Pneumonie

Mis à jour : Lundi 07 Novembre 2016

Autrefois mortelle dans la moitié des cas, la pneumonie est une inflammation des poumons, habituellement infectieuse. Depuis la découverte des antibiotiques, les pneumonies d'origine bactérienne se soignent bien. Néanmoins, les pneumonies virales continuent à être la cause de nombreux décès, en particulier chez les personnes âgées. La vaccination contre la grippe et les infections à pneumocoques permet de réduire le risque de pneumonie chez les personnes les plus vulnérables.

La pneumonie, qu'est-ce que c'est ?

infections dans les poumons

La pneumonie est une inflammation des poumons habituellement causée par une infection, mais également par des produits irritants ou des vomissements accidentellement inhalés. Lorsque les poumons sont infectés, les micro-organismes responsables se multiplient dans les alvéoles (les petits sacs microscopiques où le sang se charge enoxygène et élimine le dioxyde de carbone). Celles-ci se remplissent de liquide inflammatoire ou de pus (c’est la « consolidation pulmonaire ») et les échanges gazeux ont du mal à se faire. Heureusement, dans la plupart des cas, un seul lobe pulmonaire est atteint (les poumons se composent de cinq lobes) ce qui permet à la personne malade de ne pas mourir asphyxiée.

Lorsque la pneumonie ne touche que les lobes pulmonaires, on parle de « pneumonie lobaire ». Lorsque l’infection affecte également les bronches, on parle de « broncho-pneumonie ».

Les pneumonies sont potentiellement graves, notamment lorsqu’elles touchent des personnes souffrant de maladies chroniques (maladie du foie ou des reins, insuffisance cardiaque, etc.).

Et la pneumopathie ?
Le terme « pneumopathie » (maladie des poumons) est employé lorsque l'inflammation pulmonaire entraîne des modifications durables des poumons. La pneumopathie peut être due à une infection, mais également à l'usage du tabac ou à des vapeurs irritantes. Comme la pneumonie, elle conduit à une diminution des capacités respiratoires, mais celle-ci persiste plus longtemps, voire de manière permanente.

Les différents types de pneumonie

Selon le contexte de leur apparition, on distingue quatre types de pneumonie.

La pneumonie aiguë communautaire

On parle de pneumonie aiguë communautaire lorsque l’infection survient hors du milieu hospitalier (dans la « communauté »). Cette forme de pneumonie est la plus courante : elle représente environ la moitié des cas. Dans 25 à 30 % des cas, elle nécessite une hospitalisation.

La pneumonie acquise à l'hôpital (nosocomiale)

La pneumonie est dite nosocomiale lorsqu’elle apparaît chez une personne hospitalisée depuis plus de 48 heures. Le plus souvent, elle est observée chez des personnes qui ont dû être placées sous ventilation respiratoire assistée, avec pose d’un tube dans la trachée (intubation). Ces pneumonies sont souvent dues à des micro-organismes résistants aux antibiotiques couramment utilisés à l’hôpital, ce qui rend leur traitement difficile. Elles sont également redoutées car elles surviennent chez des personnes dont l’état de santé est affaibli.

La pneumonie d'aspiration

La pneumonie dite d’aspiration est due à l’inhalation accidentelle de substances irritantes, par exemple des vomissements ou des aliments avalés de travers (une « fausse route »). Elle est généralement observée chez des personnes qui ont du mal à avaler, par exemple des personnes qui ont un réflexe de déglutition diminué à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’une maladie neurodégénérative au stade avancé (par exemple, la maladie d’Alzheimer). La pneumonie d’aspiration touche également les personnes alcoolodépendantes ou toxicomanes qui vomissent alors qu’elles sont dans un état de conscience altéré.

La pneumonie à germe opportuniste

Chez les personnes immunodéprimées (par le VIH/sida ou par une chimiothérapie anticancéreuse, par exemple), des formes particulières de pneumonies apparaissent, dites « opportunistes ». Les micro-organismes responsables de ces pneumonies sont habituellement inoffensifs chez les personnes en bonne santé, mais peuvent se développer chez les personnes dont l’immunité est affaiblie.

La pneumonie est-elle une maladie fréquente ?
En France, la pneumonie aiguë communautaire de l'adulte touche entre 700 000 et un million de personnes chaque année, en particulier des personnes âgées. Il s'agit donc d'une infection courante.

Dans la très grande majorité des cas, les pneumonies sont dues à des micro-organismes infectieux : bactéries, virus, mycoplasmes et champignons microscopiques. Plus rarement, les pneumonies peuvent être provoquées par des gaz irritants (en particulier dans le monde professionnel) ou l'inhalation de liquides ou de vomissements.

Les bactéries responsables de pneumonies

De nombreuses bactéries sont à l’origine de pneumonies. Les espèces le plus fréquemment rencontrées sont le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae), Hæmophilus influenzae de type B et le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus). Les pneumocoques sont des bactéries souvent présentes dans la gorge sans provoquer de maladie.

En terme de fréquence, la deuxième cause de pneumonie est un micro-organisme appelé Mycoplasma pneumoniae. Ce germe appartient à la famille des mycoplasmes qui sont des bactéries particulières. La pneumonie à Mycoplasma pneumoniae touche le plus souvent les enfants à partir de cinq ans et les jeunes adultes.

Les autres bactéries susceptibles de provoquer une pneumonie sont :

  • les légionelles (Legionella pneumophila), à l’origine d’une pneumonie particulière appelée « légionellose » ou « maladie du légionnaire » ;
  • Chlamydia pneumoniae, une bactérie transmise par les oiseaux d’élevage et de volière ;
  • la tuberculose.

Les virus responsables de pneumonies

On estime que la moitié des cas de pneumonies sont causés par des virus, en particulier chez les enfants. Les pneumonies d’origine virale sont souvent moins graves que les pneumonies d’origine bactérienne. Néanmoins, dans certains cas, elles peuvent s’accompagner de bronchite et de bronchiolite, voire se compliquer avec une surinfection par des bactéries. Pour cette raison, les pneumonies virales sévères justifient une hospitalisation.

Chez les enfants, la plupart des pneumonies virales sont dues au virus respiratoire syncitial (VRS), un virus très fréquent en hiver responsable de la bronchiolite du nourrisson. Chez les adultes, les pneumonies virales peuvent être dues au virus de la grippe (influenza), au virus parainfluenza, au VRS, aux rhinovirus (virus du rhume et des rhinopharyngites), voire à des virus de la famille des herpèsvirus. Le virus du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), isolé en Chine en 2003, provoque également une pneumonie parfois mortelle.

Les champignons responsables de pneumonies

Certains champignons microscopiques (Aspergillus, Pneumocystis carinii, par exemple) peuvent provoquer des pneumonies, en particulier chez les personnes dont le système immunitaire est déprimé (VIH/sida, chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunomodulateur contre les maladies auto-immunes ou le rejet des greffes, par exemple).

Comment se transmettent les pneumonies infectieuses ?

Les micro-organismes qui sont à l’origine des pneumonies se transmettent de la même manière que les virus de la grippe ou du rhume. Des particules de salive les contenant se déposent sur les objets du quotidien et contaminent les mains des personnes saines. Celles-ci s’infectent ensuite en portant leurs doigts souillés au contact des muqueuses de la bouche, des yeux ou du nez.


Les facteurs de risque des pneumonies

Certains facteurs augmentent le risque de développer une pneumonie :

  • l’âge : les nourrissons et les personnes de plus de 65 ans sont plus vulnérables (après 65 ans, les pneumonies sont trois à six fois plus fréquentes) ;
  • l’exposition à la fumée de tabac, directe (tabagisme actif) ou indirecte (tabagisme passif) ;
  • l’infection par le virus du rhume/rhinopharyngite ou de la grippe ;
  • les autres maladies respiratoires chroniques : asthme, BPCO, emphysème, mucoviscidose, etc.
  • le diabète et les maladies cardiovasculaires ;
  • l’exposition à des vapeurs chimiques irritantes (solvants, vernis, par exemple) ;
  • le fait d’habiter dans des locaux insalubres ;
  • un mauvais état de santé général.

Les personnes immunodéprimées sont davantage exposées aux pneumonies opportunistes.

Les personnes dépendantes de l'alcool ou des dérivés opiacés, ainsi que celles qui ont des troubles de la déglutition (AVC, maladie neurodégénérative avancée), sont à risque de développer une pneumonie d'aspiration.

Enfin, les personnes hospitalisées peuvent développer des pneumonies nosocomiales, en particulier lorsque leur état nécessite une assistance respiratoire.

Comment prévenir les pneumonies ?

Il existe diverses mesures pour prévenir les pneumonies, parmi lesquelles la vaccination est la plus efficace mais ne concerne que certaines formes de pneumonies.

Les mesures générales de prévention des pneumonies

Comme pour toutes les infections respiratoires, la prévention de la pneumonie repose sur :

La vaccination contre la grippe, les pneumocoques et Hæmophilus influenzae

Chaque année en France, de nombreuses hospitalisations pour pneumonie sont liées à l’épidémie de grippe. Le vaccin contre la grippe est recommandé et gratuit pour les personnes de plus de 65 ans, ainsi que pour les adultes et les enfants de plus de six mois qui présentent une maladie spécifique : diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire chronique grave, déficit immunitaire grave, infection par le VIH/sida, mucoviscidose, etc. Cette vaccination doit être renouvelée tous les ans.

La vaccination contre les infections à pneumocoques permet également de se protéger contre certaines pneumonies. Elle repose sur deux types de vaccin. Le premier type de vaccin contient 13 types de pneumocoques (PREVENAR) et il est destiné aux jeunes enfants. Il est recommandé pour tous les enfants dès l’âge de deux mois et avant deux ans. Le second type de vaccin contient 23 types de pneumocoques (dit « 23-valent ») et il est recommandé seulement pour certaines catégories de personnes :

  • aux personnes de plus de 65 ans (en particulier celles qui vivent dans des établissements de type maison de retraite),
  • aux personnes immunodéprimées ou dont la rate a été enlevée (« splénectomie ») ;
  • aux personnes qui souffrent de maladies respiratoires chroniques (BPCO, emphysème, mucoviscidose, asthme, etc.) ;
  • aux personnes qui sont fréquemment hospitalisées (celles qui souffrent de diabète, de maladies cardiovasculaires, ou de dépendance à l’alcool, par exemple) ;
  • aux personnes qui souffrent d’une brèche ostéoméningée (un orifice dans les méninges et le crâne qui provoque des fuites du liquide dans lequel baigne le cerveau).

Chez les nouveau-nés, la vaccination contre Hæmophilus influenzae de type B protège contre cette forme particulière de pneumonie bactérienne.


Les symptômes des pneumonies

Les symptômes de la pneumonie peuvent différer selon son origine, bactérienne ou virale. Habituellement, les pneumonies se traduisent d’abord par l’apparition d’une toux sèche qui, en quelques jours, devient grasse. Les expectorations (crachats) peuvent être jaunes, verts ou brun rougeâtres, parfois épais et blanchâtres dans le cas des pneumonies à mycoplasmes.

La fièvre s’installe très rapidement et peut atteindre des valeurs élevées (jusqu’à 41°C). La personne malade est essoufflée et faible lors des activités quotidiennes, et elle se plaint de douleurs à la poitrine en inspirant ou lors de la toux, de douleurs des muscles et de maux de tête. Elle a mauvaise haleine et peut présenter un bleuissement des lèvres et des ongles lié à la mauvaise oxygénation du sang. Lorsque la maladie s’aggrave, le malade respire vite (plus de 30 respirations par minute) et son pouls au repos est anormalement élevé (plus de 120 battements par minute). Il peut se mettre à délirer ou devenir confus.

Dans le cas des pneumonies d’origine virale, les alvéoles pulmonaires ne se remplissent pas de liquide ou de pus. Ce sont plutôt les parois des alvéoles et des bronchioles qui sont enflammées et qui gênent la respiration. De ce fait, la toux tend à rester sèche, sans expectoration.

La pneumonie à mycoplasmes, qui touche plutôt des personnes jeunes, est moins sévère que les autres formes de pneumonies infectieuses. La personne malade continue souvent ses activités malgré les symptômes.

Chez les personnes âgées, les symptômes des pneumonies sont souvent moins intenses. Chez celles qui souffrent d’une maladie chronique (diabète, BPCO, maladies cardiovasculaires), l’infection pulmonaire peut aggraver les symptômes de ces maladies qui, parfois, camouflent ceux de la pneumonie.

Les pneumonies dues à des chlamydies peuvent également provoquer des troubles digestifs (diarrhée) et des douleurs des articulations.

Les complications des pneumonies

Les pneumonies virales peuvent se compliquer d’une surinfection par une bactérie. Les pneumonies bactériennes peuvent être à l’origine d’un épanchement pleural ou pleurésie (du liquide s’accumule entre les enveloppes des poumons et les empêchent de se gonfler à l’inspiration), voire d’un abcès du poumon. Ces pneumonies compliquées provoquent une importante détresse respiratoire qui peut nécessiter la mise sous oxygène ou sous ventilation respiratoires assistée. Dans certains cas, en particulier lors d’infection par les pneumocoques, l’infection pulmonaire peut se disséminer dans le sang et déclencher un choc septique parfois mortel.

Comment le médecin diagnostique-t-il une pneumonie ?

radiographie des poumons

Pour diagnostiquer une pneumonie, le médecin se fonde sur l’examen clinique, l’auscultation des bruits de la respiration avec un stéthoscope et sur une radiographie (ou un scanner) des poumons. S’il soupçonne une pneumonie bactérienne, il prescrit un traitement antibiotique immédiat (pris idéalement dans les quatre heures suivant la consultation) sans attendre les résultats de la radiographie, quitte à modifier le traitement plus tard.

L’analyse des expectorations (crachats) ou du sang pour identifier le micro-organisme responsable de la pneumonie n’est pratiquée qu’au cours des hospitalisations. Dans certains cas, il est nécessaire de pratiquer un lavage broncho-alvéolaire pour parvenir à recueillir les micro-organismes : sous anesthésie, un tube fin est inséré dans une bronche, du sérum physiologique stérile y est injecté, puis aspiré et mis en culture. L’identification des micro-organismes responsables de la pneumonie n’est possible que dans la moitié des cas.


Le traitement des pneumonies varie selon leur cause. Dans tous les cas, si les symptômes persistent ou s'aggravent après trois ou quatre jours de traitement, une nouvelle consultation s'impose. De même, si les crachats contiennent du sang ou ont une odeur nauséabonde.

Le traitement des pneumonies virales

Le traitement des pneumonies virales consiste essentiellement à surveiller leur évolution et à soulager la fièvre et les douleurs avec du paracétamol.

Pour améliorer le confort du malade, il est recommandé de rester en position assise ou semi-assise, même pour dormir. Le repos est indispensable, ainsi qu’une bonne hydratation. Dans certains cas, le médecin peut prescrire des séances de kinésithérapie respiratoire pour dégager les bronches et améliorer le confort respiratoire.

Dans le cas de la grippe, et si les symptômes sont particulièrement sévères, le médecin peut prescrire un traitement antiviral (oseltamivir, zanamivir). De plus, certaines pneumonies virales opportunistes sont traitées par des traitements antiviraux spécifiques (ganciclovir).

Le traitement des pneumonies bactériennes et à mycoplasmes

Le traitement des pneumonies bactériennes et de celles dues à des mycoplasmes repose sur la prescription d’antibiotiques dès le diagnostic. Le traitement antibiotique dure habituellement une ou deux semaines et doit être pris sans oubli et pour toute la durée du traitement. Mal traitée, une pneumonie bactérienne rechute fréquemment. Les mesures générales indiquées pour les pneumonies virales s’appliquent également aux pneumonies bactériennes.

Quatre à six semaines après la fin du traitement antibiotique, le médecin prescrit une radiographie de contrôle pour vérifier l’état des poumons.

Le traitement des autres pneumonies

Les pneumonies dues à des champignons microscopiques ou au bacille de la tuberculose sont traitées avec des médicaments antifongiques ou antituberculeux spécifiques. La durée du traitement est plus longue que pour les autres formes de pneumonies infectieuses.


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