Toxoplasmose

Mis à jour : Mercredi 18 Septembre 2013

La toxoplasmose est une infection due à un parasite microscopique. Chez la femme enceinte, cette infection est grave car elle peut affecter le développement du fœtus et, plus tard, du jeune enfant. La prévention de cette infection repose sur des mesures d'hygiène strictes pour éviter une contamination pendant la grossesse.

La toxoplasmose, qu'est-ce que c'est ?

femme enceinte et son chat

La toxoplasmose est une infection due à un parasite, le toxoplasme (Toxoplasma gondii), qui se reproduit dans l’intestin des chats et peut se trouver, sous forme de kystes, dans les muscles de nombreux animaux (notamment les animaux de boucherie tels que le porc, le bœuf ou le mouton). Chez l’homme, cette infection est le plus souvent bénigne, sauf chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli par une maladie (VIH/sida) ou par un traitement médicamenteux. Lorsque la toxoplasmose a lieu pendant la grossesse, l’infection peut toucher le fœtus et, dans certains cas, provoquer des lésions du cerveau et des yeux.

Comment est-on contaminé par le toxoplasme ?

La contamination se fait par ingestion de viande mal cuite contenant des toxoplasmes (le toxoplasme peut rester sous la forme de kyste dormant dans les muscles et le cerveau des animaux de boucherie), ou à partir des selles d’un chat (ou d’objets souillés par ces selles, comme la terre, la litière ou des fruits et légumes poussant près du sol). À l’exception de la transmission materno-fœtale, il n’y a pas de transmission du toxoplasme de personne à personne.

La contamination par le toxoplasme peut se faire en portant les doigts à la bouche, lorsqu’on vient de jardiner, de changer la litière du chat, de manipuler de la viande crue ou des fruits et légumes contaminés, ou par les ustensiles de cuisine ayant servi à préparer ces aliments. L’hygiène est donc essentielle à la prévention de la toxoplasmose.

La toxoplasmose est-elle une maladie fréquente ?

De très nombreuses personnes sont contaminées par le toxoplasme pendant leur enfance. Le plus souvent sans symptôme, cette première infection permet la production d’anticorps qui les protègeront toute leur vie, notamment pendant la grossesse. C’est pour cette raison que la recherche d’anticorps contre le toxoplasme est systématique en début de grossesse.

En France, on estime que 40 à 45 % des personnes adultes présentent des anticorps contre le toxoplasme (le pourcentage est plus élevé en Île-de-France et en Aquitaine). Ce chiffre est en recul du fait de l’amélioration de la santé animale et de l’hygiène. Ainsi, de plus en plus de femmes arrivent à l’âge de procréer sans immunité contre cette infection.

Pendant la grossesse, les cas de contamination avec passage du toxoplasme au fœtus sont rares : environ trois cas sur dix mille grossesses en France. Les contaminations de la mère au fœtus sont rares en début de grossesse (chez 5 à 10 % des enfants dont la mère a été récemment contaminée) mais elles ont des conséquences plus sévères. Elles sont plus fréquentes lorsque l’infection de la mère survient en fin de grossesse (environ 30 % des enfants).

Dans la très grande majorité des cas, les contaminations du fœtus sont sans séquelle. Néanmoins, le risque existe.

Quels sont les symptômes de la toxoplasmose ?

Chez une personne en bonne santé, l’infection par le toxoplasme provoque peu de symptômes et ceux-ci évoquent le plus souvent une grippe : fièvre légère, douleurs musculaires, fatigue, ganglions enflés. Ils disparaissent spontanément.

Chez les personnes immunodéprimées, la toxoplasmose se traduit par des symptômes neurologiques sévères (maux de tête, confusion, convulsions, troubles de la vision, etc.), parfois par une pneumonie.

Chez le fœtus, l’infection par le toxoplasme est plus sévère lorsqu’elle survient en début de grossesse. Elle peut entraîner des anomalies importantes du développement, voire une fausse couche. Lorsque la contamination a lieu plus tard dans la grossesse, les troubles du développement des yeux peuvent survenir. De plus, le nouveau-né peut présenter une jaunisse, une augmentation de la rate et du foie, ou des convulsions.

Quelles sont les complications de la toxoplasmose ?

Les enfants nés d’une mère ayant la toxoplasmose pendant la grossesse sont suivis jusqu’à l’adolescence. Dans de rares cas, il arrive que l’enfant développe un retard mental ou une perte de la vue, voire de l’audition. Dans la très grande majorité des cas, aucune complication n’est observée.


La prévention de la toxoplasmose pendant la grossesse est essentielle. Pour savoir quelle conduite adopter, des tests sanguins (sérologie) sont effectués au début de la grossesse afin de déterminer si la mère est immunisée (présence d'anticorps contre le toxoplasme).

Quels tests pour savoir si la mère est immunisée contre le toxoplasme ?

test de sang

Une prise de sang faite en début de grossesse (ou avant le début de celle-ci) suffit à connaître le statut immunitaire de la mère. Il permet même de dater l'infection grâce aux taux d'Ig G et d'Ig M (immunoglobulines G et M). Les Ig G indiquent une infection ancienne et une bonne immunité contre le toxoplasme. Les Ig M indiquent une infection récente ou en cours par le toxoplasme. En cas de doute (possibles signes d’une infection récente ou en cours), une deuxième prise de sang est faite deux semaines plus tard pour mesurer l’évolution du taux sanguin d’Ig M.

Lorsque la mère est immunisée contre le toxoplasme

Lorsque la prise de sang indique que la mère est immunisée contre le toxoplasme (sérologie dite positive), aucune mesure particulière n’est nécessaire.

Lorsque la mère n'est pas immunisée contre le toxoplasme

Lorsque la prise de sang révèle une absence d’immunoglobulines contre le toxoplasme (sérologie dite négative), des mesures d’hygiène doivent être mises en œuvre pour éviter une contamination pendant la grossesse. Elles doivent être suivies scrupuleusement.

  • Éviter de manipuler la litière d’un chat, voire de caresser les chats, et se laver soigneusement les mains lorsqu’on est amené à le faire. À savoir : les selles des chats infectés ne deviennent source de contamination qu’après un séjour de un à cinq jours à l’air libre. Nettoyer la litière deux fois par jour réduit ainsi le risque de contamination (mais mieux vaut toujours se laver les mains après).
  • Porter des gants pour jardiner et se laver les mains ensuite.
  • Se laver les mains après avoir manipulé de la viande crue, des légumes et des fruits poussant près du sol.
  • Laver régulièrement son réfrigérateur, ainsi que les couteaux, les planches à découper et autres ustensiles de cuisine avec un produit javellisé.
  • Laver abondamment les fruits et légumes, y compris les salades prêtes à l’emploi et les herbes aromatiques.
  • Ne manger que de la viande bien cuite, préférablement mijotée plutôt que grillée. Attention aux viandes séchées, fumées ou marinées : assurez-vous qu’elles ont d’abord été bien cuites.

De plus, une prise de sang de contrôle sera faite tous les mois pour dépister une éventuelle contamination.

Je suis enceinte. Dois-je me débarrasser de mon chat ?

Cette question est fréquemment posée par les femmes qui n’ont pas d’anticorps contre le toxoplasme. Pourtant, en respectant les mesures d’hygiène adéquates, il n’est pas nécessaire de se séparer de son chat. Seulement 1 % des chats excrètent du toxoplasme dans leurs selles à un moment de leur vie, et cela ne concerne que les chats qui vont ou sont allés dehors, et ceux qui sont nourris avec de la viande crue. Un chat qui a toujours connu une vie en appartement et qui a toujours mangé des croquettes ou de la pâtée en conserve n’excrète pas de toxoplasme.

Lorsqu’on possède un chat, mieux vaut demander à une autre personne de nettoyer la litière. Si cela n’est pas possible, il est préférable de retirer les selles deux fois par jour (avant que le toxoplasme devienne contaminant) et bien se laver les mains après. Une fois par semaine, lavez le bac à litière avec une eau dont la température est supérieure à 70°C.


Quels traitements lorsqu'une femme enceinte attrape la toxoplasmose ?

Lorsqu’une prise de sang de contrôle (sérologie) montre une toxoplasmose en cours chez une femme enceinte, il est possible (après trois mois et demi de grossesse) d’effectuer une amniocentèse pour déterminer si le fœtus a été contaminé. Des échographies sont également pratiquées toutes les deux semaines pour rechercher d’éventuelles lésions au niveau du cerveau et des yeux du fœtus. En cas de doute, une IRM est pratiquée.

Un traitement antibiotique et anti-inflammatoire adapté est mis en place. Ce traitement réduit le risque de passage du toxoplasme de la mère à l’enfant, mais ne semble pas réduire les éventuels symptômes si le fœtus a déjà été infecté. Dans certains cas, en particulier si la contamination a eu lieu en début de grossesse, une interruption de grossesse peut être recommandée par le médecin face à des lésions graves du fœtus.

Après la naissance, l’enfant est suivi de manière rapprochée jusqu’à l’adolescence afin de dépister d’éventuelles complications au niveau du système nerveux ou des yeux.