Légionellose

Mis à jour : Mardi 10 Septembre 2019

La légionellose est une infection respiratoire due à une bactérie présente dans les eaux douces tièdes ou chaudes. Elle s'observe plus fréquemment chez les personnes âgées ou fragilisées par une maladie ou certains traitements. Depuis une quinzaine d'années, la légionellose fait l'objet d'un plan de prévention en France. Un traitement antibiotique adapté et mis en place rapidement permet la guérison.

Qu'appelle-t-on légionellose ?

homme alité avec de la fièvre

La légionellose est une infection potentiellement grave causée par une bactérie, la légionnelle. Cette infection peut prendre deux formes :

  • une forme ressemblant à la grippe, dite « fièvre de Pontiac » qui est sans gravité et jamais mortelle. Elle passe le plus souvent inaperçue ou se traduit par un syndrome de type grippal (fièvre, fatigue, douleurs musculaires). La guérison survient spontanément en quelques jours.
  • une forme pulmonaire, dite également « maladie du légionnaire », la plus connue et la plus grave. La bactérie se multiplie dans les alvéoles pulmonaires (les petits sacs en forme de ballons situés à l’extrémité des bronchioles et qui permettent l’échange d’oxygène et de dioxyde de carbone avec le sang). Cette prolifération de légionnelles provoque une infection des poumons (pneumonie) et des difficultés respiratoires potentiellement graves. Sans traitement adapté, la légionellose pulmonaire peut s’avérer mortelle (chez environ un patient sur dix et jusqu’à un cas sur sept chez les patients immunodéprimés). Cette forme de légionellose est plus fréquemment observée en été et en automne. Elle fait partie des maladies à déclaration obligatoire, ce qui permet de suivre sa fréquence.
La maladie du légionnaire
La légionellose doit son nom à une épidémie survenue en 1976 lors du 58ème congrès de l'American Legion à Philadelphie où 182 anciens combattants ont souffert de cette infection respiratoire. La bactérie s'était propagée par le système de climatisation de leur hôtel.

La légionellose est-elle une maladie fréquente ?

En France, le nombre de cas de légionellose a fortement augmenté entre 1996 et 2005. Des mesures de prévention et de contrôle ont alors été mises en place, en particulier à la suite d’une épidémie de légionellose qui a sévi en 2003 dans le Pas-de-Calais (autour de la ville de Harnes) en provoquant dix-sept décès.

De 2005 à 2009, le nombre de cas annuel a diminué régulièrement. Mais en 2010, le nombre de légionelloses diagnostiquées en France a augmenté de 28 % pour atteindre 1540 cas (et 159 décès). Les causes de cette soudaine augmentation ne sont pas connues.

Parmi ces 1540 cas, la plupart ont été identifiées dans la moitié Est de la France, en particulier en août et en septembre. Tous ces cas étaient isolés (il ne s’agissait pas d’épidémies) et l’âge moyen des patients était de 62 ans.

Quels sont les symptômes de la légionellose pulmonaire ?

En cas de légionellose pulmonaire, les symptômes surviennent deux à dix jours après la contamination.

Les premiers symptômes ressemblent à une grippe et apparaissent progressivement en deux à trois jours : fatigue, fièvre modérée, douleurs musculaires, maux de tête, toux sèche puis grasse. Des troubles digestifs peuvent également être observés (diarrhées, nausées et vomissements) ainsi que des troubles neurologiques (confusion, désorientation, hallucinations, voire coma).

Des signes de maladie pulmonaire apparaissent ensuite : difficultés respiratoires, fatigue au moindre effort, toux, fièvre élevée, etc.

Quelles complications peuvent survenir avec la légionellose ?

Sans traitement, ou chez des patients particulièrement fragiles, la légionellose peut entraîner des complications graves : insuffisance respiratoire et insuffisance rénale aigüe pouvant être fatales.


Quelle est la cause de la légionellose ?

La légionellose est due à une bactérie de la famille des légionnelles, qui contient une cinquantaine d’espèces différentes. En France, la sous-espèce Legionella pneumophila sérotype 1 est responsable de la quasi-totalité des légionelloses pulmonaires (98 %).

Dans la nature, les légionnelles vivent dans les eaux douces (lacs, rivières, étangs, marais, sources, etc.) et les sols humides (terreaux, composts, etc.). Elles se reproduisent en infectant des amibes, des micro-organismes couramment présents dans les eaux douces. Elles survivent dans des eaux dont la température est comprise entre 30 et 60°C.

Les légionelles se trouvent également dans les eaux douces tièdes et chaudes des installations humaines : canalisations, pommeaux de douche, robinets, bains thermaux… mais également dans les climatiseurs, les humidificateurs, les brumisateurs de vapeur d’eau, etc. La grande majorité des contaminations humaines se fait à partir de ces installations.

Dans les collectivités (hôpitaux, hôtels, campings, immeubles, etc.), la présence de légionnelles dans les canalisations est favorisée par certains facteurs : température de l’eau chaude inférieure à 60°C, taille importante et vétusté des circuits, bras morts dans les canalisations, quantité de chlore dissous dans l’eau insuffisante, présence de micro-organismes et de dépôts organiques sur les parois internes des canalisations (« biofilm »), canalisations en fer, zinc, aluminium ou PVC, etc.

Comment la légionellose se transmet-elle ?

Les personnes atteintes de légionellose ont été contaminées en inhalant de microscopiques gouttelettes d’eau contaminée (« aérosols ») : douche, bains à remous ou à jet, fontaines d’ornement, etc. Portées par ces gouttelettes invisibles à l’œil nu, les bactéries pénètrent dans les poumons, se multiplient et perturbent le fonctionnement de certaines cellules de l’immunité présentes dans les alvéoles.

La voie respiratoire (par inhalation) est le seul mode de contamination : la légionellose ne se transmet pas d’une personne à l’autre et elle ne s’attrape pas en buvant de l’eau contaminée.

Les principales installations susceptibles de contenir des légionnelles sont :

  • les systèmes de climatisation par voie humide, et en particulier, les tours aéroréfrigérantes (TAR) qui équipent les bâtiments industriels, les hôpitaux, les centres commerciaux, les piscines, les patinoires et les immeubles de bureaux ;
  • les canalisations de distribution d’eau chaude : douches, systèmes d’hydrothérapie thermale, stations de lavage de véhicules sous pression, etc. ;
  • les bains utilisés pour la détente, la balnéothérapie ou le thermalisme, lorsque ceux-ci contiennent de l’eau à plus de 30°C aérée par injection d’air : bains à remous, bains à jets, thermes, etc. ;
  • les équipements collectifs de brumisation d’eau ou d’humidification de l’atmosphère ;
  • les fontaines publiques et décoratives ;
  • les équipements médicaux destinés à administrer des aérosols, ou de l’oxygène, ainsi que ceux destinées au lavage pendant les soins dentaires, ou au traitement de l’apnée du sommeil (appareil à pression positive) ;
  • les bassins des stations d’épuration des eaux usées.

Existe-t-il des facteurs de risque pour la légionellose ?

Après une contamination par la légionelle, certaines personnes sont plus à risque de développer une infection respiratoire ou des complications, en raison d’une plus grande fragilité :

  • les personnes âgées de plus de 50 ans ;
  • les nourrissons ;
  • les personnes convalescentes ;
  • les personnes dont le système immunitaire est affaibli, soit du fait d’une maladie (VIH/sida, cancer, maladie du sang, etc.), soit du fait d’un traitement (chimiothérapie anticancéreuse, biothérapies contre les maladies auto-immunes, corticoïdes, traitements contre le rejet de greffe, par exemple) ;
  • les personnes qui souffrent d’autres maladies pulmonaires (par exemple la BPCO ou l’emphysème) ;
  • les personnes qui souffrent de diabète ;
  • les personnes qui fument ou alcooliques chroniques.

De plus, il semble que les hommes soient un peu plus prédisposés à la légionellose que les femmes.


Peut-on prévenir la légionellose ?

À l’heure actuelle, il n’existe pas de vaccin contre la légionellose.

Au niveau national, la légionellose fait l’objet d’un plan gouvernemental. Le Ministère de la Santé et de la protection sociale a diffusé aux établissements de santé des instructions en matière de lutte et de prévention du risque de légionellose. Ces mesures visent également les hôtels, les campings, les bureaux et les tours aéroréfrigérantes (TAR).

Dans les établissements de soins, ces mesures ont permis une stabilisation du nombre de cas déclarés (légionellose dite « nosocomiale ») alors que les cas de légionellose dite « communautaire » (survenant hors des établissements de soins) ont continué d’augmenter sur la même période.

Au niveau individuel, s’il est impossible d’éradiquer complètement les légionelles, il est possible de limiter leur prolifération. Parmi les mesures préventives que les particuliers peuvent mettre en place :

  • éviter la stagnation de l’eau dans les canalisations en ouvrant régulièrement tous les robinets ;
  • lutter contre l’entartrage et la corrosion, passer les pommeaux de douche et les robinets au vinaigre blanc ou autre produit anticalcaire ;
  • utiliser du chlore dans les bains bouillonnants privés ;
  • maintenir la température de l’eau froide en dessous de 20°C et celle de l’eau chaude au-dessus de 60°C.
Légionellose et copropriété
Si le réseau d'eau chaude d'une collectivité est contaminé par des légionelles, les mesures de décontamination sont entreprises par le syndicat de la copropriété. En attendant cette décontamination, il est déconseillé de se doucher ou de se baigner pour éviter les vapeurs d'eau. Mais la légionellose ne se transmettant pas par ingestion, il est tout à fait possible de continuer de boire l'eau du robinet et de laver la vaisselle ou le linge avec l'alimentation en eau prévue à cet effet.

Comment diagnostique-t-on une légionellose ?

test d'urine

Le diagnostic de légionellose prend en compte les symptômes, le contexte et les situations à risque auxquelles la personne a pu être exposée. Il se confirme essentiellement en recherchant des protéines caractéristiques des légionelles (antigènes solubles) dans l’urine du patient. Ce test permet un diagnostic rapide. D’autres moyens diagnostiques existent : culture de prélèvements de liquide de lavage pulmonaire, par exemple.

Après un diagnostic confirmé, le médecin doit déclarer le cas de légionellose aux autorités sanitaires qui vont chercher à identifier les lieux fréquentés pour déterminer la source potentielle de contamination. Il sera alors possible de faire des prélèvements, de surveiller les personnes susceptibles d’avoir été exposées et d’effectuer, le cas échéant, une décontamination pour éviter toute épidémie.

Quel traitement pour la légionellose ?

Lors de fièvre de Pontiac, un traitement destiné à soulager les symptômes est suffisant en attendant que le malade se rétablisse spontanément (médicaments contre la fièvre et la douleur).

Les formes pulmonaires de légionellose sont systématiquement traitées à l’aide d’antibiotiques pour une durée de quelques semaines à plusieurs mois. Les antibiotiques de la famille des quinolones ou ceux de la famille des macrolides sont généralement préconisés. Le traitement antibiotique est d’autant plus efficace qu’il est prescrit rapidement.