Asthme

Mis à jour : Mardi 27 Août 2019

L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches qui se traduit par des crises d'essoufflement qui peuvent mettre la vie en danger. En France, les crises d'asthme aiguës sont responsables de 1.500 à 2.000 décès chaque année. Pourtant des traitements existent qui, s'ils sont pris avec régularité et soin, préviennent ces crises et permettent aux personnes asthmatiques de mener une vie normale.

L'asthme, qu'est-ce c'est ?

asthmatique

L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches qui se manifeste par des crises d'essoufflement, une toux, une respiration sifflante et, parfois, une gêne respiratoire permanente. Ces troubles respiratoires peuvent cesser spontanément ou grâce à un traitement.

Chez une personne asthmatique, les bronches sont anormalement sensibles à certains facteurs comme l'exercice physique, le froid, la fumée de cigarette ou l’exposition à des substances responsables de réaction allergique (allergènes). Cette plus grande sensibilité (« hyper-réactivité ») des bronches est la conséquence de leur inflammation permanente. Lorsque les bronches enflammées sont agressées (par les allergènes, la fumée, le froid, l’air sec, la pollution, etc.), elles réagissent en se contractant et en produisant du mucus. Cette réaction gêne le passage de l'air dans les bronches : c'est la crise d'asthme.

 

appareil respiratoire
Schéma de l'appareil respiratoire

 

Qui est touché par l'asthme ?

En France, la fréquence actuelle de l’asthme varie avec l'âge. L’asthme touche de 6 à 9 % des enfants en école primaire, 15 % des 13-14 ans, 5 % des adultes. Sept à 10 % des personnes déclarent avoir souffert d’asthme au cours de leur vie. Ce pourcentage fait de l’asthme l’une des maladies chroniques les plus fréquentes en France. Néanmoins, d’une manière générale, chez l’enfant comme chez l’adulte, l’asthme reste souvent sous-diagnostiqué.

Au plan mondial, on estime la proportion d'asthmatiques dans la population à environ 5 % des adultes et 10 % des enfants, soit 200 millions d'asthmatiques sur notre planète.

Tous les pays sont concernés. La fréquence de la maladie augmente dans tous les pays, comme celle de l’allergie, avec une croissance plus forte dans les pays industrialisés où le nombre d’asthmatiques aurait doublé ces quinze dernières années.

Plusieurs motifs sont avancés pour expliquer cette progression de l’asthme : le changement de mode de vie, la pollution (domestique, atmosphérique et industrielle), le tabagisme, les agents infectieux (notamment les virus), l’augmentation du nombre d'animaux domestiques et l’apparition de logements mieux isolés et moins aérés favorisant l'humidité et l’exposition aux acariens.

Qu’appelle-t-on « phénotype » dans le contexte de l’asthme ?
Il existe plusieurs sous-types d’asthme, également appelés “phénotypes”, dont la réponse au traitement et le pronostic sont variables. Classer les personnes asthmatiques en différents phénotypes permet de leur proposer une prise en charge thérapeutique personnalisée. Le phénotype d’un patient est déterminé à partir d’une expectoration (« crachat ») induite dans des conditions particulières (ce test est effectué à l’hôpital). Ensuite, deux types de globules blancs (éosinophiles, neutrophiles) présents dans l’expectoration sont comptés et ce profil permet un classement.
    On distingue 4 phénotypes :
  • le phénotype le plus fréquent (41 % des asthmatiques) est le phénotype éosinophilique, défini par la présence d’au moins 2 à 3 % d’éosinophiles dans l’expectoration induite ;
  • le phénotype neutrophilique, défini par la présence de plus de 76 % de neutrophiles dans l’expectoration induite, concerne 16 % des asthmatiques ;
  • le phénotype paucigranulocytique (40 % des patients) est caractérisé par un très petit nombre d’éosinophiles et de neutrophiles dans l’expectoration ;
  • le phénotype mixte granulocytique ne concerne que 3 % des patients.

Quels sont les signes de l'asthme ?

La crise d’essoufflement aiguë est le symptôme de l’asthme le plus fréquent, mais l’asthme peut également se traduire par une sensation d’oppression au niveau de la cage thoracique, une difficulté à respirer profondément, une respiration sifflante, un essoufflement à l’effort ou une toux qui ne passe pas.

Les manifestations de l’asthme peuvent survenir à n’importe quel moment de la journée, mais elles surviennent surtout en pleine nuit ou au petit matin (la personne asthmatique se réveille parce qu’elle a du mal à respirer ou à cause de la toux). L’intensité des symptômes de l’asthme peut être très variable, allant d’une simple gêne à une véritable sensation d’étouffement.

Parfois même, il se peut que la personne asthmatique ne perçoive rien et seuls les tests respiratoires montrent une difficulté de circulation de l'air dans les bronches. Certains asthmatiques, au contraire, éprouvent une gêne permanente pour respirer.

La toux peut-elle être le seul signe de l'asthme ?
Effectivement, la toux peut être la seule manifestation de l'asthme, surtout chez l'enfant, et en particulier après un effort (par exemple la course à pied), le rire, les contrariétés ou en période de rhume. Cette toux est souvent chronique, répétitive et se produit surtout la nuit. Elle est quelquefois nommée « trachéite spasmodique » mais ce n'est pas autre chose que de l'asthme. Elle est généralement calmée par l'inhalation d'un bronchodilatateur, mais nécessite fréquemment un traitement anti-inflammatoire de longue durée (corticoïdes en inhalation).

Comment reconnaît-on une crise d'asthme ?

La crise d’asthme est la manifestation la plus fréquente de la maladie asthmatique. Les premiers signes sont parfois discrets (picotements dans la gorge, nez qui coule, éternuements, toux sèche, etc.). Une crise d’asthme peut se produire lorsqu’un asthmatique est exposé à un facteur déclenchant (allergique ou irritant). Le contact peut avoir eu lieu quelques heures auparavant ou dans les minutes précédentes, notamment en présence massive du facteur déclenchant allergique.

Lorsque la crise d’asthme est franchement déclarée, la personne éprouve une gêne respiratoire plus ou moins importante : elle peut parfois ressentir un serrement de la poitrine, un essoufflement accompagné éventuellement d’une toux sèche, puis grasse ; la respiration devient sifflante, l'expiration devient laborieuse et nécessite un effort de plus en plus important.

La durée d’une crise d’asthme peut varier considérablement selon les individus, les circonstances déclenchantes, ainsi que la nature et le début du traitement. La crise d’asthme peut ainsi durer quelques minutes ou s’étendre sur plusieurs jours.

Une crise d’asthme d’intensité modérée, une fois le facteur déclenchant éloigné et le traitement mis en route, cesse généralement en quelques minutes. Si la crise d’asthme se prolonge malgré la prise d’un médicament ou recommence rapidement après, cela signifie que le traitement n’est pas adapté ou que la crise est inhabituelle, voire potentiellement grave. Dans ce cas, mieux vaut contacter rapidement son médecin.

Que se passe-t-il dans les bronches au cours d'une crise d'asthme ?
Lors d'une crise d'asthme, le calibre des bronches se réduit : c'est l'obstruction bronchique. Cette obstruction bronchique s'explique schématiquement par trois mécanismes. Le premier est l'inflammation des bronches qui rend la paroi des bronches plus épaisse. Le deuxième est la contraction des muscles qui entourent les bronches : c'est le bronchospasme. Le troisième est la sécrétion de mucus épais et collant par la paroi des bronches ; ces sécrétions, qui sont la conséquence de l'inflammation, bouchent partiellement les bronches.

En dehors des crises, l'asthme est-il toujours présent ?

L'asthme est une maladie chronique qui ne se manifeste, la plupart du temps, que par des crises aiguës qui viennent troubler une période de calme où tout semblait aller bien et où la personne pouvait croire que la maladie était guérie. En réalité, un vrai confort respiratoire durable, ainsi que la disparition ou la raréfaction des crises, ne sont souvent obtenus que grâce à un traitement pris de manière continue (le « traitement de fond ») : l'interrompre conduit à une réapparition rapide des crises d’asthme.

En dehors des crises, l’asthme reste souvent actif au niveau des bronches. Chez une personne asthmatique qui ne prend pas de traitement, l’inflammation des bronches persiste à des degrés divers. La présence de cette inflammation explique le caractère irritable des bronches : la paroi des bronches peut alors devenir encore plus irritée si elle est en contact avec des substances agressives (fumée de cigarette, produits chimiques, polluants, parfums, etc.) ou exposée à une substance allergisante à laquelle elle est sensibilisée.

En l’absence de traitement, cette inflammation chronique est responsable d’un gonflement des parois des bronches. Parce que cette paroi devient plus épaisse, l’air a moins de place pour circuler à l’intérieur des bronches. L’inflammation chronique est également responsable de la sécrétion de mucosités, ce qui contribue également à obstruer les bronches. Ainsi, même en dehors d’une crise d’asthme, certaines personnes asthmatiques ont des difficultés pour respirer.

Un traitement anti-inflammatoire est donc nécessaire chez de nombreux patients pour réduire cette inflammation et faire disparaître les crises d’asthme.


L'asthme provient de l'association d'une prédisposition génétique à l'allergie (également appelée « atopie ») et de facteurs environnementaux favorisants. Certains éléments extérieurs (poussière de maison, poils d'animaux, pollens, etc.) peuvent provoquer une réaction allergique chez des personnes prédisposées. D'autres particules respirées peuvent jouer un rôle favorisant, par leur action toxique ou irritante sur la paroi des bronches (polluants chimiques, irritants).

Y a-t-il un lien entre l'asthme et les allergies ?

poumons

Lorsqu’une personne asthmatique souffre d’autres manifestations allergiques (rhume des foins, eczéma, etc.), il y a de fortes chances que son asthme soit également d’origine allergique. Lorsqu’il a un doute concernant la substance allergisante, le médecin peut demander des tests cutanés (prick tests). Grâce à ces tests cutanés, on peut dépister une allergie aux acariens, à certains animaux, aux différents pollens, aux moisissures ou à des allergènes du milieu professionnel (farine, latex, etc.). Mais la présence d’une allergie ne signifie pas forcément que l’asthme soit dû à cette allergie.

Rhinite allergique et asthme

La rhinite allergique (rhume des foins) est un facteur de risque d’asthme, qu’elle soit saisonnière ou non. Près de la moitié des sujets atteints de rhinite allergique développeront un asthme. Cela s’explique par la continuité entre les muqueuses du nez et des bronches. Lorsqu’un allergène entre en contact avec les muqueuses des fosses nasales ou des bronches, il cause le même type d’inflammation.

Les traitements de la rhinite allergique peuvent, pour cette raison, contribuer à améliorer le contrôle de l'asthme.

Eczéma et asthme

L'eczéma est souvent la première manifestation qui apparaît chez un enfant allergique : il peut, quelques années plus tard, s’accompagner d’un asthme dans 20 à 30 % des cas.

Infections respiratoires et asthme

La rhinite non allergique (le rhume classique) peut également aggraver l’asthme, lorsqu’il existe déjà, ou précéder son apparition à plus long terme. En effet, la rhinite entrave la respiration nasale qui permet le réchauffement, l’humidification et la filtration de l’air avant qu’il ne pénètre dans les bronches. Lorsqu’on est obligé de respirer par la bouche, l'air inspiré est plus sec, plus froid et contient plus de particules en suspension. Il peut alors entraîner un spasme des bronches, donc une crise d'asthme.

De plus, certaines infections virales de la petite enfance (les bronchiolites, fréquentes en hiver et très contagieuses) semblent favoriser l'apparition d'un asthme chez l'enfant.

Asthme et polypose du nez et des sinus
Près de 80 % des asthmatiques ont des manifestations ORL : nez bouché, éternuements ou perte du goût et de l’odorat. La polypose du nez et des sinus est une affection inflammatoire chronique souvent invalidante qui se manifeste par une perte de l’odorat, une obstruction nasale avec des épisodes de sinusite, un écoulement nasal et parfois des douleurs. Elle peut être favorisée par un terrain allergique.
Les polypes du nez sont trois fois plus fréquents chez les asthmatiques que chez les personnes ayant une rhinite sans asthme. Vingt-cinq à 30 % des polyposes du nez s’observent dans une maladie appelée « syndrome de Widal », réunissant asthme, polypose du nez et crises d'asthme déclenchées par la prise d'aspirine. Cet asthme, généralement sévère, survient parfois après la polypose ou bien après la prise d'aspirine ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

La pollution a-t-elle une influence sur l'asthme ?

La pollution favorise ou aggrave les manifestations de certaines maladies allergiques comme l’asthme ou la rhinite. L’augmentation du niveau de pollution s’accompagne d’une recrudescence des symptômes chez les personnes asthmatiques (sifflements, toux nocturne, gêne respiratoire). Ce phénomène est évident chez les asthmatiques ne prenant pas régulièrement un traitement de fond. En revanche, les asthmatiques suivant bien leur traitement de fond semblent protégés.

Lors de pics de pollution, on conseille aux personnes asthmatiques d’éviter les efforts, en particulier la pratique du sport en extérieur. Le traitement par bronchodilatateurs peut être renforcé.

Les sources de pollution extérieure sont essentiellement industrielles et automobiles. On surveille surtout :

  • le dioxyde de soufre, émis principalement par les cheminées d’usine et les chauffages. Ce type de pollution a beaucoup diminué depuis la fin des années 1950.
  • les particules en suspension : ce sont des particules de très petite taille pouvant pénétrer dans les voies respiratoires. Elles proviennent surtout des transports, spécialement des moteurs diesel. Les particules diesel peuvent être responsables de phénomènes d'irritation bronchique et favoriser la sensibilisation à des allergènes, car elles peuvent transporter ces substances à leur surface, en particulier celui du chat et ceux des pollens de graminées.
  • l’oxyde d’azote, rejeté en particulier par les moteurs et les cuisinières à gaz.
  • l'ozone, qui est un polluant issu des gaz d'échappement et qui s’accumule en période de grande chaleur.

Est-ce que l'asthme se transmet des parents aux enfants 

Bien que l’on retrouve souvent une prédisposition familiale à la survenue d'un asthme, la transmission de la maladie asthmatique des parents à leurs enfants n'est pas systématique.

Le terrain allergique (atopie), facteur de risque majeur de l’asthme chez l’enfant, est héréditaire. Le risque pour l’enfant d’être allergique peut être évalué : lorsqu’un seul conjoint est allergique, le risque que leur enfant développe des manifestations allergiques est de 20 à 30 %. Si les deux conjoints sont allergiques, le risque atteint alors 40 à 60 %.

Des mesures préventives peuvent être prises chez la femme enceinte puis chez l’enfant, pour éliminer un certain nombre de facteurs de risque d’apparition d’un terrain atopique.

  • Une femme enceinte doit absolument s’abstenir de fumer.
  • Aucun régime alimentaire « hypoallergénique » pendant la grossesse n’a démontré son efficacité. Cependant, chez les femmes enceintes asthmatiques ou allergiques, la consommation d’aliments allergisants comme la cacahuète est déconseillée pendant la grossesse.
  • Après la naissance, il est préconisé de nourrir l’enfant au sein le plus longtemps possible. L’allaitement prolongé (plus de trois mois) éviterait l’apparition d’un terrain allergique. Si cela n’est pas réalisable, l‘utilisation de laits hypoallergéniques (sans protéine de lait de vache) est conseillée.
  • L’alimentation du bébé ne doit pas être diversifiée trop précocement.
  • Pour réduire les risques de voir se développer un asthme chez l’enfant, il est recommandé de ne pas fumer en sa présence, de prendre des mesures contre les acariens et d’éviter d’avoir un animal domestique.

L'asthme est-il une maladie psychosomatique ?

L'asthme est une maladie des bronches et non une maladie psychologique. La plupart du temps, plusieurs facteurs déclenchants sont associés : par exemple, l'effort, les infections respiratoires, la fumée de cigarette, etc. Il est possible que la contrariété ou les émotions soient co-responsables de crises d'asthme, mais quand une personne est bien protégée par son traitement de fond, les perturbations psychiques ne provoquent pas d'asthme.


De nombreux facteurs peuvent être à l'origine d'une crise d'asthme chez les personnes sujettes à cette maladie : allergies aux acariens, aux blattes, aux poils d'animaux, etc. D'autres causes sont moins connues mais on observe de plus en plus d'allergies à d'autres animaux (rongeurs, oiseaux, etc.), aux plantes d'intérieur (ficus, pollens de fleur, etc.), parfois à la nourriture pour poissons d'aquarium (ver de vase ou chironomides).

Les crises d'asthme dues aux allergènes respiratoires

Les allergènes respiratoires (ou pneumallergènes) sont des particules microscopiques présentes dans l'air ambiant et qui, même inhalées en quantité minime, peuvent déclencher des symptômes d’asthme en arrivant au niveau des bronches. Les principaux allergènes respiratoires sont les pollens, les particules provenant d'animaux (chat, chien, rongeurs, acariens, cafards, etc.) et les moisissures. Peuvent également être en cause la poussière de latex, les farines de céréales ou d’autres poussières végétales.

Les crises d'asthme provoquées par le pollen

Certains pollens sont véhiculés par le vent et peuvent venir au contact des muqueuses respiratoires (nez, bronches). Ils contiennent des substances allergisantes et peuvent provoquer une rhinite saisonnière allergique (rhume des foins), une conjonctivite (irritation des yeux) ou de l’asthme. Les symptômes ne se manifestent qu’en période de pollinisation. Les pollens sont présents en ville comme à la campagne ; leurs effets sont accentués par la pollution et par un temps sec et venteux.

En France, on distingue grossièrement trois périodes de pollens : de janvier à mars avec les arbres (cyprès, aulne, peuplier, bouleau, chêne, platane, olivier, etc.) ; au printemps avec les poacées ou les graminées (chiendent, dactyle pelotonné, phléole, etc.) ; de juillet à septembre avec les autres herbacées (ambroisie, pariétaire, orties, etc.). Ces périodes peuvent varier en fonction des régions.

Les crises d'asthme provoquées par les animaux domestiques

L'allergie aux animaux domestiques (chats, chiens, hamsters, cobayes, lapins, oiseaux, etc.) est très fréquente et ces animaux sont assez souvent à l’origine de crises d’asthme ou d’aggravation de la maladie. Le contact direct avec l'animal n'est pas toujours nécessaire pour déclencher des crises d'asthme. Les particules responsables de l’allergie (allergènes) sont présentes au niveau de la salive de l’animal, de ses urines, des débris de peau morte (squames) et des poils qui se déposent partout dans la maison.

Ainsi le chat dégage des particules allergisantes qui persistent plusieurs mois en suspension dans l’air, même en l’absence de l’animal, surtout si le mobilier s’y prête (tentures, moquettes, tapis, meubles capitonnés). La crise d’asthme est alors provoquée par l’inhalation de particules de poussière portant ces allergènes. Elle peut être associée à des signes de rhinite allergique et de conjonctivite.

La majorité des personnes allergiques aux animaux se sensibilisent au contact de leur propre animal. Le traitement repose essentiellement sur l'éloignement de l’animal. En cas de métier au contact des animaux, une allergie de ce type peut nécessiter un reclassement professionnel.

Des contacts intermittents avec des animaux peuvent également entraîner une crise d'allergie. Quelques poils d’animaux sur les vêtements d’un membre de l’entourage (dans la famille ou à l’école) peuvent parfois suffire à provoquer une crise d'allergie ou une crise d’asthme.

Les crises d'asthme provoquées par les acariens

Invisibles à l’œil nu, les acariens (araignées microscopiques) sont essentiellement présents dans la poussière de maison, dans les lieux de stockage alimentaire et dans la farine. Ils ne vivent que six semaines environ mais se reproduisent très rapidement, surtout si le milieu ambiant s’y prête (chaleur et humidité).

Ils affectionnent tout particulièrement les literies (sommier tapissier, matelas, oreillers, etc.) mais aussi les rideaux, les canapés, les chaises et les meubles capitonnés, les tapis, les moquettes ou les jouets en peluche. Un matelas peut contenir deux millions d’acariens et on peut trouver jusqu’à 2.000 acariens par gramme de poussière ! Ils se nourrissent des microparticules de peau morte que notre corps sème un peu partout chaque jour, de cheveux et de poils d’animaux.

Ce sont les débris d’acariens morts et leurs déjections qui, lorsqu’ils sont inhalés, provoquent des allergies. Sous nos climats, les acariens ne survivent pas lorsque l’air est trop sec ou à température élevée (ils sont détruits par un lavage à plus de 60°C). Dès 1.500 mètres d’altitude, les acariens responsables d’allergie sont pratiquement absents, car le froid les empêche de proliférer.

Les crises d'asthme provoquées par les cafards

Les blattes ou cafards sont des insectes qui sont responsables d'un nombre croissant d'allergies respiratoires, dont les principales manifestations sont des rhinites et des crises d'asthme.

Ces insectes recherchent l'obscurité, la chaleur, l'humidité et les débris alimentaires. On les trouve donc derrière les meubles et dans les moteurs des gros appareils électroménagers (machine à laver, réfrigérateurs, etc.), dans les buanderies, les caves et, surtout, dans les vide-ordures. La cuisine est l'endroit préféré des blattes. En cas de forte infestation, certains textiles peuvent être contaminés (canapé, matelas, moquette, etc.). Les éléments allergisants (débris, déjections de l’insecte) sont véhiculés par des poussières que la personne asthmatique respire dans l’air ambiant.

Quatre à 5 % de la population est sensible aux cafards et 10 à 20 % des asthmatiques y sont allergiques. Cette sensibilité est souvent associée à l’allergie aux acariens, aux pollens et aux poils d'animaux.

Les crises d'asthme provoquées par les moisissures

Les moisissures sont des champignons microscopiques qui ont parfois un fort pouvoir allergisant. À l’intérieur des maisons, les moisissures les plus fréquentes sont Rhizopus, Mucor, Penicillium, Aspergillus et Cladosporium. Elles se développent dans des environnements humides avec présence visible de moisissures, de condensation, de fuites d’eau, d'une odeur de moisi (salles d’eau et salles de bains, sous-sols, pièces ayant subi un dégât des eaux, etc.).

Il y a davantage de spores de champignons si les fondations de la maison sont en pierre, s’il y a des fissures dans le revêtement des murs et des plafonds ou si l’aération du logement est insuffisante. Une isolation excessive de l’habitat sans système de ventilation adapté est un facteur de risque, de même que la présence d’un système de climatisation non entretenu.

La concentration des moisissures augmente par temps humide et chaud. Elles affectionnent particulièrement la poussière de maison, le papier, le bois, les climatiseurs et les humidificateurs, ainsi que la terre des plantes d’intérieur.

À l’extérieur, il existe aussi des moisissures en suspension dans l’air, en particulier au printemps et en été. Alternaria est l’une des plus fréquentes et elle peut être responsable de crises d’asthme grave.

Les crises d'asthme dues aux infections respiratoires

Les infections touchant les poumons et les bronches (grippe, bronchite bactérienne ou virale ou encore pneumonie), mais aussi celles qui touchent le nez ou la gorge, sont souvent responsables de l'apparition de crises d'asthme chez des personnes pour qui le traitement de fond était jusque-là efficace.

Les infections virales représentent environ 60 % des causes d'aggravation de l’asthme chez l’adulte et 80 % chez l’enfant. Les sinusites et les foyers infectieux dentaires peuvent également aggraver un asthme.

Il est important de signaler les premiers signes d’une infection (fièvre, toux inhabituelle, crachats, etc.) à votre médecin afin qu’il puisse renforcer votre traitement de fond de l’asthme pour éviter toute aggravation et démarrer éventuellement un traitement contre l’infection respiratoire.

Les crises d'asthme dues aux activités sportives

Le sport est recommandé pour les asthmatiques, car il permet de développer la capacité pulmonaire et de renforcer les muscles respiratoires, comme le diaphragme. Cependant, l’inhalation d’air froid et sec, lors de l’exercice ou à la récupération, peut être à l’origine de crises d’asthme (asthme d’effort). De plus, les sports exposant à des allergènes ou des irritants sont à éviter : équitation si l'on est allergique au cheval ou bien course à pied en ville, les jours de forte pollution. Les crises d’asthme à l’exercice sont d’autant plus fréquentes que l’asthme est mal contrôlé par les traitements.

Les crises d'asthme dues à certains médicaments

Les médicaments dits « bêtabloquants » peuvent aggraver un asthme en favorisant la contraction des bronches. Ils sont donc contre-indiqués chez les asthmatiques. Ces médicaments sont utilisés en comprimés pour traiter une tension artérielle trop élevée, une tachycardie (quand le cœur bat trop vite au repos) ou les suites d’un infarctus, mais également en collyre dans le cas d’un glaucome (hypertension de l'œil).

Chez certains asthmatiques qui y sont allergiques, des antibiotiques comme la pénicilline peuvent déclencher une crise d'asthme. La réaction est, le plus souvent, une allergie de la peau (rougeur, boutons, démangeaisons, etc.) et, parfois, une crise d’asthme. En général, l’allergie concerne tous les médicaments d’une même famille d’antibiotiques.

Chez les asthmatiques qui souffrent par ailleurs de polypose nasale, une crise d'asthme peut être déclenchée par la prise d’aspirine (c’est-à-dire tous les médicaments qui contiennent de l’acide acétylsalicylique), ou de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), utilisés pour calmer les douleurs (ibuprofène, etc.). En cas de douleur, mieux vaut utiliser un autre médicament recommandé par votre médecin.

Il est important de signaler à un nouveau médecin que vous êtes asthmatique et de lui indiquer les allergies que vous avez pu avoir dans le passé avec certains médicaments, pour qu’il évite de vous prescrire des médicaments de la même famille.

De même, tout asthmatique doit impérativement signaler son asthme et ses allergies au médecin s’il doit bénéficier d’une intervention sous anesthésie générale. Certains produits anesthésiques peuvent parfois déclencher des crises d’asthme ou des réactions allergiques. C’est aussi le cas du latex (gants) qu’il convient de ne pas utiliser en cas d’allergie à cette matière.

Qu'est-ce que le bronchospasme paradoxal ?
Dans de rares cas, l'administration d'un médicament antiasthmatique inhalé (bronchodilatateur ou corticoïde) peut provoquer une aggravation paradoxale de l'essoufflement. Il est alors nécessaire de prendre un avis médical avant de poursuivre le traitement.

Les crises d'asthme dues aux vapeurs irritantes et aux odeurs fortes

L'inhalation de vapeurs irritantes ou d’odeurs fortes peut occasionner une gêne respiratoire ou une crise chez un asthmatique, en particulier :

  • les fumées (tabac, cuisson, cheminées, usines, etc.) : la fumée de tabac en particulier contient de nombreuses substances irritantes qui peuvent aggraver l'inflammation des bronches et déclencher une crise d’asthme ;
  • les aérosols domestiques (insecticides notamment) ;
  • les solvants (acétone, dissolvant, white-spirit, essence de térébenthine, essence, etc.) ;
  • certains parfums.

Certaines formes d’asthme peuvent débuter après une inhalation ponctuelle, mais très importante, de vapeurs irritantes ou de fumées. Des asthmes peuvent également être provoqués par l’inhalation répétée d’agents irritants présents en concentration modérée sur le lieu de travail (chlore, dioxyde de soufre, par exemple). Ces facteurs sont reconnus comme cause d’asthme professionnel, par exemple chez les maîtres-nageurs en piscine.

Les crises d'asthme provoquées par les règles

Chez certaines femmes, l’asthme s’aggrave durant la période qui précède les règles (période dite « prémenstruelle »). Cela se produit plus souvent chez les femmes ayant un asthme sévère : les jours avant les règles représentent chez elles une période à risque d’asthme aigu grave. Ce risque diminue dès que les règles commencent. Le rôle des hormones sexuelles est vraisemblable, mais il n’a pas été démontré.


Se tenir éloigné des facteurs qui peuvent la déclencher est la meilleure manière d’éviter une crise d’asthme.

    Quelles que soient les particularités de leur asthme, il est déconseillé à tous les asthmatiques :
  • de fumer ou de fréquenter des lieux enfumés ;
  • de remuer la poussière (balayer, secouer des tapis ou des draps, etc.) ;
  • d’utiliser des produits irritants pour les voies respiratoires (peintures, colles, produits ménagers, etc.).

Prévenir l'exposition aux acariens chez les asthmatiques

Dans la maison, il faut lutter contre les acariens en concentrant ses efforts sur la chambre à coucher. Il existe un kit de dosage (non remboursé) vendu en pharmacie, qui permet de faire une analyse de la poussière et d’évaluer précisément l’infestation par les acariens (Acarex test).

  • Aspirez régulièrement la poussière, y compris sur les matelas et les fauteuils, si possible en l’absence de la personne allergique. Dépoussiérez les meubles avec un chiffon humide.
  • Réduisez l’humidité et la température (idéalement 18°C).
  • Aérez la chambre tous les jours, lit ouvert.
  • Utilisez un sommier à lattes.
  • Couvrez les oreillers et les matelas avec des housses spéciales anti-acarien de qualité médicale. Elles empêchent le passage des acariens tout en permettant une aération de la literie. Elles peuvent être facilement emportées en voyage.
  • Utilisez des produits anti-acariens (ou acaricides) en aérosols, qu'on peut utiliser pour traiter literie et moquette. Disponibles en pharmacie, ils ont une durée d’efficacité de trois à six mois. Toutefois, ces acaricides tuent les acariens mais n’éliminent pas les allergènes contenus dans les débris d’acariens et leurs déjections. L’idéal est de mesurer le contenu en acariens de la poussière avec le kit de dosage, puis d’appliquer le traitement acaricide en fonction de la contamination. Lorsque celle-ci est trop forte, il est préférable de changer la literie ou la moquette.
  • Lavez les draps toutes les semaines et les couvertures tous les mois, à température élevée (60°C ou plus).
  • Évitez les moquettes, les tapis, les doubles rideaux, les meubles capitonnés ou la tenture murale dans la chambre à coucher.
  • Évitez les animaux en peluche dans le lit et lavez toutes les semaines (à plus de 60°C) celui que l’enfant garde avec lui. On peut également mettre les peluches des enfants un jour ou deux dans le congélateur à - 20°C : il semble que cela tue les acariens.

Pour les asthmatiques très allergiques aux acariens, il peut être bénéfique de vivre en région d‘altitude si c’est possible, et d’éviter les bords de mer où l’humidité favorise la prolifération des acariens.

Prévenir l'exposition au pollen chez les asthmatiques

Lorsque la présence de pollens à l’extérieur est importante :

  • Restez le plus possible à l’intérieur.
  • Fermez les fenêtres en milieu de matinée et en fin d'après-midi.
  • Portez un chapeau et des lunettes de soleil si vous devez sortir.
  • Rincez-vous les cheveux, les cils et les sourcils après une promenade à l'extérieur et lavez les vêtements qui pourraient héberger des grains de pollen.

Les séjours en altitude en été sont déconseillés car la saison pollinique y est décalée. Il est possible de vous informer sur les périodes où les pollens sont présents dans votre région (calendrier pollinique). Demandez conseil à votre médecin traitant ou consultez sur internet le site du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA).

En période pollinique, il est souhaitable de prendre des anti-histaminiques (des médicaments contre les allergies) et surtout de suivre régulièrement son traitement contre l’asthme. Dans certains cas, le traitement de fond de l’asthme est augmenté par votre médecin pendant les périodes polliniques.

Prévenir l'exposition aux poils d'animaux chez les asthmatiques

Les fragments de peau (squames), la salive ou les poils de certains animaux sont des facteurs déclenchants de crise d’asthme. Il est souvent difficile psychologiquement de se séparer de son animal domestique. En attendant de pouvoir le faire ou si cela est impossible, quelques mesures d’hygiène peuvent améliorer la situation :

  • Interdisez l’accès des animaux à votre chambre à coucher.
  • Supprimez les moquettes et les meubles recouverts de tissus qui peuvent retenir les poils.
  • Lavez votre animal toutes les semaines (en particulier le chat) : cela permet de diminuer la quantité d’allergène dans le logement.

Si ces mesures sont insuffisantes, il est préférable de trouver un autre foyer pour votre animal. Une fois l’animal parti, les allergènes demeurent dans l’habitat pendant plusieurs mois au niveau du mobilier, des tapis, des tentures (en particulier avec les allergènes du chat) : il faut donc procéder à un nettoyage minutieux.

Chez certains asthmatiques, il peut être contre-indiqué de faire de l'équitation (en cas d’allergie au poil de cheval).

Doit-on se débarrasser de son animal de compagnie lorsqu'on est asthmatique ?
S'il n'existe pas d'allergie démontrée à l'animal (pas de symptôme à son contact, tests cutanés négatifs), on peut garder l'animal à condition de lui interdire le plus possible les lieux de vie, et en particulier la chambre à coucher. La personne asthmatique risque en effet de se sensibiliser progressivement au contact de l'animal et d'y devenir allergique. Lorsque l'allergie à l'animal existe et qu'elle déclenche des symptômes, il est préférable de se séparer de son animal domestique.

Prévenir l'exposition aux cafards chez les asthmatiques

Des entreprises spécialisées proposent un traitement régulier des maisons et des appartements par des produits anti-cafards. Ce type d’intervention est efficace, mais il faut bien aérer les pièces ayant été traitées car l’inhalation de ces produits est susceptible de déclencher des crises d’asthme.

  • Disposez des pièges à cafards ou de la poudre anti-cafards derrière les meubles.
  • Maintenez votre cuisine et votre intérieur les plus propres possible.
  • Conservez tous les aliments dans des boîtes et des compartiments hermétiques, ne laissez pas traîner d'aliments non protégés.
  • Rangez les poubelles dans des lieux parfaitement fermés.
  • Évitez d’apporter des aliments dans les chambres à coucher.

Ces mesures doivent être maintenues après la disparition des insectes, au risque de voir la réapparition des blattes après quelques semaines.

Prévenir l'exposition aux moisissures chez les asthmatiques

Pour réduire l’exposition aux moisissures :

  • Supprimez les sources d’humidité en réparant les fuites d’eau.
  • La salle de bains et la cuisine doivent être aérées et ventilées régulièrement.
  • Évitez les habitations humides et situées à proximité d’un cours d’eau.
  • Supprimez les sources de moisissures : les surfaces sales doivent être nettoyées avec de l’eau de javel.
  • Vérifiez que la terre de vos plantes vertes n’est pas couverte de moisissures. Si c'est le cas, remplacez la terre de surface par du terreau neuf.
  • Jetez rapidement les aliments moisis.
  • Les humidificateurs constituent un réservoir pour le développement des moisissures ; ils doivent être nettoyés au moins deux fois par semaine avec une solution javellisée.
  • Conservez le bois de chauffage à l’extérieur de votre habitation.

Prévenir l'asthme d'effort lorsqu'on fait du sport

La prise d'un médicament bronchodilatateur une demi-heure avant un effort permet de prévenir la crise d’asthme provoquée par l'exercice physique. Certains médicaments ont une action spécifique sur l’asthme induit par l’exercice : les bronchodilatateurs de longue durée d’action et les antileucotriènes.

Certaines mesures permettent également de réduire les crises d’asthme d’effort :

  • Échauffez-vous progressivement pendant plusieurs minutes avant la pratique de l’effort (surtout quand il fait froid).
  • Évitez les efforts en extérieur lorsque la pollution de l’air est importante, par temps très froid ou lorsqu'il y a du brouillard.
  • Interrompez le sport quelques jours en cas d’aggravation de l’asthme (en raison d’une infection respiratoire, par exemple).

Chez les asthmatiques pour qui les crises induites par l’exercice physique ne sont pas contrôlées par les médicaments, il peut être contre-indiqué de pratiquer les courses d’endurance.

Prévenir les asthmes professionnels

Certaines professions peuvent être déconseillées aux personnes asthmatiques :

  • les métiers qui exposent à des produits irritants (peinture, teinturerie, coiffure, nettoyage industriel, etc.) ;
  • la profession vétérinaire, le toilettage d’animaux et les métiers de l’équitation ;
  • les métiers en piscine (maître-nageur, animateur d’aquagym, etc.) ;
  • la boulangerie.

Le diagnostic et le suivi médical de la sévérité de l'asthme reposent sur une série de tests. L'un d'entre eux, la mesure du débit expiratoire de pointe (DEP), peut facilement être réalisé par le patient pour évaluer l'état de ses bronches et l'efficacité de ses traitements.

Comment diagnostique-t-on l'asthme ?

médecin et patiente

Pour diagnostiquer l’asthme et mesurer son importance, le médecin s’appuie tout d’abord sur la description précise des symptômes (crises d’essoufflement, sifflements, toux), les circonstances dans lesquelles ces manifestations apparaissent, leur ancienneté et leur fréquence. La présence d’allergie ou d’asthme dans la famille du patient constitue un argument supplémentaire en faveur d’un diagnostic d’asthme.

Le médecin recherche ensuite la présence de signes caractéristiques de l'asthme, comme le sifflement des poumons à l'auscultation ou la toux. En dehors des crises, cet examen est souvent normal.

Comment mesure-t-on le bon fonctionnement des poumons ?

Pour mettre en évidence l’obstruction des bronches observée dans l’asthme, le médecin fait réaliser des tests qui évaluent le fonctionnement des poumons, les « Épreuves Fonctionnelles Respiratoires » ou EFR.

Les EFR consistent à mesurer les principales caractéristiques du souffle et permettent d'évaluer la sévérité de l’asthme. Les EFR mesurent, d’une part, les capacités du poumon en termes de ventilation (les débits et les volumes pulmonaires) grâce à un spiromètre, et d’autre part, le taux d’oxygène et de gaz carbonique dans le sang (les « gaz du sang »). Les EFR sont généralement réalisées sous le contrôle d’un médecin spécialiste.

Ces examens aident le médecin à faire le diagnostic de la maladie en mesurant, de manière objective, la capacité respiratoire. De plus, si les résultats de cet examen sont anormaux, le médecin peut, en renouvelant ce test régulièrement, évaluer l’efficacité des traitements qu’il a prescrits et suivre l’évolution de l’asthme (lorsque le traitement est efficace, les EFR devraient être normales ou optimales). La réalisation de ces tests respiratoires permet ainsi d’ajuster le traitement de fond de l’asthme.

Les tests utilisant un spiromètre

Le spiromètre est un appareil qui permet de mesurer les capacités respiratoires. L’examen est facile et indolore : on demande au patient d’inspirer ou d’expirer par un embout relié à cet appareil, qui établit des courbes et des calculs caractérisant la respiration. Les résultats obtenus sont ensuite comparés à ceux que l’on obtiendrait chez une personne du même âge, du même sexe et de même taille, dite « normale » (valeurs « idéales »).

Le spiromètre permet, entre autres, de calculer :

  • le volume d’air échangé avec l’extérieur lors d’une respiration calme : c’est le « volume courant ».
  • le volume maximal d’air rejeté en une seconde après avoir emmagasiné le maximum d’air dans les poumons : il est appelé « Volume Expiratoire Maximum à la première Seconde » (VEMS). Le VEMS mesure l’intensité de l’obstruction des bronches.
  • le débit expiratoire de pointe (DEP).

Les EFR sont parfois réalisées dans une cabine hermétiquement close (le « pléthysmographe ») mais vitrée pour réduire la sensation de claustrophobie.

Parfois, au cours de l’examen, le patient inhale un bronchodilatateur d'action rapide pour apprécier l’éventuelle amélioration de sa fonction respiratoire avec ce traitement. La même manœuvre d’expiration forcée est répétée 10 ou 45 minutes après la prise de médicament, selon le délai d’action des différents traitements.

Les tests mesurant les gaz du sang

Les gaz dissous dans le sang sont analysés : on mesure le taux d’oxygène (PaO2) et le taux de gaz carbonique (PaCO2), qui reflètent l’efficacité de la respiration.

Les tests utilisant un débitmètre de pointe

Le débitmètre de pointe est un instrument portable de mesure du souffle. Il permet de mesurer le débit expiratoire de pointe ou DEP (« peak-flow » en anglais) qui est un bon reflet du degré d’obstruction des bronches. Pour cela, il suffit de souffler très fort par l’embout après une inspiration profonde, comme pour souffler les bougies d'un gâteau d'anniversaire. Lorsque le patient souffle dans le débitmètre de pointe, l’air pousse un curseur le long d’une règle graduée.

La première mesure du débit expiratoire de pointe est généralement réalisée en milieu médical. Par la suite, selon le stade de l’asthme, le patient dispose d’un débitmètre de pointe qui lui permet de surveiller son asthme et de mieux réagir en cas de crise. La valeur du DEP d'une personne asthmatique peut changer selon le moment de la journée.

Comment évalue-t-on la sévérité de l'asthme ?

La sévérité de l’asthme est très différente d’une personne à une autre. On définit quatre stades d’asthme, en fonction de la fréquence des symptômes (notamment la nuit) et de la valeur des mesures du souffle (en pratique, on utilise souvent le débit expiratoire de pointe).

  • Stade 1 : l’asthme est dit « intermittent » s’il y a moins d’une crise d’asthme par semaine (crises brèves et absence de symptômes entre les crises). Le DEP est normal en dehors des crises et varie peu. La fonction respiratoire est normale. Une personne asthmatique sur deux en France a un asthme intermittent.
  • Stade 2 : l’asthme est dit « persistant léger » s’il y a plusieurs crises d’asthme par semaine (mais pas plusieurs par jour) et si les crises peuvent perturber l’activité physique et le sommeil. Le DEP est normal (supérieur à 80 % de la valeur idéale).
  • Stade 3 : l’asthme est dit « persistant modéré » s’il y a au moins un symptôme d’asthme par jour ou des réveils la nuit assez fréquents (au moins une fois par semaine), si l’usage des bronchodilatateurs d’action rapide (traitement de crise) est quotidien ou si les crises affectent la qualité de vie. Le DEP évolue entre 60 et 80 % de la valeur idéale et il varie davantage au cours de la journée.
  • Stade 4 : l’asthme est dit « persistant sévère » si les symptômes sont fréquents ou permanents, les crises fréquentes, l’activité physique limitée, les réveils nocturnes habituels : la qualité de vie en est souvent affectée. Les EFR sont anormales, la variation quotidienne du DEP est importante.

Le débitmètre de pointe est l'instrument qui permet à la personne asthmatique d'évaluer, à tout moment, ses capacités respiratoires. Cet outil indispensable permet de repérer le début d'une crise d'asthme ou de mesurer les effets du traitement. Savoir se servir d'un débitmètre de pointe est donc essentiel pour les personnes asthmatiques.

Quand et comment utiliser son débitmètre de pointe ?

débitmètre

La surveillance du DEP, définie selon les instructions du médecin, peut être très variable : tous les jours dans les asthmes très instables ou seulement en cas d'aggravation lorsque l’asthme est bien contrôlé.

Le médecin demande parfois à son patient de mesurer son DEP durant une période déterminée, soit avant une consultation, soit après une modification du traitement de fond, afin d’évaluer le contrôle de son asthme. La mesure du DEP est indispensable en cas de crise inhabituelle ou qui ne passe pas rapidement avec le traitement.

Quelques règles simples permettent de bien utiliser son débitmètre de pointe :

  • se tenir en position debout ou assise, buste droit ;
  • ramener le curseur du débitmètre de pointe à zéro ;
  • tenir l’appareil sans gêner la course du curseur ni les sorties d’air avec les doigts ;
  • inspirer profondément (bouche ouverte) pour emmagasiner le maximum d’air dans vos poumons, l’appareil étant à distance de la bouche ;
  • mettre l’embout dans la bouche en serrant les lèvres pour éviter les fuites ;
  • souffler aussi vite et aussi fort que possible, comme pour éteindre les bougies d'un gâteau d'anniversaire (attention de ne pas souffler comme dans une sarbacane, avec la langue dans l'embout) ;
  • répéter trois fois l’opération et noter le meilleur chiffre qui est la valeur de DEP du moment.

Les valeurs normales ou théoriques du DEP dépendent du sexe, de l'âge et de la taille :

  • chez la femme, la valeur normale du DEP est de 400 à 550 litres par minute.
  • chez l'homme, la valeur normale du DEP est de 500 à 650 litres par minute.

Pour chaque patient, la meilleure valeur (« valeur de référence ») peut être différente de ces valeurs théoriques. C’est la valeur qui est atteinte quand l’asthme est bien équilibré. Pour le suivi de l’asthme, il faut donc utiliser comme référence la valeur du DEP lorsque l’asthme est stable et bien contrôlé. On compare ensuite chaque mesure du DEP à cette valeur de référence, le plus souvent sous la forme d’un pourcentage (= 100 x DEP mesuré / DEP de référence).

Lors d’une surveillance régulière, il est conseillé de noter chaque mesure de DEP sur un graphique en face de la date. En traçant un trait entre les points successifs, on obtient ainsi une courbe d’évolution du DEP. Des feuilles destinées à construire ce type de graphe sont fournies dans les boîtes des débitmètres de pointe.

Le débitmètre de pointe peut-il aider à prévoir une crise d'asthme ?

La mesure répétée et régulière du DEP est un indicateur utile pour savoir comment l’asthme évolue. Il est conseillé de réaliser régulièrement cette mesure pour savoir si le traitement est suffisant (et pour le réajuster, si nécessaire), ainsi que pour identifier le plus tôt possible une aggravation de l'asthme : le DEP diminue souvent dans les heures qui précèdent une crise et, généralement, avant même que le patient ne se sente vraiment gêné. Par ailleurs, certaines personnes asthmatiques perçoivent mal la gravité de leur crise. La mesure du DEP est la seule façon de la mesurer de façon objective.

Il existe trois valeurs-seuil de DEP qui servent de points de repère et qui sont parfois traduites en zones de couleur : verte (asthme contrôlé), orange (asthme non-contrôlé) et rouge (urgence).

  • Entre 80 et 100 % de la valeur de référence, c’est la zone verte. L’asthme est bien contrôlé.
  • Entre 50 et 80 % de la valeur de référence, c’est la zone orange. Il faut renforcer le traitement et consulter son médecin.
  • En dessous de 50 % de la valeur de référence, c’est la zone rouge. Mieux vaut contacter les services d’urgence.

La mesure du DEP doit être complétée par des EFR effectuées régulièrement (tous les ans pour les asthmes dits « persistants »).


La plupart des personnes asthmatiques prennent des traitements. Ces traitements sont de deux types : les traitements de fond (qui diminuent l'inflammation des bronches et les dilatent de façon prolongée) et les traitements de crise (qui dilatent très rapidement les bronches en cas de crise).

Peut-on guérir de l'asthme sans traitement ?

L'asthme est une maladie chronique. Son évolution se fait sur plusieurs années et souvent sur toute la vie. Les crises alternent avec des périodes de calme plus ou moins longues, pendant lesquelles la maladie ne se manifeste pas et peut parfois paraître guérie. Toutefois, même en l’absence de symptômes, une personne asthmatique garde toujours une grande sensibilité des bronches et devra être vigilante dans certaines circonstances : infection virale, forte exposition aux allergènes, au brouillard, à la pollution, etc.

Certains asthmatiques voient leurs symptômes diminuer, parfois disparaître au moins pendant plusieurs années. C'est parfois le cas au moment de l'adolescence. Trente à 50 % des enfants asthmatiques n’ont plus aucune manifestation à la puberté. Il semble que les enfants présentant un asthme léger ont plus de chance de le voir disparaître à l'adolescence que ceux qui ont un asthme modéré ou sévère et surtout, semble-t-il, s'ils ont bénéficié d'un traitement adapté qui a protégé leurs bronches. Il est toutefois rare que l'asthme disparaisse définitivement. La fréquence des rechutes à l'âge adulte est loin d'être négligeable.

Dans l’asthme dû à une allergie à une substance facile à identifier, l'élimination de l'allergène peut faire disparaître totalement les symptômes de la maladie. C'est le cas de l'asthme provoqué par exemple par des animaux domestiques ou des plantes vertes, comme le ficus.

Traitement de fond, traitement de crise, quelle différence ?

Le traitement de fond de l’asthme est celui que l'on prend régulièrement, tous les jours, même lorsqu'on se sent en pleine forme afin d’éviter les crises d’asthme. Ce type de traitement calme l'inflammation des bronches qui est constamment présente, même faiblement, chez les personnes asthmatiques. Les traitements de fond réduisent ainsi le gonflement des parois des bronches et détendent les muscles qui peuvent se resserrer autour de celles-ci. Ils diminuent le risque de développer une crise d'asthme.

Il ne faut pas arrêter de prendre son traitement de fond sans en parler à son médecin, même si les crises d’asthme ont disparu depuis des mois. L'efficacité d'un traitement de fond dépend de la régularité des prises et cesser de le prendre peut entraîner la réapparition des crises.

Le traitement de crise de l’asthme est celui qui doit être pris au début ou pendant une crise d'asthme. Il agit rapidement pour dilater les bronches et ouvrir un plus grand passage pour l'air. Votre médecin peut vous conseiller de prendre votre traitement de crise avant de faire du sport, même en l'absence de crise d’asthme déclarée.

Ces traitements sont prescrits par le médecin en fonction du degré de sévérité de l'asthme chez chacun de ses patients.


L’asthme est une maladie de longue durée qui peut être traitée efficacement pour permettre de mener une vie aussi normale et active que possible. L’objectif du traitement de fond est d’obtenir un contrôle de l’asthme et de retrouver une fonction pulmonaire optimale, avec des effets indésirables quasi inexistants, voire nuls.

Pourquoi prescrit-on un traitement de fond de l'asthme ?

En maintenant une ouverture optimale des bronches, les traitements de fond de l’asthme rétablissent le passage de l’air et donc améliorent la fonction respiratoire. Le traitement de fond permet aussi de prévenir l’apparition d’une insuffisance respiratoire permanente et invalidante.

Les médicaments prescrits dans le traitement de fond de l’asthme ont très peu ou pas du tout d’effets indésirables s’ils sont utilisés aux doses minimales efficaces (c'est-à-dire la dose la plus faible qui permet de contrôler efficacement l'asthme). Pour trouver ces doses minimales efficaces, une réduction progressive des doses est souvent proposée par paliers d’une durée de trois mois, une fois que l’asthme est contrôlé.

Tous les asthmatiques ont-ils besoin d'un traitement de fond ?

Le traitement de l'asthme est déterminé par la sévérité de la maladie : celle-ci est évaluée sur des critères cliniques (observation et interrogatoire du malade par le médecin) et fonctionnels respiratoires (résultats des épreuves fonctionnelles respiratoires, EFR).

On distingue plusieurs niveaux de traitement selon la sévérité de l’asthme. En principe, seules les personnes ayant un asthme intermittent (palier1), avec des crises très peu fréquentes, n’ont pas besoin d’un traitement de fond. Tous les autres asthmatiques devraient en revanche bénéficier d'un traitement de fond. Le tableau ci-dessous détaille les différents niveaux de traitement de fond chez l'adulte et l'adolescent de plus de 12 ans.

Les différents niveaux de traitement de fond de l'asthme
Stade de sévérité Traitement de fond préférentiel Autres options de traitement de fond
Palier 1
Asthme intermittent
Corticoïdes inhalés à faible dose à la demande + formotérol Corticoïdes inhalés à faible dose + bronchodilatateur de courte durée d'action
Palier 2
Asthme persistant léger
Corticoïdes inhalés à faible dose + formotérol Montélukast
ou
Corticoïdes inhalés à faible dose + bronchodilatateur de courte durée d'action
Palier 3
Asthme persistant modéré
Corticoïdes inhalés à faible dose
+
Bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques à longue durée d'action
Corticoïdes inhalés à dose moyenne
ou
Corticoïdes inhalés à faible dose + Montélukast
 
Palier 4
Asthme persistant sévère
Corticoïdes inhalés à dose moyenne
+
Bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques à longue durée d'action
Corticoïdes inhalés à dose moyenne ou forte + Montélukast ou Tiotropium
Palier 5
Asthme persistant très sévère
Traitement du palier 4
+
Omalizumab, Benralizumab, Mépolizumab ou tiopropium (après réunion collégiale ou avis spécialisé)
 + faible dose de corticoïdes en comprimé

Sources : GINA (Global Initiative for Asthma), 2019.

Est-ce qu'un traitement de fond peut empêcher les crises d'asthme ?

Pour obtenir le contrôle de l’asthme, et donc éviter les crises, il est recommandé de :

  • suivre régulièrement son traitement de fond, même après obtention d’une amélioration. Établi en fonction de la sévérité de l’asthme, ce traitement de fond quotidien a pour objectif de contrôler la maladie et de réduire considérablement les symptômes et le nombre de crises d’asthme ;
  • consulter régulièrement son médecin traitant pour son asthme, même si celui-ci paraît contrôlé. La mesure du DEP et du VEMS permet, par ailleurs, de ne pas passer à côté d'une dégradation de la fonction respiratoire et entraîne, éventuellement, un réajustement du traitement de fond ;
  • éviter l’exposition aux facteurs déclenchant ou aggravant l’asthme (tabagisme actif et passif, contact avec des animaux domestiques responsables d’une allergie, exposition à des irritants pouvant être d’origine professionnelle, etc.) ;
  • prendre, dès l’apparition de symptômes (et sans attendre la survenue d’une vraie crise d’asthme), un traitement de la crise, c’est-à-dire un bronchodilatateur d'action rapide.

Comment savoir si son traitement de fond de l'asthme est efficace ?

Le bon contrôle d’un asthme est défini par :

  • des symptômes absents ou minimes,
  • une activité physique normale, y compris à l’effort,
  • un sommeil normal,
  • un nombre minimum de crises, c’est à dire ne perturbant pas la vie quotidienne,
  • aucune consultation en urgence ou hospitalisation,
  • une consommation nulle ou minimale de bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d'action rapide,
  • une fonction respiratoire optimale,
  • des effets indésirables des médicaments minimes ou absents.

L’aggravation de l'asthme se manifeste par plusieurs symptômes :

  • crises répétées ou inhabituelles,
  • symptômes nocturnes,
  • essoufflement pour des efforts habituellement bien supportés,
  • augmentation du recours aux bronchodilatateurs d’action rapide, ceux-ci devenant de moins en moins efficaces,
  • ces signes sont associés dans la grande majorité des cas, à une diminution du DEP.

Tous ces signes doivent alerter et faire consulter pour réajuster le traitement de l’asthme. Faute de quoi, l’évolution vers une crise sévère nécessitant l’hospitalisation est toujours possible. Il faut être particulièrement vigilant si l’asthme a déjà donné lieu à des hospitalisations.


Plusieurs familles de médicaments sont utilisées dans le traitement de fond de l'asthme.

Les corticoïdes en traitement de fond de l'asthme

Les corticoïdes sont des médicaments anti-inflammatoires destinés à traiter l'inflammation chronique qui rend sensibles les bronches des personnes asthmatiques.

Utilisés le plus souvent sous forme inhalée (aérosol-doseur ou inhalateur de poudre), les corticoïdes sont essentiels dans le traitement de fond des personnes qui ont un asthme dit « persistant » (stades 2, 3 et 4). Pris tous les jours (en général, matin et soir), ces médicaments réduisent l’inflammation des bronches, contribuant ainsi à améliorer le passage de l’air.

Par ailleurs, les corticoïdes diminuent la sensibilité des bronches aux agents irritants, ce qui a pour effet de réduire le nombre de crises d'asthme. Lorsqu'on démarre un traitement par corticoïde inhalé, l'amélioration est progressive et ne sera pleinement ressentie qu'au bout de plusieurs semaines.

Les corticoïdes inhalés présentent moins de risque d'effets indésirables sérieux que les corticoïdes en comprimés. Leurs effets indésirables sont avant tout locaux et peu graves quoique parfois gênants : voix rauque ou apparition d’une mycose buccale (« muguet »). Ces effets indésirables peuvent être évités en se rinçant bien la bouche avec de l'eau après la prise du médicament.

Si vous ressentez ce type d'effets indésirables, n'hésitez pas à en parler avec votre médecin.

De manière plus rare et en cas d'utilisation prolongée à forte dose, les corticoïdes inhalés peuvent entraîner un risque de cataracte précoce, une déminéralisation accélérée des os (ostéoporose), une fragilité de la peau (favorisant l'apparition d'ecchymoses) ou un retard de croissance chez l’enfant.

Légende
Médicament générique
Qu'est-ce qu'une chambre d'inhalation ?
La chambre d'inhalation est un dispositif qui permet d’administrer un produit inhalé aux personnes, notamment les jeunes enfants, qui ont du mal à coordonner leur inspiration avec la libération de la dose de l’aérosol-doseur. Elle se présente sous la forme d’un récipient fermé sur lequel s'adapte un aérosol-doseur. Après avoir pulvérisé une ou plusieurs bouffées du médicament à l'intérieur de la chambre d'inhalation, il faut respirer plusieurs fois amplement et calmement l'air contenu à l'intérieur par l'intermédiaire de l‘embout buccal.

Parfois, les corticoïdes sont utilisés sous forme de comprimés, à la suite d’une crise sévère ou qui ne passe pas complètement malgré des prises répétées de bronchodilatateur d’action rapide (traitement de la crise). Un corticoïde utilisé en comprimé met toujours trois à quatre heures avant que son action ne se fasse sentir au niveau des bronches. Dans quelques rares cas d’asthme très sévère, un corticoïde en comprimés est à prendre tous les jours : la posologie est alors adaptée à chaque individu.

Les corticoïdes utilisés en comprimés sur de longues périodes peuvent également être à l’origine d’effets indésirables : fragilité des os (ostéoporose), prise de poids, hypertension artérielle, fonte des muscles, acné, amincissement de la peau favorisant l’apparition d’ecchymoses, de cataracte ou de diabète.

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Médicament générique

Les bronchodilatateurs à longue durée d'action dans le traitement de fond de l'asthme

Les bronchodilatateurs agissent en relâchant les muscles qui entourent les bronches. Les bronches peuvent alors se dilater, ce qui facilite le passage de l’air.

Certains bronchodilatateurs sont dits « à longue durée d’action », car ils agissent de façon prolongée (pendant 12 heures par voie inhalée et pendant 24 heures pour les comprimés). Ces médicaments sont utilisés en traitement de fond quotidien, toujours associés au traitement corticoïde inhalé. Ils sont disponibles sous forme inhalée, pris matin et soir, ou sous forme de comprimés, plus faciles à utiliser chez les personnes âgées.

Les effets indésirables des bronchodilatateurs bêta-2 stimulants à longue durée d'action utilisés par voie inhalée sont rares et sans gravité. Il peut s’agir de tremblements avec sensation d’excitation, de crampes musculaires ou de palpitations du cœur lorsque de grandes quantités de médicament sont inhalées. À fortes doses, ils peuvent entraîner des complications cardiaques avec des troubles du rythme chez des personnes âgées ou ayant une maladie cardiovasculaire.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Bronchodilatateurs bêta-2 stimulants d'action prolongée : comprimés

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Médicament générique

Les traitements de fond combinés de l'asthme

Le traitement de fond de nombreuses personnes asthmatiques comporte quotidiennement un corticoïde et un bronchodilatateur de longue durée d’action à prendre par voie inhalée. Il existe des médicaments qui associent ces deux types de substances dans un seul et même système d'inhalation afin de simplifier la prise du traitement de fond.

Le montélukast en traitement de fond de l'asthme

Les leucotriènes sont des substances naturellement produites dans les bronches des personnes asthmatiques et qui participent à accroître l’inflammation et à contracter les muscles qui entourent les bronches. Les antileucotriènes sont des substances qui les empêchent d’agir et qui sont susceptibles de réduire l’inflammation et l’obstruction des bronches.

Le seul représentant des antileucotriènes actuellement commercialisé est le montélukast. Il doit être pris tous les jours, par voie orale. Il est utilisé :

  • chez les patients présentant un asthme persistant léger à modéré, insuffisamment contrôlé, en addition des corticoïdes inhalés et, si nécessaire, des bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques ;
  • chez les patients présentant un asthme persistant léger, en alternative aux corticoïdes inhalés à dose faible ;
  • chez les patients présentant un asthme induit par l'effort, en traitement préventif (en prise au long cours).
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Médicament générique

Le tiotropium en traitement de fond de l'asthme

Le tiotropium est un bronchodilatateur de longue durée d’action de la famille des anticholinergiques. Il est utilisé par voie inhalée en traitement continu en complément du traitement par corticoïde et bronchodilatateur bêta-2 stimulant de longue durée d’action chez les adultes qui ont présenté des épisodes d’exacerbation d’asthme. Il représente une alternative aux corticoïdes par voie orale ou à la théophylline.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Bronchodilatateurs anticholinergiques d'action prolongée

Les biothérapies en traitement de fond de l'asthme

Plusieurs anticorps monoclonaux sont désormais disponibles dans le traitement de l'asthme : ils font partie des biothérapies. Ils n'ont pas tous la même cible et sont destinés à traiter des asthmes différents.

L'omalizumab

L’omalizumab (XOLAIR) est un anticorps monoclonal qui est prescrit chez les patients atteints d'asthme allergique persistant sévère et résistant à un traitement quotidien par un corticoïde inhalé à forte dose et un bronchodilatateur inhalé à longue durée d'action.

Il est injecté par voie sous-cutanée, sans dépasser deux injections par mois. C'est un médicament à prescription initiale hospitalière, réservée aux spécialistes en pneumologie ou en pédiatrie.

Les effets indésirables de l'omalizumab sont surtout des maux de tête, des douleurs au point d'injection et, chez les enfants, des maux de ventre et de la fièvre.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Anticorps monoclonal : omalizumab

Les inhibiteurs de l'interleukine 5

Pour les patients qui ont un asthme sévère que les traitements habituels ne parviennent pas à contrôler, de nouveaux traitements ont récemment été commercialisés : benralizumab (FASENRA), mépolizumab (NUCALA), reslizumab (CINQUAERO). Ces médicaments contiennent des anticorps monoclonaux qui visent à diminuer la réponse allergique responsable des crises d’asthme. Ces biothérapies sont uniquement prescrites et administrées à l’hôpital par voie injectables. Elles sont réservées aux adultes qui souffrent d’un asthme éosinophilique sévère (voir l’encadré sur les phénotypes de l’asthme) et résistant aux autres traitements de fond de l’asthme (inhalations de corticoïdes à forte dose et d’un bronchodilatateur de longue durée d’action). Elles sont toujours administrées en association avec ces traitements, qui ne doivent en aucun cas être arrêtés.

    Les critères indispensables pour la prescription de ces biothérapies contre l’asthme sont :
  • un taux sanguin d’éosinophiles (globules blancs liés à l’allergie) élevé malgré un traitement de fond associant des corticoïdes inhalés à dose élevée et un bronchodilatateur d’action longue ;
  • au moins 2 épisodes d’exacerbation asthmatique ayant nécessité un traitement par corticoïde oral dans les 12 derniers mois malgré un traitement de fond, ou bien la nécessité de maintenir un traitement par corticoïde oral continu pendant au moins 6 mois au cours des 12 derniers mois.

Ces médicaments ne peuvent être prescrits que par des médecins expérimentés dans le diagnostic et la prise en charge de l’asthme sévère.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Anticorps monoclonal : benralizumab

Anticorps monoclonal : mépolizumab

La théophylline en traitement de fond de l'asthme

La théophylline est un bronchodilatateur très ancien, administré sous forme orale. La théophylline à libération prolongée (sous forme de comprimé ou de gélule) est indiquée dans le traitement de fond de l’asthme, mais elle est de moins en moins utilisée en raison de ses effets indésirables et de ses interactions médicamenteuses. En effet, la théophylline peut être à l’origine de nombreux effets indésirables parmi lesquels l’excitation, l’insomnie, les tremblements, la survenue de maux de tête, des troubles digestifs comme les nausées ou les vomissements, et éventuellement des palpitations avec une accélération des battements du cœur (tachycardie). Elle peut occasionner des effets toxiques (digestifs, cardiaques, etc.) en cas de surdosage. Dans les cas extrêmes, des convulsions peuvent survenir.

Enfin, la théophylline interagit avec de nombreux autres médicaments (certains antibiotiques, le millepertuis, etc.), ainsi qu'avec le tabac et les boissons contenant de la caféine.

La théophylline à libération immédiate (sous forme de sirop) n’a pas sa place dans le traitement de fond de l’asthme d’après la Haute autorité de santé (HAS).

La bamifylline est une substance apparentée à la théophylline qui a également une indication dans l’asthme.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Théophylline à libération prolongée

Les cromones en traitement de fond de l'asthme

L’acide cromoglicique appartient à la famille des cromones. Il peut être prescrit dans l'asthme persistant léger comme traitement continu anti-inflammatoire. Son rapport bénéfice/risques est inférieur à celui des corticoïdes inhalés. Il se présente sous forme inhalée et exerce une action locale au niveau de la muqueuse bronchique.


La crise d'asthme nécessite un traitement rapide visant à dilater les bronches, pour augmenter la circulation de l'air dans les poumons, et visant à réduire l'inflammation des bronches.

Les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d'action rapide sous forme inhalée

Les bronchodilatateurs d'action rapide agissent en relâchant les muscles qui entourent les bronches, facilitant le passage de l’air et permettant ainsi de soulager rapidement la respiration. Leur action est rapide (quelques minutes) et limitée dans le temps (quatre à six heures).

Les effets indésirables des bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d'action rapide utilisés par voie inhalée sont rares et sans gravité. Il peut s’agir de tremblements avec sensation d’excitation, de crampes musculaires ou de palpitations du cœur lorsque de grandes quantités de médicaments sont inhalées.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Bronchodilatateurs bêta-2 stimulants d'action brève

Les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d'action rapide en nébulisation

En cas de crise d’asthme intense et inhabituelle, les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques peuvent être utilisés par les services d’urgence sous forme de solution pour nébulisation. Ils sont utilisés lorsque la crise d’asthme ne cède pas après plusieurs prises de bronchodilatateurs d’action brève avec le système inhalé habituel. Ils sont habituellement associés à un autre type de bronchodilatateurs appelés anticholinergiques.

Dans le cadre d'un traitement d'urgence, les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques peuvent également être utilisés par voie injectable à l'hôpital.

Les corticoïdes dans le traitement de la crise d'asthme

Les corticoïdes, appartenant à la famille des médicaments anti-inflammatoires, sont parfois utilisés sous forme de comprimés à la suite d’une crise sévère ou qui ne cesse pas complètement malgré des prises répétées de bronchodilatateurs d’action rapide. Pour une crise d’asthme aigu grave, le médecin peut prescrire des corticoïdes injectables, qui seront pris pendant quelques jours après la crise.

Dans le traitement de la crise d’asthme, les corticoïdes en comprimés sont généralement prescrits pour une courte durée, en particulier après une crise sévère. La survenue d’effets indésirables est limitée.

Légende
Médicament générique

Le bromure d'ipratropium inhalé

Il s'agit d'un bronchodilatateur anticholinergique (atropinique). Son effet est moins puissant que celui des bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques. Il est utilisé dans le traitement des crises et des poussées d'asthme, en complément d'un bronchodilatateur bêta-2 mimétique d'action rapide inhalé.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Associations de bronchodilatateurs d’action brève

Bronchodilatateurs anticholinergiques d'action brève

La trousse d'urgence d'un asthmatique

La trousse d’urgence d’une personne asthmatique comporte les traitements d’urgence prescrits par son médecin. Cette trousse doit accompagner le patient en vacances ou lors de déplacements éloignés. On y trouve généralement :

  • le bronchodilatateur d’action rapide avec, au besoin, une chambre d’inhalation ;
  • le débitmètre de pointe ;
  • le nom et le numéro de téléphone du médecin de famille et du pneumologue.

D’autres éléments de la trousse d’urgence varient selon le patient et ses particularités :

  • un bronchodilatateurs bêta-2 mimétique injectable par voie sous-cutanée ;
  • le matériel pour réaliser cette injection sous-cutanée (aiguilles et seringues de 2 ml, compresses alcoolisées pour désinfecter la peau) ;
  • des corticoïdes en comprimés.

Chez certaines personnes qui font par ailleurs des réactions allergiques susceptibles d’être dangereuses, comme des œdèmes de Quincke ou des chutes de pression artérielle (choc), la trousse peut également comporter de l’adrénaline injectable.


Lors d'une crise d'asthme, la conduite à tenir varie selon s'il s'agit d'une crise qui s'arrête rapidement ou non.

Au début de la crise d'asthme

  • Dès les premiers signes (essoufflement, oppression thoracique, toux, etc.), le traitement habituel est de deux bouffées (s’il s’agit d’un aérosol-doseur) ou d'une inhalation (en cas d’inhalateur de poudre) d’un bronchodilatateur bêta-2 mimétique d'action rapide.
  • Après dix à quinze minutes, si la gêne persiste, on peut reprendre deux bouffées d’aérosol-doseur ou une inhalation de poudre.
  • Après dix à quinze minutes de plus et si les symptômes n’ont toujours pas disparu, on peut prendre de nouveau deux à quatre bouffées d’aérosol, ou une à deux inhalations de poudre.
  • Une crise simple doit s’arrêter après la prise de six à huit bouffées d’aérosol (ou trois ou quatre inhalations de poudre).
  • Il faut également éliminer les facteurs déclenchants éventuels : allergènes, fumée de cigarette, froid, etc.

Si la crise d'asthme résiste au traitement

En cas de non-amélioration après l’inhalation de six à huit bouffées d’aérosol (ou trois ou quatre inhalations de poudre) de bronchodilatateurs bêta-2-mimétiques, si le débit expiratoire de pointe (DEP) est inférieur à 50 % de la valeur de référence ou si la crise recommence rapidement, il s’agit d’une crise dite « sévère ». Il faut alors simultanément :

  • multiplier les doses de bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques en inhalation ou en injection sous-cutanée ;
  • prendre des corticoïdes en comprimés (selon la dose prescrite par le médecin) ;
  • prévenir un médecin sans attendre.

En l’absence d’amélioration, ou en cas de véritable sensation d’étouffement d’emblée, il faut considérer qu’il s’agit d’un asthme aigu grave, et appeler une équipe médicale d’intervention au domicile : SAMU (15) ou pompiers (18 ou 112). Les crises d’asthme aigu grave nécessitent généralement des injections de corticoïdes pendant quelques jours.

Dans tous les cas, il est nécessaire de rechercher et de traiter le facteur déclenchant en cause : exposition à un allergène, infection, froid, fumée, etc.

Est-il dangereux de dépasser la dose de médicaments prescrits pour arrêter les crises ?

En l’absence de maladie cardiaque, il est possible de dépasser de quelques bouffées la dose de bronchodilatateurs d’action rapide prescrite en cas de crise. Vous pouvez alors ressentir des signes de surdosage (tremblements, palpitations) qui sont habituellement bien tolérés. Dans le cas où la dose prescrite a dû être dépassée pour faire cesser une crise, il est indispensable de consulter le plus rapidement possible son médecin traitant.

Si votre besoin de bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d’action rapide augmente de jour en jour, cela signifie que votre asthme s'aggrave. Dans ce cas, il faut également consulter rapidement votre médecin pour en trouver la cause et réajuster le traitement. Lorsque l’asthme est bien contrôlé par le traitement de fond et l'élimination des facteurs déclenchants, le recours aux bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d’action rapide doit être rare.

Comment savoir si une crise d'asthme est grave et comment agir dans ce cas ?

Si une crise d'asthme ne se calme pas rapidement après l'inhalation répétée d'un bronchodilatateur bêta-2 mimétique, deux cas de figure peuvent se présenter :

1 - La crise se calme beaucoup plus lentement que d’habitude sans passer complètement et le DEP s’améliore.

  • Il faut poursuivre la prise de votre bronchodilatateur d'action rapide (deux bouffées d’aérosol-doseur ou une inhalation de poudre) toutes les quinze minutes.
  • Vous pouvez, si votre médecin vous en a prescrit au préalable, prendre un corticoïde en comprimé.
  • Enfin, prenez contact avec votre médecin traitant (ou un médecin de garde la nuit) pour lui demander conseil. Si vous ne parvenez pas à le joindre, consultez le service d’urgences le plus proche.

2 - La crise ne s’améliore pas ou s’aggrave, le DEP reste bas ou continue à baisser.

  • Contactez immédiatement votre médecin traitant (ou un médecin de garde la nuit) ou appelez les secours d’urgence (le 15, le 18 ou le 112).
  • En attendant leur arrivée, vous pouvez, si on vous a appris à le faire et si vous disposez d’un bronchodilatateur bêta-2 mimétique d’action rapide injectable, vous l’injecter en sous-cutanée (sous la peau).
  • Enfin, prenez un corticoïde en comprimé si votre médecin vous en a prescrit en cas de crise.

De la difficulté à parler, de l’agitation, des sueurs, une tendance à la confusion ou à la somnolence… ces signes doivent également amener à appeler immédiatement les secours en vue d'une hospitalisation.

Quels sont les risques d'avoir une crise d'asthme grave ?

Le risque de faire une crise d'asthme grave est plus élevé si :

  • vous avez déjà eu une crise sévère,
  • vous avez été hospitalisé pour votre asthme au cours de l’année précédente,
  • votre état a nécessité un séjour en réanimation avec ventilation mécanique à cause de votre asthme,
  • vous avez eu besoin plusieurs fois de consulter en urgence,
  • vous faites des crises d’asthme à l'aspirine,
  • vous êtes sensible à la moisissure Alternaria,
  • vous constatez une chute importante de votre DEP le matin,
  • vous avez souvent des crises au petit matin,
  • vous avez arrêté récemment et brutalement un traitement par corticoïdes en comprimés,
  • vous ne prenez pas régulièrement et correctement votre traitement de fond,
  • vous avez des difficultés psychologiques importantes.

Si vous présentez l’une de ces sources de risque, vous devez consulter pour essayer de remédier à ce problème.

D'autres circonstances sont sources de risque chez certaines personnes asthmatiques :

  • l’exposition à des substances irritantes (acide, fumées, vernis, solvants, insecticides, aérosols ménagers, etc.) ;
  • l’exposition massive aux substances auxquelles ces personnes sont allergiques (environnement très poussiéreux, cave, grenier, déménagement, etc.).

Dans quels cas une personne asthmatique doit-elle être hospitalisée ?

L'hospitalisation d’une personne asthmatique s'envisage dans deux contextes bien différents :

  • en urgence devant la menace d’une crise d’asthme aigu grave,
  • de façon plus planifiée, lorsque le médecin a des difficultés à trouver le traitement adéquat pour stabiliser l’asthme.

L'hospitalisation pour asthme aigu grave

Un asthmatique doit être hospitalisé quand son asthme est menaçant, c’est-à-dire quand il constate :

  • des crises de plus en plus fréquentes ou plus sévères que d’habitude, ou des crises la nuit qui se répètent ;
  • la chute de son DEP en dessous de la moitié de sa valeur de référence ;
  • une réponse insuffisante au traitement bronchodilatateur d'action rapide, ou une nécessité de multiplier les prises.

La menace d’un asthme aigu grave doit conduire à mettre en route un traitement d'urgence qui comportera le plus souvent des nébulisations de bronchodilatateurs, de l’oxygène et des corticoïdes par voie intraveineuse ou orale, ceci sous surveillance médicale.

L'hospitalisation pour bilan et ajustement du traitement contre l'asthme

Pour une personne asthmatique, l’hospitalisation offre la possibilité de réaliser, en un court laps de temps, une série d'examens pour rechercher les facteurs d'aggravation ou d'instabilité d’un asthme jusque-là bien contrôlé. Elle permettra aussi de tester des médicaments (bronchodilatateurs de classe différente, corticoïdes) dont les ajustements sont parfois difficiles, surtout pour les asthmes sévères.

Que doit-on faire quand la crise d'asthme est terminée ?

  • Mesurez votre débit expiratoire de pointe et surveillez-le pendant quelques jours afin de vérifier qu’il reste proche des valeurs habituelles. Si ce n’est pas le cas, consultez sans tarder votre médecin.
  • Essayez d’identifier le facteur déclenchant de la crise pour l’éviter ultérieurement : oubli ou arrêt intempestif du traitement, allergène, infection, fumée, froid, etc.

Si les crises se sont répétées les jours précédents, un renforcement du traitement de fond est vraisemblablement nécessaire. Il s’agira, par exemple, selon la prescription ou les recommandations de votre médecin, d’une augmentation passagère des corticoïdes inhalés, ou d’une courte cure de corticoïdes en comprimés si la crise a été particulièrement forte.


En inhalant un médicament bronchodilatateur ou anti-inflammatoire, celui-ci atteint rapidement les bronches où il peut agir immédiatement. Les doses administrées par voie inhalée sont plus faibles qu'avec des comprimés, alors que l'efficacité est maximale au niveau des bronches. Ainsi, il n'y a que très peu de médicament qui circule dans le sang, ce qui réduit considérablement la probabilité et l'intensité des effets indésirables sur l'organisme tout entier. Il existe plusieurs systèmes d'inhalation, qui ont différents modes d'administration et des coûts variés.

Les aérosols-doseurs

inhaler

Les aérosols-doseurs (spray, « bombe » ou flacon pressurisé) sont le système d'inhalation le plus ancien et le moins cher. Après avoir agité le flacon, il faut placer l’embout dans la bouche, puis presser sur l’aérosol tout en aspirant profondément par la bouche. Certaines personnes ne parviennent pas à bien utiliser les aérosols-doseurs : dans ce cas, le médicament ne pénètre pas bien dans les bronches. D’autres personnes ressentent une irritation ou une gêne respiratoire après la prise de ces aérosols.

Il est important de signaler à votre médecin les difficultés que vous pose le mode d’administration de votre médicament : un mauvais contrôle de l'asthme est souvent dû à une manipulation incorrecte du système d'inhalation. Dans ce cas, on peut alors utiliser d’autres systèmes.

L'usage des aérosols-doseurs avec une chambre d'inhalation

La chambre d'inhalation est un réservoir transparent avec un embout pour la bouche et sur lequel s’adapte un aérosol-doseur. Il s'achète indépendamment de l'aérosol-doseur.

Après avoir pulvérisé une à plusieurs bouffées du médicament à l’intérieur de la chambre d’inhalation, il faut respirer plusieurs fois amplement et calmement l’air contenu à l’intérieur de la chambre par l’intermédiaire de l'embout buccal. La prise du médicament est plus facile car il n’y a plus de geste de la main à faire lors de l’inspiration (comme c’est le cas avec les aérosol-doseurs) et cela permet un meilleur passage des traitements vers les bronches.

L'utilisation d'une chambre d'inhalation est particulièrement indiquée chez les enfants en bas âge ou les personnes âgées. Elle peut, par ailleurs, réduire l'apparition d'effets indésirables locaux comme la voix rauque ou les mycoses buccales observées lors de traitement par les corticoïdes inhalés.

L'aérosol pressurisé auto-déclenché

Dans ce type de dispositif (système autohaler), c’est l’inspiration qui déclenche la libération du produit.

Les inhalateurs de poudre sèche

Dans les inhalateurs de poudre sèche, le produit actif se présente sous forme de poudre extrêmement fine ; c'est l'inspiration qui permet l'inhalation du produit par la bouche.

La nébulisation

La nébulisation est un procédé habituellement réservé aux situations d’urgence. Les bronchodilatateurs en nébulisation ne peuvent être délivrés qu’à l’hôpital. Cette technique permet de créer un brouillard d’aérosol à partir d’un médicament liquide : le traitement sera inhalé par la personne grâce à un masque (parfois un embout buccal) placé sur le nez et la bouche. Le patient n’a pas besoin de respirer profondément. Il lui suffit de respirer calmement pendant dix à quinze minutes pour inhaler le médicament. De plus, les nébulisations avec masque facial peuvent être utilisées chez l’enfant. La nébulisation permet de délivrer de plus fortes doses de bronchodilatateurs.

Pour ne pas tomber en panne de traitement inhalé contre l'asthme

Pour gérer correctement son traitement, il faut aussi s’assurer de ne pas être en rupture de médicaments. Pour les comprimés, il est facile de déterminer quand l’ordonnance a besoin d’être renouvelée. Mais il est plus difficile de savoir quand son aérosol-doseur est presque vide.

Plusieurs méthodes sont possibles :

  • Plongez le flacon (après l’avoir retiré du support en plastique) dans l’eau. Si le flacon flotte à la surface en restant horizontal, il est vide. S’il va au fond de l’eau, il est plein. Même si cette méthode est plutôt fiable, il ne faut pas la renouveler trop souvent, car elle expose au risque de dégradation du métal du flacon.
  • Agitez l’aérosol-doseur près de l’oreille pour entendre le liquide bouger et évaluer la quantité de médicament qui reste.
  • Comptez et notez le nombre de bouffées d’aérosol-doseur que vous prenez et comparez ces chiffres avec le nombre de doses disponibles qui est indiqué sur la boîte du médicament.

Concernant les inhalateurs de poudre, un compteur disponible sur certains inhalateurs renseigne sur le nombre d’inhalations qui reste avant d’avoir à remplacer ce médicament. Attention : un inhalateur de poudre ne doit pas être plongé dans l'eau ! Sur certains inhalateurs de poudre, un témoin devient rouge lorsqu’ils ne contiennent plus que quelques doses.

Comment bien utiliser son dispositif d’inhalation ?

Dans un article publié en mai 2016, des médecins pneumologues européens passent au crible 10 idées reçues sur les dispositifs d’inhalation, pressurisés ou non, utilisés dans le traitement de l’asthme. Faut-il les secouer avant usage ? Doit-on bloquer sa respiration après l’inspiration ? Combien de temps ? Faut-il se rincer la bouche après un aérosol de corticoïdes ? Doit-on se méfier des chambres d'inhalation en plastique ? A la lumière des études publiées, les auteurs répondent à ces questions.

Vous pouvez trouver les réponses dans l'article : Aérosols-doseurs et inhalateur de poudre sèche : 10 idées reçues au banc d’essai.


Les personnes qui souffrent d'asthme se posent souvent des questions sur divers aspects de leur quotidien : alimentation, activités sportives, voyage, grossesse, etc. En règle générale, un asthme bien contrôlé par les traitements ne modifie en rien la vie quotidienne de la personne asthmatique.

L'alimentation a-t-elle une influence sur l'asthme ?

Chez l’adulte, l'asthme est rarement en rapport avec une allergie alimentaire. En revanche, les allergies alimentaires peuvent déclencher d’autres symptômes (urticaire, perturbations digestives). Si un aliment a été identifié comme facteur déclenchant d’asthme ou d’autres symptômes d’allergie, il faut faire un bilan allergologique pour confirmer le diagnostic, puis en éviter la consommation.

Chez l’enfant, les allergies alimentaires sont plus fréquentes et peuvent être liées à des manifestations asthmatiques. Il faut penser à une allergie alimentaire lorsque les crises d’asthme surviennent après les repas et qu’elles sont associées à des démangeaisons des lèvres et de la bouche.

Certains aliments et additifs alimentaires sont responsables de réactions pseudo-allergiques ou « fausses allergies » alimentaires au cours desquelles il existe parfois des symptômes d’asthme : intolérance aux amines (dans des produits fermentés comme le vin et le fromage) ou aux bisulfites (dans les fruits secs, le vin, la choucroute, le vinaigre, les surgelés, etc.), ou accidents liés à une libération d’histamine (après avoir mangé des fraises, des crustacés, du thon, etc.).

Indépendamment de ces phénomènes allergiques, les médecins peuvent être amenés à recommander des mesures diététiques particulières à certains asthmatiques. Comme l’obésité est un facteur aggravant de l’asthme, un régime amaigrissant est parfois nécessaire.

Reflux gastro-œsophagien et asthme
Les remontées du liquide acide contenu dans l’estomac vers l’œsophage sont appelées reflux gastro-œsophagiens. Observés avec une grande fréquence chez les asthmatiques, les reflux gastro-œsophagiens pourraient parfois aggraver les symptômes d’asthme.
La position allongée durant le sommeil, qui facilite les remontées acides, explique la plus grande fréquence des reflux gastro-œsophagiens pendant la nuit. Lorsqu’on souffre de reflux gastro-œsophagien, il faut relever la tête du lit et éviter de se coucher tout de suite après le repas. À côté de ces mesures simples, le médecin pourra vous prescrire des médicaments qui réduisent la sécrétion d’acide au niveau de l’estomac.

Fumer aggrave-t-il l'asthme ?

Chez les personnes asthmatiques, le tabac est formellement déconseillé car la fumée contient de nombreuses substances irritantes qui vont aggraver l’asthme. En effet, la fumée de tabac provoque une inflammation des voies respiratoires avec augmentation des sécrétions au niveau des bronches.

Fumer accroît la fréquence des crises et la sévérité de l’asthme. Les asthmatiques fumeurs ont une fonction respiratoire qui se dégrade plus vite que les asthmatiques qui ne fument pas. De plus, le tabac diminue l’efficacité de certains médicaments contre l’asthme.

À long terme, des lésions pulmonaires en rapport avec le tabac, par exemple un emphysème, peuvent se développer et aggraver l’asthme. De telles lésions sont irréversibles, même sous l’effet des traitements contre l’asthme.

La fumée des autres est également nocive pour les asthmatiques. La fumée secondaire que vous inhalez au contact d’un fumeur contient de nombreuses substances irritantes qui vont aggraver l’asthme en provoquant, entre autres, une inflammation des voies respiratoires. Il est important de convaincre vos proches de ne pas fumer en votre présence.

Le tabagisme des parents est responsable, chez l’enfant asthmatique, d’une aggravation des troubles respiratoires. Les effets nocifs du tabagisme passif chez l’enfant ont fait l’objet de nombreuses études : le tabagisme maternel durant la grossesse augmente le risque pour l’enfant à naître de développer des troubles respiratoires dans les premières années de sa vie, et peut-être certaines maladies de type allergique. Dans les familles ayant un risque allergique, il est donc encore plus important de ne pas fumer pendant la grossesse et en présence des enfants. Lorsque les deux parents fument à la maison, le risque de voir se développer un asthme à l’âge adulte chez leurs enfants est multiplié par deux.

Asthme ou bronchite chronique ?
Une personne atteinte de bronchite chronique (ou BPCO), habituellement un fumeur, souffre de symptômes présents en permanence (toux avec crachats plutôt le jour, essoufflement plus ou moins marqué selon la gravité de la maladie) et fait de fréquents épisodes d'infections des bronches durant l'année.
Chez ces personnes, les médicaments contre l'asthme n'entraînent pas d'amélioration aussi franche et durable que chez les personnes asthmatiques. Mais les caractéristiques de la bronchite chronique peuvent aussi se développer chez les asthmatiques qui fument, en plus de leur asthme.

Peut-on se faire vacciner quand on est asthmatique ?

Aucune vaccination n’est contre-indiquée chez les personnes asthmatiques. En cas d’allergie aux protéines de l’œuf, les vaccinations qui en contiennent (rougeole, grippe, fièvre jaune, rage et encéphalite à tiques) doivent être réalisées sous stricte surveillance médicale. Il faut également éviter de réaliser une injection de vaccin pendant une crise d’asthme.

En France, l’asthme ne fait pas partie des maladies pour lesquelles la vaccination contre la grippe est prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Cette vaccination est néanmoins recommandée pour les asthmatiques enfants et adultes, mais il est préférable de ne pas la faire si l'asthme n'est pas bien contrôlé.

Enfin, la vaccination contre les infections à pneumocoques peut être conseillée aux personnes qui souffrent d'asthme sévère ainsi qu'aux personnes âgées asthmatiques.

Le stress a-t-il une influence sur l'asthme ?

Les émotions fortes (contrariétés, colère, stress) peuvent déclencher une crise d’asthme, notamment à cause de l'hyperventilation qui est une accélération importante de la respiration. Une stimulation émotionnelle peut ainsi provoquer un rétrécissement du diamètre des bronches chez 15 à 30 % des personnes asthmatiques. La surexcitation et le fou rire peuvent également déclencher des crises d’asthme.

L’angoisse peut modifier la perception des symptômes par le patient. Une personne inquiète aura tendance à ressentir de façon plus intense les manifestations de son asthme, ce qui la conduira à se sentir plus essoufflée avec une fonction respiratoire peu modifiée.

Enfin, l’asthme, particulièrement lorsqu’il est sévère et qu’il gène la vie quotidienne, peut entraîner chez certaines personnes de vraies perturbations psychologiques : anxiété (crainte de la crise, peur de mourir étouffé, etc.) ou sentiments dépressifs liés à la prise de conscience du handicap respiratoire (peur d'être limité au niveau des activités de la vie quotidienne ou des capacités physiques). Dans ce cas, la personne a plus de mal à gérer son asthme et a tendance à prendre de plus fortes doses de médicaments. Ces difficultés peuvent déboucher sur un mauvais suivi du traitement, des hospitalisations plus fréquentes ou plus longues, et un risque de crises d’asthme graves.

La prise en charge des troubles psychologiques est donc essentielle pour bien équilibrer le traitement, mais elle ne se substitue pas au traitement médical. Contrairement à ce qui pouvait être dit il y a quelques années, l’asthme n’est pas une maladie psychosomatique : il ne peut pas guérir avec le seul traitement des problèmes psychologiques qui sont parfois associés à cette maladie.


Le sport est recommandé pour les asthmatiques, car il permet de développer leur capacité pulmonaire et de renforcer leurs muscles respiratoires, comme le diaphragme. Cependant, l'inhalation d'air froid et sec, lors de l'exercice ou à la récupération, peut être à l'origine de crises d'asthme (dit « asthme d'effort »).

Quelles précautions prendre quand un asthmatique fait du sport ?

Les crises d’asthme d’effort sont d’autant plus fréquentes que l’asthme est mal contrôlé. Un bon contrôle de l’asthme (et éventuellement un renforcement du traitement de fond) est indispensable avant de démarrer une activité sportive. Certains médicaments du traitement de fond, comme les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques de longue durée d’action ou les antileucotriènes, permettent de prévenir l’asthme d’effort.

D’une manière générale, un échauffement progressif est nécessaire avant de démarrer son activité sportive. Gardez à portée de main votre médicament habituel pour traiter une éventuelle crise dès les premiers signes.

Si vous faites des crises d'asthme d'effort mais que celles-ci sont peu fréquentes, votre médecin vous recommandera de prendre votre bronchodilatateur d’action rapide en inhalation dix à vingt minutes avant l’effort.

En revanche, si vous faites fréquemment des crises d'asthme d'effort, c'est probablement parce que votre asthme est mal contrôlé. Votre médecin pourra vous prescrire un renforcement de votre traitement de fond. Il est parfois nécessaire d'augmenter la dose de corticoïde inhalé, d'y recourir si vous n'en preniez pas ou bien de prendre des antileucotriènes. Il peut être nécessaire d'associer aux corticoïdes inhalés des bronchodilatateurs de longue durée d'action.

Certains sports sont-ils recommandés ou interdits aux personnes asthmatiques ?

Il n'y a pas de sport particulièrement recommandé lorsqu’on souffre d’asthme. La natation, même en piscine si l'eau n'est pas trop chlorée, est un sport intéressant.

Le seul sport formellement interdit chez l’asthmatique est la plongée sous-marine avec bouteille. Le risque d’une crise est important en plongée, parce que l’air comprimé dans la bouteille est froid et totalement sec, ce qui favorise la crise chez l’asthmatique. D’autre part, même si l’on utilise des filtres pour le remplissage de la bouteille, il est toujours possible que quelques particules de pollen ou de pollution automobile franchissent ces filtres. Avec l’augmentation de la pression sous l’eau, l’air que l’on respire est plus dense et la concentration d’un éventuel polluant s’en trouve augmentée.

Certains estiment que l’on peut pratiquer ce sport si l’asthme est ancien et ne provoque plus aucune manifestation. Mais cette attitude n’est pas raisonnable, car l’asthme peut toujours se déclencher à nouveau, à n’importe quel moment. Or il est impossible de traiter une crise d’asthme survenant en plongée : les traitements ne peuvent être administrés sous l’eau et il est dangereux de remonter rapidement à la surface pour prendre son bronchodilatateur d’action rapide. En effet, il est impératif de pouvoir remonter lentement à la surface et éventuellement d'effectuer des paliers de décompression de plusieurs minutes pour ne pas risquer d'accidents qui pourraient être mortels.

Par ailleurs, il faut éviter les sports qui exposent aux agents responsables d’allergies éventuelles. C’est le cas, par exemple, de l’équitation pour les sujets allergiques aux chevaux. Il faut également éviter de faire du sport quand l'asthme n'est pas bien contrôlé, et dans les périodes de forte pollution atmosphérique.

Le contrôle de l’asthme par une activité physique serait plus important en hiver

Une étude canadienne publiée en novembre 2015 confirme que la pratique d’une activité physique régulière permet de mieux contrôler l’asthme, et ce malgré les difficultés respiratoires, plus ou moins intenses et régulières. Les recommandations internationales minimales d’activité physique pour ce contrôle correspondent à 30 minutes de marche par jour 5 jours par semaine. Néanmoins, elles restent à affiner. De plus, les auteurs de l’étude ont constaté que l’impact de l’activité physique sur l’asthme est plus important en hiver. Ce résultat mérite confirmation par d’autres études (voir article détaillé dans la rubrique Actualités).


En France, 5 à 10 % des asthmes sont d'origine professionnelle et leur importance est probablement sous-estimée. Les secteurs professionnels les plus concernés sont l'agriculture et l'agroalimentaire, la boulangerie, l'animalerie, la coiffure, la carrosserie automobile, les fabricants d'isolants, de revêtements de surface ou de textiles, et le secteur médical.

Asthme professionnel, une maladie difficile à cerner

On dénombre environ 250 produits responsables d’asthme professionnel. Certaines de ces substances provoquent une réaction allergique : squames ou déjections d’animaux, latex, aliments divers, céréales végétales, poussières de bois, etc. Des résines, métaux et produits chimiques sous forme solide, liquide ou gazeuse peuvent aussi jouer le rôle d’irritant et provoquer des symptômes d’asthme ou de rhinite.

L’apparition des symptômes d’asthme est souvent insidieuse, débutant parfois par une rhinite ou une conjonctivite, suivie quelques mois ou années plus tard par un asthme. Les symptômes sont bien rythmés par l’activité professionnelle : ils débutent rapidement après la prise du poste pour disparaître avec la fin de la journée de travail, et ne se manifestent pas pendant les congés.

Il est parfois difficile de lier l’asthme à une cause professionnelle, car les manifestations respiratoires peuvent survenir plusieurs heures à plusieurs jours après l’exposition au produit. Une fois déclenché, un asthme professionnel peut également continuer à évoluer seul, même si le facteur déclenchant disparaît.

L'asthme du peintre

Dans les pays industrialisés, les isocyanates sont la première cause d’asthme professionnel. On les trouve dans les peintures pour carrosserie automobile (peinture au pistolet, volatile et donc facilement inhalée), dans des colles, des résines ou des durcisseurs, des mousses polyuréthanes isolantes, ainsi que des textiles synthétiques. Le délai d’apparition des manifestations asthmatiques peut varier de quelques semaines à plus de dix ans. Une fois déclaré, l’asthme du peintre peut donner lieu à des crises sévères en présence de cette substance chimique ou de ses dérivés.

L'asthme du boulanger

Près de 20 % des asthmes professionnels en France touchent des boulangers. Les agents déclenchants sont la farine et les acariens qu’elle contient, mais aussi certains additifs alimentaires. Le mécanisme est allergique. L’asthme du boulanger peut occasionner des crises sévères : il est alors fortement recommandé de cesser toute exposition à la farine. Les boulangers peuvent utiliser des hottes aspirantes, mais les personnes allergiques à la farine ont toujours un risque élevé d’éprouver des symptômes en présence de faibles quantités d’allergène.

L'asthme du coiffeur

De nombreux produits utilisés en coiffure sont potentiellement agressifs pour les voies respiratoires. C’est le cas des accélérateurs de décoloration (persulfates alcalins), de la poudre de henné, des colorants capillaires, des stabilisants de laque et de certains shampoings secs. D’autres substances, dégagées dans l’atmosphère sous forme de gaz, de vapeurs ou d’aérosols, sont irritantes (ammoniaque, eau oxygénée, etc.). En France, les coiffeurs représenteraient 4 à 7 % des victimes d'asthme professionnel.

L'asthme de l'agriculteur

On trouve dans les métiers de l’agriculture des substances végétales (pollens, moisissures, céréales, plantes, bois, etc.), animales (allergènes des chevaux, bovins, porcs et volailles, acariens, etc.) ou chimiques (insecticides, herbicides, etc.) susceptibles d’entraîner un asthme professionnel. Il faut toutefois distinguer les asthmes allergiques (liés à une sensibilisation aux multiples allergènes du milieu ambiant) des asthmes non allergiques, qui sont plutôt dus à une irritation et dont la fréquence peut être élevée dans le secteur agricole.

L'asthme du nageur

Les personnes qui travaillent dans des piscines fermées, ou celles qui s’y entraînent régulièrement, peuvent développer des symptômes d’asthme liés aux émanations chimiques provoquées par la réaction entre les produits chlorés destinés à préserver la qualité de l’eau et la sueur émise par les nageurs. Plusieurs études semblent indiquer que les personnels des piscines sont particulièrement affectés par cette sorte d’asthme.

Pour les mêmes raisons, les « bébés nageurs » qui fréquentent des piscines où l'eau est traitée par ce type de produits semblent être plus à risque de développer des bronchiolites (infections respiratoires virales).


Lorsqu'elle souffre d'asthme, une femme peut être inquiète sur les conséquences de sa maladie en termes de maternité. Pourtant, asthme et grossesse sont tout à fait compatibles.

Comment évolue l'asthme pendant la grossesse ?

L’évolution de l’asthme chez la femme enceinte n’est pas prévisible. Durant la grossesse, l'asthme s'améliore chez un tiers des femmes asthmatiques, il reste stable chez un autre tiers et s'aggrave pour le dernier tiers des futures mères.

Le risque d'aggravation est plus grand :

  • si la femme fume,
  • si le traitement de fond est interrompu,
  • si l'asthme était initialement sévère.

Le risque d'aggravation est également plus important pendant le troisième trimestre de la grossesse. La grossesse justifie donc une surveillance attentive de l'asthme. Après l'accouchement, l'asthme retrouve son état antérieur, généralement en un trimestre.

Le fœtus est-il à risque à cause de l'asthme de la mère ?

Un asthme maternel bien traité et bien suivi ne pose pas de problème pour l’enfant à naître. Des risques de prématurité, un plus faible poids de naissance et quelques rares anomalies ont été signalés chez des enfants nés de mère asthmatique. Cependant, ces problèmes ne semblent pas survenir si le traitement de l’asthme est bien pris et si l’asthme est bien contrôlé.

Le risque le plus important pour le fœtus serait de souffrir d’un manque d’oxygène si la mère faisait une crise d’asthme sévère. C’est pourquoi il faut tout faire pour prévenir l’apparition des crises : suivre rigoureusement son traitement de fond et éviter les facteurs déclenchants.

Ne jamais arrêter son traitement contre l'asthme pendant la grossesse

Les médicaments anti-asthmatiques n'ont pas d'effets indésirables notables, ni chez la future mère, ni chez le fœtus. Pourtant, on peut lire sur la notice de la plupart des médicaments pour l'asthme des mises en garde à propos de la grossesse. En effet, en l'absence d'études spécifiques chez la femme enceinte, les autorités de santé imposent de telles réserves aux laboratoires pharmaceutiques.

Les médicaments habituellement utilisés pour traiter l’asthme sont autorisés pendant la grossesse : ils ne sont pas toxiques pour le fœtus. C’est le cas des corticoïdes inhalés et des bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques. Le salbutamol, bronchodilatateur bêta-2 mimétique d'action rapide très fréquemment utilisé, est même proposé en cas de menace d'accouchement prématuré. Cependant, un traitement par les antileucotriènes ne sera continué pendant la grossesse que s’il est indispensable au bon contrôle de l’asthme. En aucun cas, vous ne devez arrêter votre traitement de fond lorsque vous découvrez que vous êtes enceinte. Faites confiance à votre médecin et suivez ses conseils.

Si vous êtes allergique, sachez en revanche que la majorité des anti-histaminiques ne doivent pas être pris pendant le premier trimestre de la grossesse, et que certains ne doivent pas être utilisés pendant le dernier trimestre. Si une désensibilisation anti-allergique est en cours, elle peut être poursuivie si elle est bien tolérée. En revanche, il est fortement contre-indiqué de débuter une désensibilisation pendant la grossesse.

Enfin, et comme pour toutes les maladies, il est recommandé à une femme enceinte de ne pas utiliser les médicaments les plus récemment mis sur le marché, c'est-à-dire ceux pour lesquels on a le moins de recul en termes d'utilisation chez la femme enceinte. Si vous avez un doute, demandez à votre médecin traitant ou à votre pharmacien.

Surveiller son asthme pendant la grossesse

Pendant la grossesse, il est important que l’asthme soit parfaitement contrôlé pour assurer une bonne oxygénation du fœtus. Il ne faut pas hésiter à s’aider du débitmètre de pointe pour vérifier que l’asthme est bien équilibré. C’est surtout vrai pendant le dernier trimestre de la grossesse, car le volume du bébé gêne la respiration de la mère : il peut alors être difficile de distinguer un véritable trouble respiratoire dû à l’asthme.

Asthme et accouchement

Chez les futures mamans asthmatiques, la meilleure préparation à l’accouchement est d’arriver à l’hôpital avec un asthme bien équilibré, ce qui implique un suivi régulier et une prise rigoureuse du traitement de fond pendant toute la grossesse.

Pensez à informer au préalable l’anesthésiste de votre asthme et de vos allergies, au cas où vous auriez besoin d’une césarienne sous anesthésie générale. En effet, certains médicaments utilisés durant l’accouchement peuvent poser des problèmes. Mais une péridurale peut parfaitement être réalisée, sauf dans les cas exceptionnels où la future mère est allergique au produit utilisé pour la péridurale.

Asthme et anesthésie générale
La survenue d'une crise d'asthme au cours d’une anesthésie générale est possible mais rare. La crise peut être liée aux substances employées pour l'anesthésie, mais cela est exceptionnel. Toute allergie connue doit néanmoins être signalée lors de la consultation pré-opératoire avec l’anesthésiste, en particulier l’allergie au latex (gants).
Si l'asthme n'est pas bien contrôlé, des crises d'asthme peuvent survenir indépendamment de toute allergie aux produits utilisés (liées à l'inhalation de gaz froid ou irritant, à l'intubation, etc.). Avant une intervention chirurgicale, il convient donc de signaler son asthme à l’anesthésiste et de bien suivre son traitement de fond. Les médicaments inhalés utilisés pour le traitement de fond de l’asthme ne rendent pas l’anesthésie plus dangereuse. Dans certains cas, une mesure du souffle par les EFR peut être proposée avant l’opération.

Asthme et allaitement

Tous les médicaments utilisables durant la grossesse peuvent être administrés à une femme asthmatique qui souhaite allaiter. Les corticoïdes inhalés sont bien tolérés, de même que les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques inhalés d'action rapide ou de longue durée d’action. Les corticoïdes en comprimés passent en quantité minime dans le lait maternel, et ces doses faibles présentent peu de risques d’effets indésirables chez l’enfant. En revanche, la théophylline passe dans le lait maternel et peut être responsable d’irritabilité et de nervosité chez le nourrisson.

De plus, les médicaments anti-histaminiques ayant un effet sédatif (ceux qui « endorment ») sont déconseillés pendant l’allaitement. En l’absence d’information sur leur passage dans le lait maternel et leur effet sur le nourrisson, les antileucotriènes sont également déconseillés durant l’allaitement.


Un environnement inhabituel peut parfois favoriser le déclenchement d'une crise chez une personne asthmatique. Avant de partir, quelques précautions s'imposent afin de voyager en toute sérénité : s'assurer que son asthme est contrôlé, préparer ses traitements et se renseigner sur la situation locale. Une visite médicale s'impose également.

Faire le point sur son asthme avec son médecin

Avant de partir, faites le point avec le médecin sur votre asthme. Assurez-vous que celui-ci est contrôlé. Si ce n’est pas le cas, il peut être préférable de décaler votre départ jusqu’à ce que les traitements fassent effet et que votre asthme soit stabilisé. Il n’est pas raisonnable de partir dans les jours qui suivent une crise d’asthme sévère, car elle est le signe d’un asthme mal contrôlé. Apprenez à suivre votre asthme à l’aide d’un débitmètre de pointe avant de partir à l’étranger.

Choisir sa destination lorsqu'on souffre d'asthme

Évitez les climats très chauds ou très froids, les régions sèches et poussiéreuses, ainsi que les altitudes supérieures à 2.500 mètres : l’air y est froid, sec et contient moins d’oxygène. En revanche, les voyages en moyenne altitude (autour de 1.500 mètres) sont bénéfiques aux personnes allergiques, car les acariens et les pollens y sont moins présents. Bien sûr, lorsque l’on est allergique au pollen, il est préférable d’éviter la campagne entre mai et août dans l’hémisphère nord, entre novembre et février dans l’hémisphère sud.

Évitez si possible les grandes villes fortement polluées (Mexico, Athènes, Pékin, etc.). Il ne s’agit en aucun cas d’une contre-indication véritable : si le voyage est nécessaire, il est possible de renforcer le traitement de fond.

Choisir son mode d'hébergement lorsqu'on souffre d'asthme

  • Évitez les environnements susceptibles de déclencher des crises d’asthme, par exemple, les logements humides ou poussiéreux, comme les locations de vacances ouvertes seulement l’été. Quelques jours avant votre arrivée, demandez à ce que le logement soit nettoyé et aéré ; attention aux vieux parquets et moquettes, aux rideaux et aux canapés, véritables nids à acariens. Préférez les hôtels et les locations de construction récente, avec des sols carrelés.
  • Les vieux matelas, les couettes et les traversins en plumes sont vos ennemis. Prévoyez d’emporter une housse anti-acariens et un oreiller en matière synthétique. Pour les plus petits, emportez un lit pliant qui permettra d’éviter ce type de problème.
  • Fuyez la proximité d’animaux si vous y êtes allergique : séjours à la ferme, centres équestres, etc.

Prévoir des activités sportives lorsqu'on souffre d'asthme

Si votre asthme est contrôlé, vous pouvez pratiquer toutes sortes d’activités sportives, à condition de respecter vos capacités.

La seule contre-indication absolue pour une personne asthmatique est la plongée sous-marine avec bouteille. Les allergènes contenus dans l'air des bouteilles, ainsi que la sécheresse et le froid de l'air comprimé, combinés à l'effort et au stress engendrés par l'exercice, peuvent déclencher une crise au cours d'une plongée, avec risque de noyade.

Les activités de haute altitude sont plutôt déconseillées.

Les vaccins du voyageur asthmatique et la prévention du paludisme

La mise à jour des vaccinations est essentielle à la préparation d’un voyage. Néanmoins, les personnes asthmatiques, plus fréquemment allergiques aux protéines des œufs, doivent être alertées sur le fait que les vaccins contre la fièvre jaune et l’encéphalite à tiques (mais également ceux contre la rougeole, les oreillons et la grippe) peuvent en contenir. En cas de nécessité absolue de vaccination, notamment contre la fièvre jaune, des mesures particulières peuvent être prises en milieu hospitalier : essai du vaccin à petite dose sous surveillance médicale, désensibilisation, etc. Un asthmatique non allergique à l’œuf peut être vacciné mais il doit, par précaution, signaler son asthme ou ses allergies au médecin vaccinateur.

La vaccination contre la grippe est recommandée aux personnes asthmatiques, sauf en période de crises d’asthme. La vaccination contre les infections à pneumocoque peut être conseillée à celles qui souffrent d’asthme sévère ainsi qu’aux personnes âgées asthmatiques.

Le fait d’être asthmatique n’empêche habituellement pas de recevoir une chimioprophylaxie antipaludique (les médicaments que l'on prend pour prévenir le paludisme).

Pendant le transport lorsqu'on souffre d'asthme

Dans les transports, prenez garde aux bouches de ventilation, ainsi qu'aux changements brutaux de température lorsque l’air est climatisé. L’air sec et froid est un déclencheur de crises d’asthme, emportez une écharpe ou un foulard pour vous protéger.

Asthme et voyages en avion

En avion, fermez les bouches de ventilation orientables. Les voyages en avion (cabine pressurisée) ne présentent généralement pas de risque chez les asthmatiques bien contrôlés. Gardez vos traitements avec vous en cabine, en particulier le bronchodilatateur d'action rapide, qui doit rester à portée de main en cas de crise.

De plus, les aérosols-doseurs ne peuvent être entreposés en soute, la dépressurisation les vidant. En revanche, il faut éviter de prendre l'avion juste après une crise d'asthme sévère ou si votre asthme n'est pas bien contrôlé, car l'accès aux soins y sera plus difficile.

Asthme et voyages en voiture

En voiture, n’abusez pas de la climatisation. Dans les villes polluées, évitez d’ouvrir en grand les fenêtres du véhicule à cause de la poussière et des gaz d’échappement.

À l'intérieur, veillez à ce que le véhicule soit régulièrement dépoussiéré. L'habitacle de certaines automobiles peut constituer un véritable réservoir d'allergènes (acariens, pollens, poils d'animaux, etc.) ou concentrer certains irritants respiratoires (fumée de cigarette, polluants extérieurs pénétrant par le système de ventilation, désodorisants, etc.).

Pour éviter d’aggraver votre asthme :

  • demandez à vos proches de ne pas fumer dans la voiture ;
  • évitez de rouler fenêtres ouvertes si vous êtes en zone de circulation intense ;
  • utilisez si possible un système de climatisation couplé à un filtre à air (en particulier pour les pollens si vous y êtes allergique) ;
  • supprimez toutes les sources potentielles d’irritants respiratoires.

Attention : Ne laissez jamais vos traitements en aérosol-doseur exposés au soleil sur la plage arrière de la voiture ou dans le coffre, la chaleur risquant de les faire exploser.

Asthme et voyages en train

En train, attention aux animaux, au tabac (dans les pays où fumer dans les trains est encore autorisé) et aux ventilations sous les fenêtres.

Ce que vous devez emporter en voyage si vous souffrez d'asthme

  • Vos médicaments (traitement de fond et traitement de crise) avec leur emballage et votre matériel (débitmètre de pointe, chambre d’inhalation pour un enfant, etc.), répartis dans deux bagages. Ne vous séparez jamais de votre traitement de crise (bronchodilatateur, voire adrénaline injectable pour les cas les plus sévères). Assurez-vous que vous aurez suffisamment de médicaments pour vous soigner si le séjour est prolongé pour des raisons inattendues (une ou deux semaines de traitement).
  • Les ordonnances de vos médicaments (avec mention des DCI) et, éventuellement, des certificats médicaux décrivant votre traitement et justifiant par exemple le transport de stylo injecteur (adrénaline). Demandez à votre médecin de rédiger ces papiers en double, avec si possible une version en anglais.
  • Les coordonnées des différents services d’urgence et des médecins sur place ; demandez-les à votre médecin.
  • Les coordonnées de l’ambassade de France ou des services consulaires.
  • Le numéro téléphonique de l’assistance de l’assurance de rapatriement sanitaire que vous aurez pris soin de contracter avant de partir.
  • Au besoin, votre carte européenne d’Assurance maladie.
  • Un masque ou un foulard pour vous protéger de la poussière.
La trousse de voyage d'un asthmatique
À emmener impérativement avec vous en voyage :
  • votre bronchodilatateur d'action rapide en cas de crise d’asthme, à garder avec soi durant le trajet ;
  • des corticoïdes en comprimés en cas de crise sévère, suivant l’ordonnance de votre médecin ;
  • votre débitmètre de pointe (afin de surveiller votre souffle en cas de crise ou de déstabilisation de l’asthme) ;
  • les médicaments de votre traitement de fond quotidien (avec les emballages), en quantité suffisante pour la durée du séjour ;
  • la dernière ordonnance de votre médecin traitant, si vous devez faire renouveler votre traitement habituel par un autre médecin ou si vous égarez vos médicaments. (En France, tout pharmacien doit vous délivrer un aérosol-doseur de bronchodilatateur d'action rapide si vous en manquez, au vu d'une ordonnance même périmée ou si vous lui montrez un flacon vide).
  • des bronchodilatateurs par voie injectable que l’on peut administrer par voie sous-cutanée, avec des seringues et l'ordonnance qui les prescrit.
Chez certaines personnes qui font par ailleurs des réactions allergiques susceptibles d’être dangereuses, comme des œdèmes de Quincke ou des chutes de pression artérielle, la trousse peut également comporter de l’adrénaline injectable.

Sources et références de l'article "Asthme"