Glaucome

Mis à jour : Lundi 27 Août 2018

Par « glaucome », on désigne en fait plusieurs maladies graves de l’œil qui, sans traitement approprié, ont pour conséquence une perte irrémédiable de la vision (cécité). Le plus souvent, ces maladies s’accompagnent d’une augmentation anormale de la pression des liquides à l’intérieur de l’œil. Cette pression trop élevée a pour conséquence la dégénérescence des fibres chargées de transmettre au cerveau les informations lumineuses issues de la rétine.

Dans les pays industrialisés, le glaucome est la deuxième cause de cécité après la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). En France, on estime qu’entre 600.000 et un million de personnes souffrent de glaucome, dont 400.000 ignorent qu’elles sont concernées.

Quels sont les symptômes du glaucome ?

ophtalmologiste test occulaire

Le glaucome (mais il serait plus correct de parler « des » glaucomes) est une maladie dont les symptômes varient selon le type de glaucome.

D’un point de vue des symptômes, on distingue deux grands types de glaucome : le glaucome aigu qui amène le patient à consulter en urgence du fait de l’intensité de la douleur, et le glaucome chronique qui passe inaperçu pendant des années.

Le glaucome aigu (ou glaucome à angle fermé)

Le glaucome aigu est une forme rare de glaucome qui touche, de façon soudaine, un seul des deux yeux. La personne ressent une douleur très vive à l’œil, elle perçoit un halo coloré autour des sources de lumière avec une nette baisse visuelle, et elle souffre parfois de nausées et de vomissements. L’œil douloureux est rouge et dur. Ces symptômes apparaissent généralement à un moment où la lumière ambiante est faible (en soirée, au spectacle, etc.), lorsque les pupilles sont dilatées (ce qui peut également être l’effet d’un traitement médicamenteux). Les personnes âgées et celles qui sont hypermétropes sont plus à risque de glaucome aigu.

Le glaucome aigu est une urgence médicale : sans traitement, la vision de l’œil atteint peut être irrémédiablement perdue en quelques heures, du fait de l’augmentation soudaine et intense de la pression à l’intérieur de l’œil (pression intraoculaire).

Le glaucome chronique (ou glaucome à angle ouvert)

Le glaucome chronique est la forme la plus fréquente de glaucome (80 à 90 % des cas). Cette forme très progressive de glaucome peut rester asymptomatique (sans symptôme perceptible) pendant dix à vingt ans. Pendant cette période, seul un examen complet de l’œil peut permettre de dépister le glaucome. Le glaucome chronique touche les deux yeux, souvent de manière inégale : un œil est moins touché que l’autre et compense la perte de vision, ce qui retarde le diagnostic. Rarement, la personne peut ressentir des douleurs sourdes (comme une pression au niveau des yeux), un larmoiement et des maux de tête.

Après plusieurs années, les symptômes visuels du glaucome chronique apparaissent, signe d’un glaucome déjà avancé. Le patient ressent une perte de vision à la périphérie du champ visuel, alors que sa vision centrale (qui permet de lire, d’écrire et de reconnaître les visages) reste longtemps normale. On parle alors de vision tubulaire (comme à travers un tube).

Quelles sont les complications du glaucome ?

Quelle que soit sa cause, le glaucome évolue toujours vers une dégénérescence des fibres nerveuses qui connectent les cellules de la rétine au cerveau, du fait de la pression élevée qui règne dans l’œil. En l’état actuel de la médecine, il est impossible de réparer les dommages occasionnés aux fibres nerveuses.


Pourquoi développe-t-on un glaucome ?

Les causes des glaucomes sont multiples et certaines sont encore peu élucidées.

Dans tous les cas de glaucome aigu et dans deux tiers des cas de glaucome chronique, la pression intraoculaire est anormalement élevée. Pour comprendre cette augmentation de la pression, il faut s’intéresser aux liquides qui se trouvent à l’intérieur de l’œil et à leur renouvellement.

Les chambres de l'œil

Dans l’œil, on distingue deux espaces distincts : le segment antérieur et le segment postérieur.

Le segment antérieur se situe derrière la cornée et englobe l’iris (la partie colorée de l’œil) et le cristallin (la lentille naturelle de l’œil fixée au globe oculaire par des ligaments qui séparent les deux chambres). Il est rempli d’un liquide transparent, l’humeur aqueuse, qui est produit par un organe appelé « corps ciliaires », situé derrière l’iris, à la base des ligaments du cristallin. Le segment postérieur de l’œil contient une sorte de gel transparent, l’humeur vitrée.

Lors de glaucome, le problème se situe dans le segment antérieur dont la pression s’élève. L’augmentation de pression se transmet ensuite indirectement au segment postérieur, donc au nerf optique.

Le glaucome, un problème de vidange

L’humeur aqueuse est constamment renouvelée : produite par les corps ciliaires, elle s’évacue à travers une sorte de filtre, le trabéculum, situé dans l’angle que fait l’iris avec la cornée. L’humeur aqueuse est ensuite dirigée vers le système veineux. Lors de glaucome avec pression intraoculaire augmentée, l’humeur aqueuse a du mal à être éliminée. Ce problème de vidange augmente la pression qui règne dans le segment antérieur, soudainement et de façon très importante dans le cas d’un glaucome aigu, très progressivement et de manière moindre si le glaucome est chronique.

L’augmentation de la pression intraoculaire perturbe le fonctionnement du nerf optique et va causer la dégénérescence des fibres nerveuses. Cette destruction est très rapide quand la pression est très importante (cas du glaucome aigu), d’où l’urgence d’un traitement médical. Dans le cas du glaucome chronique, la pression intraoculaire reste modérément élevée mais, avec le temps, cette augmentation modérée provoque la perte des fibres nerveuses.

Pourquoi le trabéculum se bouche-t-il ?

Les raisons pour lesquelles le trabéculum n’arrive plus à éliminer suffisamment l’humeur aqueuse sont mal connues. Dans la plupart des cas de glaucome chronique, le trabéculum se sclérose progressivement avec l’âge (il devient moins perméable).

    Mais d’autres cas sont possibles, par exemple :
  • le trabéculum peut être obstrué par une membrane embryonnaire résiduelle ou une malformation de l’œil (cas du glaucome congénital du nourrisson) ;
  • en vieillissant, le cristallin peut augmenter de volume et venir se coller derrière l’iris, obstruant ainsi la circulation de l’humeur aqueuse de l’arrière vers l’avant de la chambre antérieure. L’humeur aqueuse, accumulée derrière l’iris, pousse ce dernier vers l’avant ce qui va resserrer l’angle où se trouve le trabéculum et l’obstruer. C’est ce qui se passe lors d’une poussée de glaucome aigu.

Parfois, il arrive que l’obstruction se situe avant le trabéculum (par exemple, une multiplication anarchique de cellules de la face interne de la cornée qui viennent recouvrir le trabéculum) ou après (par exemple du fait d’une pression trop élevée dans le système veineux qui gêne l’élimination de l’humeur aqueuse). Il existe également une forme post-chirurgicale de glaucome, lorsqu’une intervention chirurgicale des yeux a entraîné une diminution des capacités d’évacuation de l’humeur aqueuse. On le voit, les causes du glaucome sont multiples, ce qui explique la notion de glaucomes (au pluriel).

La pression intraoculaire n'explique pas tout

Chez environ un tiers des personnes souffrant de glaucome chronique, on n’observe pas d’augmentation de pression intraoculaire. Dans ce cas, il est difficile d’expliquer la dégénérescence des fibres optiques. Un mauvais état général du système vasculaire qui irrigue le nerf optique pourrait être lié à ce type de glaucome (par exemple chez des patients migraineux ou des patients très myopes). Des facteurs génétiques contribuent également à la fragilité du nerf optique.

De plus, il existe des personnes qui, avec l’âge, souffrent d’augmentation chronique de la pression intraoculaire sans présenter de symptômes de glaucome (néanmoins, ces personnes sont plus à risque de développer cette maladie).

Glaucome aigu : prudence avec les médicaments
Une crise de glaucome aigu (à angle fermé) peut être déclenchée par la prise de médicaments qui dilatent la pupille (l'orifice au milieu de l'iris). Il s'agit principalement de médicaments dits atropiniques. Outre l'atropine et ses dérivés, les autres médicaments concernés sont : les antidépresseurs dits imipraminiques, certains antihistaminiques contre l'allergie, certains antispasmodiques (contre les maux de ventre), certains antiparkinsoniens, ainsi que les neuroleptiques. Ces médicaments sont donc formellement contre-indiqués chez les personnes ayant déjà fait des crises de glaucome à angle fermé, ou chez qui un ophtalmologue a détecté un risque de développer ce type de glaucome.

Certaines personnes sont-elles plus à risque de développer un glaucome ?

Il existe une prédisposition génétique (familiale) au glaucome. Cette prédisposition génétique est probablement multifactorielle : anatomie de la chambre antérieure de l’œil, tendance à l’hypermétropie ou à la myopie sévère, prédisposition à l’excès de cholestérol et aux maladies cardiovasculaires, etc.

    Outre celles qui ont des antécédents familiaux de glaucome, certaines personnes sont plus à risque de développer un glaucome chronique :
  • personnes dont la pression intraoculaire est élevée ;
  • personnes de plus de 60 ans ;
  • personnes diabétiques, hypertendues ou souffrant de maladies cardiovasculaires ;
  • personnes très myopes ;
  • personnes souffrant d’hypothyroïdie ;
  • personnes ayant été blessées aux yeux ou ayant eu de graves infections de l’œil (uvéites) ;
  • personnes d’origine africaine, asiatique ou scandinave ;
  • fumeurs ;
  • personnes recevant des collyres à base de corticoïdes sur une longue durée ;
  • personnes dont la cornée est fine ;
  • etc.

Les personnes âgées, les personnes hypermétropes et celles qui reçoivent des collyres atropiniques (qui dilatent la pupille) sont plus à risque de développer un glaucome aigu.

Peut-on prévenir le glaucome ?

La prévention du glaucome repose sur un dépistage précoce d’une éventuelle augmentation de la pression intraoculaire, et sur l’ensemble des mesures destinées à prévenir les maladies cardiovasculaires (alimentation équilibrée, activité physique régulière et arrêt du tabac). De plus, la prévention des accidents touchant les yeux contribue à diminuer le risque de développer un glaucome : port de lunettes protectrices lors de sports de balle ou d’activités potentiellement dangereuses. Les personnes qui ont des antécédents familiaux de glaucome ou d’autres facteurs de risque devraient faire mesurer leur pression intraoculaire par un ophtalmologue tous les deux à trois ans, dès l’âge de 40 ans (on estime que 1 % des personnes de plus de 40 ans ont une pression intraoculaire anormalement élevée).


Le diagnostic du glaucome est souvent tardif (des années après le début de l’augmentation anormale de la pression intraoculaire), lors d’une consultation pour un autre problème des yeux : presbytie liée à l’âge, début de cataracte, renouvellement de lunettes, etc.

Pour rechercher un glaucome, le médecin ophtalmologue a recours à divers examens qui sont sans douleur.

La mesure de la pression intraoculaire

La mesure de la pression intraoculaire (tonométrie) se fait à l’aide d’un tonomètre (instrument de mesure posé au contact de la cornée après instillation de collyre anesthésique) ou d’un faisceau d’air pulsé. La mesure de la pression intraoculaire est influencée par l’épaisseur de la cornée et le moment de la journée.

La mesure de l'épaisseur de la cornée

L’épaisseur de la cornée varie selon les personnes. La mesure de l’épaisseur de la cornée est indispensable pour établir la pression intraoculaire réelle : une cornée fine tend à fausser la mesure de la pression intraoculaire (en la sous-estimant). À l’inverse, une cornée épaisse peut faire paraître élevée une pression normale.

Le fond d'œil

L’examen du fond d’œil (avec un appareil spécialisé) permet d’observer la rétine et le point de départ du nerf optique, à la recherche du signe de lésions des fibres optiques. Il permet également de vérifier l’état des vaisseaux sanguins rétiniens. Cet examen du nerf optique peut éventuellement être complété par la prise de photographies de la rétine qui permet de comparer d’un examen à l’autre la progression de la maladie. Parfois, une analyse de la forme et de l’épaisseur du nerf optique est effectuée à l’aide d’un faisceau laser et d’un ordinateur.

La mesure du champ visuel

La mesure du champ visuel permet de dépister les premiers signes d’une vision tubulaire due à la dégénérescence des fibres optiques. La mesure du champ visuel est répétée d’un examen à l’autre pour vérifier que le traitement est efficace et que le glaucome ne progresse pas.

La gonioscopie

La gonioscopie (à l’aide d’un appareil spécialisé) permet de mesurer l’angle entre l’iris et la cornée, là où se trouve le trabéculum. Un angle anormalement étroit expose à un risque de glaucome aigu.


Le traitement du glaucome est destiné à réduire la pression à l’intérieur de l’œil. Si des lésions des fibres optiques ont déjà réduit le champ de vision du patient, les traitements ne rétablissent pas la vision perdue. Ils ne visent qu’à arrêter la progression du glaucome et de la perte de vision.

Le traitement du glaucome varie selon le type envisagé.

Le traitement du glaucome aigu ?

En cas de crise de glaucome aigu, un traitement médicamenteux est instauré pour diminuer la tension intraoculaire. Il est suivi par un traitement par laser ou plus rarement par chirurgie.

Le traitement du glaucome chronique ?

En cas de glaucome chronique dépisté suffisamment tôt, le médecin prescrit un traitement destiné à maintenir la pression intraoculaire sous un certain seuil (fixé selon les caractéristiques du patient) afin de stopper l’évolution de la maladie. Il s’agit habituellement d’un traitement à base de collyres. Les collyres agissent en diminuant la production d’humeur aqueuse ou en augmentant son élimination par le trabéculum. Le choix du collyre se fait en tenant compte des contre-indications (autres maladies du patient) et des effets indésirables observés. Le traitement antiglaucomateux devra être suivi pour le restant de la vie du patient. Lors de la mise en place du traitement, des contrôles fréquents de la pression intraoculaire sont faits pour s’assurer que l’objectif est atteint. Ensuite, les contrôles s’espacent (tous les deux à six mois selon les cas). Le respect du traitement est indispensable pour éviter de perdre la vue. Malheureusement, parce que le glaucome chronique est une maladie progressive et insidieuse, et qu’une interruption du traitement n’expose pas à des conséquences immédiates, de trop nombreux patients prennent leur traitement de manière irrégulière. Ils s’exposent ainsi à de graves complications.

Si les collyres ne permettent pas de contrôler suffisamment la pression intraoculaire, le médecin peut proposer un traitement par laser ou une chirurgie.

Glaucome et conduite automobile
Comme avec tous les collyres, l'instillation d'un collyre contre le glaucome peut provoquer une gêne visuelle transitoire, ainsi que d'autres troubles de la vision. Mieux vaut attendre que la vision soit redevenue tout à fait normale avant de conduire ou d'utiliser une machine dangereuse. De plus, si la vision est diminuée par les complications d'un glaucome, la poursuite éventuelle de la conduite automobile sera discutée avec le médecin.

mettre un collyre

Le traitement du glaucome repose sur l’administration régulière (une, deux ou trois fois par jour selon les produits) de collyres. Tous les collyres peuvent provoquer une irritation locale ou une conjonctivite. Certains collyres ne contiennent pas de conservateurs (ceux dont les noms se terminent par -abak ou –comod, ainsi que tous les traitements en unidoses). Ils semblent provoquer moins d’inflammation chronique de la conjonctive que les autres collyres.

Quels sont les différents types de collyres contre le glaucome ?

Les collyres bêtabloquants

Les collyres bêtabloquants agissent en diminuant la sécrétion de l’humeur aqueuse. Ils sont très souvent prescrits en premier lieu dans le glaucome en raison de leur efficacité et de leurs faibles risques. Néanmoins, en raison du passage possible du bêtabloquant dans le sang, ils sont contre-indiqués chez les personnes qui souffrent d’asthme, de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), d’insuffisance cardiaque, de troubles du rythme cardiaque ou de syndrome de Raynaud. Chez les personnes diabétiques, les bêtabloquants peuvent masquer certains signes de l’hypoglycémie (palpitations et accélération du cœur). De plus, chez les patients masculins, les bêtabloquants peuvent parfois provoquer des troubles de l’érection (impuissance). Ce risque est faible avec les collyres (le principe actif passe peu dans le sang).

Les effets indésirables oculaires des collyres bétabloquants sont rares : sécheresse et irritation de l’œil qui doivent être signalées au médecin et qui peuvent contre-indiquer l’usage de lentilles de contact.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Collyres antiglaucomateux : bêtabloquants

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Médicament générique

Les collyres analogues des prostaglandines

Les prostaglandines sont des hormones produites par de nombreux organes. Dans l’œil, les analogues des prostaglandines (substances qui ont une structure proche des prostaglandines naturelles) augmentent l’élimination de l’humeur aqueuse. Comme les collyres bêtabloquants, ces collyres sont souvent prescrits en premier en raison de leur efficacité et de leurs faibles risques. Ils peuvent rarement entraîner des maux de tête ou aggraver un asthme préexistant.

Les effets indésirables locaux sont très fréquents, mais sans gravité : ces collyres peuvent modifier de façon définitive la couleur des yeux (qui deviennent plus foncés). Cette modification touche essentiellement les personnes dont la couleur des yeux n'est pas uniforme : vert marron, jaune marron. Elle est rare chez celles dont les yeux ont une couleur uniforme : bleu, gris, vert ou marron. Le préjudice est uniquement esthétique, sans conséquence connue sur la santé de l'œil. Il peut être gênant lorsque la coloration induite par le collyre n'est pas uniforme, ou lorsqu'un seul œil est traité. Ces collyres peuvent également augmenter la longueur des cils, mais celle-ci redevient normale après l’arrêt du traitement. Ils peuvent également provoquer l’apparition ou l’aggravation des cernes sous les yeux.

Les collyres contenant des analogues des prostaglandines doivent être utilisés avec précaution chez les patients à risque d’herpès oculaire ou d’inflammation oculaire. Ils contre-indiquent le port de lentilles de contact.

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Médicament générique

Les collyres inhibiteurs de l'anhydrase carbonique

L’anhydrase carbonique est une enzyme présente dans de nombreux tissus, y compris l’œil. Elle est active dans la sécrétion d’humeur aqueuse. Les collyres contenant des inhibiteurs de l’anhydrase carbonique réduisent de façon importante la formation de l’humeur aqueuse. Ils peuvent entraîner une sensation de brûlure locale et un goût amer à l’ingestion d’aliments ou de boissons. Chez les patients âgés, ils entraînent parfois de la fatigue et une humeur dépressive.

Les lentilles de contact souples doivent être ôtées avant l'instillation de ce type de collyre. Elles pourront éventuellement être replacées après un délai de quinze minutes.

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Médicament générique

Les associations d'antiglaucomateux

Des collyres associant deux médicaments antiglaucomateux peuvent être prescrits en cas d’échec d’un antiglaucomateux seul (bêtabloquant ou analogue des prostaglandines). Ces collyres permettent ainsi d’instiller plusieurs substances sans multiplier le nombre d’instillation, ce qui peut faciliter le suivi du traitement.

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Médicament générique

Les autres types de collyre

D’autres collyres sont destinés à augmenter le diamètre de la pupille (mydriatiques sympathomimétiques) ou à le diminuer (myotiques parasympathomimétiques), selon le type de glaucome diagnostiqué. Ils sont de moins en moins utilisés.

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Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Bien utiliser les collyres antiglaucomateux ?

Prévoyez un moment calme pour l’instillation des gouttes. Veillez à être bien installé et à bien tirer la paupière pour préparer un espace suffisant pour déposer la ou les gouttes de collyres.

L’administration correcte d'un collyre implique également de respecter quelques règles simples :

  • si deux collyres doivent être instillés au même moment de la journée, il est nécessaire d’attendre cinq minutes entre chaque collyre ;
  • pendant l’instillation du collyre et pendant la minute qui suit, il est important d’obstruer le canal lacrymal (par où sont éliminés les larmes et le collyre) en appuyant fortement son index au coin de l’œil, dans l’angle formé avec le nez ;
  • les collyres doivent être conservés selon les recommandations du fabricant et jetés après la durée indiquée ;
  • avec certains collyres, le port de lentilles de contact est contre-indiqué : vérifiez la notice.

Les médicaments par voie orale

Le seul médicament du glaucome par voie orale est un inhibiteur de l’anhydrase carbonique (DIAMOX). Il est prescrit dans le glaucome aigu et pour de courtes périodes en attendant un acte chirurgical lorsque les collyres ne suffisent plus à contrôler le glaucome. Ses effets indésirables sont nombreux : déshydratation, fatigue, déséquilibre du diabète, etc.


Les traitements laser contre le glaucome

L’usage du laser permet de pratiquer des interventions sans avoir à ouvrir l’œil. Dans le cas du glaucome, ce type de traitement vise à rétablir la circulation de l’humeur aqueuse dans le segment antérieur de l’œil. Ces interventions ne durent que quelques minutes et ne nécessitent qu’une anesthésie locale avec un collyre. Elles sont généralement suivies d’un traitement à base de collyres anti-inflammatoires pour favoriser la cicatrisation.

L'iridotomie périphérique

Cette petite intervention consiste à ouvrir, avec le laser, un minuscule trou à travers la base de l’iris, permettant ainsi de rétablir l’équilibre des pressions entre les parties du segment antérieur situées de part et d’autre de l’iris. L’iridotomie périphérique est pratiquée lors de glaucome aigu ou lorsque le cristallin gêne la circulation de l’humeur aqueuse en faisant pression sur la face postérieure de l’iris.

La trabéculoplastie

La trabéculoplastie consiste à ouvrir le trabéculum, en une ou deux séances de laser. Indolore, cette intervention est efficace pour restaurer une pression normale dans la chambre antérieure de l’œil, mais cette efficacité est limitée dans le temps (avec une récidive dans 30 % dans les cinq années qui suivent l’intervention). La trabéculoplastie est très fréquemment pratiquée pour retarder l’heure de la chirurgie quand les traitements médicaux sont à la limite de l’efficacité.

Le cycloaffaissement des corps ciliaires
Le cycloaffaissement est la destruction partielle des corps ciliaires (qui produisent l'humeur aqueuse) à l'aide du laser. Rarement pratiquée, elle n'est indiquée que dans le cas de glaucomes échappant à tous les autres types de traitement.

La chirurgie du glaucome

Les différents types d’intervention chirurgicale visent à favoriser l’élimination de l’humeur aqueuse. Ces techniques chirurgicales sont souvent pratiquées lorsque les traitements médicamenteux ou par laser n’ont pas réussi à contrôler le glaucome, ou lorsque les collyres sont mal tolérés par le patient.

Ces interventions chirurgicales se pratiquent généralement au cours d’une hospitalisation de courte durée (quelques heures à quelques jours), sous anesthésie locale (collyre anesthésique ou injection d’anesthésique local à proximité de l’œil), éventuellement associée à l’injection intraveineuse d’un produit relaxant. Si nécessaire, il est possible de pratiquer simultanément une intervention destinée à remplacer un cristallin opacifié (« opération de la cataracte »).

Après l’intervention, le patient doit porter une coque que l’œil opéré pendant 24 heures, puis des lunettes (pour protéger l’œil de chocs éventuels). La vision de l’œil opéré met quelques jours à se rétablir (mais elle reste au niveau qu’elle avait avant l’opération).

Les soins post-opératoires consistent en l’administration de collyre ou de pommade ophtalmique. Des visites de contrôle régulières sont nécessaires pour contrôler la pression intraoculaire, dépister l’apparition éventuelle de saignements ou d’infection, et s’assurer que les points de suture se résorbent bien.

La trabéculectomie

La trabéculectomie consiste à perforer le trabéculum pour laisser s’évacuer le trop-plein d’humeur aqueuse hors de l’œil, sous la paupière supérieure. Cette intervention crée une « soupape », la bulle de filtration, qui forme une petite protubérance sous la paupière supérieure. Lorsqu’elle est réussie, cette intervention permet à 70 à 80 % des patients de se passer de collyres.

La sclérotomie profonde

La sclérotomie profonde consiste à amincir la paroi de l’œil (la sclère) au niveau du trabéculum pour que l’humeur aqueuse puisse filtrer hors de l’œil. Ce type de chirurgie présente un moindre risque de complications post-opératoires (hémorragie, infection, etc.) car, au contraire de la trabéculectomie, l’œil n’est pas ouvert. Son efficacité à long terme pourrait être moindre que celle de cette dernière.


Sources et références de l'article "Glaucome"