DOLIPRANE CODÉINE

Mis à jour : Mardi 18 Juillet 2017
Famille du médicament :

Association antalgique avec opiacé et paracétamol

18/07/2017 : ce médicament est en arrêt de commercialisation. Il n’est plus disponible en pharmacie ou ne le sera bientôt plus.

Si vous devez prendre ce médicament, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien qui pourront vous conseiller un autre traitement.

Le document ci-dessous représente la dernière fiche publiée par Vidal concernant ce médicament et ne préjuge en rien des évolutions ayant pu survenir postérieurement à cette publication.

Dans quel cas le médicament DOLIPRANE CODÉINE est-il prescrit ?

Ce médicament contient deux antalgiques : le paracétamol, qui empêche la transmisssion de la douleur, et un opiacé (la codéine). L'effet antalgique de la codéine est dû à sa transformation en morphine au niveau du foie. Il renforce l'action du paracétamol en agissant sur la perception de la douleur par le cerveau.

Il est utilisé dans le traitement de la douleur, lorsque celle-ci n'est pas soulagée par d'autres antalgiques seuls.

Présentations du médicament DOLIPRANE CODÉINE

DOLIPRANE CODÉINE 400 mg/20 mg : comprimé ; boîte de 16
Sur ordonnance (Liste I)

Composition du médicament DOLIPRANE CODÉINE

p cp
Paracétamol400 mg
Codéine phosphate20 mg

Contre-indications du médicament DOLIPRANE CODÉINE

Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :
  • maladie grave du foie,

  • asthme,

  • insuffisance respiratoire,

  • personne connue comme étant métaboliseur ultrarapide (personne dont l'activité des enzymes impliquées dans le métabolisme des médicaments est excessive),

  • enfant de moins de 18 ans après une ablation des végétations ou des amygdales dans le cadre d'une apnée du sommeil ;

  • enfant de moins de 15 ans,

  • allaitement.

Attention

Le paracétamol est présent seul ou en association avec d'autres substances dans de nombreux médicaments : assurez-vous de ne pas prendre simultanément plusieurs médicaments contenant du paracétamol, car une prise conjointe entraîne un risque de surdosage qui peut être toxique pour le foie.

La codéine est transformée partiellement en morphine par le foie sous l'influence d'une enzyme. Chez certaines personnes (environ 1 à 6 % de la population blanche), l'activité de cette enzyme est augmentée avec pour conséquence un risque accru d'effets indésirables parfois graves. Chez d'autres (environ 7 % de la population blanche), cette enzyme est absente avec pour conséquence un moindre effet antalgique de la codéine. Si vous constatez un soulagement insuffisant ou des effets indésirables gênants (confusion, difficulté à respirer), n'hésitez pas à en parler avec le médecin qui a prescrit ce médicament.

La prise prolongée à forte dose de codéine peut entraîner un risque de dépendance.

Des précautions sont nécessaires en cas d'insuffisance rénale, d'insuffisance hépatique, de déshydratation, de malnutrition chronique, d'alcoolisme, d'hypertension intracrânienne, de toux grasse, chez les personnes âgées, chez les personnes pesant moins de 50 kg et chez les personnes ayant subi une ablation de la vésicule biliaire.

Évitez la prise de boissons alcoolisées pendant le traitement.

Attention : conducteurCe médicament peut induire une somnolence, parfois intense chez certaines personnes. Cette somnolence peut être augmentée par la prise d'alcool ou d'autres médicaments sédatifs. La conduite et l'utilisation de machines dangereuses sont déconseillées, surtout dans les heures qui suivent la prise du médicament.

Interactions du médicament DOLIPRANE CODÉINE avec d'autres substances

Ce médicament peut interagir avec ceux qui contiennent de la nalbuphine, de la buprénorphine ou de la pentazocine : risque de diminution de l'effet antalgique.

Informez par ailleurs votre médecin ou votre pharmacien si vous prenez des sédatifs, un anticoagulant oral (AVK) ou un médicament ayant un possible effet toxique sur le foie (phénobarbital, phénytoïne, carbamazépine, topiramate, rifampicine).

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

L'utilisation ponctuelle de ce médicament est possible pendant la grossesse sur avis médical. Signalez à l'obstréticien la prise de ce médicament en fin de grossesse : risque d'insuffisance respiratoire chez le nouveau-né en cas d'utilisation de codéine à forte dose avant l'accouchement ou risque de syndrome de sevrage en cas de traitement régulier, même à faible dose, en fin de grossesse. Ces risques peuvent être prévenus par une surveillance et un éventuel traitement adapté.

Allaitement :

Ce médicament passe dans le lait maternel. Le passage de la codéine dans le lait maternel est faible aux doses usuelles, mais des effets toxiques pour le nourrisson ont été observés dans de très rares cas. En conséquence, ce médicament est contre-indiqué pendant l'allaitement.

Mode d'emploi et posologie du médicament DOLIPRANE CODÉINE

Les comprimés doivent être avalés avec un verre d'eau, indifféremment au cours ou en dehors des repas.

Respecter un intervalle de 4 à 6 heures entre 2 prises. En cas d'insuffisance rénale, l'intervalle entre 2 prises doit être au minimum de 8 heures.

Posologie usuelle :

  • Adulte et enfant de plus de 15 ans : 1 ou 2 comprimés par prise, sans dépasser 6 comprimés par jour. Chez la personne âgée, la posologie initiale est généralement réduite de moitié.

Conseils

Comme tous les antalgiques, ce médicament est généralement plus efficace pour prévenir la douleur que pour la calmer. Dans le traitement des douleurs chroniques, il est préférable de prendre ce médicament à intervalles réguliers sans attendre que la douleur s'installe.

Cet antalgique contenant de la codéine est destiné à être utilisé en deuxième intention, lorsque l'aspirine, l'ibuprofène ou le paracétamol, utilisés seuls, sont insuffisamment efficaces. Il peut néanmoins être utilisé d'emblée dans le traitement des douleurs fortes.

Ce médicament peut retarder un diagnostic en masquant la douleur ; ne le prenez pas sans l'avis de votre médecin, ne le conseillez pas à un proche.

Effets indésirables possibles du médicament DOLIPRANE CODÉINE

Liés à la codéine :
  • constipation, somnolence, nausées, vomissements, sensation de vertiges et, plus rarement, allergie (démangeaisons, urticaire, rougeur cutanée), bronchospasme, ralentissement de la respiration. Ces effets indésirables peuvent être plus marqués chez certaines personnes (voir Attention) ;

  • douleur abdominale aiguë (spasmes du sphincter d'Oddi) chez les personnes qui n'ont plus de vésicule biliaire ;

  • en cas de traitement prolongé à fortes doses : risque de dépendance et de syndrome de sevrage en cas d'arrêt brutal.

Liés au paracétamol : rarement, réaction allergique, augmentation des transaminases, hépatite.

Laboratoire Sanofi-Aventis France

LEXIQUE

alcool

Nom général désignant une famille de substances qui ont la propriété de pouvoir être mélangées à l'eau et aux corps gras. L'alcool le plus courant est l'alcool éthylique (éthanol), mais il existe de nombreux autres alcools : méthanol, butanol, etc. Le degré d'une solution alcoolique correspond au volume d'alcool pur présent dans 100 ml de solution, en sachant que 1 verre ballon de vin ou 1 demi de bière (25 cl) contiennent environ 8 g d'alcool.

Lorsque l'alcool est utilisé comme antiseptique, un dénaturant d'odeur désagréable lui est souvent ajouté pour éviter qu'il soit bu. Contrairement à une croyance répandue, l'alcool à 70o (ou même à 60o) est un meilleur antiseptique que l'alcool à 90o.

antalgique

Médicament qui agit contre la douleur. Les antalgiques agissent soit directement sur les centres de la douleur situés dans le cerveau, soit en bloquant la transmission de la douleur au cerveau.

Synonyme : analgésique.

asthme

Maladie caractérisée par une difficulté à respirer, se traduisant souvent par des sifflements. L'asthme, permanent ou survenant par crise, est dû à un rétrécissement et à une inflammation des bronches.

bronchospasme

Contraction anormale des bronches entraînant une respiration difficile et souvent sifflante. Le bronchospasme est l'un des facteurs responsables de l'asthme.

codéine
Substance extraite du pavot (opium), utilisée pour ses propriétés sédatives sur le système nerveux central, notamment :
  • sur les centres nerveux de la toux (action antitussive),

  • sur les centres nerveux de la douleur (action antalgique).

Cette action sédative globale est malheureusement à l'origine d'une somnolence gênante, quand la codéine est prise à forte dose.

Par ailleurs, la parenté chimique avec la morphine expose à un risque de dépendance en cas de traitement prolongé à forte dose. La codéine reste néanmoins l'antitussif le plus efficace et un antalgique puissant, notamment en association avec le paracétamol.

dépendance

Besoin psychique ou physique entraîné par la prise de certaines substances naturelles ou médicamenteuses. Cet état peut s'accompagner, à l'arrêt des prises, de symptômes variés, regroupés sous le terme de syndrome de sevrage.

enzyme

Substance capable d'activer une réaction chimique spécifique.

hépatite

Inflammation du foie. Elle peut être due à un médicament, à un virus, à l'alcool ou à une autre cause.

Les hépatites virales guérissent généralement sans traitement. Contrairement aux hépatites A et E presque toujours bénignes, les hépatites B et C peuvent devenir chroniques : le virus persiste dans l'organisme du malade qui reste contagieux mais ne souffre pas obligatoirement de troubles hépatiques. L'hépatite chronique est dite active lorsque le virus continue à détruire les cellules du foie, destruction traduite par l'augmentation des transaminases dans le sang.

hypertension intracrânienne

Excès de pression à l'intérieur de la boîte crânienne, dû à un hématome, un œdème, ou une tumeur du cerveau. Cette affection rare est diagnostiquée par un examen ophtalmologique du fond de l'œil. La douleur de l'hypertension intracrânienne, intense, permanente et durable, ne doit pas être confondue avec un banal mal de tête ou une migraine, qui cèdent généralement en quelques heures ou jours.

insuffisance hépatique

Incapacité du foie à remplir sa fonction, qui est essentiellement l'élimination de certains déchets, mais également la synthèse de nombreuses substances biologiques indispensables à l'organisme : albumine, cholestérol et facteurs de la coagulation (vitamine K, etc.).

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

insuffisance respiratoire

Incapacité des poumons à oxygéner correctement le sang et à éliminer le gaz carbonique en excès.

métabolisme

Ensemble des actions de transformation qu'effectue l'organisme, aboutissant à la création d'énergie ou à l'élaboration de substances diverses. On distingue l'anabolisme (métabolisme de fabrication) du catabolisme (métabolisme de dégradation).

opiacé

Famille chimique qui englobe l'opium et ses dérivés. Outre les drogues telles que l'opium ou l'héroïne, la famille des opiacés comporte la morphine (antalgique puissant), la codéine (antitussif et antalgique) et de nombreuses autres substances.

posologie

Quantité et répartition de la dose d'un médicament en fonction de l'âge, du poids et de l'état général du malade.

réaction allergique

Réaction due à l'hypersensibilité de l'organisme à un médicament. Les réactions allergiques peuvent prendre des aspects très variés : urticaire, œdème de Quincke, eczéma, éruption de boutons rappelant la rougeole, etc. Le choc anaphylactique est une réaction allergique généralisée qui provoque un malaise par chute brutale de la tension artérielle.

sédatif
  • Qui apaise, qui calme.

  • Médicament appartenant à différentes familles : anxiolytiques, hypnotiques, antalgiques, antitussifs, antiépileptiques, neuroleptiques, etc. mais aussi antidépresseurs, antihistaminiques H1, antihypertenseurs. Un sédatif peut être responsable de somnolence et augmenter les effets de l'alcool.

surdosage

La prise en quantité excessive d'un médicament expose à une augmentation de l'intensité des effets indésirables, voire à l'apparition d'effets indésirables particuliers.

Ce surdosage peut résulter d'une intoxication accidentelle, ou volontaire dans un but de suicide : il convient alors de consulter le centre antipoison de votre région (liste en annexe de l'ouvrage). Mais le plus souvent, le surdosage est la conséquence d'une erreur dans la compréhension de l'ordonnance, ou de la recherche d'une augmentation de l'efficacité par un dépassement de la posologie préconisée. Enfin, une automédication intempestive peut conduire à l'absorption en quantité excessive d'une même substance contenue dans des médicaments différents. Certains médicaments exposent plus particulièrement à ce risque, car ils sont considérés (à tort) comme anodins : vitamines A et D, aspirine, etc. L'arrêt ou la diminution des prises médicamenteuses permettent de faire disparaître les troubles liés à un surdosage.

syndrome de sevrage

Réaction due à la privation brutale d'une substance (médicament, toxique, alcool, etc.) à laquelle l'organisme a été habitué. Certains médicaments pris pendant la grossesse peuvent provoquer cette réaction chez le nouveau-né. Une forme particulière de syndrome de sevrage est le manque ressenti par les toxicomanes lorsqu'ils sont privés de drogue.

transaminases

Enzymes dosées dans le sang, dont le taux s'élève lors de certaines hépatites. Elles figurent dans les analyses de sang sous le nom de SGOT et SGPT ou ASAT et ALAT.