STRIBILD

Mis à jour : Mardi 17 Septembre 2019
Famille du médicament :

Association d'antiviraux

Dans quel cas le médicament STRIBILD est-il prescrit ?

Ce médicament est une association d'antirétroviraux actifs sur les virus de l'immunodéficience humaine (VIH) : deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (emtricitabine, ténofovir disoproxil) et un inhibiteur de l'intégrase (elvitégravir). En bloquant des enzymes du virus (transcriptase inverse, intégrase), ils empêchent la reproduction du virus dans les cellules infectées, sans toutefois permettre son élimination. Le cobicistat n'a pas d'action antivirale. Il permet de ralentir l'élimination de l'elvitégravir dans l'organisme.

Il est utilisé chez l'adulte et l'enfant de plus de 12 ans (pesant plus de 35 kg) dans le traitement de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine de (VIH).

Vous pouvez consulter le(s) article(s) suivants :

Présentations du médicament STRIBILD

STRIBILD : comprimé (vert) ; boîte de 30
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 877,45 €.

Les prix mentionnés ne tiennent pas compte des « honoraires de dispensation » du pharmacien.

Composition du médicament STRIBILD

p cp
Emtricitabine200 mg
Ténofovir disoproxil245 mg
Elvitégravir150 mg
Cobicistat150 mg
Lactose+
Excipients : Alcool polyvinylique partiellement hydrolysé, Cellulose microcristalline, Croscarmellose sel de Na, Fer jaune oxyde, Hyprolose, Indigotine laque aluminique, Lactose, Lactose monohydrate, Macrogol 3350, Magnésium stéarate, Silice dioxyde, Sodium laurylsulfate, Talc, Titane dioxyde

Contre-indications du médicament STRIBILD

Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :
  • antécédent de toxicité rénale liée à la prise de ténofovir,

  • en association avec les médicaments contenant les substances suivantes : carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne, rifampicine, amiodarone, quinidine, ergotamine, dihydroergotamine, lovastatine, simvastatine, alfuzosine, pimozide, midazolam, sildénafil (lorsqu'il est utilisé dans le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire), millepertuis.

Attention

Ce traitement est destiné aux personnes n'ayant reçu aucun traitement anti-VIH auparavant ou dont le virus ne présente pas de résistance à l'emtricitabine, au ténofovir ou à l'elvitégravir.

Des effets toxiques pour les reins ont été rapportés chez les patients traités par le ténofovir désoproxil. Le bon fonctionnement des reins est apprécié par des dosages sanguins (créatinine, phosphates) : ils vous seront prescrits en début de traitement puis régulièrement, tous les 3 à 6 mois. La surveillance doit être plus fréquente en cas d'insuffisance rénale ou de risque d'altération du fonctionnement des reins (en cas d'association avec des médicaments toxiques pour le rein par exemple).

Une surveillance biologique renforcée (dosage des transaminases et des marqueurs de l'infection) est nécessaire en cas d'hépatite B ou C chronique associée à l'infection VIH ou en cas d'insuffisance hépatique.

Des atteintes osseuses sont possibles avec les antirétroviraux, en particulier en cas de traitement corticoïde, d'obésité, de consommation excessive d'alcool ou de dépression du système immunitaire. Prenez un avis médical en cas de douleur de la hanche, du genou ou de l'épaule, de raideur articulaire ou des difficultés à vous déplacer.

Le traitement antiviral n'élimine pas le risque de transmission du VIH à d'autres personnes lors de rapports sexuels : vous devez continuer à prendre les mesures de protections appropriées (préservatifs).

Attention : conducteurConducteur : ce médicament peut être responsable de vertiges.

Interactions du médicament STRIBILD avec d'autres substances

Ce médicament ne doit pas être associé à certains anticonvulsivants (carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne), certains antibactériens (rifampicine), certains antiarythmiques (amiodarone, quinidine), certains hypocholestérolémiants (lovastatine, simvastatine), aux dérivés de l'ergot de seigle (ergotamine, dihydroergotamine), aux médicaments contenant de l'alfuzosine, du pimozide, du midazolam, du sildénafil (lorsqu'il est utilisé dans le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire) et aux produits de phytothérapie contenant du millepertuis.

Certains traitement doivent être évités ou justifient une surveillance renforcée du bon fonctionnement de vos reins : antibiotique de la famille des aminosides, amphotéricine B, foscarnet, ganciclovir, pentamidine, vancomycine, cidofovir.

Il peut interagir avec de nombreux autres médicaments. Ne prenez aucun autre médicament sans prendre l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Les recommandations peuvent varier selon les situations et l'importance des traitements associés.

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

De récentes données ont montré une baisse de l'effet de ce médicament chez la femme enceinte. Le traitement ne doit pas être débuté pendant la grossesse. Un désir de grossesse nécessite le remplacement de ce médicament par un autre antiviral. Si une grossesse survient alors que vous prenez ce médicament, consultez rapidement votre médecin pour qu'il modifie votre traitement.

Allaitement :

Ce médicament passe dans le lait maternel. De plus, l'infection par le VIH contre-indique l'allaitement.

Mode d'emploi et posologie du médicament STRIBILD

Ce médicament doit être pris avec de la nourriture (au cours d'un repas même léger). Il doit être avalé entier, sans être croqué ni écrasé, avec un peu d'eau.

Posologie usuelle :

  • Adulte et adolescent de plus de 12 ans (pesant plus de 35 kg) : 1 comprimé par jour.

Si un arrêt ou une modification de la dose de l'un des composants est nécessaire, chaque substance active est disponible seule sous forme de gélule et de comprimé.

Conseils

En cas d'oubli d'une dose, si l'oubli est constaté dans les 18 heures qui suivent l'heure habituelle de prise, prendre le comprimé dès que possible, avec de la nourriture, et poursuivre le traitement normalement. Si l'oubli est constaté plus de 18 heures après, ne pas prendre la dose oubliée et poursuivre le traitement à l'heure habituelle.

En cas de vomissement dans l'heure qui suit la prise du médicament, reprendre un comprimé.

L'activité d'un traitement antirétroviral est maximale si vous respectez strictement les doses et les modalités de prise. Dans le cas contraire, il existe un risque d'apparition de résistances virales qui peut compromettre l'efficacité des traitements ultérieurs.

Ce médicament doit être pris tous les jours ; veillez à toujours disposer d'une réserve.

Le traitement nécessite un suivi régulier pour s'assurer du bon contrôle de l'infection et prévenir la survenue de complications évolutives (notamment des infections opportunistes). Il est important de garder un contact régulier avec votre médecin traitant.

Conditions particulières de délivrance :

Ce médicament est un médicament à prescription restreinte : il doit être obligatoirement prescrit pour la première fois à l'hôpital (prescription initiale hospitalière annuelle). La prescription peut être renouvelée par le médecin traitant (pour une durée maximale d'un an, si les examens sont satisfaisants) mais toute modification nécessite une nouvelle prescription hospitalière. Elle doit être renouvelée après 12 mois obligatoirement à l'hôpital.

La délivrance des antirétroviraux se fait sur la présentation des 2 ordonnances : la prescription initiale hospitalière datant de moins de 1 an et l'ordonnance de renouvellement du médecin de ville identique à cette dernière.

Effets indésirables possibles du médicament STRIBILD

Très fréquents : diarrhées, nausées, vomissements, sensation de vertiges, maux de tête, fatigue, éruption cutanée.

Fréquents : perte d'appétit, constipation, ballonnements, digestion difficile, douleurs abdominales, rêves anormaux, insomnie, diminution du nombre de globules blancs.

Peu fréquents : dépression, idées suicidaires, insuffisance rénale (pouvant justifier la surveillance régulière de la créatinine), réaction allergique (y compris œdème de Quincke), pancréatite, douleur ou faiblesse musculaire, anémie.

Une prise de poids ainsi qu'une augmentation du taux de graisses et de glucose dans le sang peut être observée au cours des traitements antirétroviraux.

Un syndrome de restauration immunitaire peut se produire lorsque le système immunitaire se remet à jouer son rôle et combat les infections existantes, ce qui provoque une inflammation de la zone infectée.

Rarement : jaunisse, hépatite, acidose lactique.

Vous avez ressenti un effet indésirable susceptible d’être dû à ce médicament, vous pouvez le déclarer en ligne.

LEXIQUE

acidose lactique

Complication exceptionnelle, mais grave, souvent liée à l'emploi des antidiabétiques appartenant à la famille des biguanides ou de médicaments contre l'infection par le VIH (virus du sida). Elle consiste en l'accumulation d'acide lactique, responsable de crampes musculaires, de troubles digestifs, de fatigue, de respiration difficile, etc. Ces symptômes ne doivent pas être confondus avec les crampes banales observées après un effort ou après la prise de certains diurétiques. L'acidose lactique est favorisée par une insuffisance rénale, par une insuffisance hépatique grave, par un surdosage de médicaments, par les boissons alcoolisées ou par un jeûne prolongé.

anémie

Baisse du taux d'hémoglobine dans le sang, qui se traduit le plus souvent par une baisse du nombre des globules rouges. Le fer est indispensable à la synthèse de l'hémoglobine. Une carence en fer lors d'une grossesse, d'un régime végétarien, d'hémorragies abondantes ou répétées (règles) est une cause fréquente d'anémie. D'autres causes, plus rares, sont liées à des carences en vitamines du groupe B.

antécédent

Affection guérie ou toujours en évolution. L'antécédent peut être personnel ou familial. Les antécédents constituent l'histoire de la santé d'une personne.

anticonvulsivant

Médicament utilisé pour traiter les convulsions et les différentes formes d'épilepsie. Les anticonvulsivants sont classés en barbituriques (phénobarbital) et non barbituriques, qui sont les plus utilisés actuellement.

antirétroviral

Médicament inhibant la reproduction des rétrovirus, dont le virus du sida (VIH).

corticoïde

Substance proche de la cortisone. Les corticoïdes naturels, nécessaires au fonctionnement de l'organisme, sont fabriqués par les glandes surrénales. Les corticoïdes de synthèse, dérivés chimiques de la cortisone, sont utilisés comme anti-inflammatoires puissants.

créatinine

Substance dosable dans le sang, dont l'élévation anormale traduit une insuffisance rénale.

enzyme

Substance capable d'activer une réaction chimique spécifique.

hépatite

Inflammation du foie. Elle peut être due à un médicament, à un virus, à l'alcool ou à une autre cause.

Les hépatites virales guérissent généralement sans traitement. Contrairement aux hépatites A et E presque toujours bénignes, les hépatites B et C peuvent devenir chroniques : le virus persiste dans l'organisme du malade qui reste contagieux mais ne souffre pas obligatoirement de troubles hépatiques. L'hépatite chronique est dite active lorsque le virus continue à détruire les cellules du foie, destruction traduite par l'augmentation des transaminases dans le sang.

infections opportunistes

Infections secondaires à un déficit immunitaire, dues notamment à une infection par le VIH (virus du sida). Les germes responsables (virus, bactéries ou levures) profitent de la baisse des défenses de l'organisme pour provoquer une infection. La plupart de ces germes n'entraînent pas d'infection lorsqu'il n'y a pas de déficit immunitaire.

inhibiteurs de la transcriptase inverse

Médicaments antirétroviraux qui agissent en bloquant une enzyme (la transcriptase inverse) nécessaire à la reproduction du virus du sida (VIH) dans les cellules infectées. Ce type de médicament bloque l'une des étapes essentielles du cycle de reproduction du virus, sans toutefois permettre son élimination complète. Les inhibiteurs de la transcriptase inverse, dont il existe deux types (« nucléosidiques » et « non nucléosidiques »), sont généralement associés à d'autres médicaments antirétroviraux.

insuffisance hépatique

Incapacité du foie à remplir sa fonction, qui est essentiellement l'élimination de certains déchets, mais également la synthèse de nombreuses substances biologiques indispensables à l'organisme : albumine, cholestérol et facteurs de la coagulation (vitamine K, etc.).

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

médicament à prescription restreinte
Terme regroupant certains médicaments susceptibles de poser des problèmes en matière de santé publique et dont la prescription obéit à des règles précises :
  • Médicament réservé à l'usage hospitalier : il ne peut être ni prescrit ni délivré en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière : il doit être obligatoirement prescrit initialement à l'hôpital, mais la délivrance du médicament et les ordonnances de renouvellement peuvent être réalisées en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à surveillance particulière : pendant toute la durée du traitement, les malades traités par un médicament appartenant à cette catégorie doivent faire l'objet de soins particuliers (prises de sang, examens complémentaires, consultations plus fréquentes). Le renouvellement de l'ordonnance est subordonné au respect des règles de surveillance.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les médicaments d'exception et les stupéfiants (voir ces termes).

pancréatite

Inflammation ou infection du pancréas. Cette glande située derrière l'estomac sécrète des enzymes digestives ainsi que l'insuline, indispensable au métabolisme des sucres.

Une pancréatite aiguë se traduit par des douleurs abdominales ou dorsales extrêmement violentes. Elle est confirmée par une prise de sang spécifique.

Quincke (œdème de)

Réaction allergique touchant généralement le visage. L'œdème de Quincke se traduit par un gonflement parfois spectaculaire. Les paupières sont souvent les premières touchées. Dans les rares cas où l'œdème touche la gorge, des troubles respiratoires peuvent survenir et un traitement urgent est nécessaire.

réaction allergique

Réaction due à l'hypersensibilité de l'organisme à un médicament. Les réactions allergiques peuvent prendre des aspects très variés : urticaire, œdème de Quincke, eczéma, éruption de boutons rappelant la rougeole, etc. Le choc anaphylactique est une réaction allergique généralisée qui provoque un malaise par chute brutale de la tension artérielle.

transaminases

Enzymes dosées dans le sang, dont le taux s'élève lors de certaines hépatites. Elles figurent dans les analyses de sang sous le nom de SGOT et SGPT ou ASAT et ALAT.

vertige

Symptôme qui peut désigner une impression de perte d'équilibre (sens commun) ou, plus strictement, une sensation de rotation sur soi-même ou de l'environnement (sens médical).

VIH

Abréviation du virus de l'immunodéficience humaine (en anglais HIV), responsable d'une infection pouvant évoluer vers le sida.

On distingue le VIH-1 (responsable de l'épidémie mondiale) et le VIH-2 (beaucoup moins répandu que le VIH-1, surtout présent en Afrique de l'Ouest).

virus

Organisme microscopique qui pénètre dans les cellules de l'hôte, où il se reproduit. Beaucoup plus petits que les bactéries, les virus sont insensibles aux antibiotiques. Ils peuvent parfois être détruits par des substances antivirales.