XOLAIR

Mis à jour : Mardi 18 Juin 2019
Famille du médicament :

Anticorps monoclonal

Dans quel cas le médicament XOLAIR est-il prescrit ?

Ce médicament contient un anticorps monoclonal. Il vise à normaliser les taux d'immunoglobulines E (IgE) dans le sang. En effet, une réponse immunitaire exagérée en présence d'un allergène peut s'accompagner de taux anormalement élevés d'IgE pouvant être à l'origine de crises d'asthme. L'omalizumab contribue ainsi à réduire les symptômes de l'asthme ainsi que la fréquence des crises. Le rôle des IgE dans l'urticaire chronique est moins bien connu. Des études ont néanmoins montré que l'omalizumab permet d'atténuer les symptômes de cette maladie.

Il est utilisé dans le traitement de l'asthme sévère d'origine allergique, chez les adultes et les enfants de plus de 6 ans qui reçoivent déjà un traitement de l'asthme.

La solution dosée à 150 mg est également utilisée dans le traitement de l'urticaire chronique chez les adultes et les enfants de plus de 12 ans, lorsque les traitements antihistaminiques ne sont pas suffisamment efficaces.

Vous pouvez consulter le(s) article(s) suivants :

Présentations du médicament XOLAIR

XOLAIR 75 mg : solution injectable ; 1 seringue préremplie de 0,5 ml
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte, médicament d'exception - Remboursable à 65 % - Prix : 178,76 €.
XOLAIR 150 mg : solution injectable ; 1 seringue préremplie de 1 ml
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte, médicament d'exception - Remboursable à 65 % - Prix : 355,94 €.

Les prix mentionnés ne tiennent pas compte des « honoraires de dispensation » du pharmacien.

Composition du médicament XOLAIR

p serp ser
Omalizumab75 mg150 mg
Excipients : Arginine chlorhydrate, Caoutchouc naturel, Eau ppi, Histidine, Histidine chlorhydrate, Polysorbate 20, Protéines de hamster

Attention

Ce médicament n'est adapté qu'à certaines situations : patients ayant des symptômes d'asthme fréquents au cours de la journée ou se réveillant durant la nuit, aggravation malgré un traitement par corticoïde inhalé à fortes doses associé à un bronchodilatateur inhalé à longue durée d'action.

Avant de débuter le traitement, le médecin doit s'assurer de l'origine allergique de l'asthme par un dosage des IgE dans le sang et par un test cutané positif à une allergie due à un allergène aérien (comme le pollen ou les acariens).

L'omalizumab ne convient pas pour les maladies associées à des taux élevés d'IgE dans le sang autre que l'asthme (allergie alimentaire, aspergillose...).

Ce traitement expose à un risque de réaction allergique potentiellement grave (choc anaphylactique), en particulier lors des premières injections ; ce risque justifie la nécessité de réaliser ces injections sous surveillance médicale, dans des conditions permettant d'entrependre rapidement un traitement d'urgence.

Des précautions sont nécessaires en cas d'insuffisance hépatique, d'insuffisance rénale ou de risque d'infestation par des vers intestinaux (notamment au cours de voyages à l'étranger).

Interactions du médicament XOLAIR avec d'autres substances

Ce médicament peut réduire l'efficacité des traitements antihelminthiques (utilisés contre les vers intestinaux).

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

L'effet de ce médicament sur la grossesse est mal connu : son usage est déconseillé chez la femme enceinte.

Allaitement :

Les données actuellement disponibles ne permettent pas de savoir si ce médicament passe dans le lait maternel. L'allaitement est déconseillé pendant toute la durée du traitement.

Mode d'emploi et posologie du médicament XOLAIR

La solution est injectée par voie sous-cutanée, de préférence dans le bras ou, en cas d'impossibilité, dans la cuisse.

Posologie usuelle :

  • Asthme :

    • Adulte et enfant de plus de 6 ans : 1 injection toutes les 2 ou 4 semaines. La dose injectée varie entre 75 et 600 mg. Elle est fonction du poids et du taux d'IgE dosé avant la mise en route du traitement.

  • Urticaire chronique :

    • Adulte et enfant de plus de 12 ans : 1 injection de 300 mg (soit 2 seringues dosées à 150 mg), toutes les 4 semaines.

Conseils

Dans le traitement de l'asthme, l'effet n'est pas immédiat. Un délai d'au moins 12 à 16 semaines est habituellement nécessaire pour observer une amélioration.

Ce médicament doit être conservé entre + 2° C et + 8° C (partie la plus froide du réfrigérateur).

Conditions particulières de délivrance :

Ce médicament est un médicament à prescription restreinte et un médicament d'exception : il doit obligatoirement être prescrit par un médecin spécialiste en pneumologie, en pédiatrie, en dermatologie ou en médecine interne. L'ordonnance initiale doit être faite à l'hôpital. Elle doit être présentée avec celles destinées aux renouvellements.

La prescription doit être rédigée sur un modèle particulier d'ordonnance pour se faire rembourser.

Effets indésirables possibles du médicament XOLAIR

Dans le traitement de l'asthme :
  • fréquents : réaction au point d'injection, maux de tête, douleurs abdominales, fièvre ;

  • rarement : étourdissements, somnolence, toux, diarrhée, nausées, éruption cutanée, démangeaisons, douleurs articulaires ou musculaires, mal de gorge, infection parasitaire, prise de poids, réaction allergique.

Dans le traitement de l'urticaire chronique :
  • fréquents : sinusite, maux de tête, douleurs articulaires, réactions au site d'injection, rhumes.

L'apparition d'anticorps dirigés contre l'omalizumab a également été rarement observée ; elle peut se traduire par la survenue de douleurs articulaires, une éruption cutanée, une fièvre et des ganglions. Signalez rapidement à votre médecin tout symptôme suspect.

Exceptionnellement : baisse du nombre des plaquettes, accident thromboembolique (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde).

Vous avez ressenti un effet indésirable susceptible d’être dû à ce médicament, vous pouvez le déclarer en ligne.

LEXIQUE

accident thromboembolique

Accident qui résulte de l'obstruction (embolie) d'un vaisseau sanguin par un caillot (thrombus).

Le vaisseau peut être une artère : il s'agit alors d'une embolie artérielle, qui provoque une ischémie (privation de sang oxygéné) dans la région que cette artère irriguait. Une ischémie grave aboutit à la mort des tissus privés d'oxygène : l'infarctus. Heureusement, dans de nombreux cas, une artère voisine permet d'éviter l'infarctus en apportant du sang oxygéné dans la région victime de l'ischémie.

Le cœur est irrigué par les artères coronaires qui ont la propriété d'être peu reliées entre elles, ce qui explique la gravité d'un accident thromboembolique coronarien : une partie du muscle cardiaque, le myocarde, est détruite (infarctus du myocarde).

L'obstruction d'une veine est moins grave, car les veines assurent le retour du sang chargé de gaz carbonique vers le cœur. L'obstruction d'une veine est généralement appelée thrombophlébite. La gravité d'une thrombophlébite, ou phlébite, tient à la possibilité pour un caillot de se détacher de la veine et d'être emporté par le sang veineux jusqu'au cœur. Après avoir traversé l'oreillette droite et le ventricule droit, ce caillot va pénétrer dans une artère pulmonaire et obstruer un vaisseau sanguin, provoquant une embolie pulmonaire et un infarctus pulmonaire.

accident vasculaire cérébral

Lésion du cerveau due à une hémorragie ou à l'obstruction brutale d'une artère. En fonction de l'importance de la lésion, les conséquences sont plus ou moins graves : malaise passager, paralysie, coma.

Abréviation : AVC.

allergène

Substance étrangère à l'organisme, pouvant déclencher une allergie : pollen, poils de chat, etc.

allergie

Réaction cutanée (démangeaisons, boutons, gonflement) ou malaise général apparaissant après un contact avec une substance particulière, l'utilisation d'un médicament ou l'ingestion d'un aliment. Les principales formes d'allergie sont l'eczéma, l'urticaire, l'asthme, l'œdème de Quincke et le choc allergique (choc anaphylactique). L'allergie alimentaire peut également se traduire par des troubles digestifs.

anticorps

Protéine sécrétée par certains globules blancs, destinée à neutraliser spécifiquement une substance étrangère ou un agent infectieux. Certains anticorps d'origine animale (sérum) ou humaine (gammaglobuline) sont utilisés en injection pour lutter contre des agents toxiques ou infectieux.

anticorps monoclonal

Un anticorps monoclonal est une copie, produite par génie génétique, d'un anticorps présent dans l'organisme. Il est conçu pour reconnaître un antigène précis et permettre de cibler des cellules spécifiques, telles que des cellules tumorales et des cellules impliquées dans les réactions immunitaires.

Les anticorps monoclonaux ont souvent un nom se terminant en « mab » en référence au terme anglais (Monoclonal AntiBody).

antihelminthique

Médicament destiné à traiter les maladies dues à des vers.

Synonyme : vermifuge.

antihistaminique

Médicament qui s'oppose aux différents effets de l'histamine. Deux types principaux existent : les antihistaminiques de type H1 (antiallergiques) et les antihistaminiques de type H2 (antiulcéreux gastriques). Certains antihistaminiques de type H1 sont sédatifs, d'autres n'altèrent pas la vigilance.

asthme

Maladie caractérisée par une difficulté à respirer, se traduisant souvent par des sifflements. L'asthme, permanent ou survenant par crise, est dû à un rétrécissement et à une inflammation des bronches.

bronchodilatateur

Médicament destiné à dilater les bronches pour faciliter le passage de l'air dans et hors des poumons, par exemple chez les personnes souffrant d'asthme. De nombreux bronchodilatateurs font partie de la famille des bêta-2 agonistes (ou bêta-2 mimétiques).

choc anaphylactique

Choc d'origine allergique se manifestant par une baisse brutale de la tension artérielle, due à une dilatation extrême des vaisseaux sanguins. Il survient après un contact avec une substance allergisante (aliment, piqûre d'insecte, injection ou absorption de médicament).

corticoïde

Substance proche de la cortisone. Les corticoïdes naturels, nécessaires au fonctionnement de l'organisme, sont fabriqués par les glandes surrénales. Les corticoïdes de synthèse, dérivés chimiques de la cortisone, sont utilisés comme anti-inflammatoires puissants.

éruption cutanée

Apparition de boutons ou de plaques sur la peau. Ces lésions peuvent être dues à un aliment, à un médicament, et traduire une allergie ou un effet toxique. De nombreux virus peuvent également provoquer des éruptions de boutons : celles de la rubéole, de la roséole et de la rougeole sont les plus connues.

immunoglobuline

Anticorps sécrété par certains globules blancs, destiné à neutraliser spécifiquement une substance étrangère ou un agent infectieux. Les immunoglobulines d'origine humaine sont utilisées comme médicament ; elles sont alors purifiées et stérilisées.

Synonyme : gammaglobulines.

insuffisance hépatique

Incapacité du foie à remplir sa fonction, qui est essentiellement l'élimination de certains déchets, mais également la synthèse de nombreuses substances biologiques indispensables à l'organisme : albumine, cholestérol et facteurs de la coagulation (vitamine K, etc.).

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

médicament à prescription restreinte
Terme regroupant certains médicaments susceptibles de poser des problèmes en matière de santé publique et dont la prescription obéit à des règles précises :
  • Médicament réservé à l'usage hospitalier : il ne peut être ni prescrit ni délivré en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière : il doit être obligatoirement prescrit initialement à l'hôpital, mais la délivrance du médicament et les ordonnances de renouvellement peuvent être réalisées en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à surveillance particulière : pendant toute la durée du traitement, les malades traités par un médicament appartenant à cette catégorie doivent faire l'objet de soins particuliers (prises de sang, examens complémentaires, consultations plus fréquentes). Le renouvellement de l'ordonnance est subordonné au respect des règles de surveillance.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les médicaments d'exception et les stupéfiants (voir ces termes).

médicament d'exception

Médicament particulièrement coûteux utilisé dans des cas très précis. Le médecin rédige sa prescription sur une ordonnance spéciale comportant 4 volets : 1 pour le patient, 2 pour l'Assurance maladie, 1 pour le pharmacien.

Le respect de cette procédure conditionne le remboursement par la Sécurité sociale.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les stupéfiants et les médicaments à prescription restreinte (voir ces termes).

réaction allergique

Réaction due à l'hypersensibilité de l'organisme à un médicament. Les réactions allergiques peuvent prendre des aspects très variés : urticaire, œdème de Quincke, eczéma, éruption de boutons rappelant la rougeole, etc. Le choc anaphylactique est une réaction allergique généralisée qui provoque un malaise par chute brutale de la tension artérielle.

sinusite

Inflammation ou infection des sinus.

sous-cutanée (voie ou injection)

Injection pratiquée sous la peau désinfectée, pincée entre le pouce et l'index de la main qui ne tient pas la seringue. Il est préférable de ne pas piquer dans le pli formé par le pincement de la peau, mais juste sous celui-ci, en introduisant l'aiguille latéralement selon un angle de 45o. Cette technique d'injection, simple, peut être apprise par le malade (diabétique, personne sous anticoagulant, etc.) auprès de son médecin. Elle permet une diffusion lente et progressive de la substance active dans le sang.

Abréviation : SC.

urticaire

Éruption de boutons sur la peau, dont l'origine est le plus souvent allergique. Les boutons ressemblent à des piqûres d'orties et leur couleur varie du rose pâle au rouge.