BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)

Mis à jour : Lundi 13 Mai 2019

La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) est une affection courante, plus particulièrement chez les fumeurs. Environ 9 % des hommes et 4 % des femmes de plus de 65 ans souffrent de BPCO ou d'emphysème (soit entre 800 000 et un million de Français). Cependant, la fréquence dans la population féminine est en constante augmentation du fait du nombre croissant de fumeuses. De plus, pour une même consommation de tabac, les femmes développent des formes plus précoces et plus graves de BPCO que les hommes.

La BPCO, qu'est-ce que c'est ?

Les bronchites sont des inflammations des bronches et des bronchioles, les canaux qui acheminent l'air aux poumons. Elles peuvent être dues à des germes ou à des agents irritants comme la fumée du tabac ou la pollution. La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une forme grave de bronchite qui affecte le souffle et provoque des dommages irréversibles des poumons. C'est une maladie à progression lente qui évolue sur plusieurs années.

Quels sont les symptômes de la BPCO ?

Les premiers symptômes de la BPCO sont ceux de la bronchite chronique : toux et crachats, en particulier le matin. Progressivement, les symptômes s’aggravent et la personne ressent un essoufflement à l’effort. En effet, les bronches et les bronchioles sont enflammées ce qui provoque leur rétrécissement, aggravé par la présence de sécrétions épaisses et en excès. Au repos, l’air arrive en quantité suffisante dans les poumons mais, à l’effort, le rétrécissement des bronches gêne la ventilation et provoque l’essoufflement. Lorsque la maladie progresse, la difficulté à respirer se fait sentir également au repos.

Progressivement, le poumon a du mal à se vider du fait du rétrécissement des bronchioles. Les alvéoles, les petits sacs où se font les échanges de gaz avec le sang, se distendent. Fragilisées, elles se rompent et fusionnent entre elles. L’emphysème s’installe avec ses symptômes.

Qu'appelle-ton emphysème ?

L’emphysème est un trouble pulmonaire chronique dans lequel les alvéoles pulmonaires fusionnent. Les tissus qui les entourent perdent leur élasticité et les empêchent de se gonfler. Ce phénomène réduit la quantité d’oxygène qui passe dans la circulation sanguine et rend la respiration plus difficile. Dans la plupart des cas, l’emphysème est une complication de la BPCO, mais le vieillissement entraîne également une perte d’élasticité des alvéoles, même chez les non-fumeurs. Celle-ci peut être suffisamment grave pour être considérée comme de l’emphysème.

Les infections des voies respiratoires peuvent également favoriser ou aggraver l'emphysème. Un cercle vicieux s'enclenche alors, car l'emphysème lui-même accroît les risques d'infection. Les hommes sont deux fois plus touchés par l'emphysème que les femmes mais cette différence se réduit avec l'augmentation du nombre de fumeuses.

Les symptômes de l'emphysème sont caractéristiques : au fur et à mesure que les alvéoles sont touchées, on se sent de plus en plus essoufflé, même au repos. De plus, les alvéoles perdent progressivement leur élasticité et de l’air reste emprisonné dans les poumons. Ces poches d’air maintiennent les poumons gonflés en permanence et le thorax prend une forme particulière dite « en tonneau ». Il arrive que ces poches d’air éclatent dans la cavité qui sépare les poumons de la cage thoracique. L’air qui s’accumule dans cette cavité gêne l’inspiration et aggrave l’essoufflement.

Quelles sont les complications de la BPCO ?

Les complications les plus fréquentes sont l'emphysème et l'insuffisance respiratoire chronique, c'est-à-dire le manque chronique d'oxygène qui impose un traitement particulier, l'oxygénothérapie, pour maintenir un taux sanguin d'oxygène suffisant. Ce phénomène fatigue le cœur et peut entraîner, à la longue, une défaillance cardiaque. Les lèvres et les ongles deviennent parfois bleus car ils ne sont plus assez oxygénés.

L'évolution de la BPCO se fait par épisodes d'exacerbation (deux ou trois par an) durant lesquelles les symptômes s'aggravent.


Quelles sont les causes de la BPCO ?

Le tabagisme est la cause de 90 % des BPCO. Le tabac entraîne la production d’une quantité excessive du mucus dans les bronchioles, ce qui favorise les infections bronchiques. Ces infections augmentent à leur tour la production de mucus et maintiennent l’inflammation des bronches et des bronchioles. Tous les fumeurs ne sont pas égaux face à la BPCO : à tabagisme égal, seuls 20 à 30 % des fumeurs développeront cette maladie.

La BPCO est une maladie professionnelle dans 10 % des cas : l’exposition répétée à certains solvants, aux poussières de ciment et de silice, à certains produits agricoles et aux produits de la mine augmente le risque de développer cette maladie. Enfin, il existe une forme héréditaire de BPCO et d’emphysème, mais elle reste rare.

 

appareil respiratoire
Schéma bronchioles et alvéoles

 

Peut-on prévenir la BPCO ?

La prévention de la BPCO repose sur l’arrêt du tabac et la réduction de l’exposition à la fumée des autres. Il n’est jamais trop tard, même si le diagnostic est déjà fait. Cela évite d’aggraver l’état des poumons. Quelques mesures simples peuvent contribuer à maintenir de bonnes habitudes respiratoires.

  • Respirez sainement. Évitez les zones enfumées et polluées. Consultez les bulletins de qualités de l’air et, les jours où celui-ci est pollué, faites moins d’effort. Si vous faites de la course à pied, courez le matin tôt et évitez la proximité des grands axes.
  • Respirez efficacement. Pour augmenter vos capacités respiratoires, apprenez à respirer par l’abdomen. Cet apprentissage est plus facile à faire couché. Placez vos mains de chaque côté du nombril, relaxez vos muscles abdominaux puis inspirez profondément par le nez en gonflant le ventre. Vous devez sentir vos mains monter. Expirez par la bouche en maintenant les lèvres presque fermées.
  • Soufflez des bougies. Imaginez-vous devant une bougie allumée. Inspirez profondément, fermez presque complètement vos lèvres et entraînez-vous à expirer autant d’air que possible.
  • Faites de l’exercice. L’activité physique ne soigne pas les causes de la maladie mais elle améliore l’endurance et permet donc d’être plus actif en se sentant moins fatigué. Faites de la marche tous les jours à votre rythme.
  • Habillez-vous confortablement. Évitez les ceintures qui compriment le ventre et les vêtements trop serrés qui empêchent de respirer profondément.
  • Surveillez la météo. Un air trop chaud ou trop froid renforce la difficulté à respirer. Si vous le pouvez, restez au frais par temps chaud ou sortez dans des lieux climatisés. Lorsqu’il fait froid, demeurez à l’intérieur. Si vous devez sortir, enveloppez votre nez et votre bouche avec une écharpe pour réchauffer l’air que vous respirez.

Comment diagnostique-t-on la BPCO ?

Pour diagnostiquer une BPCO, le médecin est à l'affût de symptômes évocateurs : toux et expectoration au moins trois mois par an, et au moins deux années consécutives. Si c'est le cas, le médecin prescrit une série de tests spécifiques, l'exploration fonctionnelle respiratoire (EFR). Ces tests mesurent les volumes de gaz échangés pendant la respiration et le degré d'obstruction des bronches. Ils peuvent être complétés par une mesure des gaz dans le sang et une épreuve de marche (la distance parcourue en six minutes) pour évaluer l'impact de la maladie sur la vie quotidienne. Une radiographie des poumons permet d'observer la présence de lésions des poumons.

Comment soigne-t-on la BPCO ?

Le premier traitement contre la BPCO consiste, bien entendu, à cesser de fumer. Il existe des aides efficaces (consulter notre article Arrêt du tabac).

Les médicaments destinés à dilater les bronches (comme ceux prescrits aux personnes souffrant d'asthme) sont utilisés afin d'apporter plus d'air aux alvéoles. Actuellement, il n'existe pas de médicaments qui permettent de guérir de la maladie.

Des séances de kinésithérapie respiratoire peuvent également aider la respiration en facilitant l'élimination des sécrétions bronchiques et en apprenant à bien expectorer.

Dans la mesure du possible, une activité physique adaptée doit être pratiquée.

Lors des épisodes d'exacerbation, des antibiotiques sont parfois prescrits pour une dizaine de jours afin d'éviter une infection pulmonaire.

Chez les personnes en insuffisance respiratoire chronique, on utilise l'oxygénothérapie, où le patient inspire un air enrichi en oxygène plusieurs heures par jour.

Quelle place pour l’activité physique adaptée dans la prise en charge de la BPCO ?

ordonnance

L’activité physique adaptée (APA) fait partie des traitements non médicamenteux de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à de meilleures capacités cardiorespiratoires et une plus grande autonomie.

De nombreuses activités sportives peuvent être adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant de BPCO : par exemple, athlétisme, karaté, natation.

Dans le cadre de la prise en charge de la BPCO, le médecin traitant peut désormais prescrire de l’APA en précisant les objectifs recherchés (amélioration des capacités respiratoires, meilleure qualité de vie, etc.) et les contre-indications propres au patient. Dans les clubs qui proposent ces disciplines, des éducateurs formés à la pratique du sport santé sont chargés de définir des protocoles de remise en forme et d’entraînement adaptés à chaque cas particulier. Les frais engagés, souvent modestes, sont parfois pris en charge par les assurances complémentaires (« mutuelles ») ou les mairies / départements.

Les patients qui ont recours à ces activités adaptées témoignent de bénéfices physiques (par exemple sur l’autonomie et l’endurance), mais également de bénéfices psychosociaux (lutte contre l’isolement, meilleure image de soi).

Doit-on se faire vacciner contre la grippe en cas de BPCO ?

Les personnes qui souffrent de BPCO doivent se faire vacciner contre la grippe tous les ans. La vaccination contre la grippe est particulièrement importante : elle réduit de moitié le risque de décès dû à la grippe chez les personnes de plus de 65 ans. La vaccination contre les infections à pneumocoques est également recommandée pour les toutes personnes souffrant de BPCO.


Les médicaments ne permettent pas de guérir la BPCO. Ils visent à diminuer les signes de la maladie (notamment l’essoufflement) et à réduire la fréquence et la gravité des complications.

Les bronchodilatateurs dans le traitement de la BPCO

Les bronchodilatateurs sont des médicaments qui luttent contre la contraction anormale des muscles de la paroi des bronches. Egalement utilisés dans l’asthme, ils permettent de soulager les symptômes de la BPCO, notamment la gêne respiratoire. Ils sont administrés selon les cas par voie inhalée ou par voie orale. Le choix du médicament dépend du soulagement observé et des effets indésirables.

    Les bronchodilatateurs appartiennent à deux grandes familles de médicaments :
  • les bêta-2 stimulants, qui sont apparentés à l’adrénaline. Ils luttent contre la contraction des muscles des bronches. Leurs effets indésirables les plus fréquents sont les maux de tête, les palpitations, les tremblements, une irritation légère de la gorge, une toux et un enrouement.
  • les anticholinergiques (ou atropiniques). Les principaux effets indésirables sont une sécheresse de la bouche ou une irritation de la gorge.

Les bronchodilatateurs se distinguent également selon leur durée d’action qui peut être soit rapide, soit prolongée.

Les bronchodilatateurs à courte durée d'action

Les bronchodilatateurs à courte durée d'action sont destinés aux périodes d'aggravation de la gêne respiratoire. Ils sont administrés par voie inhalée avec un aérosol doseur ou, plus rarement, avec un nébuliseur (appareil pour nébulisation). Ils sont pris à la demande.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Associations de bronchodilatateurs d’action brève

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Médicament générique

Les bronchodilatateurs à longue durée d'action

Les bronchodilatateurs à action prolongée sont utilisés dans le traitement continu (traitement de fond) de la BPCO. Ils sont prescrits lorsque l'essoufflement persiste malgré l'utilisation d'un bronchodilatateur d'action rapide plusieurs fois par jour. Ils sont administrés par voie inhalée ou par voie orale. Les bronchodilatateurs par voie inhalée sont privilégiés en raison de leur meilleure tolérance.

Les bronchodilatateurs bêta-2 agonistes d'action prolongée s'administrent en une ou deux prises par jour selon les substances. Les bronchodilatateurs anticholinergiques d’action prolongée ont des effets de plus longue durée, ce qui permet une prise unique quotidienne.

Des associations de bronchodilatateurs d’action prolongée (un bronchodilatateur bêta-2 stimulant et un bronchodilatateur anticholinergique) peuvent être proposées chez des patients insuffisamment soulagés par un bronchodilatateur d’action prolongée utilisé seul. Elles visent à améliorer le suivi du traitement en diminuant le nombre de médicaments à prendre.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Associations de bronchodilatateurs d’action prolongée

Bronchodilatateurs anticholinergiques d'action prolongée

Bronchodilatateurs bêta-2 stimulants d'action prolongée : comprimés

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Médicament générique

Les associations de corticoïdes et de bronchodilatateurs par voie inhalée

Les associations contenant un corticoïde et un bronchodilatateur

Les corticoïdes inhalés sont destinés à diminuer l'inflammation des bronches. Dans le traitement de la BPCO, ils sont utilisés uniquement en association à des bronchodilatateurs de longue durée d’action. L’utilisation de ces associations n’est conseillée que chez les patients ayant une bronchite chronique sévère.

Les corticoïdes inhalés augmentent le risque de survenue d’infections respiratoires, en particulier de pneumonies. En cas d’aggravation des symptômes respiratoires (augmentation de la toux, de l’essoufflement ou de l’expectoration), il faut prendre rapidement un avis médical.

Les autres effets indésirables possibles des corticoïdes inhalés sont une candidose de la bouche et de la gorge, un enrouement, une voix rauque. Ces effets peuvent être prévenus en se rinçant la bouche avec de l'eau après l’inhalation.

Les associations contenant un corticoïde et deux bronchodilatateurs

Lorsque l’association d’un corticoïde et d’un bronchodilatateur bêta-2 agoniste d’action prolongée ne permet pas de soulager de façon suffisante la bronchite chronique, il est possible d’ajouter un bronchodilatateur anticholinergique. Trois médicaments contenant une triple association de substances sont désormais disponibles : TRIMBOW, ELEBRATO ELLIPTA et TRELEGY ELLIPTA. Ils peuvent être une alternative à la prise séparée de trois médicaments notamment en cas de bronchite chronique grave.

La théophylline dans le traitement de la BPCO

La théophylline est un bronchodilatateur ancien, pris par voie orale. Son utilisation est limitée en raison de ses effets indésirables (maux de tête, agitation, insomnie, accélération du cœur, troubles digestifs) et de ses nombreuses interactions médicamenteuses.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Théophylline à libération immédiate

Théophylline à libération prolongée

Pas d’antitussif sans avis médical !
La bronchite chronique s’accompagne souvent d’une toux grasse et persistante. Il ne faut jamais prendre d’antitussifs sans avis médical, car la toux permet d’évacuer les mucosités. De plus, les antitussifs contenant un opiacé (codéine, dextrométorphane…) sont contre-indiqués en cas de BPCO ; ils peuvent aggraver l’insuffisance respiratoire. Les fluidifiants bronchiques doivent être pris uniquement selon la prescription de votre médecin.

Sources et références de l'article "BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)"

  • BPCO, Vidal Recos, 04/2018
  • MédicoSport Santé 2017, Commission médicale du Comité national olympique et sportif français, 04/2017
  • Guide Santé après 50 ans, Vidal, 2005