HOLOXAN

Mis à jour : Jeudi 22 Août 2019
Famille du médicament :

Chimiothérapie anticancéreuse

Dans quel cas le médicament HOLOXAN est-il prescrit ?

Ce médicament est une chimiothérapie anticancéreuse apparentée aux alkylants.

Il est utilisé seul ou en association avec d'autres chimiothérapies dans le traitement de nombreux cancers.

Présentations du médicament HOLOXAN

HOLOXAN 1000 mg : poudre pour solution injectable ; boîte de 1 flacon
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte -  
HOLOXAN 2000 mg : poudre pour solution pour perfusion ; boîte de 1 flacon
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte -  

Les prix mentionnés ne tiennent pas compte des « honoraires de dispensation » du pharmacien.

Composition du médicament HOLOXAN

p flp fl
Ifosfamide1 g2 g
Aucun excipient commun.

Contre-indications du médicament HOLOXAN

Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :

Attention

Des précautions sont nécessaires en cas d'insuffisance hépatique, d'insuffisance rénale, d'anomalies de la numération formule sanguine et de diabète.

Les patients traités par ce médicament (femme ou homme) doivent suivre une contraception ou s'abstenir de rapports sexuels non protégés durant la durée du traitement et au cours des 3 à 6 mois suivant son arrêt.

Conducteur : ce médicament peut être responsable d'une baisse de la vigilance.

Interactions du médicament HOLOXAN avec d'autres substances

En cas de vaccination, l'utilisation d'un vaccin vivant est déconseillée (contre-indiquée dans le cas du vaccin contre la fièvre jaune).

Ce médicament ne doit pas être associé à la phénytoïne : risque de convulsions.

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

Une grossesse est contre-indiquée lorsque l'un des partenaires (femme ou homme) est traité par ce médicament : voir Attention.

Allaitement :

L'utilisation de ce médicament contre-indique l'allaitement.

Mode d'emploi et posologie du médicament HOLOXAN

La solution est injectée par voie intraveineuse en perfusion. La pose d'un cathéter ou d'une chambre implantable est souvent nécessaire.

Le traitement peut être réalisé soit pendant une hospitalisation classique, soit en hôpital de jour, soit à domicile par une infirmière spécialisée.

Posologie usuelle :

La posologie est strictement individuelle ; pour l'établir, le médecin tient compte de vos antécédents, de votre surface corporelle, calculée à partir de votre taille et de votre poids, du type de tumeur, de sa localisation, de l'atteinte ou non de plusieurs organes, de l'association éventuelle avec un autre traitement.

Conseils

Le traitement peut provoquer des nausées et des vomissements. Pour contribuer à limiter ces désagréments, vous pouvez :
  • tenter de vous distraire pendant la perfusion : radio, télévision, conversations ;

  • sucer des bonbons à la menthe ;

  • faire après la perfusion des repas fréquents et peu abondants ;

  • éviter la friture et les aliments gras ou fortement odorants ;

  • prendre des boissons gazeuses ou du thé glacé qui en cas de vomissements aident l'estomac à se rétablir.

Conditions de prescription :

Ce médicament ne peut être prescrit que à l'hôpital, par un médecin spécialiste en cancérologie ou en hématologie. Il nécessite une surveillance particulière pendant le traitement.

Effets indésirables possibles du médicament HOLOXAN

Le traitement peut entraîner une baisse du nombre des globules blancs et des plaquettes, réversible à l'arrêt du traitement. Cette baisse majorant les risques d'infection, consultez rapidement votre médecin en cas de fièvre.

Des nausées et des vomissements peuvent survenir dans les heures, voire dans les jours qui suivent la perfusion. Votre médecin vous prescrira un traitement préventif pour les effets immédiats et retardés. A domicile, si ces troubles persistent et vous empêchent de boire en quantité suffisante, vous devez rapidement le contacter.

Des saignements urinaires par irritation de la vessie peuvent survenir après le traitement : ils doivent être prévenus par une hydratation abondante et un antidote (le Mesna) administré simultanément par voie intraveineuse ou orale et poursuivie quelques heures après le traitement.

Une somnolence, une confusion des idées et une désorientation peuvent être observées.

De rares cas de toxicité cardiaque ont été décrits.

Ce médicament peut être responsable d'une toxicité pour les glandes sexuelles, avec risque d'arrêt plus ou moins définitif des règles chez la femme et diminution de la fertilité chez l'homme (une congélation préventive du sperme peut être proposée).

Une perte de cheveux est possible, toujours réversible après l'arrêt du traitement.

Vous avez ressenti un effet indésirable susceptible d’être dû à ce médicament, vous pouvez le déclarer en ligne.

LEXIQUE

alkylant

Variété de chimiothérapie anticancéreuse qui agit en provoquant des mutations de l'ADN des cellules en division.

antécédent

Affection guérie ou toujours en évolution. L'antécédent peut être personnel ou familial. Les antécédents constituent l'histoire de la santé d'une personne.

cancer

Maladie due au développement anarchique et incontrôlable de certaines cellules de l'organisme. Ces cellules anormales, capables de se multiplier indéfiniment, peuvent envahir des organes ou des vaisseaux sanguins et lymphatiques, formant à distance de nouvelles tumeurs, appelées métastases. On classe les cancers en tumeurs solides (qui se développent à partir d'un organe visible) et en tumeurs liquidiennes, qui proviennent des cellules de la moelle osseuse (leucémies notamment).

cathéter

Fin tuyau souple destiné à administrer un médicament. Il peut être placé dans une veine, une artère ou dans le nez.

chambre implantable

Petit boîtier implanté sous la peau et relié à un cathéter lui même implanté dans une grosse veine : posé sous anesthésie locale, ce système permet d'administrer des traitements par voie intraveineuse (perfusions) sans solliciter les veines du bras, qui peuvent alors être réservées aux prises de sang. Il est notamment utilisé pour les chimiothérapies anticancéreuses.

chimiothérapie anticancéreuse

Traitement médicamenteux destiné à soigner les cancers. Le mécanisme d'action des différentes chimiothérapies est très proche : il consiste à détruire les cellules cancéreuses, qui se divisent rapidement, en altérant leur ADN, leur métabolisme ou les mécanismes moléculaires qui leur permettent de se diviser. Suivant leur mode d'action, les chimiothérapies anticancéreuses sont classées en plusieurs grandes familles : les alkylants, les antimétabolites, les poisons du fuseau et les inhibiteurs de la topo-isomérase. D'autres ont un mode d'action complexe, qui ne permet pas de les classer facilement.

La toxicité des chimiothérapies n'est malheureusement pas dirigée exclusivement contre les cellules cancéreuses. D'autres cellules à développement rapide, comme celles du sang, des cheveux ou du tube digestif, sont également touchées, entraînant de nombreux effets indésirables. Mais contrairement aux cellules tumorales, les cellules saines ont des capacités de réparation plus ou moins complètes, ce qui explique par exemple que les cheveux repoussent après une chimiothérapie qui a provoqué leur chute.

convulsions

Contractions involontaires limitées à quelques muscles ou généralisées à tout le corps. Elles sont dues à une souffrance ou à une stimulation excessive du cerveau : fièvre, intoxication, manque d'oxygène, lésion du cerveau. Les convulsions peuvent être dues à une crise d'épilepsie ou à une fièvre élevée chez le jeune enfant.

diabète

Terme général désignant les maladies se traduisant par l'émission d'urines abondantes et par une soif intense. Employé seul, le mot diabète concerne généralement le diabète sucré, qui correspond à une perturbation de la régulation des sucres de l'organisme par l'insuline. Il se traduit par l'augmentation du sucre (glucose) dans le sang et par sa présence éventuelle dans les urines. Il existe deux sortes de diabète sucré : le diabète de type 1, ou insulinodépendant, qui nécessite un traitement par l'insuline en injection, et le diabète de type 2, ou non insulinodépendant, qui peut, dans un premier temps, être traité par les antidiabétiques oraux.

fièvre jaune

Maladie virale tropicale (Afrique, Amérique), mortelle, transmise par un moustique piquant le jour (Aedes). Une vaccination permet de s'en protéger.

globule blanc

Cellule présente dans le sang. Il en existe différents types : les polynucléaires neutrophiles, qui augmentent lors des infections ; les polynucléaires éosinophiles, dont le nombre est élevé chez les personnes allergiques ou en cas de parasitose ; les polynucléaires basophiles ; les lymphocytes et monocytes, dont le nombre s'élève en cas d'infection virale ou d'atteinte de la moelle osseuse.

hôpital de jour

Séjour à la clinique ou à l'hôpital qui ne dure que quelques heures : vous arrivez le matin pour des examens ou un traitement et vous repartez le soir même, dès que ceux-ci sont terminés.

insuffisance hépatique

Incapacité du foie à remplir sa fonction, qui est essentiellement l'élimination de certains déchets, mais également la synthèse de nombreuses substances biologiques indispensables à l'organisme : albumine, cholestérol et facteurs de la coagulation (vitamine K, etc.).

insuffisance médullaire

Atteinte de la moelle osseuse, qui devient incapable de produire les cellules du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes).

Voir aussi : aplasie médullaire.

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

intraveineuse (voie ou injection)

Injection d'un médicament dans une veine, généralement au pli du coude, après désinfection de la peau. Lorsqu'il s'agit d'une injection intraveineuse directe à l'aide d'une seringue, l'effet du médicament est immédiat, mais bref. À l'inverse, la perfusion permet une administration continue et contrôlée de la substance active, diluée dans un flacon de sérum.

Abréviation : IV.

médicament à prescription restreinte
Terme regroupant certains médicaments susceptibles de poser des problèmes en matière de santé publique et dont la prescription obéit à des règles précises :
  • Médicament réservé à l'usage hospitalier : il ne peut être ni prescrit ni délivré en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière : il doit être obligatoirement prescrit initialement à l'hôpital, mais la délivrance du médicament et les ordonnances de renouvellement peuvent être réalisées en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à surveillance particulière : pendant toute la durée du traitement, les malades traités par un médicament appartenant à cette catégorie doivent faire l'objet de soins particuliers (prises de sang, examens complémentaires, consultations plus fréquentes). Le renouvellement de l'ordonnance est subordonné au respect des règles de surveillance.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les médicaments d'exception et les stupéfiants (voir ces termes).

numération formule sanguine

La numération mesure le nombre de globules rouges (hématies), de globules blancs (leucocytes) et de plaquettes dans le sang. La formule sanguine précise le pourcentage des différents globules blancs : neutrophiles, éosinophiles, basophiles, lymphocytes, monocytes.

Abréviation : NFS.

perfusion

Administration très lente d'une substance par voie intraveineuse. Le flacon est relié à la veine par un tuyau souple et transparent permettant de contrôler le débit.

Synonyme : goutte-à-goutte.

plaquettes

Petites cellules présentes dans le sang : elles participent à la formation des caillots.

posologie

Quantité et répartition de la dose d'un médicament en fonction de l'âge, du poids et de l'état général du malade.

surface corporelle

Les produits anticancéreux sont généralement injectés par voie intraveineuse : ils se dispersent alors dans la circulation générale ; la concentration de produit qui arrivera au niveau des tissus, et de la tumeur en particulier, est donc fonction de la quantité injectée et du débit du sang ; celui-ci est corrélé à la surface du corps calculée à partir du poids et de la taille : la dose des médicaments qui sont administrés est donc fonction de cette donnée appelée surface corporelle.

tumeur

Développement anormal de cellules de l'organisme. Les tumeurs bénignes repoussent les tissus voisins sans les altérer : verrues, grains de beauté, adénomes, etc. ; leur développement reste localisé. Les tumeurs malignes envahissent les tissus avoisinants et peuvent essaimer à distance (métastases).

vaccin

Solution injectable destinée à immuniser l'organisme contre un virus ou une bactérie.

Il existe plusieurs sortes de vaccins :
  • Les vaccins vivants atténués : le germe contenu dans le vaccin est vivant, mais incapable de provoquer la maladie (BCG, rougeole, rubéole, oreillons, etc.).

  • Les vaccins préparés à partir de fragments de germes tués : les parties les plus immunisantes du virus ou de la bactérie sont utilisées pour préparer le vaccin (vaccins contre la polio, contre les hépatites, etc.).

  • Les vaccins contenant des toxines neutralisées (inactivées) : dans le cas du tétanos, c'est une toxine sécrétée par le germe qui est responsable de la gravité de la maladie ; le vaccin permet l'immunisation contre cette toxine.