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Pissenlit

Mis à jour : Mardi 07 Août 2012

Qui ne connaît pas le pissenlit ? Cette plante très commune est consommée en salade depuis des siècles. En phytothérapie, ses feuilles sont utilisées en infusion comme diurétique, et sa racine pour soulager les problèmes digestifs sans gravité. Pourtant, son usage ne repose que sur l’expérience accumulée au fil des ans : aucune étude clinique sérieuse n’a été faite sur cette plante familière.

Origine et usages du pissenlit

pissenlit

Le pissenlit (Taraxacum officinale, également appelé « dent-de-lion », « laitue-de-chien », « salade-de-taupe » ou « pisse-au-lit ») est une plante commune des prés et des talus. Sa fleur jaune est connue de tous et son fruit a longtemps figuré sur la couverture d’un célèbre dictionnaire. En phytothérapie, on utilise les feuilles (récoltées au printemps) et les racines des plantes de plus de deux ans (récoltées à l’automne).

Séchées, les feuilles de pissenlit sont proposées comme diurétique (pour favoriser l'élimination d'eau par les reins) dans les infections urinaires et les calculs rénaux. Sa racine est utilisée comme cholérétique (pour stimuler la sécrétion de bile par le foie) et cholagogue (pour favoriser la vidange de la vésicule biliaire) en cas de digestion difficile.

Les autres usages traditionnels du pissenlit
Le pissenlit est également proposé pour traiter la constipation, l’arthrose (rhumatismes), augmenter l’appétit et améliorer le teint en favorisant l’élimination des toxines. La racine séchée et grillée a été longtemps utilisée comme un substitut du café, et le vin de fleurs de pissenlit était considéré comme un tonique général.

Comment le pissenlit agit-il ?

Le mécanisme d’action du pissenlit est mal identifié. Son effet diurétique serait dû à la présence de flavonoïdes et de sels de potassium en grande quantité. En cas d’infection urinaire, l’augmentation du volume des urines (y compris si l’on boit davantage) permet de laver les voies urinaires et d’empêcher en partie les bactéries d’adhérer à leurs parois. Lorsque l’on est sujet aux calculs rénaux, hors de période de crise, l’augmentation du volume des urines permet d’éliminer les substances (calcium, oxalates, acide urique, cystine) responsables des calculs avant qu’elles ne forment des cristaux.

La racine de pissenlit contient de la taraxacine (un mélange de substances amères de la famille des lactones et des triterpènes), des stérols comme le sitostérol ou le taraxastérol, des coumarines (substances anticoagulantes) et de grandes quantités d’inuline, une substance de la famille des mucilages.

Quelques autres plantes utilisées pour favoriser l'élimination urinaire
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes diurétiques suivantes :

Quelle efficacité pour le pissenlit ?

Si l’activité diurétique, cholagogue et cholérétique du pissenlit a été scientifiquement confirmée chez l’animal, aucune étude clinique n’a démontré son efficacité chez l’homme.

Au-delà d’éventuels effets thérapeutiques, le pissenlit est riche en sels minéraux tels que fer, calcium, cuivre, silice et manganèse, ainsi qu’en inuline qui favorise la prolifération de la flore intestinale (elle fait partie des substances dites « prébiotiques »). Sa richesse en potassium en limite les pertes par les urines, fréquentes avec les diurétiques.

Ce qu’en pensent les autorités de santé

... l’EMA

L’Agence européenne du médicament considère comme traditionnellement établi l’usage des feuilles et de la racine de pissenlit « pour augmenter le volume des urines lors de problèmes urinaires », et celui de la racine « pour soulager les troubles digestifs mineurs ». Elle déconseille son usage pour une durée supérieure à deux semaines et chez les enfants de moins de douze ans.

... l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé considère le pissenlit comme traditionnellement utilisé « pour stimuler la production d’urine, faciliter la sécrétion et l’élimination de la bile, augmenter l’appétit et soulager les digestions difficiles ».

... la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’usage traditionnel des feuilles de pissenlit comme diurétique, et celui de la racine de pissenlit « dans la perte d’appétit et les troubles digestifs mineurs ».

... l’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage traditionnel des feuilles de pissenlit comme diurétique « pour prévenir les crises de calculs urinaires et soulager les rhumatismes », et celui de la racine de pissenlit « pour restaurer les fonctions hépatiques et biliaires, dans les dyspepsies (digestion difficile) et pour lutter contre la perte d’appétit ».

Comment utiliser le pissenlit ?

Formes et dosage du pissenlit

Le pissenlit se présente sous forme de plante séchée, de gélules contenant de la poudre de plante séchée ou d’extraits liquides. La plante séchée s’utilise en infusion (4 à 10 g de feuilles séchées dans 150 ml d’eau bouillante, trois fois par jour) ou en décoction (1 à 4 g de racines séchées dans 150 ml d’eau bouillante, trois fois par jour). La prise de pissenlit doit être accompagnée de la consommation d’au moins deux litres d’eau par jour.

Contre-indications du pissenlit

Les personnes qui souffrent de troubles du foie, d’occlusion ou de calculs des voies biliaires, d’obstruction intestinale ou d’ulcère du duodénum doivent s’abstenir de prendre du pissenlit.

En cas de crise de calculs urinaires (colique néphrétique), mieux vaut éviter de prendre du pissenlit et résister à la tentation de boire davantage. En effet, s’il y a obstruction des voies urinaires, la prise de liquides ou de diurétiques va provoquer une augmentation de la pression en amont du calcul et entraîner des douleurs importantes.

Les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale ou de problèmes cardiaques doivent consulter leur médecin avant de prendre du pissenlit. Enfin, les personnes allergiques aux plantes de la famille des astéracées (camomille, marguerite, etc.) peuvent être allergiques au pissenlit.

Effets indésirables et surdosage du pissenlit

La prise de pissenlit peut entraîner des brûlures d’estomac (dues à la taraxacine), des nausées, une inflammation de voies biliaires ou un excès de potassium dans le sang (par exemple chez les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale ou cardiaque, ou de diabète non contrôlé). Le latex (sève) de pissenlit frais peut être à l’origine d’allergies de la peau.

Chez les personnes diabétiques, les éventuelles propriétés hypoglycémiantes (diminuant la quantité de glucose dans le sang) du pissenlit pourraient déséquilibrer le traitement.

Interactions du pissenlit avec d’autres substances

Du fait des substances qu’il contient, le pissenlit pourrait interagir avec diverses familles de médicaments : les diurétiques, les médicaments contre le diabète et le reflux gastro-œsophagien (brûlures d’estomac), les fluidifiants du sang (anticoagulants) et les médicaments contenant du lithium (contre les troubles bipolaires). La vigilance est donc de mise.

Pissenlit, grossesse et allaitement

Compte tenu du manque d’information sur les effets du pissenlit pendant la grossesse et l’allaitement, son usage à des fins thérapeutiques est contre-indiqué chez les femmes enceintes et celles qui allaitent.

Le pissenlit chez les enfants

L’usage du pissenlit est déconseillé chez les enfants de moins de douze ans.

L'avis du spécialiste sur le pissenlit

Le pissenlit est souvent utilisé comme tonique général, en cures de deux semaines au moment des changements de saison. Néanmoins, son usage thérapeutique doit rester occasionnel. Riches en vitamines et en sels minéraux, les salades de jeunes feuilles de pissenlit sont intéressantes d'un point de vue nutritionnel.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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