RETROVIR

Mis à jour : Mardi 18 Juin 2019
Famille du médicament :

Antiviral

Dans quel cas le médicament RETROVIR est-il prescrit ?

Ce médicament est un antirétroviral actif sur les virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Il appartient à la famille des inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse. En bloquant cette enzyme, il empêche la reproduction du virus dans les cellules infectées, sans toutefois permettre son élimination.

Il est utilisé chez les patients infectés par le VIH en association avec d'autres médicaments antirétroviraux.

Il peut être utilisé chez la femme enceinte infectée par le VIH et chez le nouveau-né afin de prévenir le risque de transmission materno-fœtale.

Vous pouvez consulter le(s) article(s) suivants :

Présentations du médicament RETROVIR

RETROVIR 100 mg/10 ml : solution buvable (jaune pâle ; arôme fraise) ; flacon de 200 ml avec seringue de 1 ml graduée en ml
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 26,91 €.
RETROVIR 100 mg/10 ml : solution buvable (jaune pâle ; arôme fraise) ; flacon de 200 ml avec seringue de 10 ml graduée en ml
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 26,91 €.
RETROVIR 100 mg : gélule (blanche à bande bleu foncé) ; boîte de 100
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 128,19 €.
RETROVIR 250 mg : gélule (blanc et bleu à bande bleu foncé) ; boîte de 40
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 128,19 €.

Les prix mentionnés ne tiennent pas compte des « honoraires de dispensation » du pharmacien.

Composition du médicament RETROVIR

p 10 ml p gél p gél
Zidovudine100 mg100 mg 250 mg
Maltitol+
Glycérol+
Aucun excipient commun.

Contre-indications du médicament RETROVIR

Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :

Attention

Une diminution du nombre des globules rouges (anémie) ou de certains globules blancs (neutropénie) peut survenir au cours du traitement. Ce risque est accru lorsque certains médicaments sont associés (voir Interactions). Une surveillance régulière de la numération formule sanguine est proposée en début de traitement puis tous les 3 mois en moyenne en cas de bonne tolérance. Le traitement doit parfois être interrompu ou donné à plus faible dose. Ces anomalies régressent habituellement rapidement à l'arrêt du traitement.

Une augmentation du volume des globules rouges (augmentation du VGM sur la numération formule sanguine) est habituelle après quelques semaines de traitement par la zidovudine. Cette modification biologique n'entraîne pas un risque accru d'anémie et ne doit pas faire modifier le traitement lorsqu'elle est isolée.

Des douleurs musculaires peuvent survenir, surtout après plusieurs mois de traitement. La toxicité musculaire est dépistée par une surveillance environ tous les 3 mois des enzymes musculaires (CPK). Le taux des CPK est généralement élevé en cas de toxicité musculaire, mais une augmentation isolée doit être recontrôlée avant de modifier le traitement. L'examen doit être réalisé en dehors d'un effort musculaire important pour pouvoir être convenablement interprété. Les douleurs musculaires surviennent progressivement pour des efforts de moins en moins importants, avec une lenteur de récupération et une faiblesse inhabituelle. Ces douleurs peuvent être très invalidantes, avec une récupération très lente à l'arrêt du traitement. C'est pourquoi il apparaît préférable de changer le traitement antiviral si elles persistent.

Ce médicament expose à un risque de complication rare mais grave : l'acidose lactique. Certains signes peuvent précéder sa survenue : manifestations digestives (nausées, vomissements, perte de l'appétit, douleurs abdominales, diarrhée), neuromusculaires (crampes ou douleurs musculaires, fourmillements des membres). Plus tardivement, apparaissent une altération de l'état général (fatigue importante, perte de poids) et des manifestations respiratoires (essoufflement). Il est donc important de consulter devant ses signes et d'effectuer une prise de sang comportant un dosage des lactates. L'aggravation de cette complication peut être brutale. Certains facteurs de risque sont signalés : l'obésité, le sexe féminin, certaines situations particulières (intervention chirurgicale, infection, grossesse), ou une maladie hépatique.

Le traitement antiviral n'élimine pas le risque de transmission du VIH à d'autres personnes lors de rapports sexuels : vous devez continuer à prendre les mesures de protections appropriées (préservatifs).

Interactions du médicament RETROVIR avec d'autres substances

Ce médicament ne doit pas être associé à la stavudine.

L'association à la ribavirine n'est pas conseillée ou justifie une surveillance accrue (possible diminution de l'effet antiviral du Retrovir).

L'association de certains médicaments ayant une toxicité sur la moelle osseuse, lieu de production des cellules du sang, est déconseillée ou justifie une surveillance biologique accrue (triméthoprime, chimiothérapie, interféron, ganciclovir).

De nombreux autres médicaments (rifampicine, phénytoïne, probénécide, acide valproïque, méthadone, aspirine, codéine, morphine, indométacine, kétoprofène, naproxène, oxazépam, lorazépam, cimétidine, clofibrate, dapsone et isoprinosine) sont susceptibles d'interagir avec le Retrovir.

La liste des médicaments susceptibles d'interagir n'est pas exhaustive et les recommandations vis-à-vis de l'association à certains médicaments dépendent des situations et de l'importance de ce traitement associé.

Il est préférable de demander conseil à votre médecin traitant ou à votre pharmacien pour la prise d'autres médicaments en association avec le Retrovir, surtout en cas de prise prolongée.

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

L'utilisation de ce médicament chez les femmes enceintes de plus de 14 semaines, suivie du traitement des nouveau-nés, réduit significativement le taux de transmission materno-fœtale du VIH. Un risque de transmission persiste toutefois malgré le traitement.

Allaitement :

L'infection par le VIH contre-indique l'allaitement.

Mode d'emploi et posologie du médicament RETROVIR

Ce médicament peut être pris indifféremment pendant ou en dehors des repas.

Posologie usuelle :

  • Adulte et adolescent pesant plus de 30 kg : 250 mg ou 300 mg, 2 fois par jour, en association avec d'autres agents antirétroviraux.

  • Enfant de 9 à 29 kg (inclus) : 9 mg par kg, 2 fois par jour, en association avec d'autres agents antirétroviraux.

  • Enfant de 4 à 8 kg (inclus) : 12 mg par kg, 2 fois par jour, en association avec d'autres agents antirétroviraux.

Prévention de la transmission materno-fœtale :
  • Chez la femme enceinte à partir de la 14e semaine : 500 mg par jour (100 mg, 5 fois par jour) jusqu'au déclenchement du travail. Pendant le travail et l'accouchement, le médicament est administré par perfusion intraveineuse. En cas de travail inefficace, la perfusion intraveineuse doit être interrompue et le traitement par voie orale repris. En cas de césarienne programmée, la perfusion de zidovudine est débutée 4 heures avant l'intervention.

  • Chez le nouveau-né : le traitement doit débuter dans les 12 heures qui suivent la naissance, à la dose de 2 mg par kg, toutes les 6 heures, et est poursuivi jusqu'à l'âge de 6 semaines ; soit par exemple, un nouveau-né de 3 kg : une dose de 0,6 ml de solution buvable toutes les 6 heures. Chez les enfants ne pouvant pas recevoir le traitement par voie orale, la zidovudine peut être administrée en perfusion intraveineuse, d'au moins 30 minutes, à la posologie de 1,5 mg par kg de poids, toutes les 6 heures.

Les doses doivent être adaptées en cas d'insuffisance hépatique et d'insuffisance rénale.

Conseils

Le traitement doit être pris tous les jours : veillez à toujours disposer d'une réserve de médicament.

Ce médicament doit être conservé à une température ne dépassant pas 30° C et à l'abri de la lumière. Le flacon de solution buvable ne doit pas être conservé plus de 1 mois après ouverture.

L'activité d'un traitement antirétroviral est maximale si vous respectez strictement les doses et les modalités de prise. Dans le cas contraire, il existe un risque d'apparition de résistances virales qui peut compromettre l'efficacité des traitements ultérieurs.

Le traitement nécessite un suivi régulier pour s'assurer du bon contrôle de l'infection et prévenir la survenue de complications évolutives (notamment des infections opportunistes). Il est important de garder un contact régulier avec votre médecin traitant.

Conditions particulières de délivrance :

Ce médicament est un médicament à prescription restreinte : il doit être obligatoirement prescrit pour la première fois à l'hôpital (prescription initiale hospitalière annuelle).

La prescription peut être renouvelée par le médecin traitant (pour une durée maximale d'un an, si les examens sont satisfaisants) mais toute modification nécessite une nouvelle prescription hospitalière. Elle doit être renouvelée après 12 mois obligatoirement à l'hôpital.

La délivrance des antirétroviraux se fait sur la présentation des 2 ordonnances : la prescription initiale hospitalière datant de moins de 1 an et l'ordonnance de renouvellement du médecin de ville identique à cette dernière.

Effets indésirables possibles du médicament RETROVIR

Certains effets indésirables sont fréquents, surtout en début de traitement : maux de tête, nausées, douleurs abdominales, perte d'appétit, fatigue. Ils régressent habituellement en quelques semaines.

Une baisse des globules rouges (anémie) et de certains globules blancs (neutropénie) peut survenir, en général après 4 à 6 semaines de traitement (voir Attention), parfois plus précocément. Une surveillance régulière de la numération formule sanguine est nécessaire.

Des douleurs musculaires peuvent survenir après quelques mois de traitement (voir Attention).

Autres effets indésirables possibles : vomissements, modification du goût ou perception de mauvaises odeurs, éruptions cutanées, pigmentation des ongles et de la peau.

Le traitement par la zidovudine peut entraîner une complication exceptionnelle, mais grave : l'acidose lactique (voir Attention).

Vous avez ressenti un effet indésirable susceptible d’être dû à ce médicament, vous pouvez le déclarer en ligne.

LEXIQUE

acidose lactique

Complication exceptionnelle, mais grave, souvent liée à l'emploi des antidiabétiques appartenant à la famille des biguanides ou de médicaments contre l'infection par le VIH (virus du sida). Elle consiste en l'accumulation d'acide lactique, responsable de crampes musculaires, de troubles digestifs, de fatigue, de respiration difficile, etc. Ces symptômes ne doivent pas être confondus avec les crampes banales observées après un effort ou après la prise de certains diurétiques. L'acidose lactique est favorisée par une insuffisance rénale, par une insuffisance hépatique grave, par un surdosage de médicaments, par les boissons alcoolisées ou par un jeûne prolongé.

anémie

Baisse du taux d'hémoglobine dans le sang, qui se traduit le plus souvent par une baisse du nombre des globules rouges. Le fer est indispensable à la synthèse de l'hémoglobine. Une carence en fer lors d'une grossesse, d'un régime végétarien, d'hémorragies abondantes ou répétées (règles) est une cause fréquente d'anémie. D'autres causes, plus rares, sont liées à des carences en vitamines du groupe B.

antirétroviral

Médicament inhibant la reproduction des rétrovirus, dont le virus du sida (VIH).

diarrhée

Le sens médical strict de diarrhée est « émission de selles trop fréquentes et trop abondantes ». En fait, le sens commun assimile la diarrhée à la notion de selles liquides et fréquentes. Normalement, les selles sont pâteuses, mais l'émission de selles liquides ou à peine formées, sans douleur ou trouble particulier associé, n'est pas pathologique. On peut parler de diarrhée lorsque les émissions de selles liquides se répètent dans la journée, et que les besoins sont impérieux ou douloureux.

Beaucoup de médicaments peuvent accélérer le transit intestinal et rendre les selles plus liquides, sans que cet effet indésirable soit réellement préoccupant.

Les antibiotiques peuvent altérer la flore digestive, indispensable à la digestion, et provoquer des diarrhées plus ou moins gênantes mais bénignes. L'effet apparaît immédiatement ou après quelques jours de traitement. Une forme de diarrhée grave et exceptionnelle, la colite pseudomembraneuse, peut être observée après un traitement antibiotique ; cette affection se traduit par l'émission de glaires et de fausses membranes (ressemblant à des lambeaux de peau) associées à des douleurs abdominales ; une constipation peut remplacer la diarrhée initiale. La colite pseudomembraneuse peut survenir plusieurs jours après l'arrêt du traitement antibiotique et nécessite un avis médical urgent.

effets indésirables

La tendance actuelle dans les textes officiels est de rapporter la totalité des symptômes gênants observés, même exceptionnellement, chez les personnes ayant utilisé le médicament lors des études scientifiques.

Certains de ces troubles sont réellement dus au médicament et constituent ses effets indésirables ; lorsqu'il existe un risque grave ou important, un message spécifique figure généralement dans la rubrique Attention.

D'autres troubles peuvent avoir été constatés sans que le médicament ne possède de responsabilité réelle dans leur survenue.

Dans un souci d'exhaustivité, nous avons choisi de reproduire l'intégralité des troubles énumérés dans les textes officiels, bien que nous ayons conscience du risque de créer une inquiétude injustifiée. L'information précise du public reste néanmoins notre principale priorité. Il faut donc avoir conscience, en lisant la rubrique Effets indésirables possibles des nouveaux médicaments, que les troubles cités ne sont pas forcément imputables à la molécule utilisée.

enzyme

Substance capable d'activer une réaction chimique spécifique.

éruption cutanée

Apparition de boutons ou de plaques sur la peau. Ces lésions peuvent être dues à un aliment, à un médicament, et traduire une allergie ou un effet toxique. De nombreux virus peuvent également provoquer des éruptions de boutons : celles de la rubéole, de la roséole et de la rougeole sont les plus connues.

globule blanc

Cellule présente dans le sang. Il en existe différents types : les polynucléaires neutrophiles, qui augmentent lors des infections ; les polynucléaires éosinophiles, dont le nombre est élevé chez les personnes allergiques ou en cas de parasitose ; les polynucléaires basophiles ; les lymphocytes et monocytes, dont le nombre s'élève en cas d'infection virale ou d'atteinte de la moelle osseuse.

globule rouge

Cellule présente dans le sang (5 millions par mm3), qui contient l'hémoglobine.

Synonyme : hématie.

infections opportunistes

Infections secondaires à un déficit immunitaire, dues notamment à une infection par le VIH (virus du sida). Les germes responsables (virus, bactéries ou levures) profitent de la baisse des défenses de l'organisme pour provoquer une infection. La plupart de ces germes n'entraînent pas d'infection lorsqu'il n'y a pas de déficit immunitaire.

insuffisance hépatique

Incapacité du foie à remplir sa fonction, qui est essentiellement l'élimination de certains déchets, mais également la synthèse de nombreuses substances biologiques indispensables à l'organisme : albumine, cholestérol et facteurs de la coagulation (vitamine K, etc.).

insuffisance médullaire

Atteinte de la moelle osseuse, qui devient incapable de produire les cellules du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes).

Voir aussi : aplasie médullaire.

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

intraveineuse (voie ou injection)

Injection d'un médicament dans une veine, généralement au pli du coude, après désinfection de la peau. Lorsqu'il s'agit d'une injection intraveineuse directe à l'aide d'une seringue, l'effet du médicament est immédiat, mais bref. À l'inverse, la perfusion permet une administration continue et contrôlée de la substance active, diluée dans un flacon de sérum.

Abréviation : IV.

médicament à prescription restreinte
Terme regroupant certains médicaments susceptibles de poser des problèmes en matière de santé publique et dont la prescription obéit à des règles précises :
  • Médicament réservé à l'usage hospitalier : il ne peut être ni prescrit ni délivré en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière : il doit être obligatoirement prescrit initialement à l'hôpital, mais la délivrance du médicament et les ordonnances de renouvellement peuvent être réalisées en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à surveillance particulière : pendant toute la durée du traitement, les malades traités par un médicament appartenant à cette catégorie doivent faire l'objet de soins particuliers (prises de sang, examens complémentaires, consultations plus fréquentes). Le renouvellement de l'ordonnance est subordonné au respect des règles de surveillance.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les médicaments d'exception et les stupéfiants (voir ces termes).

numération formule sanguine

La numération mesure le nombre de globules rouges (hématies), de globules blancs (leucocytes) et de plaquettes dans le sang. La formule sanguine précise le pourcentage des différents globules blancs : neutrophiles, éosinophiles, basophiles, lymphocytes, monocytes.

Abréviation : NFS.

perfusion

Administration très lente d'une substance par voie intraveineuse. Le flacon est relié à la veine par un tuyau souple et transparent permettant de contrôler le débit.

Synonyme : goutte-à-goutte.

transmission materno-fœtale

Transmission d'un germe d'une mère infectée à son enfant pendant la grossesse, par le passage du germe à travers le placenta (échanges sanguins entre la mère et le fœtus), ou lors de l'accouchement.

VIH

Abréviation du virus de l'immunodéficience humaine (en anglais HIV), responsable d'une infection pouvant évoluer vers le sida.

On distingue le VIH-1 (responsable de l'épidémie mondiale) et le VIH-2 (beaucoup moins répandu que le VIH-1, surtout présent en Afrique de l'Ouest).

virus

Organisme microscopique qui pénètre dans les cellules de l'hôte, où il se reproduit. Beaucoup plus petits que les bactéries, les virus sont insensibles aux antibiotiques. Ils peuvent parfois être détruits par des substances antivirales.