EPIVIR

Mis à jour : Jeudi 14 Mai 2020
Famille du médicament :

Antirétroviral

Dans quel cas le médicament EPIVIR est-il prescrit ?

Ce médicament est un antirétroviral actif sur les virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Il appartient à la famille des inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse. En bloquant cette enzyme, il empêche la reproduction du virus dans les cellules infectées, sans toutefois permettre son élimination.

Il est utilisé dans le traitement de l'infection par le VIH en association avec d'autres médicaments antirétroviraux.

Vous pouvez consulter le(s) article(s) suivants :

Présentations du médicament EPIVIR

EPIVIR 150 mg : comprimé (blanc) ; flacon de 60
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 70,70 €.
EPIVIR 300 mg : comprimé (gris) ; flacon de 30
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 70,70 €.
EPIVIR 10 mg/ml : solution buvable (arômes : fraise, banane) ; flacon de 240 ml avec seringue doseuse de 10 ml graduée en ml
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 45,75 €.

Les prix mentionnés ne tiennent pas compte des « honoraires de dispensation » du pharmacien.

Composition du médicament EPIVIR

p cpp cpp 15 ml
Lamivudine150 mg300 mg150 mg
Saccharose3 g
Aucun excipient commun.

Attention

Des cas d'inflammation du pancréas (pancréatite) ont été rarement observés. Contactez rapidement votre médecin si vous ressentez de fortes douleurs au ventre et dans le dos.

La lamivudine a une activité antivirale vis-à-vis du virus de l'hépatite B. De ce fait, en cas d'hépatite B chronique associée à l'infection VIH, une surveillance biologique renforcée est nécessaire après l'interruption du traitement (risque de réactivation de l'hépatite).

Des atteintes osseuses sont possibles avec les antirétroviraux, en particulier en cas de traitement corticoïde, d'obésité, de consommation excessive d'alcool ou de dépression du système immunitaire. Prenez un avis médical en cas de douleur de la hanche, du genou ou de l'épaule, de raideur articulaire ou des difficultés à vous déplacer.

Une prise de poids ainsi qu'une augmentation des graisses et du glucose dans le sang peuvent survenir au cours d'un traitement antirétroviral : des analyses de sang régulières pourront être prescrites pour surveiller vos taux de sucres et de lipides dans le sang.

Le traitement antiviral n'élimine pas le risque de transmission du VIH à d'autres personnes lors de rapports sexuels : vous devez continuer à prendre les mesures de protections appropriées (préservatifs).

Interactions du médicament EPIVIR avec d'autres substances

Ce médicament ne doit pas être pris avec un autre médicament contenant de la lamivudine ou de l'emtricitabine.

L'association avec la cladribine n'est pas recommandée.

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

L'effet de ce médicament pendant la grossesse est mal connu. Si une grossesse survient au cours du traitement, prévenez votre médecin.

Les enfants nés de mère traitée avec ce médicament pendant la grossesse doivent faire l'objet d'un suivi médical renforcé.

Allaitement :

L'infection par le VIH contre-indique l'allaitement.

Mode d'emploi et posologie du médicament EPIVIR

Ce médicament peut être pris indifféremment pendant ou en dehors des repas.

Les comprimés doivent être pris de préférence tels quels. Néanmoins, pour les personnes ayant du mal à avaler les comprimés, ceux-ci peuvent être écrasés et mélangés à une petite quantité de nourriture semi-solide ou de liquide, et pris immédiatement. Ils peuvent également utiliser la solution buvable.

Posologie usuelle :

  • Adulte et enfant de plus de 25 kg : 150 mg, 2 fois par jour ou 300 mg, 1 fois par jour.

  • Enfant de plus de 3 mois pesant moins de 25 kg :

    • Enfant de plus de 1 an : 4 mg par kg, 2 fois par jour ou 8 mg par kg, 1 fois par jour, sans dépasser la dose journalière de 300 mg ; soit par exemple pour un enfant de 14 de 19 kg : 1/2 comprimé à 150 mg, 2 fois par jour ou 1 comprimé à 150 mg, 1 fois par jour.

    • Enfant de 3 mois à 1 an : 4 mg par kg, 2 fois par jour.

Les doses doivent être adaptées en cas d'insuffisance rénale.

Conseils

Ce traitement doit être pris tous les jours : veiller à toujours disposer d'une réserve de médicament.

L'activité d'un traitement antirétroviral est maximale si vous respectez strictement les doses et les modalités de prise. Dans le cas contraire, il existe un risque d'apparition de résistances virales qui peut compromettre l'efficacité des traitements ultérieurs.

Le traitement nécessite un suivi régulier pour s'assurer du bon contrôle de l'infection et prévenir la survenue de complications évolutives (notamment des infections opportunistes). Il est important de garder un contact régulier avec votre médecin traitant.

Conditions particulières de délivrance :

Ce médicament est un médicament à prescription restreinte : il doit être obligatoirement prescrit pour la première fois à l'hôpital (prescription initiale hospitalière annuelle). La prescription peut être renouvelée par le médecin traitant (pour une durée maximale d'un an, si les examens sont satisfaisants) mais toute modification nécessite une nouvelle prescription hospitalière. Elle doit être renouvelée après 12 mois obligatoirement à l'hôpital. La délivrance des antirétroviraux se fait sur la présentation des 2 ordonnances : la prescription initiale hospitalière datant de moins de 1 an et l'ordonnance de renouvellement du médecin de ville identique à cette dernière.

Effets indésirables possibles du médicament EPIVIR

Fréquents (1 à 10 % des cas) : maux de tête, insomnie, toux, nausées, vomissements, diarrhées, douleur abdominales, douleur articulaire ou musculaire, éruption cutanée, chute de cheveux, fatigue, malaise.

Peu fréquents (moins de 1 % des cas) : augmentation des transaminases ; anémie, baisse des globules blancs (toutes les deux parfois importantes).

Rares : fourmilllements, hépatite, inflammation du pancréas (pancréatite), acidose lactique.

Des atteintes osseuses, une prise de poids ainsi qu'une augmentation des graisses et du glucose dans le sang ont également été rapportées au cours d'un traitement antirétroviral.

Vous avez ressenti un effet indésirable susceptible d’être dû à ce médicament, vous pouvez le déclarer en ligne.

LEXIQUE

acidose lactique

Complication exceptionnelle, mais grave, souvent liée à l'emploi des antidiabétiques appartenant à la famille des biguanides ou de médicaments contre l'infection par le VIH (virus du sida). Elle consiste en l'accumulation d'acide lactique, responsable de crampes musculaires, de troubles digestifs, de fatigue, de respiration difficile, etc. Ces symptômes ne doivent pas être confondus avec les crampes banales observées après un effort ou après la prise de certains diurétiques. L'acidose lactique est favorisée par une insuffisance rénale, par une insuffisance hépatique grave, par un surdosage de médicaments, par les boissons alcoolisées ou par un jeûne prolongé.

anémie

Baisse du taux d'hémoglobine dans le sang, qui se traduit le plus souvent par une baisse du nombre des globules rouges. Le fer est indispensable à la synthèse de l'hémoglobine. Une carence en fer lors d'une grossesse, d'un régime végétarien, d'hémorragies abondantes ou répétées (règles) est une cause fréquente d'anémie. D'autres causes, plus rares, sont liées à des carences en vitamines du groupe B.

antirétroviral

Médicament inhibant la reproduction des rétrovirus, dont le virus du sida (VIH).

corticoïde

Substance proche de la cortisone. Les corticoïdes naturels, nécessaires au fonctionnement de l'organisme, sont fabriqués par les glandes surrénales. Les corticoïdes de synthèse, dérivés chimiques de la cortisone, sont utilisés comme anti-inflammatoires puissants.

diarrhée

Le sens médical strict de diarrhée est « émission de selles trop fréquentes et trop abondantes ». En fait, le sens commun assimile la diarrhée à la notion de selles liquides et fréquentes. Normalement, les selles sont pâteuses, mais l'émission de selles liquides ou à peine formées, sans douleur ou trouble particulier associé, n'est pas pathologique. On peut parler de diarrhée lorsque les émissions de selles liquides se répètent dans la journée, et que les besoins sont impérieux ou douloureux.

Beaucoup de médicaments peuvent accélérer le transit intestinal et rendre les selles plus liquides, sans que cet effet indésirable soit réellement préoccupant.

Les antibiotiques peuvent altérer la flore digestive, indispensable à la digestion, et provoquer des diarrhées plus ou moins gênantes mais bénignes. L'effet apparaît immédiatement ou après quelques jours de traitement. Une forme de diarrhée grave et exceptionnelle, la colite pseudomembraneuse, peut être observée après un traitement antibiotique ; cette affection se traduit par l'émission de glaires et de fausses membranes (ressemblant à des lambeaux de peau) associées à des douleurs abdominales ; une constipation peut remplacer la diarrhée initiale. La colite pseudomembraneuse peut survenir plusieurs jours après l'arrêt du traitement antibiotique et nécessite un avis médical urgent.

enzyme

Substance capable d'activer une réaction chimique spécifique.

éruption cutanée

Apparition de boutons ou de plaques sur la peau. Ces lésions peuvent être dues à un aliment, à un médicament, et traduire une allergie ou un effet toxique. De nombreux virus peuvent également provoquer des éruptions de boutons : celles de la rubéole, de la roséole et de la rougeole sont les plus connues.

hépatite

Inflammation du foie. Elle peut être due à un médicament, à un virus, à l'alcool ou à une autre cause.

Les hépatites virales guérissent généralement sans traitement. Contrairement aux hépatites A et E presque toujours bénignes, les hépatites B et C peuvent devenir chroniques : le virus persiste dans l'organisme du malade qui reste contagieux mais ne souffre pas obligatoirement de troubles hépatiques. L'hépatite chronique est dite active lorsque le virus continue à détruire les cellules du foie, destruction traduite par l'augmentation des transaminases dans le sang.

infections opportunistes

Infections secondaires à un déficit immunitaire, dues notamment à une infection par le VIH (virus du sida). Les germes responsables (virus, bactéries ou levures) profitent de la baisse des défenses de l'organisme pour provoquer une infection. La plupart de ces germes n'entraînent pas d'infection lorsqu'il n'y a pas de déficit immunitaire.

inflammation

Réaction naturelle de l'organisme contre un élément reconnu comme étranger. Elle se manifeste localement par une rougeur, une chaleur, une douleur ou un gonflement.

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

médicament à prescription restreinte
Terme regroupant certains médicaments susceptibles de poser des problèmes en matière de santé publique et dont la prescription obéit à des règles précises :
  • Médicament réservé à l'usage hospitalier : il ne peut être ni prescrit ni délivré en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière : il doit être obligatoirement prescrit initialement à l'hôpital, mais la délivrance du médicament et les ordonnances de renouvellement peuvent être réalisées en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à surveillance particulière : pendant toute la durée du traitement, les malades traités par un médicament appartenant à cette catégorie doivent faire l'objet de soins particuliers (prises de sang, examens complémentaires, consultations plus fréquentes). Le renouvellement de l'ordonnance est subordonné au respect des règles de surveillance.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les médicaments d'exception et les stupéfiants (voir ces termes).

pancréatite

Inflammation ou infection du pancréas. Cette glande située derrière l'estomac sécrète des enzymes digestives ainsi que l'insuline, indispensable au métabolisme des sucres.

Une pancréatite aiguë se traduit par des douleurs abdominales ou dorsales extrêmement violentes. Elle est confirmée par une prise de sang spécifique.

transaminases

Enzymes dosées dans le sang, dont le taux s'élève lors de certaines hépatites. Elles figurent dans les analyses de sang sous le nom de SGOT et SGPT ou ASAT et ALAT.

VIH

Abréviation du virus de l'immunodéficience humaine (en anglais HIV), responsable d'une infection pouvant évoluer vers le sida.

On distingue le VIH-1 (responsable de l'épidémie mondiale) et le VIH-2 (beaucoup moins répandu que le VIH-1, surtout présent en Afrique de l'Ouest).

virus

Organisme microscopique qui pénètre dans les cellules de l'hôte, où il se reproduit. Beaucoup plus petits que les bactéries, les virus sont insensibles aux antibiotiques. Ils peuvent parfois être détruits par des substances antivirales.