Le bilan physique préalable au sport

Mis à jour : Jeudi 26 Août 2010

Nous ne sommes pas tous égaux face aux différents sports. La morphologie, les capacités cardiaque et respiratoire, le sens de l’équilibre, la coordination motrice, mais également le profil psychologique, conditionnent le choix d’un sport. De plus, l’âge et la présence d’un handicap ou d’une maladie chronique, jouent un rôle dans ce choix.

Mais avant de se lancer dans une pratique sportive, un bilan physique est nécessaire. Il doit être fait de manière sérieuse par un professionnel formé à la pratique de ce type de bilan de santé.

L'examen de non contre-indication à un sport

test médical sport

Un sportif qui souhaite participer aux activités d’un club affilié à une fédération sportive, et éventuellement s’inscrire à des compétitions, doit obligatoirement avoir une licence. Pour l’obtenir de sa fédération, il devra fournir un certificat de non contre-indication délivré par un médecin. Ce certificat est habituellement valable pendant quatre mois après la visite de non contre-indication. Cet examen n’est pas remboursé par l’Assurance maladie.

Certaines activités, comme les boxes, les tirs, l’escrime ou le parachutisme, exigent un certificat de non contre-indication délivré par un médecin fédéral (agréé par la fédération sportive concernée).

De nombreuses disciplines (natation, vélo, jogging, etc.) peuvent se pratiquer sans licence. Il est toutefois fortement conseillé de passer un examen annuel chez son médecin pour s’assurer de son aptitude à les pratiquer. De plus, l’inscription sans licence à certaines compétitions exige la présentation d’un certificat de non contre-indication valide, datant de moins d’un an.

L’examen de non contre-indication est aussi l’occasion de s’assurer que le sport choisi correspond bien à vos objectifs. Choisir un sport qui vous attire mais qui n’est pas tout à fait adapté à vos capacités physiques pourra ruiner toute envie de persévérer en cas de difficultés. À l’inverse, pratiquer un sport auquel vous n’aviez pas pensé auparavant mais pour lequel vous avez des aptitudes naturelles peut s’avérer extrêmement enrichissant.

Un futur sportif aura donc intérêt à bien préciser au médecin les raisons de son choix. Au moment de l’adolescence, le médecin et les parents ont un rôle fondamental à jouer dans l’orientation du jeune sportif vers un sport adapté à sa nouvelle morphologie et ses nouveaux centres d’intérêt.

Médecin généraliste ou médecin du sport ?

Pour la plupart des sports, un médecin généraliste est habilité à fournir un certificat de non contre-indication. Cependant, dans la mesure du possible, il est toujours préférable d'effectuer son bilan physique général auprès d'un médecin du sport. Celui-ci connaît bien les contraintes de chaque sport et peut, non seulement s'assurer que son patient est à même de pratiquer le sport qu'il a choisi, mais aussi le conseiller sur un autre choix en fonction de ses particularités physiques et psychologiques. De plus, il possède souvent le matériel nécessaire à une exploration plus poussée des aptitudes physiques.

Testez vos capacités physiques
Quelques tests simples permettent de mesurer ses capacités sportives.
  • Montez un escalier à allure modérée sur trois étages : un essoufflement dénote un manque d’endurance.
  • Allongé par terre, le dos bien à plat sur le sol, un petit oreiller sous la tête, amenez lentement vos jambes tendues à 45 cm au dessus du sol et maintenez-les 10 secondes dans cette position. Si vous n’y parvenez pas, vous manquez de tonus musculaire au niveau des abdominaux.
  • Essayez de faire quelques pompes pour vérifier le tonus musculaire de vos bras.
  • Assis sur une table, les pieds dans le vide, les bras tendus le long du tronc, posez vos mains de chaque côté de vos fesses et soulevez votre corps. Cet exercice exige une bonne musculature dorsolombaire.
  • Levez-vous d’une chaise sans vous servir de vos mains pour avoir une idée de l’état musculaire de vos jambes et de vos abdominaux.
  • Debout les jambes tendues, penchez-vous en avant et touchez le sol avec vos mains pour évaluer la souplesse de votre colonne vertébrale.
  • Restez quelques secondes en appui sur un pied, l’autre étant replié contre le genou, puis changez de pied, pour évaluer votre sens de l’équilibre.

Le bilan général préalable à la pratique d'un sport se déroule toujours selon le même schéma.

Les questions préalables au sport

Le médecin vérifie plusieurs points avec le patient :

  • Quels sont ses antécédents médicaux et chirurgicaux ? Existe-t-il des maladies familiales ?
  • Quel est son passé sportif (circonstances, problèmes médicaux éventuels, etc.) ?
  • Quels sont les critères qui le poussent à choisir une discipline particulière ? Est-ce son idée ? Est-ce celle de ses parents ? Est-ce lié à un rêve d’enfant ou à l’admiration d’un champion ? Est-ce une manière de s’abstraire du quotidien ou plutôt de se retrouver entre copains ?
  • Combien de temps passe-t-il ou compte-t-il passer à faire du sport ?
  • Ses vaccinations sont-elles à jour ?
  • A-t-il récemment subi des examens : analyses de sang (notamment pour dépister des maladies cardiovasculaires, le diabète ou des anomalies de la coagulation), radiographies, etc.
  • Ressent-il des symptômes à l’effort comme un essoufflement ou une douleur dans la poitrine en montant un escalier ?
  • Quels médicaments prend-il régulièrement ?

L’examen général préalable au sport

Une fois le patient dévêtu, son poids et sa taille sont mesurés, puis le médecin va noter la présence éventuelle d’embonpoint.

L’examen du cœur et des vaisseaux chez le futur sportif

L’auscultation du cœur permet de mesurer la régularité de son rythme et de dépister la présence d’un souffle (qui indique une anomalie du fonctionnement du cœur). Certains exercices simples (par exemple, 30 flexions des genoux en 45 secondes) permettent de voir si le cœur réagit bien à l’effort. Le pouls est pris à la fin de l’exercice puis après une minute de repos (il ne doit pas s’emballer et doit revenir rapidement à la normale).

Cet examen peut amener le médecin à orienter le patient vers un cardiologue pour contrôler de façon plus approfondie l'état du cœur par électrocardiographie (ECG, un examen qui mesure l'activité électrique du cœur) ou par échocardiographie (une échographie du cœur qui permet de déceler des maladies non mises en évidence par l'ECG). Le cardiologue peut également lui faire subir une épreuve d'effort.

La mesure de la tension artérielle permet au médecin de dépister une tension trop élevée (hypertension) ou trop faible (hypotension). Un sujet hypotendu aura du mal à pratiquer un sport où il faut rester debout pendant de longues périodes. Un hypertendu devra éviter de pratiquer des sports intensifs et privilégier les sports d’endurance.

La présence de varices contre-indique les sports qui impliquent de rester debout pendant de longues périodes et les sports qui peuvent être à l’origine de coups sur les jambes (judo, ski alpin, par exemple).

L’examen de l’appareil respiratoire chez le futur sportif

L’auscultation permet de déceler des bruits respiratoires caractéristiques de bronchite chronique ou d’asthme.

L’évaluation de la capacité vitale (la quantité maximale d’air qu’on peut expirer après une inspiration forcée) peut être faite en mesurant le périmètre thoracique (le tour de poitrine) en inspirant et expirant au maximum. La différence de périmètre doit être d’au moins 6 à 10 centimètres. Une mesure plus précise du volume pulmonaire mobilisable peut se faire avec un appareil (spiromètre) qui mesure la quantité d’air inspirée et expirée.

L’examen de l’appareil locomoteur chez le futur sportif

Au cours du bilan général, le médecin recherche des anomalies des jambes ou des pieds, congénitales, dues à l’âge ou à des traumatismes (pieds plats, jambes arquées ou genoux « en dedans », etc.). Il s’assure de la stabilité des articulations (leur résistance aux mouvements autres que ceux qu’elles doivent effectuer), en particulier des articulations qui supportent le poids comme les chevilles, les genoux ou les épaules (pour les sports comme la gymnastique). Une faiblesse des articulations peut contre-indiquer des sports qui les solliciteraient trop.

L’état des muscles est évalué par des exercices qui mesurent leur tonus et par un examen visuel qui permet la recherche de bosses ou de creux pouvant indiquer un accident ancien.

Les tendons principaux sont palpés pour dépister d’éventuels épaississements ou des douleurs dus à une tendinite. Le tendon d’Achille est particulièrement examiné et sa taille évaluée (un tendon un peu court est plus vulnérable aux traumatismes)

Des malformations des os sont recherchées (bosses, asymétrie, séquelles de fractures, etc.). La colonne vertébrale est examinée en entier depuis les cervicales (cou) jusqu’aux lombaires (bas du dos). Est-elle souple, mobile, déformée ? Sa palpation entraîne-t-elle des douleurs qui révéleraient le pincement d’un nerf ?

L’examen des yeux chez le futur sportif

L’acuité visuelle est-elle bonne ? Un myope aura du mal à jouer sur un vaste terrain de sport si sa myopie est trop forte pour être corrigée par des lentilles. La vision des couleurs est-elle correcte ? Un daltonien peut avoir du mal à distinguer les drapeaux des sports mécaniques ou les bouées des sports nautiques.

L’examen des dents chez le futur sportif

Les dents doivent être bien alignées car, dans les sports où des coups sur le visage sont à prévoir, les dents décalées sont de véritables lames sur lesquelles les lèvres viennent se déchirer. Ce type de problème se rencontre également avec les appareils destinés à redresser les dents. Dans cette situation, il est préférable de porter des protège-dents adaptés.

L’hygiène buccodentaire doit être vérifiée. Une simple carie peut être la cause d’une tendinite rebelle par dissémination des germes qu’elle contient.

L’examen des oreilles chez le futur sportif

L’examen des oreilles est indispensable pour les sports aquatiques (natation, water-polo, plongée, etc.) et les sports d’altitude (parapente, delta, parachutisme, alpinisme, etc.). Les conduits auditifs externes doivent être propres. L’état des tympans doit être vérifié pour éviter les accidents lors de changements brutaux de pression atmosphérique.

De plus, dans les sports aquatiques, la morphologie du conduit auditif peut favoriser les otites en empêchant l’eau de s’évacuer. Il est alors recommandé de porter des bouchons d’oreilles.

Un problème d'audition pourra amener à faire pratiquer un audiogramme (un examen complet et détaillé de l'audition) par un médecin ORL.

L’examen de la peau chez le futur sportif

Le médecin s’assure que la peau est saine et ne souffre d’aucune maladie ni d’aucune infection (acné, herpès, etc.) qui pourrait être aggravée ou transmise à d’autres sportifs.


Les contre-indications à la pratique d'un sport

Le médecin peut déclarer qu’un patient est inapte à la pratique d’un sport de manière temporaire, partielle ou définitive. Le premier cas concerne généralement des maladies aiguës comme les infections. Les contre-indications partielles sont destinées à éviter à un sportif de pratiquer une discipline qui pourrait aggraver un problème préexistant, par exemple des genoux mal alignés.

Les contre-indications définitives sont rares. Elles concernent les cas où la pratique sportive aggraverait considérablement l’état de santé du patient ou le mettrait en danger. Par exemple, une forte myopie contre-indique définitivement la boxe (la forme de l’œil myope prédispose aux décollements de rétine en cas de choc), un rein unique contre-indique les sports de combat ou les sports violents (la perte d’un rein due à un traumatisme ne pourrait être compensée par le rein restant), l’asthme et l’épilepsie contre-indiquent la plongée sous-marine, etc.

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