Grippe

Mis à jour : Lundi 13 Janvier 2020

Il convient de distinguer un « refroidissement » banal provoquant éventuellement un « état grippal » de la vraie grippe, nettement plus agressive et plus grave. Il n’existe pas de traitement pour se débarrasser des virus responsables de la grippe, mais la vaccination, recommandée chez les sujets âgés et fragiles, permet de limiter le risque de contracter la maladie.

Qu’est-ce que la grippe saisonnière ?

La grippe saisonnière est une infection virale qui touche entre 2 à 7 millions de Français chaque hiver. 30 à 50 % des cas concernent des enfants de moins de 15 ans qui jouent un rôle important dans la propagation du virus. Les personnes âgées plus de 65 ans représentent 5 à 10 % des cas, mais c’est la population la plus touchée par les complications graves. La vaccination, recommandée chez les sujets âgés et fragiles, permet de limiter le risque de contracter la maladie.

Quels sont les symptômes de la grippe saisonnière ?

femme grippée

Les symptômes de la grippe sont un sentiment de malaise, de la fatigue, et des frissons. Puis apparaissent une toux, des courbatures très marquées, et des maux de tête. Ces symptômes s’accompagnent de fièvre, d’une grande fatigue, et nécessitent de garder le lit quelques jours. La grippe guérit dans la plupart des cas sans complication en l’espace de 8 à 10 jours. La fatigue et le mauvais état général peuvent parfois favoriser une surinfection bactérienne, une sinusite ou une pneumonie.

Quelles sont les complications éventuelles de la grippe ?

Une grippe sévère peut représenter une maladie très sérieuse, notamment chez les enfants de moins de 1 an, les personnes âgées, les personnes obèses, les personnes atteintes de maladies chroniques cardiaques, respiratoires, rénales, hépatiques, métaboliques (comme le diabète) ou chez celles dont les défenses immunitaires sont affaiblies. La grippe est à l’origine de 2000 à 7000 décès par an.

En cas de grippe chez la femme enceinte, le virus peut passer la barrière placentaire. Il expose à un risque d’avortement, de prématurité ou même de malformations du fœtus lorsque la grippe survient au cours du premier trimestre de la grossesse.


Quelles sont les causes de la grippe ?

Les simples refroidissements, tout comme la grippe, sont causés par les virus influenza, classés en 3 groupes : A, B et C. Ceux qui sont le plus fréquemment impliqués dans la grippe sont ceux du groupe A. Ces virus évoluent régulièrement. Ils se transmettent aisément d’une personne à l’autre par les minuscules gouttelettes projetées dans l’air en éternuant ou en toussant. Ils peuvent également être transmis par contact avec des objets souillés (poignée de porte, téléphone…) par une personne malade. C’est notamment pour cela qu’ils se manifestent plus fréquemment à la mauvaise saison où les locaux sont moins aérés et où nous vivons les uns près des autres dans des milieux confinés, ce qui facilite la contagion.

La période d'incubation du virus de la grippe dure de 24 à 48 heures. Après cette période d'incubation, les premiers symptômes apparaissent. Une personne grippée est contagieuse pendant environ six jours, y compris le jour qui précède le début de ses symptômes.

La grippe, une maladie sous surveillance
La grande instabilité des virus de la grippe et leur capacité à se propager ont conduit les autorités sanitaires internationales à mettre en place depuis 1952 une surveillance épidémiologique et virologique de la grippe. Il existe en France un système de surveillance de la grippe assuré par l'Agence nationale de santé publique (Santé publique France). Le dispositif repose sur un réseau de médecins de ville (médecins généralistes, pédiatre…) et de médecins hospitaliers, urgentistes…. Ils fournissent pendant la période d’épidémie le décompte du nombre de malades reçus, le type de virus incriminé, les complications observées... Ces données sont rassemblées et un bulletin hebdomadaire, consultable sur le site de l’Invs, est publié chaque semaine.

Et la grippe aviaire ?

La grippe aviaire est une infection virale due à des virus influenza A. Elle peut toucher certaines espèces d’oiseaux sauvages ou domestiques. Elle est fortement contagieuse chez les poulets et les dindes et la pandémie de grippe aviaire peut faire des ravages en se propageant d’un élevage à un autre.

Comme le virus de la grippe humaine (ces virus sont de la même famille), celui de la grippe aviaire mute régulièrement et engendre ainsi des souches plus ou moins virulentes qui se propagent rapidement. La souche H5N1, responsable de l’épidémie actuelle, a fait son apparition à Hong-Kong en 1997. Elle peut infecter certains mammifères comme le porc ou, exceptionnellement l’homme, en cas de contacts étroits, prolongés et répétés avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Les personnes les plus exposées sont les professionnels de l’élevage qui travaillent dans une zone contaminée. Le risque reste très limité pour les voyageurs dans la mesure où ils n’entrent pas en contact avec ces animaux.

Chez l’homme, les symptômes sont semblables à ceux de la grippe humaine mais le risque de complications est élevé : troubles respiratoires sévères, voire fatals. Le traitement vise avant tout à soulager les symptômes, même si certains antiviraux peuvent également être utilisés.

La souche H5N1 n’a pas entraîné jusqu’à présent d’épidémie humaine (même si la transmission d’homme à homme semble possible). Si elle accumulait suffisamment de mutations pour devenir aisément transmissible d’homme à homme, elle pourrait être à l’origine d’une grave pandémie à travers le monde, ce qui explique les mesures adoptées par de nombreux gouvernements.


Les mesures d'hygiène en prévention

Des mesures d'hygiène permettent de limiter la transmission des virus : se laver les mains régulièrement, se couvrir le nez et la bouche en cas d'éternuements ou de toux, utiliser des mouchoirs en papier à usage unique, limiter les contacts avec les personnes à risque.

En hiver, l’humidité de l’air des locaux chauffés est insuffisante, ce qui dessèche les muqueuses bronchiques et les rend plus vulnérables à une infection. Placez des humidificateurs chez vous ou sur votre lieu de travail durant toute la période de chauffage.

Habillez-vous chaudement durant la saison froide, le froid humide pouvant diminuer la résistance du corps aux agents infectieux. Pour la même raison, changez-vous immédiatement après avoir fourni un effort qui vous a fait transpirer. En effet, l’évaporation de la sueur refroidit la surface du corps.

Adoptez une alimentation équilibrée pour soutenir vos défenses naturelles.

La vaccination antigrippale

Le vaccin antigrippal est l'un des principaux moyens de se protéger contre la grippe. L’injection du vaccin provoque une production d’anticorps contre les virus contenus dans la solution. Elle doit être renouvelée tous les ans. En effet, les virus de la grippe ne sont pas stables. Ils mutent régulièrement, ce qui explique que la composition du vaccin soit légèrement différente d’une année sur l’autre. De plus, la protection apportée par le vaccin est limitée dans le temps. Elle ne dure que 6 à 8 mois.

Les études épidémiologiques montrent que la vaccination antigrippale est associée à une diminution du risque de grippe (réduction moyenne de 50 % du risque absolu de contracter une grippe pendant l'hiver) et de complications. Néanmoins, l'efficacité du vaccin antigrippal est parfois faible lorsque les souches utilisées pour la fabrication du vaccin ne sont pas adaptées aux virus qui circulent pendant l’épidémie.

La vaccination antigrippale s’adresse en priorité aux personnes âgées de plus de 65 ans, aux personnes fragiles atteintes de maladies chroniques, aux femmes enceintes, aux personnes obèses (chez qui la grippe semble plus grave), aux professionnels de santé et aux personnes travaillant sur des bateaux de croisière ou des avions.

Pour la campagne de vaccination antigrippale qui débutera à l’automne 2019, toutes les personnes majeures adultes éligibles à la vaccination, qu’elles ils aient ou non déjà été vaccinées précédemment, pourront retirer leur vaccin à la pharmacie sur présentation de leur bon de prise en charge et se faire vacciner par le professionnel de leur choix : infirmier, médecin, sage-femme (pour les femmes enceintes et l’entourage du nourrisson) ou pharmacien. La prescription préalable du médecin reste nécessaire pour les patients de moins de 18 ans. Les personnes présentant des antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure ne sont pas éligibles à la vaccination directe par un infirmier ou un pharmacien.

Les vaccins antigrippaux les plus anciens existent depuis 1970. Après 2 années au cours desquelles la couverture vaccinale a été insuffisante, pour la campagne de vaccination 2018/2019, des vaccins contenant 4 souches de virus grippaux ont été mis à disposition en complément du vaccin contenant 3 souches de virus grippaux. Tous ces vaccins sont pris en charge à 100 % par l’assurance maladie pour les personnes à risque qui reçoivent l’imprimé de prise en charge.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Février 2020

Vaccins : grippe

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Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les autres traitements préventifs

L’oseltamivir (TAMIFLU et ses génériques) et le zanamivir (RELENZA) sont de antiviraux actifs sur le virus de la grippe A (et dans une moindre mesure sur ceux de la grippe B). Ils peuvent éventuellement être utiles pour prévenir la grippe en cas de contact étroit avec une personne malade. Ils doivent être pris rapidement, dans les deux jours qui suivent le contact. La Haute Autorité de Santé recommande d’utiliser ces médicaments uniquement chez les personnes jugées à risque de complications ou dans une collectivité de personnes à risque.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Février 2020

Antiviraux : grippe

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Médicament générique

L'amantadine est un antiparkinsonien accessoirement proposé comme antiviral pour prévenir la grippe A. Son efficacité n'a pas été établie dans cette indication.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Février 2020

Antiviral : amantadine

Il n'existe pas de vaccin homéopathique contre la grippe

Plusieurs médicaments homéopathiques, remboursables ou non, sont traditionnellement utilisés en prévention de la grippe ou d'affections grippales : Influenzinum 9CH en granules, HOMEOMUNIL, OSCILLOCOCCINUM par exemple. En novembre 2016, les autorités de santé ont publié une information pour rappeler que ces produits homéopathiques ne peuvent être considérés comme les vaccins contre la grippe. Ils n'ont pas d’efficacité démontrée en prévention des affections grippales, contrairement aux vaccins antigrippaux. Les personnes à risque ne doivent pas les utiliser en remplacement de la vaccination antigrippale.

Pour en savoir plus : Prévention de la grippe : il n’existe pas de vaccin homéopathique, Novembre 2016.


Quelles plantes pour stimuler les défenses immunitaires ?

phytothérapie

L’efficacité des plantes dans la stimulation du système immunitaire est difficile à prouver chez l’homme, car il est éthiquement impossible d’inoculer des micro-organismes infectieux à des patients pour vérifier l’activité d’une substance végétale censée stimuler l’immunité. Néanmoins, les échinacées et les plantes dites « adaptogènes » (aidant l’organisme à répondre aux agressions et aux déséquilibres dont il est l’objet) sont généralement proposées pour renforcer les défenses de l’organisme.

Les échinacées pour stimuler les défenses immunitaires

Différentes espèces d’échinacées sont proposées pour stimuler les défenses naturelles du corps durant un épisode infectieux (rhume, infection urinaire, etc.). Les études cliniques les plus récentes et les plus fiables n’ont pourtant pas réussi à mettre en évidence l’efficacité de ces plantes pour stimuler les défenses de l’organisme en cas d’infection.

Le ginseng pour stimuler les défenses immunitaires

Le ginseng fait partie des plantes adaptogènes. Il s’utilise en poudre de racines séchées ou en décoction de racines entières. L’effet stimulant des extraits de ginseng sur le système immunitaire a été démontré scientifiquement, en particulier dans le cadre des infections respiratoires.

L’éleuthérocoque pour stimuler les défenses immunitaires

L’éleuthérocoque, improprement nommé ginseng sibérien, a une action adaptogène qui serait due à des substances contenues dans ses racines. Celles-ci stimuleraient les défenses immunitaires en cas de fatigue et de convalescence. Des études cliniques de bonne qualité suggèrent une certaine efficacité de cette plante dans la prévention des infections hivernales.

Les autres plantes pour stimuler les défenses immunitaires

Une petite étude portant sur environ 40 patients a suggéré un effet stimulant de l’huile de pépins de cassis sur le système immunitaire de personnes âgées.

La rhodiole (Rhodiola rosea, ou orpin rose) et le schizandra (Schizandrae chinensis) sont censés soutenir le système immunitaire. Les études qui sous-tendent cette allégation ont été réalisées sur des animaux et leurs résultats ne peuvent être généralisés à l’homme.

D’autres plantes telles que l’eupatoire (Agrimonia eupatoria), la griffe-de-chat (Uncaria tomentosa) et l’hydrastis (Hydrastis canadensis) ont également été évoquées pour soutenir l’immunité, sans preuve formelle.

Champignons et immunité

Le shiitaké, le maïtaké et le reishi sont des champignons utilisés par la médecine traditionnelle asiatique. Disponibles en France sous forme de compléments alimentaires, ils étaient proposés pour tonifier l’organisme, stimuler les défenses naturelles et renforcer la résistance du corps face au stress.

Cependant, aucune étude n’est parvenue à identifier d’effet lié à l’ingestion d’extraits de ces champignons, dont les substances actives ne semblent pas absorbées par l’intestin. En 2012, faute de preuves d'efficacité convaincantes, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant du shiitaké ou du maïtaké de prétendre contribuer à maintenir les défenses immunitaires naturelles.

Existe-t-il des risques à stimuler les défenses immunitaires avec des plantes ?

Les plantes ci-dessus sont contre-indiquées chez les personnes souffrant de maladies auto-immunes (au cours desquelles le système immunitaire attaque l’organisme de la personne). D’une manière générale, les personnes sous traitement de longue durée devraient toujours prendre un avis médical avant d’utiliser ce type de plantes.

Le shiitaké et le maïtaké peuvent provoquer des troubles de type allergique ou digestif. Le ginseng et le reishi sont déconseillés aux personnes qui prennent des médicaments anticoagulants ou qui vont subir une intervention chirurgicale.


Que faire en cas de refroidissement ou de grippe ?

  • En cas de refroidissement ou de grippe, il est habituellement recommandé de se reposer et de se réhydrater en absorbant des boissons chaudes et sucrées.
  • La prise d’un médicament contre la fièvre soulagera également les courbatures et les éventuels maux de tête.
  • En cas de toux sèche gênante, il est possible de prendre pendant quelques jours un médicament antitussif.
  • Il est également nécessaire de prendre des mesures pour limiter la propagation du virus (éviter le contact avec les personnes fragiles, se couvrir le nez et la bouche lors de la toux et des éternuements, se laver les mains régulièrement, se moucher dans des mouchoirs jetables).
Conduite à tenir en cas de grippe
Si les signes du refroidissement ou de la grippe s'accompagnent d'une forte fièvre, ou d'une raideur de la nuque, ou de vomissements, ou d'une diminution de la force musculaire, ou d'une sensation de malaise, de troubles de la marche ou de l'élocution.
  Si les signes du refroidissement ou de la grippe s'accompagnent d'une fièvre qui ne descend pas en dessous de 39 ºC.
  Si les signes du refroidissement ou de la grippe ne s'atténuent pas après quelques jours d'automédication.
  Si les signes font penser à un refroidissement et si la personne n'est ni âgée, ni affaiblie.
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Si 15 ou 112 est indiqué, appelez immédiatement le service d’aide médicale d’urgence (SAMU) en composant le 15 ou le 112.
Si 15 ou 112 n'est pas indiqué, appelez votre médecin traitant immédiatement, ou rendez-vous au service d’urgence le plus proche.
Dans le doute, n’hésitez JAMAIS à appeler le 15 ou le 112.
Consultez un médecin dans la journée.
Consultez un médecin dans les jours qui viennent.
Il est possible de s’automédiquer.

Que fait le médecin en cas de grippe saisonnière ?

En période d’épidémie de grippe, la présence des symptômes suffit le plus souvent pour faire le diagnostic. La détection du virus à l’heure actuelle est rarement nécessaire. Au cours de la consultation médicale, le médecin s’assure de l’absence de complications. Il prescrit du repos et des médicaments pour combattre la fièvre et les douleurs. Dans certains cas particuliers, il peut également prescrire un traitement antiviral contre le virus de la grippe. En cas de complication bactérienne (otite, sinusite, pneumonie), le médecin peut décider d’un traitement antibiotique et d'une hospitalisation pour les personnes les plus fragiles.


Quels sont les traitements de la grippe saisonnière ?

Le traitement de la grippe repose essentiellement sur le traitement des symptômes et consiste à prendre des médicaments contre la fièvre : paracétamol, aspirine sauf chez l'enfant, ou ibuprofène. Il est recommandé de ne pas associer plusieurs médicaments, mais plutôt de ne prendre qu'un seul médicament pour éviter tout surdosage. Dans tous les cas, il est recommandé de se reposer, et de se réhydrater en buvant des tisanes sucrées ou des bouillons.

En cas de toux importante, des médicaments antitussifs peuvent être prescrits le cas échéant. La liste des antitussifs utilisables chez l'adulte est consultable ici.

Il existe des antiviraux spécifiques de la grippe. Ils peuvent atténuer les symptômes et réduire la durée de la maladie. Mais, ils ne sont efficaces que s'ils sont pris dans les 48 heures qui suivent l'apparition des premiers symptômes.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Février 2020

Antiviraux : grippe

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Médicament générique

Quels sont les médicaments proposés en cas de refroidissement ?

En cas d'état grippal du à un refroidissement, des médicaments associant un antihistaminique et du paracétamol peuvent être utilisés pour soulager l'écoulement nasal, le larmoiement, les maux de tête et la fièvre.

Des médicaments homéopathiques et des oligoéléments sont également traditionnellement proposés pour prévenir ou traiter les états grippaux.

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Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

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