Les mauvaises raisons des enfants pour mal manger

Mis à jour : Mercredi 27 Mai 2009

Les enfants comme les adultes ont leurs raisons de mal manger : manque d'appétit, difficulté à prendre un petit-déjeuner, repas à la cantine, refus de certains aliments... Avant d'avoir recours à des compléments en vitamines et minéraux, il faut essayer de comprendre leurs raisons et, surtout, leur montrer l'exemple en ayant soi-même une alimentation équilibrée.

Les enfants ont souvent de fausses bonnes raisons de mal se nourrir

enfant mange

Les enfants, comme les adultes, ont souvent de fausses bonnes raisons de ne pas avoir une alimentation équilibrée. Pour chaque cas, des solutions existent...


Pour les enfants qui mangent peu

Si cette absence d’appétit dure depuis quelques jours, ne vous inquiétez pas, elle sera compensée lorsque l’appétit reviendra. Si la baisse d’appétit persiste au-delà d’une semaine, il peut être utile de consulter un médecin pour éliminer la possibilité d’une infection telle qu’une infection urinaire, ou du nez ou de la gorge. En l’absence de problème infectieux, votre enfant peut être un petit mangeur : sa taille ainsi que son activité physique et intellectuelle sont normales, même si son poids est un peu inférieur aux valeurs de référence. Sinon, un manque d’appétit révèle parfois des difficultés psychologiques, en particulier dans le cadre des relations avec l’entourage, la famille ou l’école, par exemple.

Dans ces deux derniers cas, il ne sert à rien de l’obliger à manger. Les repas ne doivent en aucun cas devenir l’occasion de conflits. Soyez patient et à l’écoute, montrez-lui votre affection et n’hésitez pas à faire preuve d’un peu d’humour.


Pour les enfants qui ne peuvent rien avaler le matin

Un enfant peut refuser son petit-déjeuner pour différentes raisons : il n’a pas faim, il n’a pas le temps ou il préfère grignoter dans la matinée. Réveillez votre enfant suffisamment tôt pour lui laisser le temps d’avoir de l’appétit et évitez de le presser pour qu’il avale quelque chose en vitesse. Vous pouvez également lui laisser composer son petit-déjeuner, avec les produits qu’il préfère dans chaque famille d’aliments, lait ou yaourt, céréales ou pain, fruit frais ou jus de fruits. Dans la mesure du possible, essayez de prendre le petit-déjeuner avec lui, il se sentira plus entouré et en confiance.


Pour les enfants qui n'aiment pas les produits laitiers

yaourt

En dehors des cas où le lait est proscrit, comme dans l’intolérance au lactose, il arrive fréquemment que les enfants français n’aiment pas le lait. Si c’est le cas de votre enfant, vous trouverez aisément une alternative pour augmenter ses apports en calcium.

  • Proposez-lui d’autres produits laitiers et jouez sur la variété : yaourt nature, aromatisé, aux fruits, en pot ou à boire, fromage blanc.
  • Aromatisez le lait avec de la vanille ou un peu de sirop de fruits, mixez-le avec des fruits tels que fraises, banane ou pêche, sans y ajouter de sucre.
  • Enrichissez ses plats avec des produits laitiers tels que sauces au yaourt, béchamel ou lait écrémé en poudre.
  • Donnez-lui à boire une eau minérale riche en calcium.
  • Enfin, les sardines avec leurs arêtes apportent elles aussi beaucoup de calcium.

Attention, le beurre et la crème fraîche, bien qu’issus du lait, ne font pas partie de la famille des produits laitiers. Ils sont pauvres en calcium et en protéines, mais riches en matières grasses. Méfiez-vous également des desserts lactés et autres barres au lait et au chocolat, assez gras, et dont l’apport en calcium supplémentaire n’est pas significatif.


Pour les enfants qui veulent un en-cas le matin

L’en-cas de 10 heures à l’école, à base de lait et de produits laitiers, est apparu dans les années cinquante pour pallier les apports insuffisants en calcium. Devant la dérive inquiétante de cette collation qui se transformait souvent par une distribution de gâteaux, de biscuits et de boissons sucrés à des horaires trop proches du déjeuner, la Direction générale de la santé a demandé à l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) de se pencher sur la pertinence de cette pratique. Après l’analyse des données scientifiques actuelles et de situations de terrain, l’Afssa a conclu : « L’en-cas de 10 heures, de par sa composition, son horaire, son caractère systématique et indifférencié, n’est pas justifié et ne constitue pas une réponse adaptée à l’absence de petit-déjeuner ».

Un risque de déséquilibre alimentaire

Cet en-cas favoriserait même un déséquilibre énergétique et une modification des rythmes alimentaires des écoliers. En effet, peu d’enfants ne prennent pas de petit-déjeuner et, de ce fait, cette collation constitue un apport énergétique supplémentaire susceptible de favoriser le surpoids et l’obésité. Même la distribution de lait n’est pas justifiée, car il n’existe pas d’insuffisance en calcium chez les enfants concernés par cette collation.

Privilégier plutôt le petit-déjeuner

L’Afssa propose plutôt de mettre en place la distribution d’un petit-déjeuner complet et équilibré aux enfants qui ne l’auraient pas déjà pris, dès l’arrivée à l’école et avant le début de la classe. Certains établissements ont remplacé l’en-cas par un fruit qui est beaucoup plus souvent consommé que celui donné dans le cadre du déjeuner.

De la même manière, les en-cas glissés par les parents dans le cartable de leur enfant, en prévention d’un coup de pompe dans la matinée, ne sont pas justifiés et favorisent la prise de poids. Les parents doivent de préférence s’assurer que leur enfant prend chaque matin un petit-déjeuner complet avant de partir à l’école.

Depuis la rentrée 2005, tous les distributeurs automatiques de friandises sucrées ou salées et de boissons sucrées ont été retirés des établissements scolaires.


Pour les enfants qui mangent à l'école

enfants déjeunant à la cantine

La cantine a parfois mauvaise réputation : repas trop riches et peu appétissants, environnement peu confortable - entre autres. Pourtant, les repas pris à la maison ne sont pas forcément meilleurs… Une étude menée en 1998-1999 sur des enfants scolarisés en école primaire a montré que les repas pris à la cantine étaient globalement plus riches en vitamines et en minéraux que les repas pris à domicile !

Néanmoins, une circulaire relative à la composition des repas servis en restauration scolaire a été élaborée en juin 2001. Elle dresse une liste de recommandations à destination des établissements.

  • Le déjeuner doit comporter chaque jour une crudité ou un fruit, un plat à base de viande, de poisson ou d’œufs, des légumes cuits ou des féculents, un produit laitier, sans oublier le pain et l’eau.
  • Les apports en matières grasses et en sel doivent être limités.
  • Les portions doivent être adaptées à l’âge des enfants ; un enfant de quatre ans ne doit pas bénéficier des mêmes portions qu’un enfant de dix ans, par exemple.
  • Des distributeurs d’eau réfrigérée ou des fontaines doivent être mis à disposition des élèves.
  • La fréquence de présentation des aliments doit être adaptée à leur intérêt nutritionnel. Les frites doivent être limitées, par exemple, et les produits laitiers encouragés.
  • Les menus doivent, autant que possible, être adaptés aux goûts des enfants pour que la totalité du repas soit effectivement consommée ; on a constaté qu’un enfant consomme en moyenne 60 à 70 % de ce qui lui est proposé à la cantine.
  • Le confort des élèves pendant la prise des repas doit être amélioré et les emplois du temps adaptés, pour que trente minutes au moins soient consacrées au repas, file d’attente non comprise…

Pour les enfants atteints de maladies chroniques, la circulaire facilite la mise en place de paniers-repas dans le cadre d’un projet d’accueil individualisé.

De plus en plus d’établissements respectent ces recommandations et les repas servis sont satisfaisants en termes d’apports nutritionnels, notamment concernant les protéines de bonne qualité, le calcium et le fer. Il reste toutefois des efforts à faire sur l’environnement et la présentation des aliments, en particulier des fruits et des légumes, pour que ceux-ci soient plus appétissants.


Pour les enfants très sportifs qui mangent peu

Certains enfants très sportifs mangent insuffisamment, en particulier chez les filles et dans les sports où les participants sont classés par poids.

Augmenter l'apport d'énergie des enfants sportifs

Les enfants très sportifs doivent avoir une alimentation adaptée à leurs besoins et à leur sport de prédilection, compte tenu d’une dépense énergétique accrue : les quantités d’énergie nécessaires peuvent être multipliées par un et demi par rapport à celles d’enfants sédentaires. Pour les satisfaire, il est préférable de privilégier les féculents.

Surveiller l'hydratation des enfants sportifs

L’hydratation des sportifs est primordiale et les besoins en eau sont augmentés. Ils varient selon le sport pratiqué et les conditions météorologiques. Pour les jeunes sportifs, plus encore que pour les sportifs adultes, il est important de boire avant, pendant et après l’effort.

Assurer aux enfants sportifs un apport suffisant en calcium, magnésium et fer

garçon jouant au tennis

Les besoins en calcium de l’enfant sportif sont accrus par le fait du travail des muscles, leur contraction nécessitant la présence de calcium.

Le magnésium est nécessaire à la production d’énergie, à la transmission des messages nerveux vers les muscles, à leur contraction et au bon fonctionnement du cœur. Cet élément est donc extrêmement important pour le jeune sportif. Un manque de magnésium peut provoquer des troubles variés tels que fatigue physique et intellectuelle, crampes, problèmes digestifs, pouls au repos trop rapide ou troubles du sommeil, par exemple. Un manque de fer peut survenir chez un enfant sportif qui aurait de mauvaises habitudes alimentaires.

Attention aux troubles du comportement alimentaire chez les enfants sportifs

Des troubles du comportement alimentaire apparaissent parfois chez les jeunes sportifs. C’est en particulier le cas de certaines jeunes filles qui pratiquent des sports artistiques comme la gymnastique, la danse ou la natation synchronisée. Ce phénomène se rencontre également dans les sports où les participants sont classés par catégories de poids, en judo par exemple.

Alimentation et compétition sportive chez les enfants

Quelques conseils peuvent être utiles aux enfants qui participent à des compétitions :

  • la veille d’une compétition, prendre un dernier repas riche en glucides ;
  • manger léger jusqu’à quatre heures avant la compétition, sans se forcer ;
  • boire avant, pendant et après l’effort ;
  • prévoir des petits en-cas énergétiques faciles à digérer pendant les pauses s’il y a plusieurs épreuves au long de la journée ;
  • dans les deux heures qui suivent la fin des épreuves, se nourrir d’eau et de glucides variés pour reconstituer ses réserves au plus vite.

Attention aux compléments alimentaires censés améliorer les performances, ils ne sont jamais justifiés sur le plan nutritionnel et peuvent être un premier pas dans la spirale du dopage. Seul le médecin qui suit votre enfant est habilité à décider du recours à ces compléments.