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Vigne rouge

Mis à jour : Mardi 19 Août 2014

La vigne rouge fait partie des plantes les plus intéressantes sur le plan scientifique. Ses feuilles, ainsi que les pépins et la peau de ses grains sont utilisés pour préparer des produits de phytothérapie destinés à soulager les symptômes de l’insuffisance veineuse et, parfois, ceux de la ménopause. Le resvératrol, une substance présente dans la vigne rouge, fait l’objet de nombreuses recherches dans le traitement de plusieurs maladies chroniques.

Origine et usages de la vigne rouge

vigne

Cultivée dans de nombreux pays, la vigne rouge (Vitis vinifera var. tinctoria, une variété particulière de vigne également appelée « vigne des teinturiers ») se caractérise par des raisins noirs et des feuilles qui rougissent intensément à l’automne. En phytothérapie, on fait sécher ses feuilles (récoltées à un moment précis de leur maturation), ses pépins et la peau de ses raisins. Les produits à base de vigne rouge sont essentiellement utilisés pour traiter l’insuffisance veineuse : jambes lourdes, varices, fragilité des capillaires (petits vaisseaux sous la peau) et hémorroïdes.

Les autres usages traditionnels de la vigne rouge
Traditionnellement, la vigne rouge a également été proposée pour soulager la diarrhée, prévenir les troubles liés à la ménopause et au syndrome prémenstruel, réduire les œdèmes provoqués par des interventions chirurgicales ou la radiothérapie anticancéreuse et, en application locale, pour apaiser les yeux irrités. Elle a également été proposée pour réduire les éblouissements associés à la fatigue ou à la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Comment la vigne rouge agit-elle ?

Lorsqu’elles sont récoltées au bon moment, les feuilles de la vigne rouge contiennent une grande quantité d’anthocyanosides, un ensemble de substances aux effets proches de ceux de la vitamine P. De plus, elles contiennent des polyphénols (comme l’acide chlorogénique) et des flavonoïdes (comme le quercétol ou le kaempférol). Toutes ces substances auraient un effet protecteur et stimulant sur les veines et les petits vaisseaux sanguins, ainsi qu’une capacité à réduire les œdèmes (gonflements). Chez l’animal, des études ont montré que les extraits de feuilles de vigne rouge renforcent la paroi des capillaires en agissant sur les fibres de collagène qui la composent.

Les pépins de vigne rouge sont riches en oligo-proanthocyanidines (OPC), des substances de la famille des tanins aux propriétés fortement anti-oxydantes (capables de lutter contre l’oxydation des cellules). Les OPC ont été étudiées, entre autres, dans le cadre de la prévention des maladies cardiovasculaires et du traitement des œdèmes post-opératoires ou liés à la radiothérapie anticancéreuse.

La peau des raisins de vigne rouge est riche en resvératrol, une substance de la famille des stilbènes. On le trouve également en grande quantité dans la peau des raisins noirs de cépages adaptés aux climats humides (pinot noir, cabernet sauvignon, par exemple), qu’il protège des attaques de moisissures. Il est présent dans les vins rouges issus de ces cépages, les jus de ces raisins broyés avec la peau, mais également dans les arachides, les myrtilles, le cacao, la canneberge, par exemple. Dans le cadre industriel, le resvératrol est souvent extrait d’une plante, la renouée du Japon (Fallopia japonica).

Le resvératrol a montré une puissante activité anti-oxydante et la capacité de ralentir le vieillissement chez certaines espèces animales primitives (vers, moucherons, poissons) mais pas chez la souris. De plus, le resvératrol a une activité estrogénique (proche de celle des estrogènes, des hormones féminines) et semble augmenter la consommation d’énergie au niveau des cellules.

Quelques autres plantes utilisées contre l'insuffisance veineuse
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes suivantes pour soulager les symptômes de l’insuffisance veineuse :

Quelle efficacité pour la vigne rouge ?

De nombreuses études ont été faites sur les propriétés de la vigne rouge. L’efficacité des extraits de feuilles ou de pépins de vigne rouge dans le traitement des manifestations de l’insuffisance veineuse a été démontrée par deux essais cliniques contre placebo portant sur environ 300 personnes, et par une étude de plus grande taille (environ 4 500 patients) réalisée sans placebo.

Les autres propriétés de la vigne rouge ont été caractérisées de manière moins formelle. De nombreuses études ont évalué l’efficacité des OPC dans l’insuffisance veineuse, la prévention des maladies cardiovasculaires, les œdèmes post-chirurgicaux et les troubles de la vision. À ce jour, seul leur intérêt dans l’insuffisance veineuse et les œdèmes du bras liés aux traitements du cancer du sein a été confirmé.

L'intérêt de la vigne rouge dans le traitement des troubles liés à la ménopause ou au syndrome prémenstruel reste à démontrer.

Le cas du resvératrol est un peu à part. Si aucune étude clinique n’a pour l’instant montré l’intérêt de cette substance dans la prise en charge d’une maladie, de nombreuses études sont en cours concernant le diabète, l’obésité, les cancers du côlon et de la peau, ainsi que la prévention de maladies neurologiques liées au vieillissement (par exemple, la maladie d’Alzheimer).

Ce qu’en pensent les autorités de santé

… l’EMA

L’Agence européenne du médicament reconnaît l’usage « bien établi » des feuilles de vigne rouge dans le traitement « de l’insuffisance veineuse chronique et de ses manifestations (jambes lourdes et douloureuses, varices, crampes des mollets, démangeaisons, etc.) ».

Elle reconnaît également leur usage « traditionnel » pour « soulager les hémorroïdes, les petits saignements sous la peau et, en application locale, les yeux irrités ». L'EMA recommande que la durée d'un traitement par la vigne rouge ne dépasse pas deux semaines (voie orale) ou quatre jours (voie locale).

… l'Agence européenne de sécurité des aliments

L'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a décidé que, par manque de preuves scientifiques, les compléments alimentaires contenant des extraits de pépins de raisin (Vitis vinifera) ne peuvent PAS prétendre faciliter la circulation veineuse dans les jambes, réduire les gonflements des jambes, ni drainer les accumulations d’eau dans le corps.

Comment utiliser la vigne rouge ?

Formes et dosage de la vigne rouge

Les produits de phytothérapie à base de vigne rouge se présentent sous forme de poudre, de gélules, d’extraits secs ou liquides, ou de crèmes. Du fait de la grande variation de leur composition selon le moment où les feuilles et les raisins ont été récoltés, il est préférable d’utiliser des produits manufacturés dont la concentration en principes actifs est connue et constante (produits normalisés). Le dosage du fabricant doit être respecté.

Contre-indications de la vigne rouge

Aucune contre-indication formelle n’a été signalée pour les feuilles de vigne rouge. Néanmoins, les femmes qui ont souffert de cancer du sein ou qui ont des antécédents familiaux pour cette maladie devraient probablement s’abstenir de prendre des produits contenant du resvératrol (à cause de ses propriétés de type hormonal).

Effets indésirables et surdosage de la vigne rouge

Les seuls effets indésirables signalés avec la vigne rouge sont des nausées, des troubles digestifs, des maux de tête, des vertiges et, rarement, une allergie de la peau.

Interactions de la vigne rouge avec d’autres substances

Les oligoanthocyanidines (OPC) pourraient interagir avec les plantes et les médicaments qui inhibent la coagulation sanguine (fluidifiants du sang). Attention aux plantes qui ont pour propriété de fluidifier le sang : ail, ginseng, ginkgo, trèfle rouge, mélilot, saule blanc, fève tonka, par exemple.

Vigne rouge, grossesse et allaitement

L’Agence européenne du médicament déconseille la vigne rouge pendant la grossesse et l’allaitement.

La vigne rouge chez les enfants

La vigne rouge ne doit pas être utilisée chez les enfants et les adolescents de moins de dix-huit ans.

L'avis du spécialiste sur la vigne rouge

La vigne rouge, et en particulier le resvératrol, est très à la mode depuis quelques années dans les produits de phytothérapie, les compléments alimentaires et les cosmétiques. Le nombre d'études cliniques en cours montre que de nombreux scientifiques se passionnent pour les propriétés éventuelles de cette plante.

À ceux qui souhaiteraient profiter des bienfaits de cette plante à travers la consommation de vin rouge, rappelons que les méfaits de l'alcool sont toujours supérieurs aux bénéfices éventuels de la vigne rouge...

Sources et références

  • EU Register on nutrition and health claims, EFSA, 2014
  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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