuropsychologue). La stimulation cérébrale profonde est une technique coûteuse (environ 50 000 euros par patient). Elle est prise en charge par l’Assurance maladie.

Le traitement médicamenteux peut être maintenu après la pose des électrodes mais, le plus souvent, à des doses très inférieures à celles prescrites avant l’intervention.

Qui peut bénéficier de la stimulation cérébrale profonde ?

    La SCP ne peut être proposée qu’à certains patients. Pour en bénéficier, il faut :
  • être atteint d’une forme « typique » de maladie de Parkinson (et non d’un « syndrome parkinsonien »), depuis au moins 5 ans et moins de 20 ans (sauf maladie d’évolution très lente) ;
  • présenter, sous lévodopa, une amélioration des symptômes moteurs d’au moins 50 % avec un handicap résiduel compatible avec une vie normale. Plus le patient réagit positivement à la lévodopa, plus efficace sera la stimulation profonde ;
  • présenter des troubles moteurs modérés, mais des symptômes invalidants malgré un traitement optimal, ou des effets indésirables sévères des traitements antiparkinsoniens ;
  • ne pas souffrir de troubles de la conscience, de démence, de dépression ou d’épisode psychiatrique majeur ;
  • avoir une IRM cérébrale normale ;
  • avoir moins de 70 ans (mais, dans certains cas, cette limite d’âge peut être étendue) ;
  • disposer de bonnes conditions sociofamiliales et d’une forte motivation ;
  • ne pas présenter de contre-indication à la neurochirurgie.

Que se passe-t-il après l’implantation des électrodes ?

Pendant les premières semaines, le dispositif électrique reste inactif. En effet, le léger traumatisme local provoqué dans le cerveau par la pose des électrodes suffit pour que les symptômes s’améliorent nettement : c’est ce qu’on appelle l’effet lésionnel. La durée de cet effet est variable et il tend à disparaître progressivement. Pour cette raison, la fréquence du stimulateur électrique doit être augmentée au fur et à mesure de la disparition de l’effet lésionnel. Le rendez-vous de réglage a, en général, lieu cinq semaines après l’intervention, puis à des intervalles progressivement croissants.

Le traitement médicamenteux doit être maintenu après la pose des électrodes mais, le plus souvent, à des doses très inférieures (environ 50 % de moins) à celles prescrites avant l’intervention.

Quelle efficacité à long terme pour la stimulation cérébrale profonde ?

La SCP ne bloque pas complètement la progression de la maladie de Parkinson. En particulier, les symptômes dits « axiaux » continuent à s’aggraver progressivement : troubles de l’équilibre, chutes, « freezing », troubles de l’élocution et de la déglutition, incontinence urinaires, etc. Des troubles cognitifs peuvent également apparaître.

Néanmoins, les patients qui bénéficient de la SCP signalent une augmentation significative de leur qualité de vie. Après une année, ils signalent une amélioration des activités de la vie quotidienne de 60 %, ainsi que l’amélioration de nombreux symptômes : tremblements (amélioration de 80 %), rigidité (67 %), impossibilité de faire certains mouvements (akinésie, 56 %), marche (55 %), durée de blocages quotidiens (73 %), par exemple. Ils notent également une amélioration de la qualité de leur sommeil, moins de fluctuations psychiques et de douleurs, le cas échéant.

L’amélioration globale persiste 5 ans après l’intervention (amélioration globale de 54 %) et au-delà (36 % d’amélioration à 11 ans).

La stimulation cérébrale profonde provoque-t-elle des effets indésirables ?

Chez certains patients, la SCP peut provoquer des effets indésirables, en particulier une aggravation des troubles de l’élocution (chez 9 % des patients), une prise de poids (de 4 à 10 kg, chez 8 % des patients), de la dépression (après 3 à 6 mois, chez 6 % des patients), de l’apathie (chez 12 à 24 % des patients), voire des crises maniaques ou une plus grande impulsivité, parfois un syndrome des jambes sans repos. Des traitements et des conseils nutritionnels permettent de contrôler ces effets indésirables.


Au-delà des médicaments, certaines mesures peuvent permettre de mieux supporter les symptômes de la maladie de Parkinson, voire de les atténuer.

Pratiquer des activités physiques

Il est fortement recommandé aux personnes souffrant de maladie de Parkinson de maintenir un bon niveau d’activité physique : marche, jardinage, natation, vélo, tai-chi, yoga, etc. L’activité physique permet de maintenir souplesse, musculature et densité des os. Elle contribue également à un meilleur sens de l’équilibre. Enfin, l’activité physique participe à la lutte contre la dépression et l’anxiété. Lorsque les symptômes parkinsoniens sont importants, l’aide d’un kinésithérapeute ou d’un ergothérapeute peut s’avérer nécessaire pour continuer à maintenir un bon niveau d’activité physique.
Voir également l'actualité : Parkinson : prise en charge non médicamenteuse des troubles moteurs, 07/2016.

Pratiquer une activité de relaxation

Le stress et l’anxiété ont tendance à aggraver les symptômes de la maladie de Parkinson. Les activités visant à la relaxation (yoga, sophrologie, techniques de respiration, chant, etc.) apportent un bénéfice lors de maladie de Parkinson. Pour les mêmes raisons, le recours à un soutien psychothérapeutique devrait systématiquement être envisagé. La maladie de Parkinson génère souvent de l’anxiété et du stress : pouvoir en parler librement avec un professionnel permet d’évacuer les tensions et d’exprimer son ressenti sans crainte d’être jugé.

Prévenir les chutes

Les personnes qui souffrent de Parkinson depuis plusieurs années, des troubles de l’équilibre ont tendance se manifester. Des problèmes (freezing) apparaissent à l’initiation de chaque pas qui peuvent déséquilibrer le patient : le corps avance sous la force de l’élan des pas précédents alors que les pieds restent collés au sol. Pour prévenir ces chutes, quelques mesures peuvent être adoptées :

  • Utilisez vos bras comme balanciers.
  • Levez le plus possible les pieds et posez votre talon en premier.
  • Essayez de faire de plus grandes enjambées et penchez-vous un peu en avant.
  • Pour faire demi-tour, évitez de pivoter sur vous-même. Faites plutôt un large demi-cercle.
  • Prenez votre temps.
  • Si vous portez une charge, essayez de la diviser également entre bras droit et bras gauche.
  • Portez des chaussures antidérapantes, très souples et qui vous tiennent bien le pied. Préférez les chaussures dont l’extrémité est légèrement relevée. La hauteur du talon ne doit pas dépasser quatre centimètres.
  • Appliquez les conseils habituels pour sécuriser votre domicile contre les chutes.

Doit-on changer son alimentation en cas de Parkinson ?

A priori, il n’y a pas de raison de modifier son alimentation en cas de maladie de Parkinson (sauf bien sûr si votre alimentation n’est pas équilibrée). Si vous souffrez de constipation, adoptez les mesures diététiques habituelles pour lutter contre ce problème.

Chez les personnes qui souffrent de fluctuations motrices (« effet on/off »), il a parfois été préconisé de rassembler l’apport quotidien en protéines (viandes, poissons, œufs, fromages, produits laitiers, etc.) dans le repas du soir. En effet, en présence de lévodopa, la digestion des protéines provoquerait une phase « off » avec un blocage des mouvements. En prenant l’ensemble des protéines le soir, cette phase « off » aurait lieu pendant la nuit, causant ainsi moins de désagrément. Néanmoins, les études manquent pour confirmer cette recommandation.

Ne pas rester seul face à la maladie

Il peut s’avérer utile de rejoindre une association de patients souffrant de maladie de Parkinson. Les associations disposent d’un réseau de ressources qui peut se révéler très utile lorsqu’on se trouve face à une situation que l’on maîtrise mal. De plus, partager son expérience avec des personnes atteintes de la même maladie permet souvent d’exprimer des sentiments que l’on préfère ne pas évoquer avec ses proches ou son médecin.

Enfin, n’hésitez pas à signaler les problèmes que vous rencontrez à votre équipe soignante. Leur expérience et celle de leurs patients peuvent vous permettre d’améliorer votre qualité de vie. N’hésitez pas à leur demander conseil et à utiliser les opportunités qui vous sont proposées : kinésithérapeute, ergothérapeute, orthophoniste, psychologue, etc.

Comme pour toute maladie chronique, le choix de l’équipe soignante est essentiel pour une prise en charge optimale. N’hésitez pas à consulter différents spécialistes, en ville et à l’hôpital, pour identifier le mode de prise en charge médicale qui vous convient le plus. Trouver des professionnels qui seront à votre écoute et en qui vous aurez pleine confiance est un élément décisif pour jouir d’une meilleure qualité de vie et profiter des dernières avancées médicales.


Sources et références de l'article "Maladie de Parkinson"