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Phytothérapie et maladies chroniques

Mis à jour : Mardi 21 Août 2012

Les personnes qui souffrent d’une maladie chronique doivent utiliser les plantes médicinales avec précaution. En effet, les produits de phytothérapie ne doivent ni aggraver leur maladie, ni provoquer une rechute ou des complications, ni interagir avec les médicaments qui leur ont été prescrits. Un dialogue ouvert avec le médecin et le pharmacien est indispensable pour éviter des conséquences parfois graves.

De leur propre chef, les personnes qui souffrent de maladies chroniques ont souvent la tentation d’explorer le monde des médecines douces, et en particulier celui des plantes médicinales. La plupart du temps, ces patients ne cherchent pas forcément à se soigner uniquement à l’aide de plantes, mais espèrent pouvoir prendre moins de médicaments ou lutter contre les effets indésirables provoqués par leur traitement.

Maladies chroniques : quelques règles simples à respecter avec les plantes médicinales

femme senior

Lorsqu’on souffre d’une maladie chronique, l’usage des plantes médicinales exige de nombreuses précautions et le respect d’un certain nombre de règles.

Avant de prendre des plantes médicinales, demander conseil à son médecin ou à son pharmacien

Avant de prendre des produits à base de plantes médicinales, demandez conseil aux professionnels de santé qui vous entourent. Il se peut qu’ils ne soient pas favorables à votre souhait : écoutez leurs arguments, présentez-leur les vôtres et essayez d’arriver à un compromis. En règle générale, les pharmaciens sont plus familiers avec la phytothérapie (qui fait partie des matières qui leur ont été enseignées). Mais ne négligez jamais d’en discuter avec votre médecin.

Dans le cadre des maladies graves, les médecins spécialistes sont souvent confrontés à des patients qui souhaitent essayer les médecines dites « douces ». En parler à son médecin et aux autres membres de l’équipe soignante permet de profiter indirectement de l’expérience d’autres patients qui ont pu avoir la même curiosité pour d’autres modalités thérapeutiques.

Ne jamais arrêter les traitements prescrits par son médecin pour prendre des plantes médicinales

Même lorsque l’on souhaite recourir aux produits de phytothérapie, il est essentiel de ne pas se couper des traitements qui ont fait leurs preuves. En aucun cas l’usage de plantes ne doit se substituer aux médicaments prescrits par son médecin. Ce faisant, le risque de rechute ou de complication serait considérablement aggravé.

Pour pouvoir prendre des plantes tout en continuant ses traitements, il est nécessaire de s’assurer de l’absence d’interactions entre ces deux types de substances.

Ne jamais cacher son usage des plantes médicinales à son médecin

Il est essentiel de ne jamais pratiquer d’automédication honteuse, que ce soit avec des médicaments ou avec des produits de phytothérapie. Prendre des plantes médicinales sans en parler à son médecin, à son pharmacien ou à son dentiste peut avoir de graves conséquences.

Dans tous les cas, même si votre médecin n'est pas d'accord avec votre choix, tenez-le au courant des plantes (ou des autres substances) que vous prenez. Il pourra ainsi rester vigilant sur d'éventuels effets indésirables, en particulier ceux qui nécessitent une prise de sang pour être détectés (toxicité pour le foie ou les reins, troubles de la coagulation sanguine, etc.).

Quand s’abstenir de prendre des plantes médicinales ?

Dans certains types de maladies chroniques, l’usage des plantes médicinales est particulièrement délicat, voire déconseillé.

Maladies allergiques et plantes médicinales

Les personnes qui souffrent d’un terrain allergique (rhume des foins, eczéma, dermatite atopique, conjonctivite allergique, asthme, etc.) peuvent développer des symptômes allergiques après la prise de plantes. En effet, certaines plantes médicinales appartiennent à la même famille que des plantes fréquemment responsables d’allergie (par exemple la camomille fait partie des composées, l’avoine fait partie des graminées, etc.).

Parfois, on observe des allergies dites « croisées » où l'allergie à une plante prédispose à l'allergie à une plante d'une autre famille (par exemple entre le fenouil et l'armoise). Enfin, certaines personnes allergiques à un médicament peuvent être sensibles à des plantes qui contiennent des substances similaires (par exemple l'aspirine et l'écorce de saule blanc).

Maladies du foie et plantes médicinales

En règle générale, les personnes qui souffrent de maladies du foie doivent s’abstenir de prendre des plantes médicinales sans en parler d’abord à leur médecin. Par maladies du foie, on entend les hépatites (virales, toxiques, etc.), les complications de l’alcoolisme, les obstructions des voies biliaires (comme les calculs biliaires), la maladie de Wilson (maladie génétique où le cuivre s’accumule dans le corps), etc. On entend également les troubles du foie dus aux effets indésirables d’un médicament.

Attention, certaines plantes médicinales sont particulièrement toxiques pour le foie, y compris chez les personnes en bonne santé (voir tableau). Régulièrement, des cas graves de toxicité hépatique provoqués par des produits de phytothérapie sont signalés dans les hôpitaux. Restez vigilants.

Quelques plantes médicinales toxiques pour le foie
Nom commun Nom latin
Chaparral Larrea tridentata
Chardon à glu Atractylis gummifera
Chélidoine Chelidonia majus
Crotalaire Crotalaria grahamiana
Éphédra chinois Ephedra sinica
Germandrée petit-chêne Teucrium chamaedrys
Germandrée tomenteuse Teucrium polium
Grande consoude Symphytum officinale
Héliotrope d’Europe Heliotropium europaeum
Impila Callilepsis laureola
Jin Bu Huan Lycopodium serratum
Kava kava Piper methysticum
Menthe pouliot Mentha pulegium
Renouée multiflore Polygonum multiflorum
Séneçon de Jacob Jacobaea vulgaris (ex Senecio jacobaea)
Valériane Valeriana officinalis

Maladies des reins et plantes médicinales

De nombreuses plantes sont déconseillées aux personnes qui souffrent de maladies des reins (par exemple une insuffisance rénale). C’est le cas, entre autres, de la réglisse (Glycyrrhiza glabra), de la grande consoude (Symphytum officinale), de l’aristoloche (Aristolochia clematitis), de la griffe-de-chat (Uncaria tomentosa), de la salsepareille (Smilax sp.), du marron d’Inde, du cascara, etc. Pour cette raison, les personnes qui souffrent de maladies des reins doivent systématiquement consulter leur médecin avant de prendre des produits à base de plantes médicinales.

Des cas d’insuffisance rénale ont également été accidentellement provoqués par des plantes, par exemple par la prise d’Aristolochia fangchi.

Maladies auto-immunes et plantes médicinales

Les personnes qui souffrent de maladies auto-immunes (où le système immunitaire attaque certains organes) doivent utiliser les plantes médicinales avec précaution.

Certaines plantes censées stimuler les défenses de l’organisme pourraient exacerber leurs symptômes. On peut citer, par exemple, les échinacées, la rhodiole (ou orpin rose, Rhodiola rosea), l’éleuthérocoque, le curcuma, le thuya (Thuja occidentalis), le dong qai (Angelica sinensis), la fumeterre officinale (Fumaria officinalis), l’arnica (Arnica montana), l’épine-vinette (Berberis vulgaris) ou la camomille allemande (Matricaria recutita), etc.

Cancers hormonodépendants et plantes médicinales

De nombreuses plantes médicinales contiennent des phytoestrogènes, des substances qui agissent sur le corps à la manière des hormones féminines. Les femmes qui souffrent de cancers sensibles à ces hormones (cancers du sein et de l’utérus) doivent utiliser ces plantes sous contrôle médical : par exemple le trèfle rouge (Trifolium pratense), l’actée à grappes noires (Cimicifuga racemosa), le dong qai (Angelica sinensis), le gattilier (Vitex agnus-castus), le soja (Glycine max), la ballotte (Ballota nigra), la bourrache (Borrago officinalis), etc.

Attention aux interactions plantes / médicaments !

Certaines familles de médicaments sont plus particulièrement susceptibles d’interagir avec les produits à base de plantes.

Médicaments anticoagulants et plantes médicinales

Les médicaments anticoagulants (fluidifiants du sang) sont fréquemment prescrits aux personnes qui souffrent de troubles du cœur ou des vaisseaux sanguins. De très nombreuses plantes ont une activité anticoagulante qui, associée à celles des fluidifiants du sang, peut provoquer des hémorragies : par exemple l’ail, le ginseng asiatique, l’éleuthérocoque, la canneberge, le saule blanc, la camomille allemande (Matricaria recutita), le palmier nain (Serenoa repens), le soja (Glycine max), la papaye (Carica papaya), le dong qai (Angelica sinensis), etc.

Les personnes qui prennent ce type de plantes et qui vont subir une opération chirurgicale ou des soins de la bouche invasifs doivent impérativement signaler leur traitement à leur médecin anesthésiste ou à leur chirurgien-dentiste.

Médicaments immunosuppresseurs et plantes médicinales

Les plantes censées stimuler l’immunité (voir ci-dessus) pourraient interférer avec les médicaments destinés à diminuer l’action du système immunitaire (par exemple ceux prescrits contre les maladies auto-immunes, la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis, etc.). De plus, le millepertuis (voir encadré) diminue l’efficacité de ce type de médicament.

Millepertuis et interactions médicamenteuses
Le millepertuis (Hypericum perforatum) est une plante couramment utilisée pour soulager, en cures courtes, les symptômes des dépressions légères à modérées. Il existe sous forme de médicaments. Le millepertuis modifie la façon dont le corps élimine de très nombreux médicaments.
De ce fait, il peut réduire leur efficacité. Le millepertuis diminue notamment l'efficacité de certains médicaments contre le VIH/sida (antiprotéases), des pilules contraceptives, de certains médicaments anticoagulants, de certains médicaments pour le cœur (inhibiteurs calciques), de certains médicaments contre l'épilepsie, des médicaments corticoïdes (cortisone), etc.
Lorsque l'on prend un traitement contre une maladie chronique, il est préférable de s'abstenir de prendre du millepertuis, sauf prescription de son médecin.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010

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