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Cascara

Mis à jour : Vendredi 03 Août 2012

Le cascara est une plante laxative puissante dont l’utilisation est à réserver aux constipations occasionnelles. Son action irritante sur l’intestin demande des précautions particulières et il ne devrait être utilisé qu’après avis médical. L’usage régulier de cette plante peut entraîner une dépendance et des troubles intestinaux graves.

Origine et usages du cascara

feuilles de cascara

Le cascara (Rhamnus purshiana) est un arbuste originaire de l’Ouest américain qui est également cultivé en Afrique de l’Est. Son écorce est prélevée sur la tige et les petites branches sous forme de fines lanières qui sont mises à sécher pendant une année ou cuites à 100°C pendant une heure (l’écorce fraîche ou insuffisamment vieillie est toxique). La poudre de cascara est obtenue par broyage des écorces séchées. Elle est utilisée telle quelle (gélules, tisanes) ou par obtention d’un extrait liquide.

Le cascara est traditionnellement utilisé comme laxatif en cas de constipation passagère. À forte dose, il a un effet purgatif.

Les usages traditionnels du cascara
La médecine traditionnelle recommande l’utilisation de l’écorce de cascara dans le traitement du diabète, comme tonique général, pour nettoyer les plaies, ainsi que lors d’irritations de la peau. On attribue également au cascara une action cholagogue (facilitant la sécrétion de la bile).

Comment le cascara agit-il ?

Les principes actifs du cascara sont des dérivés anthracéniques (cascarosides). Ceux-ci ne deviennent actifs qu’au niveau du gros intestin où leur dégradation par les bactéries de la flore intestinale libère des anthraquinones. Ces substances inhibent l’absorption de l’eau contenue dans les aliments (permettant ainsi aux selles de rester molles), stimulent les mouvements de l’intestin et favorisent la sécrétion de liquides et de mucus par les parois intestinales. L’effet laxatif du cascara est également dû à une action irritante sur les parois de l’intestin, ce qui limite son usage pour lutter contre la constipation.

Quelques autres plantes utilisées contre la constipation
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes suivantes pour lutter contre la constipation :

Quelle efficacité pour le cascara ?

L’utilisation du cascara repose sur un usage bien établi et sur des études cliniques qui ont validé son efficacité dans le traitement des constipations occasionnelles, sous contrôle médical. Une étude clinique a montré son intérêt dans le traitement des constipations liées à la prise de dérivés de l’opium (médicaments contre la douleur). Les autres usages traditionnels du cascara n’ont pas été validés cliniquement.

Ce qu’en pensent les autorités de santé

... l’EMA

L’Agence européenne des médicaments considère comme « bien établi » l’usage de l’écorce de cascara pour « traiter les constipations occasionnelles ». Elle recommande d’en réserver l’usage aux adultes et aux enfants de plus de douze ans.

... l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé reconnaît l’écorce de cascara comme « un traitement ponctuel des constipations occasionnelles ».

... la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’usage de l’écorce de cascara comme « traitement de la constipation ».

... l’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie considère que l’usage de l’écorce de cascara est traditionnel dans « le traitement ponctuel des constipations occasionnelles ». Il recommande d’en réserver l’usage aux adultes et aux enfants de plus de dix ans et d’en limiter l’emploi à une courte période.

Comment utiliser le cascara ?

Formes et dosage du cascara

Les préparations de cascara sont standardisées et la dose recommandée s’exprime en fonction de la concentration en dérivés anthracéniques (cascarosides). La dose habituelle est de 10 mg de dérivés anthracéniques par jour, avec un maximum de 30 mg par jour. Pour un meilleur contrôle du traitement, il est préférable d’utiliser des médicaments à base de cascara plutôt que des préparations en vrac.

L’absence de résultat après quatre jours de traitement impose une consultation médicale. Dans tous les cas, le cascara doit être utilisé de façon épisodique et en cure très brève : pas plus de huit à dix jours.

Contre-indications du cascara

Le cascara ne doit pas être utilisé par les personnes qui souffrent de maladies inflammatoires du côlon (gros intestin), de constipation, ou de douleurs abdominales d’origine inconnue ou dues à une obstruction du tube digestif (rétrécissement intestinal, bouchon de selles). Il est contre-indiqué chez les personnes souffrant de déshydratation importante.

Effets indésirables et surdosage du cascara

Les effets indésirables du cascara sont des douleurs abdominales ou des diarrhées. Son usage prolongé peut provoquer, comme tous les laxatifs à dérivés anthracéniques, une baisse du taux du potassium sanguin susceptible d’occasionner des troubles cardiaques. La prise régulière d’un traitement à base de cascara crée également une accoutumance de l’intestin et augmente le risque de constipation. Le laxatif devient indispensable pour aller à la selle.

Un surdosage ponctuel peut conduire à des diarrhées importantes et des troubles cardiaques nécessitant une prise en charge médicale immédiate, notamment chez les personnes âgées ou déshydratées. Le cascara peut colorer les urines en brun rougeâtre.

Interactions du cascara avec d’autres substances

Le cascara interagit avec de nombreux médicaments utilisés pour soigner les troubles cardiaques ou l’insuffisance rénale. Toute personne qui prend un médicament pour le cœur (en particulier, la digoxine) ou les reins (diurétiques) doit impérativement consulter son médecin avant une prise éventuelle de cascara, ainsi que les personnes traitées avec des corticoïdes (cortisone).

Enfin, le cascara ne devrait pas être utilisé en même temps que d'autres plantes contenant des dérivés anthracéniques (séné, bourdaine, aloés, rhubarbe de Chine) ou que la réglisse.

Le cascara peut perturber les tests urinaires qui mesurent les taux d’estrogènes et d’urobilinogène (une substance mesurée en cas de suspicion d’anémie ou de troubles du foie).

Cascara, grossesse et allaitement

Même si les études n’ont pas montré de toxicité pour le fœtus aux doses habituelles, il est contre-indiqué de prendre du cascara pendant la grossesse. Les femmes qui allaitent doivent également s’abstenir, les cascarosides passant en petites quantités dans le lait.

Le cascara chez les enfants

L’usage du cascara chez les enfants de moins de douze ans est fortement déconseillé.

L'avis du spécialiste sur le cascara

L'usage du cascara doit toujours être limité, ponctuel, réservé aux adultes et effectué sous contrôle médical. Dans tous les cas, il est préférable d'utiliser des laxatifs osmotiques ou de lest, comme le psyllium ou les graines de lin.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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