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Les AVK en pratique

Mis à jour : Vendredi 12 Avril 2019

Prendre un traitement par AVK expose à certains dangers qu'il faut connaître.

AVK et automédication

Les antivitamines K (AVK) interagissent avec de très nombreuses substances, en augmentant le risque d’hémorragie ou de thrombose. Certaines de ces substances sont contre-indiquées avec les AVK : l’aspirine à forte dose, les médicaments contenant contenant du miconazole (Daktarin gel buccal, Gyno-Daktarin, Loramyc). D’autres substances sont déconseillées : l’aspirine à faible dose ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène, diclofénac, etc.). Les médicaments contenant du millepertuis (Arkogélules Millepertuis, Elusanes Millepertuis, MILDAC, PROSOFT) sont également contre-indiqués car ils diminuent l’effet anticoagulant et exposent à un risque de thrombose.

De nombreuses autres substances nécessitent des précautions d’emploi avec les AVK et il est indispensable de ne JAMAIS prendre un médicament sans en parler à son médecin. Même le paracétamol, qui est pourtant le médicament antidouleur de choix chez les patients traités par AVK, peut s’avérer dangereux s’il est pris à trop forte dose.

Ces précautions s’appliquent également aux compléments alimentaires ou aux produits à base de plantes. De nombreux ingrédients contenus dans ces produits peuvent augmenter le risque d’hémorragie : acides gras oméga-3 (huiles de poisson, par exemple), ail, curcuma, gingembre, ginkgo, ginseng, éleuthérocoque, kava, fève tonka, saule blanc, etc.

Pour toutes ces raisons, l’automédication ne doit jamais être pratiquée lorsqu’on prend des antivitamines K. Par mesure de sécurité, la prescription d’un autre médicament par le médecin s’accompagne fréquemment d’une mesure de l’INR du patient trois ou quatre jours après le début du traitement pour s’assurer que ce nouveau médicament n’a pas déséquilibré le traitement anticoagulant.

Quand doit-on avertir son médecin ?
Vous devez prévenir immédiatement votre médecin :
  • si votre INR sort de la fourchette acceptable (INR trop faible ou trop élevé) ;
  • si des saignements apparaissent, même minimes : gencives, nez, yeux (œil rouge), sang dans les urines, règles anormalement abondantes, apparition de « bleus » (ecchymoses), selles noires ou couvertes de sang rouge, vomissements ou crachats sanglants, coupure ou blessure qui n’arrête pas de saigner, etc. ;
  • si vous ressentez une fatigue ou une pâleur inhabituelle, un essoufflement anormal, un mal de tête qui ne passe pas malgré un traitement ou un malaise (signes de saignements internes).

Il est essentiel de connaître ces signes pour ne pas passer à côté d’un surdosage et d’hémorragies potentiellement mortelles.

Que faire en cas d'oubli de prise de ses AVK ?

Si vous oubliez de prendre votre traitement anticoagulant oral (AVK), vous pouvez prendre la dose oubliée dans un délai de huit heures après l’heure habituelle de prise. Passé ce délai, mieux vaut sauter cette prise et de prendre la suivante à l’heure habituelle, le lendemain. Il faut noter cet oubli dans votre carnet de suivi et prévenir votre médecin (ainsi que le laboratoire, si l’oubli survient peu de temps avant la prise de sang).

Les sept règles à respecter lorsqu'on prend un AVK
  • Respectez la dose de médicament anticoagulant qui vous a été prescrite et les heures de prise indiquées par votre médecin.
  • N’oubliez pas de faire mesurer votre INR au rythme indiqué par votre médecin.
  • Signalez que vous prenez un traitement par AVK à tous les professionnels de santé que vous consultez (médecin, pharmacien, laboratoire d’analyses, infirmière, dentiste, kinésithérapeute, pédicure, etc.). Les injections dans les muscles sont contre-indiquées chez les personnes qui prennent des AVK.
  • Si vous présentez un saignement, contactez rapidement votre médecin ou allez aux urgences les plus proches. Portez en permanence sur vous une carte indiquant que vous prenez un traitement anticoagulant (il y en a une à découper dans le carnet de suivi qui vous a été remis).
  • Remplissez votre carnet de traitement à chaque prise de sang (résultat de l’INR, dose quotidienne effectivement prise depuis le précédent INR). Notez tout incident ou oubli de prise, et pensez à l’apporter à chaque consultation.
  • Ayez une alimentation équilibrée et ne consommez de l’alcool que modérément.
  • Prenez l’avis de votre médecin avant toute prise de nouveau médicament, de compléments alimentaires, de produits de phytothérapie (plantes), ainsi qu’avant toute injection, extraction dentaire, soins des pieds, petite chirurgie ou projet de voyage.

Adapté du carnet d’information et de suivi du traitement (Afssaps).

AVK et alimentation

Certains aliments contiennent de la vitamine K en grande quantité et peuvent modifier votre INR (en bloquant l’action des AVK) : brocolis, laitue, épinards, choux, choux-fleurs, choux de Bruxelles, par exemple. Ces aliments ne sont pas interdits, à condition de les répartir dans votre alimentation de manière régulière et sans excès. Ce qui est dangereux pour l’INR, ce n’est pas de consommer ces aliments mais d’en avoir une consommation irrégulière.

AVK et grossesse

L’utilisation des AVK est contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement. Il existe d’autres types de traitement anticoagulant que le médecin peut prescrire en cas de besoin. Si vous prenez des AVK, informez votre médecin si vous découvrez que vous êtes enceinte ou si vous souhaitez l’être.

AVK et chirurgie

En pratique, un INR situé entre 2 et 3 n’empêche pas de subir de petites interventions : opération de la cataracte, chirurgie de la peau, injections dans les articulations (en cas d’arthrose par exemple), petite chirurgie de la bouche et des dents ou endoscopie digestive (sonde digestive pour faire des examens internes de l’estomac ou de l’intestin).

Une chirurgie plus lourde implique de cesser le traitement temporairement pour retrouver un INR inférieur à 1,5, voire 1,2 pour la chirurgie du cerveau.

AVK et voyages

En déplacement, pensez à emporter votre ordonnance, votre traitement en quantité suffisante, ainsi que votre carnet de suivi : certains AVK ne sont commercialisés qu’en France. En cas de voyage avec décalage horaire, demandez conseil à votre médecin pour ajuster vos horaires de prise. Attention, la valeur de l’INR peut varier entre deux laboratoires d’analyses, en particulier dans des pays différents. Renseignez-vous auprès de votre médecin.

Attention aux accidents et aux chutes !

Les personnes qui prennent des traitements anticoagulants par voie orale (AVK) doivent faire attention à se protéger de tout ce qui peut provoquer un saignement : sports violents ou à risque de chute ou de coupure, bricolage, etc. Les personnes âgées, davantage à risque de chute, doivent prendre les mesures adéquates pour sécuriser leur domicile et prévenir les chutes. Toute chute ou coup sur la tête doit systématiquement amener à consulter son médecin.

De plus, utilisez une brosse à dents souple (pour éviter de blesser vos gencives) et un rasoir électrique. Ne marchez pas pieds-nus et ne retirez pas vous-mêmes les cors ni les durillons de vos pieds.

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