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Petit-houx

Mis à jour : Mardi 07 Août 2012

Le petit-houx, également appelé « fragon » ou « faux-houx », est un arbuste commun dans le Bassin méditerranéen et au Moyen-Orient. Son rhizome (tige souterraine) est utilisé en phytothérapie pour soulager les symptômes de l’insuffisance veineuse, généralement sous la forme de médicaments ou de compléments alimentaires.

Origine et usages du petit-houx

petit-houx

Le petit-houx (Ruscus aculeatus) est un arbuste aux feuilles coriaces terminées par une épine et qui produit des baies rouge vif. Il pousse dans les garrigues et les maquis tout autour de la Méditerranée, jusqu’en Iran. Très décoratif, il est souvent vendu par les fleuristes au moment des fêtes de Noël.

Le rhizome du petit-houx, séché et broyé, est utilisé depuis l’Antiquité pour soulager divers maux liés à des problèmes de circulation veineuse : jambes lourdes et hémorroïdes. On lui attribue également des propriétés diurétiques et vasoconstrictrices (réduisant le diamètre des vaisseaux sanguins).

Les autres usages traditionnels du petit-houx
Traditionnellement, le petit-houx est également proposé pour soulager les règles douloureuses, les maux de ventre, la fièvre, le manque d’appétit ou la constipation.

Comment le petit-houx agit-il ?

Le rhizome de petit-houx contient de nombreuses substances de la famille des flavonoïdes. Parmi celles-ci, certaines ont été davantage étudiées : ruscogénine, néoruscogénine, ruscine et ruscoside. Au cours d’études sur des cultures de cellules ou sur des animaux, ces substances ont montré des propriétés vasoconstrictrices et vasculoprotectrices (elles protégeraient l’intégrité de la paroi des vaisseaux sanguins). Elles pourraient également avoir des propriétés anti-inflammatoires.

Quelques autres plantes utilisées contre l'insuffisance veineuse
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes suivantes pour soulager les symptômes de l’insuffisance veineuse :

Quelle efficacité du petit-houx ?

De nombreux essais cliniques ont étudié les effets d’extraits de petit-houx ou de préparations médicamenteuses en contenant. Une analyse croisée (méta-analyse) d’une vingtaine d’essais cliniques - la plupart utilisant un placebo et d’une durée moyenne de trois mois - a été réalisée. Elle a montré une certaine efficacité des extraits de petit-houx pour réduire les manifestations de l’insuffisance veineuse, en particulier la sensation de jambes lourdes. Une étude clinique semble également indiquer une possible efficacité pour soulager les gonflements (lymphœdème) provoqués par une intervention chirurgicale dans le cadre du traitement du cancer du sein.

Quelques études semblent également indiquer que les préparations d’usage local, telles que crème ou suppositoire, à base de petit-houx diminuent les sensations de brûlure et de démangeaison chez les personnes souffrant d’hémorroïdes. Une étude est en cours pour évaluer son intérêt dans la prévention de l’hypotension orthostatique (une chute de tension artérielle lors d’un passage trop rapide de la station couchée à la station debout).

En revanche, aucune étude n’est venue confirmer l’efficacité du petit-houx dans ses autres usages traditionnels.

Ce qu’en pensent les autorités de santé

… l’EMA

L’Agence européenne du médicament reconnaît l’usage traditionnel du petit-houx dans le traitement de l’insuffisance veineuse, sans que cet usage soit « bien établi » par des études cliniques de grande taille.

… la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand classe le petit-houx dans les traitements de l’insuffisance veineuse et recommande la poursuite des essais cliniques dans le traitement des hémorroïdes.

… l’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage du petit-houx pour soulager les symptômes de l’insuffisance veineuse et ceux des hémorroïdes (en particulier les démangeaisons et les irritations).

Comment utiliser le petit-houx ?

Formes et dosage du petit-houx

Les spécialistes recommandent pour le traitement de l’insuffisance veineuse un apport de 7 à 11 mg de ruscogénine (ou de néoruscogénine) par jour ; cela correspond en général à 350 mg de poudre de rhizome séché, trois fois par jour. Les médicaments et les compléments alimentaires à base de petit-houx sont le plus souvent dosés pour respecter ces recommandations.

Le massage des jambes avec une crème renfermant un extrait de petit-houx peut être associé au traitement oral.

Contre-indications du petit-houx

Aucune contre-indication formelle n’a été signalée avec le petit-houx. Néanmoins, du fait de ses propriétés vasoconstrictrices, les personnes souffrant d’hypertension artérielle devraient consulter leur médecin avant de prendre des produits contenant cette plante.

Effets indésirables et surdosage du petit-houx

Les seuls effets indésirables signalés avec le petit-houx sont d’ordre digestif : nausées, troubles intestinaux légers, diarrhée. Aucun cas de surdosage n’a été signalé, cette plante n’étant toxique qu’à des doses très élevées.

Interactions du petit-houx avec d’autres substances

Les personnes qui prennent des traitements contre l’hypertension ou contre le rhume (vasoconstricteurs) ne doivent pas prendre de produits contenant du petit-houx sans avis médical, en particulier avec les formes orales. Le petit-houx pourrait également s’opposer aux plantes ayant un effet vasodilatateur (par exemple le palmier nain, Serenoa repens). Leur association est déconseillée.

Petit-houx, grossesse et allaitement

Bien qu’une étude clinique ait spécifiquement étudié les effets et la sécurité de suppositoires à base de petit-houx pour le traitement des hémorroïdes chez la femme enceinte, la prise de médicaments ou de compléments alimentaires contenant cette plante est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, tout du moins sans avis médical préalable.

Le petit-houx chez les enfants

Le petit-houx n’a pas d’usage chez les enfants.

L'avis du spécialiste sur le petit-houx

L'usage de poudre brute de rhizome de petit-houx séché n'est pas recommandé. Pour un traitement plus contrôlé en termes de dosage, mieux vaut avoir recours aux médicaments ou aux compléments alimentaires qui contiennent cette plante.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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