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Arnica des montagnes

Mis à jour : Jeudi 02 Août 2012

L’arnica des montagnes est l’une des plantes les plus connues dans le monde de la phytothérapie. Pourtant, peu de personnes savent qu’il ne doit être utilisé qu’en application locale occasionnelle, pour soulager un traumatisme sans gravité ayant provoqué des ecchymoses ou des hématomes. Pris par voie orale, l’arnica est rapidement toxique, sauf sous forme de préparations homéopathiques.

Origine et usages de l'arnica des montagnes

arnica des montagnes

L’arnica des montagnes - Arnica montana, également appelé « tabac des Vosges » - est une plante montagnarde européenne dont la fleur ressemble à une marguerite jaune. En phytothérapie, on utilise les fleurs séchées qui servent à la préparation d’extraits et de teintures. Ces préparations sont utilisées uniquement en applications locales, pour soulager ecchymoses (bleus), hématomes, contusions et autres traumatismes sans gravité provoqués par un choc.

Diluée à dose homéopathique, la teinture d’arnica est utilisée dans les mêmes indications, mais par voie orale.

Les autres usages traditionnels de l’arnica des montagnes
Traditionnellement, l’arnica est également proposé en bains de bouche très dilués, pour soulager les gingivites et les aphtes.

Comment l'arnica des montagnes agit-il ?

Les fleurs d’arnica contiennent des flavonoïdes et des lactones sesquiterpéniques, en particulier l’hélénaline et la dihydrohélénaline. Ces substances sont anti-inflammatoires et analgésiques (contre la douleur) mais elles possèdent également des propriétés allergisantes. Les fleurs d’arnica contiennent également des coumarines aux propriétés anticoagulantes.

Quelques autres plantes utilisées contre les lésions de la peau
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes suivantes pour soulager les ecchymoses et les contusions. Par exemple :

Quelle efficacité pour l'arnica des montagnes ?

Si de nombreuses études cliniques ont été menées avec les préparations homéopathiques d’arnica, ce n’est pas le cas des teintures et des extraits de cette plante. Les études existantes ont porté sur des échantillons de petite taille et sont peu convaincantes.

Seuls ont été étudiés les effets des extraits d'arnica sur les douleurs liées à l'arthrose des mains (peu probants), sur les douleurs musculaires (peu significatifs) et sur l'insuffisance veineuse - sous forme de gel appliqué sur les jambes - avec des résultats intéressants, mais insuffisants pour que l'on puisse se prononcer.

Aucune étude n'existe sur le traitement des lésions consécutives à des chocs et l'utilisation de l'arnica dans cette indication ne repose que sur la tradition.

Ce qu’en pensent les autorités de santé

… l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé reconnaît l’usage « traditionnel » de l’arnica « en traitement local contre la douleur et l’inflammation provoquées par des blessures mineures et des accidents (ecchymoses, hématomes) » ainsi que dans « le traitement local des inflammations de la bouche, des piqûres d’insectes et de la phlébite superficielle (la présence d’un caillot de sang dans une veine située sous la peau, comme par exemple une varice) ».

… la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’arnica « en usage externe, dans les traumatismes : hématomes, luxations, contusions, œdèmes dus aux fractures, déchirures musculaires, chocs sur les articulations », mais aussi « dans le traitement local des piqûres d’insectes, des furoncles, des inflammations de la bouche et de la gorge et dans celui des phlébites superficielles ».

… l’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage externe de l’arnica « dans le traitement des ecchymoses, des entorses et des piqûres d’insectes ; dans le traitement local des gingivites et des aphtes ; en applications, pour soulager les douleurs liées à l’arthrose (rhumatismes) ».

Comment utiliser l'arnica des montagnes ?

Formes et dosage de l'arnica des montagnes

L’arnica se présente en général sous forme de teinture ou d’extraits. Ils doivent être appliqués sur une peau intacte (jamais sur les plaies ouvertes) et à distance des yeux et de la bouche. En cas de contact entre la teinture d’arnica et les muqueuses des yeux ou de la bouche, celles-ci doivent être abondamment rincées à l’eau.

Les teintures d’arnica sont alcoolisées. Leur application sur une peau écorchée peut être douloureuse. Il est recommandé de les diluer dans plusieurs volumes d’eau avant utilisation.

Les bains de bouche doivent être réalisés avec des solutions très diluées et réservés aux adultes (elles ne doivent absolument pas être avalées). D’autres produits plus sûrs étant disponibles pour soulager les gingivites et les aphtes, mieux vaut se contenter d’utiliser les produits à base d’arnica en application sur la peau.

Contre-indications de l'arnica des montagnes

Les personnes allergiques aux autres plantes de la famille des astéracées (camomille, pissenlit, échinacée, armoise, etc.) doivent rester prudentes quant à l’usage de produits de phytothérapie à base d’arnica. L’application préalable du produit sur une petite zone de la peau permet de dépister une éventuelle allergie (rougeurs, démangeaisons, œdème, vésicules, etc.).

Effets indésirables et surdosage de l'arnica des montagnes

Une application prolongée ou trop dosée de produits à base d’arnica provoque une irritation de la peau qui peut se traduire par une rougeur, des vésicules ou des pustules, de l’eczéma, des démangeaisons, voire des nécroses (la mort des cellules de la peau). Il convient donc de n’utiliser ces produits que de manière occasionnelle, après un choc et sans répéter l’application de manière trop fréquente.

L’ingestion de produits à base d’arnica provoque des troubles digestifs violents (diarrhée), des troubles du rythme cardiaque et des problèmes respiratoires.

Interactions de l'arnica des montagnes avec d’autres substances

Du fait de la présence de coumarines dans les fleurs d’arnica, il existe une possibilité théorique d’interaction avec les médicaments anticoagulants (fluidifiants du sang) et les autres plantes qui ont des propriétés anticoagulantes (par exemple ginseng, ail, éleuthérocoque, ginkgo, kava, fève tonka).

Arnica des montagnes, grossesse et allaitement

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la prise de produits à base d’arnica par voie orale pendant la grossesse est contre-indiquée : l’arnica a montré des propriétés stimulantes sur les contractions de l’utérus. La Coopération scientifique européenne en phytothérapie considère l’usage local des produits à base d’arnica (sur la peau) comme sans danger pendant la grossesse. Néanmoins, la prudence est de mise.

Pour les femmes qui allaitent, mieux vaut ne pas appliquer d’arnica sur le mamelon ou à proximité de ce dernier au cours de l’allaitement.

L'arnica des montagnes chez les enfants

Peu de données existent sur l’usage de l’arnica en application locale chez les enfants. Certaines sources recommandent d’en limiter l’usage aux enfants de plus de trois ans.

L'avis du spécialiste sur l'arnica des montagnes

L'arnica, sous la forme de teinture ou d'extraits, est un produit de phytothérapie à manier avec prudence. Deux règles s'imposent :

  • ne jamais l'utiliser par voie orale,
  • en réserver l'usage local (sur la peau) à des occasions exceptionnelles.

Les produits d'homéopathie à base d'arnica sont d'un usage plus sûr.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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