AMÉTYCINE

Mis à jour : Jeudi 19 Octobre 2017
Famille du médicament :

Chimiothérapie anticancéreuse

19/10/2017 : ce médicament est en arrêt de commercialisation. Il n’est plus disponible en pharmacie ou ne le sera bientôt plus.

Si vous devez prendre ce médicament, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien qui pourront vous conseiller un autre traitement.

Le document ci-dessous représente la dernière fiche publiée par Vidal concernant ce médicament et ne préjuge en rien des évolutions ayant pu survenir postérieurement à cette publication.

Dans quel cas le médicament AMÉTYCINE est-il prescrit ?

Ce médicament est une chimiothérapie anticancéreuse apparentée aux alkylants.

Il est utilisé dans le traitement des cancers de l'estomac, du pancréas, du côlon, du rectum et du sein.

Présentations du médicament AMÉTYCINE

AMÉTYCINE 10 mg : poudre pour solution injectable ; 1 flacon de poudre
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte
AMÉTYCINE 20 mg : poudre pour solution injectable ; 1 flacon de poudre
Sur ordonnance (Liste I), médicament à prescription restreinte

Composition du médicament AMÉTYCINE

p flp fl
Mitomycine C10 mg20 mg

Contre-indications du médicament AMÉTYCINE

Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :
  • en association avec un médicament contenant de la phénytoïne et avec la vaccination contre la fièvre jaune,

  • grossesse,

  • allaitement.

Attention

Des précautions sont nécessaires en cas d'insuffisance rénale et d'anomalies de la numération formule sanguine.

Les patients traités par ce médicament (femme ou homme) doivent suivre une contraception ou s'abstenir de rapports sexuels non protégés durant la durée du traitement et au cours des 3 à 6 mois suivant son arrêt.

Interactions du médicament AMÉTYCINE avec d'autres substances

En cas de vaccination, l'utilisation d'un vaccin vivant est déconseillée (contre-indiquée dans le cas du vaccin contre la fièvre jaune).

Ce médicament ne doit pas être associé à la phénytoïne : risque de convulsions.

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse :

Une grossesse est contre-indiquée lorsque l'un des partenaires (femme ou homme) est traité par ce médicament : voir Attention.

Allaitement :

L'utilisation de ce médicament contre-indique l'allaitement.

Mode d'emploi et posologie du médicament AMÉTYCINE

La solution est injectée par voie intraveineuse en perfusion. La pose d'un cathéter ou d'une chambre implantable est souvent nécessaire.

Le traitement peut être réalisé soit pendant une hospitalisation classique, soit en hôpital de jour, soit à domicile par une infirmière spécialisée.

La mitomycine C est également utilisée en instillations locales pour certaines tumeurs superficielles de la vessie.

Posologie usuelle :

La posologie est strictement individuelle ; pour l'établir, le médecin tient compte de vos antécédents, de votre surface corporelle, calculée à partir de votre taille et de votre poids, du type de tumeur, de sa localisation, de l'atteinte ou non de plusieurs organes, de l'association éventuelle avec un autre traitement (radiothérapie notamment).

Conseils

Ce médicament est un médicament à prescription restreinte : il doit obligatoirement être prescrit pour la première fois à l'hôpital.

Le traitement peut provoquer des nausées et des vomissements. Pour contribuer à limiter ces désagréments, vous pouvez :
  • tenter de vous distraire pendant la perfusion : radio, télévision, conversations ;

  • sucer des bonbons à la menthe ;

  • faire après la perfusion des repas fréquents et peu abondants ;

  • éviter la friture et les aliments gras ou fortement odorants ;

  • prendre des boissons gazeuses ou du thé glacé qui en cas de vomissements aident l'estomac à se rétablir.

Ce médicament doit être conservé à l'abri de la lumière.

Effets indésirables possibles du médicament AMÉTYCINE

La mitomycine C peut provoquer des nausées et des vomissements dans les heures, voire dans les jours qui suivent la perfusion (voir Conseils). Votre médecin vous prescrira un traitement préventif pour les effets immédiats et retardés. A domicile, si ces troubles persistent et vous empêchent de boire en quantité suffisante, vous devez rapidement le contacter.

Ce médicament peut entraîner une diminution transitoire des plaquettes, mais aussi des globules blancs et des globules rouges. Ce phénomène peut apparaître soit en début de traitement, soit plus tardivement, jusqu'à 8 semaines après la dernière injection.

Le mitomycine C peut entraîner une inflammation des muqueuses buccales (stomatite) que l'on peut soulager par des traitements adaptés.

Ce médicament peut être responsable d'une toxicité pour les glandes sexuelles, avec risque d'arrêt plus ou moins définitif des règles chez la femme et diminution de la fertilité chez l'homme (une congélation préventive du sperme peut être proposée).

Une perte de cheveux est possible, toujours réversible après l'arrêt du traitement.

Ce médicament peut entraîner des anomalies pulmonaires (essoufflement et toux) et des anomalies rénales (urines foncées, insuffisance rénale).

Laboratoire 

LEXIQUE

alkylant

Variété de chimiothérapie anticancéreuse qui agit en provoquant des mutations de l'ADN des cellules en division.

antécédent

Affection guérie ou toujours en évolution. L'antécédent peut être personnel ou familial. Les antécédents constituent l'histoire de la santé d'une personne.

cancer

Maladie due au développement anarchique et incontrôlable de certaines cellules de l'organisme. Ces cellules anormales, capables de se multiplier indéfiniment, peuvent envahir des organes ou des vaisseaux sanguins et lymphatiques, formant à distance de nouvelles tumeurs, appelées métastases. On classe les cancers en tumeurs solides (qui se développent à partir d'un organe visible) et en tumeurs liquidiennes, qui proviennent des cellules de la moelle osseuse (leucémies notamment).

cathéter

Fin tuyau souple destiné à administrer un médicament. Il peut être placé dans une veine, une artère ou dans le nez.

chambre implantable

Petit boîtier implanté sous la peau et relié à un cathéter lui même implanté dans une grosse veine : posé sous anesthésie locale, ce système permet d'administrer des traitements par voie intraveineuse (perfusions) sans solliciter les veines du bras, qui peuvent alors être réservées aux prises de sang. Il est notamment utilisé pour les chimiothérapies anticancéreuses.

chimiothérapie anticancéreuse

Traitement médicamenteux destiné à soigner les cancers. Le mécanisme d'action des différentes chimiothérapies est très proche : il consiste à détruire les cellules cancéreuses, qui se divisent rapidement, en altérant leur ADN, leur métabolisme ou les mécanismes moléculaires qui leur permettent de se diviser. Suivant leur mode d'action, les chimiothérapies anticancéreuses sont classées en plusieurs grandes familles : les alkylants, les antimétabolites, les poisons du fuseau et les inhibiteurs de la topo-isomérase. D'autres ont un mode d'action complexe, qui ne permet pas de les classer facilement.

La toxicité des chimiothérapies n'est malheureusement pas dirigée exclusivement contre les cellules cancéreuses. D'autres cellules à développement rapide, comme celles du sang, des cheveux ou du tube digestif, sont également touchées, entraînant de nombreux effets indésirables. Mais contrairement aux cellules tumorales, les cellules saines ont des capacités de réparation plus ou moins complètes, ce qui explique par exemple que les cheveux repoussent après une chimiothérapie qui a provoqué leur chute.

convulsions

Contractions involontaires limitées à quelques muscles ou généralisées à tout le corps. Elles sont dues à une souffrance ou à une stimulation excessive du cerveau : fièvre, intoxication, manque d'oxygène, lésion du cerveau. Les convulsions peuvent être dues à une crise d'épilepsie ou à une fièvre élevée chez le jeune enfant.

fièvre jaune

Maladie virale tropicale (Afrique, Amérique), mortelle, transmise par un moustique piquant le jour (Aedes). Une vaccination permet de s'en protéger.

globule blanc

Cellule présente dans le sang. Il en existe différents types : les polynucléaires neutrophiles, qui augmentent lors des infections ; les polynucléaires éosinophiles, dont le nombre est élevé chez les personnes allergiques ou en cas de parasitose ; les polynucléaires basophiles ; les lymphocytes et monocytes, dont le nombre s'élève en cas d'infection virale ou d'atteinte de la moelle osseuse.

globule rouge

Cellule présente dans le sang (5 millions par mm3), qui contient l'hémoglobine.

Synonyme : hématie.

hôpital de jour

Séjour à la clinique ou à l'hôpital qui ne dure que quelques heures : vous arrivez le matin pour des examens ou un traitement et vous repartez le soir même, dès que ceux-ci sont terminés.

inflammation

Réaction naturelle de l'organisme contre un élément reconnu comme étranger. Elle se manifeste localement par une rougeur, une chaleur, une douleur ou un gonflement.

insuffisance rénale

Incapacité des reins à éliminer les déchets ou les substances médicamenteuses. Une insuffisance rénale avancée ne se traduit pas forcément par une diminution de la quantité d'urine éliminée. Seuls une prise de sang et le dosage de la créatinine peuvent révéler cette maladie.

médicament à prescription restreinte
Terme regroupant certains médicaments susceptibles de poser des problèmes en matière de santé publique et dont la prescription obéit à des règles précises :
  • Médicament réservé à l'usage hospitalier : il ne peut être ni prescrit ni délivré en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière : il doit être obligatoirement prescrit initialement à l'hôpital, mais la délivrance du médicament et les ordonnances de renouvellement peuvent être réalisées en dehors de l'hôpital.

  • Médicament à surveillance particulière : pendant toute la durée du traitement, les malades traités par un médicament appartenant à cette catégorie doivent faire l'objet de soins particuliers (prises de sang, examens complémentaires, consultations plus fréquentes). Le renouvellement de l'ordonnance est subordonné au respect des règles de surveillance.

D'autres médicaments obéissent à des règles de délivrance particulière : les médicaments d'exception et les stupéfiants (voir ces termes).

numération formule sanguine

La numération mesure le nombre de globules rouges (hématies), de globules blancs (leucocytes) et de plaquettes dans le sang. La formule sanguine précise le pourcentage des différents globules blancs : neutrophiles, éosinophiles, basophiles, lymphocytes, monocytes.

Abréviation : NFS.

perfusion

Administration très lente d'une substance par voie intraveineuse. Le flacon est relié à la veine par un tuyau souple et transparent permettant de contrôler le débit.

Synonyme : goutte-à-goutte.

plaquettes

Petites cellules présentes dans le sang : elles participent à la formation des caillots.

posologie

Quantité et répartition de la dose d'un médicament en fonction de l'âge, du poids et de l'état général du malade.

radiothérapie

Utilisation de la radioactivité pour soigner certaines maladies, notamment des cancers.

stomatite

Inflammation de la bouche et des gencives qui peut être due à une infection, mais aussi à certains médicaments qui se concentrent dans la salive.

surface corporelle

Les produits anticancéreux sont généralement injectés par voie intraveineuse : ils se dispersent alors dans la circulation générale ; la concentration de produit qui arrivera au niveau des tissus, et de la tumeur en particulier, est donc fonction de la quantité injectée et du débit du sang ; celui-ci est corrélé à la surface du corps calculée à partir du poids et de la taille : la dose des médicaments qui sont administrés est donc fonction de cette donnée appelée surface corporelle.

traitement préventif

Traitement destiné à prévenir une maladie (synonyme : prophylaxie), ou à limiter la fréquence des crises ou des poussées dans une maladie chronique.

vaccin

Solution injectable destinée à immuniser l'organisme contre un virus ou une bactérie.

Il existe plusieurs sortes de vaccins :
  • Les vaccins vivants atténués : le germe contenu dans le vaccin est vivant, mais incapable de provoquer la maladie (BCG, rougeole, rubéole, oreillons, etc.).

  • Les vaccins préparés à partir de fragments de germes tués : les parties les plus immunisantes du virus ou de la bactérie sont utilisées pour préparer le vaccin (vaccins contre la polio, contre les hépatites, etc.).

  • Les vaccins contenant des toxines neutralisées (inactivées) : dans le cas du tétanos, c'est une toxine sécrétée par le germe qui est responsable de la gravité de la maladie ; le vaccin permet l'immunisation contre cette toxine.