DÉPAKINE CHRONO

Mis à jour : Jeudi 14 Mai 2020
Famille du médicament :

Antiépileptique

Médicament sous surveillance renforcée Ce médicament fait l’objet d’une surveillance supplémentaire afin de pouvoir identifier rapidement de nouvelles informations sur sa sécurité d’emploi.

Dans quel cas le médicament DÉPAKINE CHRONO est-il prescrit ?

Ce médicament appartient à la famille des anticonvulsivants non barbituriques. Ces comprimés sont à libération prolongée, c'est-à-dire qu'ils libèrent de façon régulière et prolongée le médicament dans l'organisme.

Il est utilisé, seul ou en association avec un autre antiépileptique, dans le traitement de l'épilepsie.

Vous pouvez consulter le(s) article(s) suivants :

Présentations du médicament DÉPAKINE CHRONO

DÉPAKINE CHRONO 500 mg : comprimé sécable à libération prolongée (oblong ; blanc) ; boîte de 30
Sur ordonnance (Liste II), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 65 % - Prix : 6,79 €.

Les prix mentionnés ne tiennent pas compte des « honoraires de dispensation » du pharmacien.

Composition du médicament DÉPAKINE CHRONO

p cp LP
Valproate de sodium500 mg
dont Acide valproïque145 mg
Excipients : Éthylcellulose, Eudragit E 30D, Hypromellose, Macrogol 6000, Saccharine sodique, Silice colloïdale anhydre, Silice colloïdale hydratée, Sodium, Talc, Titane dioxyde

Contre-indications du médicament DÉPAKINE CHRONO

Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :
  • hépatite,

  • antécédent personnel ou familial d'hépatite grave (due notamment à un médicament),

  • porphyrie hépatique,

  • femme en âge de procréer qui ne peut pas suivre les mesures pour éviter une grossesse,

  • grossesse (sauf en cas d'absolue nécessité),

  • en association avec le millepertuis.

Attention

Plusieurs études ont montré que les enfants nés de mère traitée par l'acide valproïque (valproate de sodium ou valpromide) pendant la grossesse présentent un risque accru de malformations et de troubles du développement (intellectuel, comportemental...). L'utilisation de ce médicament chez l'adolescente et la femme en âge de procréer ne doit donc être envisagée qu'en cas d'absolue nécessité et une contraception efficace doit être suivie pendant tout le traitement. Sa prescription chez la femme ne peut se faire sans que celle-ci ait reçu la brochure d'information qui explique les risques pour les enfants à naître et signé un formulaire d'accord de soins.

Une hépatite peut exceptionnellement survenir pendant le traitement, le plus souvent dans les 6 premiers mois. Le nourrisson et les enfants de moins de 3 ans sont particulièrement. Certains signes évocateurs doivent vous amener à consulter votre médecin : une perte de l'appétit, une fatigue anormale avec nausées et parfois vomissements et douleurs abdominales, voire la réapparition des crises d'épilepsie.

Des prises de sang régulières sont pratiquées pour la surveillance du traitement, notamment pour contrôler le bon fonctionnement du foie et la coagulation du sang.

Une augmentation du risque de dépression et de comportement suicidaire a été observée chez les patients traités par antiépileptiques. Les causes de cette augmentation ne sont pas connues et le risque ne peut être exclu avec ce médicament. La survenue d'idées morbides ou de signes de dépression (changement d'humeur, détachement affectif, difficultés de concentration...) doit être rapidement signalée à votre médecin. La vigilance de l'entourage s'impose.

Ne modifiez ni n'interrompez jamais le traitement antiépileptique sans l'avis de votre médecin : risque de réapparition des convulsions même si aucune crise n'est survenue depuis une longue période.

Des précautions sont nécessaires en cas d'insuffisance rénale ou de lupus érythémateux disséminé.

Attention : conducteurLa conduite automobile et l'utilisation de machines dangereuses sont contre-indiquées chez les épileptiques lorsque les crises persistent malgré un traitement préventif. Par ailleurs, ce médicament peut être à l'origine d'une somnolence ou d'une baisse de la vigilance.

Interactions du médicament DÉPAKINE CHRONO avec d'autres substances

Ce médicament ne doit pas être associé avec les produits de phytothérapie contenant du millepertuis : risque de crise d'épilepsie par diminution de l'effet anticonvulsivant.

Il peut interagir avec le lamotrigine (LAMICTAL...) et les antibiotiques contenant de l'imipénem : le médecin en tient compte dans sa prescription.

Informez par ailleurs votre médecin si vous prenez médicament contenant de l'acétazolamide, de la carbamazépine, du phénobarbital, de la primidone, de la phénytoïne, de la rifampicine, du rufinamide, du topiramate, de la zidovudine ou du zonisamide.

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

Ce médicament augmente le risque d'anomalies chez l'enfant à naître : multiplication par 3 à 4 du risque de malformations (système nerveux, cœur, rein, membres...), augmentation du risque de troubles psychomoteurs, augmentation de la fréquence des troubles envahissants du développement (syndromes apparentés à l'autisme).

En conséquence, ce médicament ne doit pas être utilisé pendant la grossesse ni chez les femmes en âge de procréer, sauf en cas de réelle nécessité (par exemple en cas d'inefficacité ou d'intolérance aux alternatives médicamenteuses).

Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement. Un désir de grossesse nécessite, lorsque cela est possible, le remplacement de ce médicament par un autre antiépileptique.

Si une grossesse survient alors que vous prenez ce médicament, consultez le plus rapidement possible votre médecin. L'arrêt brutal de ce médicament expose à la réapparition de crises préjudiciables à la mère et à l'enfant à naître. Le médecin appréciera le risque éventuel lié à l'utilisation de ce médicament dans votre cas. Si ce médicament devait absolument être maintenu, sa posologie devrait être adaptée pour minimiser les risques (dose minimale efficace). Des examens de surveillance seront alors effectués régulièrement. Si le traitement est poursuivi jusqu'à l'accouchement, une surveillance médicale du nouveau-né est nécessaire.

Allaitement :

Ce médicament passe faiblement dans le lait maternel.

Mode d'emploi et posologie du médicament DÉPAKINE CHRONO

Les comprimés doivent être avalés sans être écrasés ni croqués et pris de préférence au cours des repas pour limiter les troubles digestifs.

Afin d'éviter les oublis, il est recommandé de prendre ce médicament à heure fixe.

Les comprimés ne sont pas adaptés à l'enfant de moins de 6 ans. En effet, ils risquent d'obstruer les voies respiratoires si l'enfant déglutit mal et que le comprimé passe dans la trachée (fausse route).

Posologie usuelle :

  • Adulte et enfant de plus 17 kg : 20 à 30 mg par kg et par jour, répartis en 1 ou 2 prises. Cette posologie est atteinte progressivement, puis adaptée par le médecin en fonction de l'efficacité du traitement.

Conseils

Veillez à ne pas manquer de ce médicament ; lors de vos déplacements, munissez-vous d'une réserve ou de votre ordonnance en cours de validité.

Une prise de poids peut être observée au cours du traitement. Une alimentation équilibrée, et si nécessaire les conseils d'un nutritionniste, peuvent prévenir ou limiter ce phénomène.

Conditions particulières de délivrance :

Ce médicament est un médicament à prescription restreinte chez l'adolescente et la femme en âge d'avoir des enfants : la prescription initiale ne peut être réalisée que par un médecin spécialiste (neurologue, psychiatre ou pédiatre). Cette ordonnance initiale doit être présentée avec celles destinées aux renouvellements qui peuvent être rédigées par un autre médecin. De plus, un accord de soins signé doit être présenté en même temps au pharmacien. Le traitement doit être réévalué chaque année par un médecin spécialiste.

Effets indésirables possibles du médicament DÉPAKINE CHRONO

Très fréquents (plus de 10 % des personnes) : nausées, tremblements.

Fréquents (1 à 10 % des personnes) : vomissements, diarrhées, maux d'estomac, le plus souvent en début de traitement ; gonflement des gencives, inflammation de la bouche, prise de poids, somnolence, maux de tête, sensation de vertiges, troubles de la mémoire, confusion des idées, agressivité, hallucinations, agitation, troubles de l'attention, baisse d'audition, syndrome extrapyramidal, mouvements involontaires et saccadés des yeux, règles irrégulières, saignements, anémie, baisse des plaquettes sanguines, hépatite (voir Attention).

Peu fréquents (0,1 à 1 % des personnes) : chute de cheveux souvent passagère, texture anormale des cheveux, absence de règles, ostéoporose, trouble de la fertilité réversible à l'arrêt du traitement, insuffisance rénale, pancréatite, réaction allergique.

Rares : incontinence urinaire, éruption cutanée potentiellement grave, faiblesse musculaire, lupus érythémateux, anomalie de la numération formule sanguine.

Vous avez ressenti un effet indésirable susceptible d’être dû à ce médicament, vous pouvez le déclarer en ligne.

Plan de Gestion des Risques du médicament DÉPAKINE CHRONO

Depuis 2005, certains médicaments font l'objet d'une surveillance spéciale destinée à évaluer, tout au long de leur commercialisation, les risques qu'ils pourraient entraîner. Ce système de surveillance est appelé Plan de gestion des risques (PGR).
Retrouvez les documents de réduction des risques mis en place dans le cadre du Plan de gestion des risques.

image avertissement

LEXIQUE

anémie

Baisse du taux d'hémoglobine dans le sang, qui se traduit le plus souvent par une baisse du nombre des globules rouges. Le fer est indispensable à la synthèse de l'hémoglobine. Une carence en fer lors d'une grossesse, d'un régime végétarien, d'hémorragies abondantes ou répétées (règles) est une cause fréquente d'anémie. D'autres causes, plus rares, sont liées à des carences en vitamines du groupe B.

antécédent

Affection guérie ou toujours en évolution. L'antécédent peut être personnel ou familial. Les antécédents constituent l'histoire de la santé d'une personne.

anticonvulsivant

Médicament utilisé pour traiter les convulsions et les différentes formes d'épilepsie. Les anticonvulsivants sont classés en barbituriques (phénobarbital) et non barbituriques, qui sont les plus utilisés actuellement.

barbiturique

Famille de puissants sédatifs apparentés au phénobarbital. Actuellement, les barbituriques sont surtout utilisés comme anticonvulsivants ou, à faible dose, comme tranquillisants.

convulsions

Contractions involontaires limitées à quelques muscles ou généralisées à tout le corps. Elles sont dues à une souffrance ou à une stimulation excessive du cerveau : fièvre, intoxication, manque d'oxygène, lésion du cerveau. Les convulsions peuvent être dues à une crise d'épilepsie ou à une fièvre élevée chez le jeune enfant.

dépression

Maladie associant le plus souvent un sentiment de fatigue, d'inutilité, de culpabilité, d'incapacité à accomplir les tâches quotidiennes. Une perte d'appétit et des troubles du sommeil sont fréquents. Les pulsions suicidaires sont l'un des signes de gravité de la dépression.

épilepsie

Maladie chronique survenant par crises, liée à une anomalie de l'activité électrique d'un groupe de cellules cérébrales. Ses manifestations, d'intensité variable, vont de la chute brutale de l'attention (absences, ou petit mal) à la perte de conscience accompagnée de mouvements musculaires anormaux (convulsions, ou grand mal). L'épilepsie partielle, comme son nom l'indique, ne concerne pas la totalité du corps : les mouvements saccadés ne touchent qu'un ou plusieurs groupes musculaires.

hépatite

Inflammation du foie. Elle peut être due à un médicament, à un virus, à l'alcool ou à une autre cause.

Les hépatites virales guérissent généralement sans traitement. Contrairement aux hépatites A et E presque toujours bénignes, les hépatites B et C peuvent devenir chroniques : le virus persiste dans l'organisme du malade qui reste contagieux mais ne souffre pas obligatoirement de troubles hépatiques. L'hépatite chronique est dite active lorsque le virus continue à détruire les cellules du foie, destruction traduite par l'augmentation des transaminases dans le sang.

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

libération prolongée

Procédé de fabrication d'un médicament, qui permet une libération lente et progressive des substances actives dans l'organisme.

Abréviation : LP.

lupus érythémateux

Maladie de peau provoquant une rougeur de la partie centrale du visage. Il en existe deux formes principales : lupus discoïde (uniquement cutané) et lupus disséminé (associé à des lésions des organes profonds).

médicament à prescription restreinte
Terme regroupant certains médicaments susceptibles de poser des problèmes en matière de santé publique et dont la prescription obéit à des règles précises :
  • Médicament réservé à l'usage hospitalier : il ne peut être ni prescrit ni délivré en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière : il doit être obligatoirement prescrit initialement à l'hôpital, mais la délivrance du médicament et les ordonnances de renouvellement peuvent être réalisées en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à surveillance particulière : pendant toute la durée du traitement, les malades traités par un médicament appartenant à cette catégorie doivent faire l'objet de soins particuliers (prises de sang, examens complémentaires, consultations plus fréquentes). Le renouvellement de l'ordonnance est subordonné au respect des règles de surveillance.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les médicaments d'exception et les stupéfiants (voir ces termes).

nourrisson

Enfant de un à 30 mois. Un enfant de moins de un mois est un nouveau-né.

nouveau-né

Enfant de moins de un mois.

numération formule sanguine

La numération mesure le nombre de globules rouges (hématies), de globules blancs (leucocytes) et de plaquettes dans le sang. La formule sanguine précise le pourcentage des différents globules blancs : neutrophiles, éosinophiles, basophiles, lymphocytes, monocytes.

Abréviation : NFS.

ostéoporose

Fragilisation des os, qui deviennent poreux et cassants.

pancréatite

Inflammation ou infection du pancréas. Cette glande située derrière l'estomac sécrète des enzymes digestives ainsi que l'insuline, indispensable au métabolisme des sucres.

Une pancréatite aiguë se traduit par des douleurs abdominales ou dorsales extrêmement violentes. Elle est confirmée par une prise de sang spécifique.

plaquettes

Petites cellules présentes dans le sang : elles participent à la formation des caillots.

porphyrie

Maladie héréditaire rare due à un trouble du métabolisme d'une substance appelée porphyrine.

réaction allergique

Réaction due à l'hypersensibilité de l'organisme à un médicament. Les réactions allergiques peuvent prendre des aspects très variés : urticaire, œdème de Quincke, eczéma, éruption de boutons rappelant la rougeole, etc. Le choc anaphylactique est une réaction allergique généralisée qui provoque un malaise par chute brutale de la tension artérielle.

syndrome extrapyramidal

Ensemble de troubles neurologiques se traduisant par des mouvements involontaires et une augmentation du tonus musculaire.

traitement préventif

Traitement destiné à prévenir une maladie (synonyme : prophylaxie), ou à limiter la fréquence des crises ou des poussées dans une maladie chronique.