EMTRICITABINE/TÉNOFOVIR DISOPROXIL MYLAN

Mis à jour : Mardi 17 Septembre 2019
Famille du médicament :

Antirétroviral

Ce médicament est un générique de TRUVADA.

Dans quel cas le médicament EMTRICITABINE/TÉNOFOVIR DISOPROXIL MYLAN est-il prescrit ?

Ce médicament est une association de deux antirétroviraux actifs sur les virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Ils appartiennent à la famille des inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI). En bloquant l'activté d'une enzyme du virus, la transcriptase inverse, ils empêchent sa reproduction dans les cellules infectées, sans toutefois permettre son élimination.

Il est utilisé dans le traitement :
  • des adultes infectés par le VIH en association avec d'autres médicaments antirétroviraux ;

  • des adolescents de plus de 12 ans infectés par le VIH, lorsque les autres traitements de référence ne peuvent être utilisés.

Il est également utilisé pour réduire le risque de contamination par le VIH chez les patients non infectés, en association avec les autres mesures de prévention.

Vous pouvez consulter le(s) article(s) suivants :

Présentations du médicament EMTRICITABINE/TÉNOFOVIR DISOPROXIL MYLAN

EMTRICITABINE/TÉNOFOVIR DISOPROXIL MYLAN : comprimé (vert clair) ; boîte de 30
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte - Remboursable à 100 % - Prix : 170,97 €.

Les prix mentionnés ne tiennent pas compte des « honoraires de dispensation » du pharmacien.

Composition du médicament EMTRICITABINE/TÉNOFOVIR DISOPROXIL MYLAN

p cp
Emtricitabine200 mg
Ténofovir disoproxil245 mg
Lactose96 mg
Excipients : Bleu brillant laque aluminique, Cellulose microcristalline, Fer jaune oxyde, Fer rouge oxyde, Hyprolose faiblement substituée, Hypromellose, Lactose monohydrate, Magnésium stéarate, Silice colloïdale anhydre, Titane dioxyde, Triacétine

Attention

Si ce médicament vous a été prescrit pour réduire le risque d'être infecté par le VIH (prophylaxie pré-exposition), des examens doivent être réalisés avant la presciption pour s'assurer que vous n'êtes pas infecté par le VIH. Faites régulièrement les tests de dépistage du VIH que vous demande votre médecin. En effet, chez les adultes infectés par le VIH, ce médicament ne doit pas être pris seul mais en association avec d'autres médicaments.

Informez votre médecin en cas survenue de symptômes pseudo-grippaux (fièvre, fatigue, courbatures, maux de tête, vomissement, éruption cutanée, ganglions) dans le mois précédant le début du traitement ou au cours du traitement. Ils peuvent être le signe d'une infection par le VIH.

Des effets toxiques pour les reins ont été rapportés chez les patients traités par le ténofovir. Le bon fonctionnement des reins est apprécié par des dosages sanguins (créatinine, phosphates) : ils vous seront prescrits en début de traitement puis régulièrement, tous les 3 à 6 mois. Une surveillance accrue est nécessaire en cas d'insuffisance rénale.

Votre statut sérologique pour le virus de l'hépatite B (VHB) ou C (VHC) doit être connu avant de débuter la prise du médicament. Si vous êtes infecté par le VHB ou le VHC, il y a un risque de trouble hépatique grave lors de l'arrêt du médicament. La surveillance biologique (dosage des transaminases et des marqueurs de l'infection) est renforcée en cas d'hépatite B chronique ou d'insuffisance hépatique.

Des atteintes osseuses sont possibles avec les antirétroviraux, en particulier en cas de traitement corticoïde, d'obésité, de consommation excessive d'alcool ou de dépression du système immunitaire. Prenez un avis médical en cas de douleur de la hanche, du genou ou de l'épaule, de raideur articulaire ou des difficultés à vous déplacer.

Un traitement antiviral n'élimine pas à 100 % le risque de transmission du VIH à d'autres personnes lors de rapports sexuels : vous devez continuer à prendre les mesures de protections appropriées (préservatifs).

Attention : conducteurConducteur : ce médicament peut être responsable de vertiges.

Interactions du médicament EMTRICITABINE/TÉNOFOVIR DISOPROXIL MYLAN avec d'autres substances

Certains traitement doivent être évités ou justifient une surveillance renforcée du bon fonctionnement de vos reins : aminosides, AINS, amphotéricine B, foscarnet, ganciclovir, pentamidine, vancomycine, cidofovir.

L'association au ténofovir avec la didanosine entraîne une augmentation des concentrations de didanosine dans le sang, avec un risque accru de toxicité. Une adaptation de la dose de didanosine peut être proposée, avec des dosages sanguins des médicaments.

Votre médecin tient compte également des autres traitements antiviraux associés, notamment ceux de la famille des inhibiteurs de protéase.

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

L'effet de ce médicament pendant la grossesse est mal connu. Si une grossesse survient au cours du traitement, prévenez votre médecin.

Les enfants nés de mère traitée avec ce médicament pendant la grossesse doivent faire l'objet d'un suivi médical renforcé.

Allaitement :

Ce médicament passe dans le lait maternel. L'allaitement est déconseillé, mais habituellement, l'infection par le VIH contre-indique l'allaitement.

Mode d'emploi et posologie du médicament EMTRICITABINE/TÉNOFOVIR DISOPROXIL MYLAN

Ce médicament doit être pris avec de la nourriture (au cours des repas même légers).

Pour les personnes ayant des difficultés pour avaler, le comprimé peut être dissous dans un demi-verre d'eau, de jus d'orange ou de jus de raisin.

Posologie usuelle :

  • Adulte et adolescent de 12 ans et plus, pesant plus de 35 kg : 1 comprimé par jour.

Conseils

En cas d'oubli d'une dose, si l'oubli est constaté moins de 12 heures après l'heure habituelle de prise, prendre le comprimé dès que possible, avec de la nourriture, et poursuivre le traitement normalement. Si l'oubli est constaté plus de 12 heures après, ne pas prendre la dose oubliée et poursuivre le traitement à l'heure habituelle.

En cas de vomissement dans l'heure qui suit la prise du médicament, reprendre un comprimé.

Le traitement doit être pris tous les jours : veillez à toujours disposer d'une réserve de médicament.

L'activité d'un traitement antirétroviral est maximale si vous respectez strictement les doses et les modalités de prise. Dans le cas contraire, il existe un risque d'apparition de résistances virales qui peut compromettre l'efficacité des traitements ultérieurs.

Le traitement nécessite un suivi régulier pour s'assurer du bon contrôle de l'infection et prévenir la survenue de complications évolutives (notamment des infections opportunistes). Il est important de garder un contact régulier avec votre médecin traitant.

Conditions particulières de délivrance :

Ce médicament est un médicament à prescription restreinte : il doit être obligatoirement prescrit pour la première fois à l'hôpital (prescription initiale hospitalière annuelle). La prescription peut être renouvelée par le médecin traitant (pour une durée maximale d'un an, si les examens sont satisfaisants) mais toute modification nécessite une nouvelle prescription hospitalière. Elle doit être renouvelée après 12 mois obligatoirement à l'hôpital.

La délivrance des antirétroviraux se fait sur la présentation des 2 ordonnances : la prescription initiale hospitalière datant de moins de 1 an et l'ordonnance de renouvellement du médecin de ville identique à cette dernière.

Effets indésirables possibles du médicament EMTRICITABINE/TÉNOFOVIR DISOPROXIL MYLAN

Très fréquents (plus de 1 personne sur 10) : diarrhées, vomissements, nausées, vertiges, maux de tête, éruption cutanée, fatigue.

Fréquents (jusqu'à 1 personne sur 10) : douleur abdominale, insomnie, rêves anormaux, digestion difficile, ballonnements, éruption cutanée, démangeaisons, urticaire.

Peu fréquents (jusqu'à 1 personne sur 100) : pancréatite, faiblesse musculaire, œdème de Quincke.

Rares : acidose lactique (le risque est faible, mais ne peut être exclu, notamment en cas d'association avec un médicament contenant de la didanosine), insuffisance rénale justifiant la surveillance régulière de la créatinine (voir Attention).

Les analyses sanguines peuvent montrer une augmentation des transaminases et de la bilirubine, une baisse du nombre de globules blancs, une élévation de la créatine phosphokinase (CPK).

Une prise de poids ainsi qu'une augmentation des graisses et du taux de glucose dans le sang peut également être observée au cours des traitements antirétroviraux.

Vous avez ressenti un effet indésirable susceptible d’être dû à ce médicament, vous pouvez le déclarer en ligne.

LEXIQUE

acidose lactique

Complication exceptionnelle, mais grave, souvent liée à l'emploi des antidiabétiques appartenant à la famille des biguanides ou de médicaments contre l'infection par le VIH (virus du sida). Elle consiste en l'accumulation d'acide lactique, responsable de crampes musculaires, de troubles digestifs, de fatigue, de respiration difficile, etc. Ces symptômes ne doivent pas être confondus avec les crampes banales observées après un effort ou après la prise de certains diurétiques. L'acidose lactique est favorisée par une insuffisance rénale, par une insuffisance hépatique grave, par un surdosage de médicaments, par les boissons alcoolisées ou par un jeûne prolongé.

AINS

Abréviation d'anti-inflammatoire non stéroïdien. Famille de médicaments anti-inflammatoires qui ne sont pas dérivés de la cortisone (stéroïdes), et dont le plus connu est l'aspirine.

antirétroviral

Médicament inhibant la reproduction des rétrovirus, dont le virus du sida (VIH).

corticoïde

Substance proche de la cortisone. Les corticoïdes naturels, nécessaires au fonctionnement de l'organisme, sont fabriqués par les glandes surrénales. Les corticoïdes de synthèse, dérivés chimiques de la cortisone, sont utilisés comme anti-inflammatoires puissants.

créatinine

Substance dosable dans le sang, dont l'élévation anormale traduit une insuffisance rénale.

diarrhée

Le sens médical strict de diarrhée est « émission de selles trop fréquentes et trop abondantes ». En fait, le sens commun assimile la diarrhée à la notion de selles liquides et fréquentes. Normalement, les selles sont pâteuses, mais l'émission de selles liquides ou à peine formées, sans douleur ou trouble particulier associé, n'est pas pathologique. On peut parler de diarrhée lorsque les émissions de selles liquides se répètent dans la journée, et que les besoins sont impérieux ou douloureux.

Beaucoup de médicaments peuvent accélérer le transit intestinal et rendre les selles plus liquides, sans que cet effet indésirable soit réellement préoccupant.

Les antibiotiques peuvent altérer la flore digestive, indispensable à la digestion, et provoquer des diarrhées plus ou moins gênantes mais bénignes. L'effet apparaît immédiatement ou après quelques jours de traitement. Une forme de diarrhée grave et exceptionnelle, la colite pseudomembraneuse, peut être observée après un traitement antibiotique ; cette affection se traduit par l'émission de glaires et de fausses membranes (ressemblant à des lambeaux de peau) associées à des douleurs abdominales ; une constipation peut remplacer la diarrhée initiale. La colite pseudomembraneuse peut survenir plusieurs jours après l'arrêt du traitement antibiotique et nécessite un avis médical urgent.

enzyme

Substance capable d'activer une réaction chimique spécifique.

éruption cutanée

Apparition de boutons ou de plaques sur la peau. Ces lésions peuvent être dues à un aliment, à un médicament, et traduire une allergie ou un effet toxique. De nombreux virus peuvent également provoquer des éruptions de boutons : celles de la rubéole, de la roséole et de la rougeole sont les plus connues.

hépatite

Inflammation du foie. Elle peut être due à un médicament, à un virus, à l'alcool ou à une autre cause.

Les hépatites virales guérissent généralement sans traitement. Contrairement aux hépatites A et E presque toujours bénignes, les hépatites B et C peuvent devenir chroniques : le virus persiste dans l'organisme du malade qui reste contagieux mais ne souffre pas obligatoirement de troubles hépatiques. L'hépatite chronique est dite active lorsque le virus continue à détruire les cellules du foie, destruction traduite par l'augmentation des transaminases dans le sang.

infections opportunistes

Infections secondaires à un déficit immunitaire, dues notamment à une infection par le VIH (virus du sida). Les germes responsables (virus, bactéries ou levures) profitent de la baisse des défenses de l'organisme pour provoquer une infection. La plupart de ces germes n'entraînent pas d'infection lorsqu'il n'y a pas de déficit immunitaire.

inhibiteurs de la transcriptase inverse

Médicaments antirétroviraux qui agissent en bloquant une enzyme (la transcriptase inverse) nécessaire à la reproduction du virus du sida (VIH) dans les cellules infectées. Ce type de médicament bloque l'une des étapes essentielles du cycle de reproduction du virus, sans toutefois permettre son élimination complète. Les inhibiteurs de la transcriptase inverse, dont il existe deux types (« nucléosidiques » et « non nucléosidiques »), sont généralement associés à d'autres médicaments antirétroviraux.

insuffisance hépatique

Incapacité du foie à remplir sa fonction, qui est essentiellement l'élimination de certains déchets, mais également la synthèse de nombreuses substances biologiques indispensables à l'organisme : albumine, cholestérol et facteurs de la coagulation (vitamine K, etc.).

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

médicament à prescription restreinte
Terme regroupant certains médicaments susceptibles de poser des problèmes en matière de santé publique et dont la prescription obéit à des règles précises :
  • Médicament réservé à l'usage hospitalier : il ne peut être ni prescrit ni délivré en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière : il doit être obligatoirement prescrit initialement à l'hôpital, mais la délivrance du médicament et les ordonnances de renouvellement peuvent être réalisées en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à surveillance particulière : pendant toute la durée du traitement, les malades traités par un médicament appartenant à cette catégorie doivent faire l'objet de soins particuliers (prises de sang, examens complémentaires, consultations plus fréquentes). Le renouvellement de l'ordonnance est subordonné au respect des règles de surveillance.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les médicaments d'exception et les stupéfiants (voir ces termes).

pancréatite

Inflammation ou infection du pancréas. Cette glande située derrière l'estomac sécrète des enzymes digestives ainsi que l'insuline, indispensable au métabolisme des sucres.

Une pancréatite aiguë se traduit par des douleurs abdominales ou dorsales extrêmement violentes. Elle est confirmée par une prise de sang spécifique.

Quincke (œdème de)

Réaction allergique touchant généralement le visage. L'œdème de Quincke se traduit par un gonflement parfois spectaculaire. Les paupières sont souvent les premières touchées. Dans les rares cas où l'œdème touche la gorge, des troubles respiratoires peuvent survenir et un traitement urgent est nécessaire.

symptôme

Trouble ressenti par une personne atteinte d'une maladie. Un même symptôme peut traduire des maladies différentes et une même maladie ne donne pas forcément les mêmes symptômes chez tous les malades.

transaminases

Enzymes dosées dans le sang, dont le taux s'élève lors de certaines hépatites. Elles figurent dans les analyses de sang sous le nom de SGOT et SGPT ou ASAT et ALAT.

vertige

Symptôme qui peut désigner une impression de perte d'équilibre (sens commun) ou, plus strictement, une sensation de rotation sur soi-même ou de l'environnement (sens médical).

VIH

Abréviation du virus de l'immunodéficience humaine (en anglais HIV), responsable d'une infection pouvant évoluer vers le sida.

On distingue le VIH-1 (responsable de l'épidémie mondiale) et le VIH-2 (beaucoup moins répandu que le VIH-1, surtout présent en Afrique de l'Ouest).

virus

Organisme microscopique qui pénètre dans les cellules de l'hôte, où il se reproduit. Beaucoup plus petits que les bactéries, les virus sont insensibles aux antibiotiques. Ils peuvent parfois être détruits par des substances antivirales.