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Quelles sont les origines de la phytothérapie ?

Mis à jour : Vendredi 10 Août 2012

Pratique millénaire basée sur un savoir empirique enrichi au fil des générations, la phytothérapie, du mot grec phyton, « plante » et therapeia, « traitement », est une modalité de soins utilisant les plantes ou des produits en contenant.

Les bases de la phytothérapie

plantes

Science très ancienne, la phytothérapie n’est pas propre à l’espèce humaine. En effet, nombreuses sont les espèces animales - des insectes aux chimpanzés - qui savent choisir dans leur habitat les plantes utiles pour corriger des carences alimentaires ou soigner certaines maladies. Ainsi, il est tout à fait vraisemblable que l’utilisation des plantes à des fins thérapeutiques par l’homme ne soit que l’évolution de savoirs animaux dont l’origine nous échappe encore.

Le premier recueil consacré aux plantes médicinales, le papyrus égyptien Ebers, que l’on fait remonter à 1500 av. J.-C., fait l’inventaire de plusieurs centaines de plantes. Au fil du temps, les médecins de l’Antiquité constituent une pharmacopée (un recueil de remèdes) relativement développée. Au travers de son ouvrage, De materia medica (« Sur la matière médicale »), qui recense environ 600 plantes, le médecin grec Dioscoride, au Ier siècle après J.-C., exerce une influence considérable sur la médecine occidentale. Cet ouvrage demeure l’une des principales références en Europe jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Il est traduit en plusieurs langues. En 512, une version comportant les dessins des plantes citées fait de De materia medica le premier herbier illustré.

Au Moyen Âge, les médecines d’inspiration gréco-latine ou arabe demeurent fidèles à l’usage des plantes. Des archéologues ont pu établir, à l’occasion de fouilles dans un hôpital monastique écossais du XIe siècle, que les moines utilisaient des extraits de plantes comme le pavot ou le chanvre indien pour lutter contre la douleur.

La diversification des plantes médicinales

Au XVe siècle, l’invention de l’imprimerie transforme l’herboristerie européenne. Jusque-là, les pratiques médicinales étaient transmises oralement, de génération en génération. Au cours des siècles suivants, les herbiers imprimés se multiplient et l’on voit apparaître des répertoires qui rendent l’usage des plantes accessible aux lettrés.

À partir du XVIe siècle, l’introduction croissante de plantes médicinales d’origines lointaines telles que le thé, le café, le quinquina ou l’ipéca, conduit à un clivage entre les ruraux qui utilisent majoritairement les plantes locales et les riches bourgeois qui achètent des plantes d’origine étrangère prescrites par des médecins formés à l’université. Au XVIIIe siècle, environ 70 % des plantes médicinales disponibles chez les apothicaires sont importées. Avec le temps, cette herboristerie urbaine va évoluer vers la médecine telle que nous la connaissons.

Vers la médecine moderne

Le XIXe siècle marque une rupture. Les progrès en physique et en chimie permettent l’extraction et la mise en évidence des principes actifs de certains végétaux. On parvient ainsi à identifier de nombreuses molécules utilisées encore aujourd’hui : la morphine de l’opium du pavot, la colchicine du colchique, la théobromine du cacao, la coumarine du mélilot, etc. La découverte de la digitaline date de la même époque. En 1838, l’acide salicylique, précurseur chimique de l’aspirine (acide acétylsalicylique), est extrait du saule blanc. Il est synthétisé en laboratoire pour la première fois en 1860. À partir de cette date, la phytothérapie et les médicaments de synthèse suivent des voies différentes. L’aspirine est créée en Allemagne en 1899 à partir de la spirée (ou reine-des-prés). Pour la première fois, la chimie améliore un composé naturel pour en augmenter l’efficacité. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce processus se développe et la chimie pharmaceutique voit le jour.

Petit à petit, les chimistes réussissent à déterminer comment les substances extraites des plantes agissent sur l’organisme. Toujours vers 1860, des biologistes, dont Louis Pasteur, identifient les micro-organismes responsables de maladies infectieuses telles que le paludisme ou la tuberculose. Les plantes sont mises à contribution pour lutter contre les infections. La quinine, extraite de l’écorce de quinquina, se révèle relativement efficace pour soulager les crises de paludisme et sert à la synthèse d’autres substances contre cette maladie.

À mesure que les pays occidentaux développent des médicaments de synthèse permettant une guérison rapide dans la plupart des cas, la phytothérapie décline en Occident.

La recherche actuelle

Toutefois, si les progrès de la chimie permettent de produire de plus en plus facilement, par synthèse, les principes actifs isolés des plantes, ces dernières n’ont pas disparu pour autant de l’univers de la pharmacopée. Au contraire, elles en font désormais partie à double titre : d’une part à travers la phytothérapie proprement dite qui continue à utiliser la plante entière ou ses extraits ; d’autre part, en constituant une immense ressource pour la recherche pharmacologique et l’élaboration des médicaments de synthèse. C’est ainsi qu’aujourd’hui on continue à utiliser les molécules actives des plantes, parfois légèrement modifiées pour améliorer leur efficacité ou réduire leurs effets indésirables dans le traitement de nombreuses maladies.

Un inestimable réservoir thérapeutique

On estime que plus de 500 000 espèces végétales poussent à la surface du globe, dont environ 250 000 sont actuellement répertoriées. Parmi ces dernières, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi une liste de plus de 22 000 plantes médicinales utilisées par les médecines traditionnelles. Toutefois, à peine 2 000 à 3 000 d’entre elles ont fait l’objet d’études scientifiques, chimiques ou pharmacologiques.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010

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