Prévenir les accidents d'aviron, de canoë ou de kayak

Mis à jour : Lundi 18 Septembre 2017

L'aviron, le canoë et le kayak sont des sports techniques et pour la plupart des sports d'endurance, sauf en ce qui concerne le kayak-polo et les épreuves de vitesse. Les parties du corps les plus menacées sont le dos, les tendons et les mains.

Les points vulnérables en aviron, canoë ou kayak

aviron

Les muscles peuvent être sujets à des déchirures, dont la plus grave est celle d’un muscle du dos. Elle peut survenir du fait d’une mauvaise position ou d’un effort exceptionnel pour se sortir d’une situation difficile (esquimautage en kayak, par exemple) mais également d’une manière plus banale : en portant le bateau et en le mettant à l’eau ! Comme dans tous les autres sports, les problèmes musculaires sont à craindre si l’échauffement n’a pas été respecté ou correctement pratiqué.

Les os et les articulations sont aussi des points de vulnérabilité. En canoë, le dos des sportifs est souvent mis à rude épreuve. Il faut parvenir, notamment grâce à l’entraînement et à la musculation, à assurer un « verrouillage lombaire », c’est-à-dire une position qui permet de ne pas forcer sur le bas du dos au-delà de ses limites. Quant aux épaules, les épreuves de slalom ou la remise du bateau à l’endroit lorsqu’il s’est retourné (esquimautage) peuvent être cause de luxations.

Les tendons sont surtout menacés en cas de surentraînement. L’épaule, le coude et le poignet sont les principales victimes des tendinites. Elles surviennent également lorsque l’athlète pratique la musculation, complément indispensable à sa discipline, de manière trop intensive. Là encore, les mauvais gestes peuvent être à l’origine de ces problèmes.

La peau des mains des rameurs est souvent le siège d’ampoules, surtout au début de la saison d’entraînement, lorsque les cals n’ont pas eu le temps de se former. Des crevasses peuvent affecter les mains, notamment à cause du froid.

Les conseils de prévention en aviron, canoë et kayak

  • La pratique de l’aviron ou du kayak doit être apprise en club. L’entraîneur apprend à ses élèves les bonnes positions et la bonne technique gestuelle, qui sont une garantie contre les problèmes tendineux. Répéter un mauvais geste génère des microtraumatismes qui, à la longue, provoquent les tendinites.
  • L’échauffement doit être long et efficace. Des étirements mettent également en condition les muscles et les tendons. À la fin de l’entraînement, la récupération active (des exercices doux), ainsi que des étirements, permettent un retour progressif au repos.
  • Si l’entraînement est long, veillez à vous réhydrater et éventuellement à manger des aliments sucrés pour maintenir votre énergie.
  • Gare au soleil, d’autant qu’il se réverbère sur l’eau. Prévoyez lunettes, chapeau, et crèmes protectrices, ainsi que des vêtements pour les pauses lors de randonnées.
  • La musculation et la préparation à l’endurance complètent l’entraînement du rameur. Lorsque le temps ou la saison ne permettent pas une pratique à l’extérieur, l’athlète peut préparer sa saison en pratiquant des activités en salle : musculation, ergomètre (« rameur »), tapis de course, vélo stationnaire, etc. L’acquisition d’une bonne musculature est bien entendu la base pour développer la force nécessaire à l’avancée rapide. En kayak, elle est également vitale pour revenir à la surface en cas de retournement du bateau.
  • La salubrité des cours d’eau sur lesquels se déroulent les entraînements n’est pas toujours satisfaisante. Mieux vaut avoir ses vaccinations à jour (tétanos et poliomyélite, datant de moins de 10 ans).
  • Si vous décidez de vous entraîner seul, ce qui est déconseillé, renseignez-vous sur la météo et les conditions de navigation avant de prendre votre bateau (niveau de la rivière, passages infranchissables, travaux, crues dangereuses, etc.).

L'aviron chez les enfants

L'aviron développe l'endurance, la coordination et la force. Les jeunes peuvent pratiquer l'aviron assez tôt et même participer à des compétitions. Mais ils doivent cependant éviter de faire trop de compétition avant 13 ou 14 ans. En cas d'apparition de douleurs de la colonne vertébrale, des genoux ou des bras, il convient de vérifier le réglage du matériel et de consulter un médecin.


Les personnes qui souffrent d’une maladie chronique, ou d’une maladie grave en rémission, peuvent trouver des bénéfices à pratiquer régulièrement une activité sportive, pour peu que celle-ci soit adaptée à leur condition physique.
Pour celles et ceux qui sont intéressés par ce sport, l’aviron peut devenir une excellente forme d’activité physique adaptée (APA). Il est particulièrement intéressant pour les personnes qui souffrent de problèmes articulaires des jambes (la position assise soulage ces articulations). Discipline équilibrée, l’aviron développe harmonieusement l’ensemble de la musculature.

Quels sont les bénéfices de l'aviron pour la santé ?

ordonnance

Chez les personnes en bonne santé, la pratique de l’aviron est un moyen ludique de lutter contre les effets négatifs de la sédentarité et du vieillissement.

La pratique régulière de l’aviron développe l’endurance cardiorespiratoire et musculaire, l’équilibre statique et dynamique, la souplesse et l’amplitude articulaires, l’orientation dans l’espace et le temps et la coordination motrice.

Sur le plan musculaire, l’aviron est un sport quasi complet mobilisant de nombreuses masses musculaires (membres supérieurs, membres inférieurs, abdominaux, lombaires, etc.) dans des mouvements qui ne sont pas ceux de la vie quotidienne.

Les personnes qui souffrent d’une maladie chronique peuvent tirer parti de ces bénéfices généraux, mais peuvent également en connaître d’autres, selon leur état de santé. Pour ce public, la Fédération française d’aviron a développé les activités dites « Aviron Santé » qui visent à prévenir les complications de certaines maladies chroniques.

Quels sont les patients qui peuvent bénéficier de l'aviron ?

Dans sa forme Aviron Santé, l’aviron peut s’avérer une excellente activité sportive pour de nombreux patients.

Les personnes qui souffrent de diabète de type 2, de surpoids ou d’obésité peuvent pratiquer l’aviron pour équilibrer leur glycémie, contrôler leur poids et réduire leurs facteurs de risque cardiovasculaire.

Parce qu’il muscle le dos et la ceinture abdominale, l’aviron est également bénéfique aux personnes qui souffrent de mal de dos (lombalgie). Celles qui souffrent d’arthrose des jambes peuvent le pratiquer sans danger pour leurs articulations.

Enfin, l’aviron peut apporter des bénéfices aux personnes stressées ou qui souffrent de dépression ou de solitude.

Dans tous les cas, seules les personnes souffrant d’une maladie chronique modérée ou peu sévère, et contrôlée par des traitements équilibrés, peuvent pratiquer ces activités adaptées.

Comment l'aviron s'adapte-t-il à l'état de santé des pratiquants ?

La manière dont la pratique de l’aviron est adaptée varie selon l’état de santé et les capacités de chacun, mesurées à l’aide d’un ergomètre (« rameur »). Cet appareil permet également une pratique à l’intérieur pour les personnes qui craignent de se retrouver sur un plan d’eau.

La Fédération française d’aviron a élaboré des programmes « Aviron Santé » qui se différencient de la pratique classique par l’intensité, la cadence et le temps de travail préconisé. Ces programmes permettent aux pratiquants de retrouver progressivement une bonne condition physique, avec l’objectif d’intégrer plus tard la pratique dite « Loisir ».

Le niveau d’intensité de l’entraînement est modulé en adaptant la force produite à chaque coup d’aviron et la cadence (coups d’aviron par minute). Les personnes qui ont des problèmes de membres inférieurs se voient proposer une pratique à l’ergomètre sans sollicitation majeure des jambes.

Existe-t-il des contre-indications à la pratique de l'aviron adapté ?

Les risques liés à l’aviron dans sa pratique sport-santé sont ceux liés à l’environnement aquatique (noyade, par exemple).

Quelques contre-indications existent. Par exemple :

  • maladies aiguës et maladies chroniques non stabilisées ;
  • personne ne sachant pas nager ou phobie de l’eau (mais la pratique à l’intérieur est possible) ;
  • risque de malaise ou perte de connaissance (épilepsie non équilibrée, vertiges, troubles de l’équilibre, etc.) ;
  • troubles psychiques sévères ;
  • troubles du rythme cardiaque à l’effort ou lors de la récupération ;
  • déformation sévère de la colonne vertébrale.

Quelques maladies pour lesquelles l'aviron adapté peut apporter un bénéfice


Les personnes qui souffrent d’une maladie chronique, ou d’une maladie grave en rémission, peuvent trouver des bénéfices à pratiquer régulièrement une activité sportive, pour peu que celle-ci soit adaptée à leur condition physique.
Pour celles et ceux qui sont intéressés par ce sport, le canoë-kayak peut devenir une excellente forme d’activité physique adaptée (APA). En effet, la Fédération française de canoë-kayak a développé des activités dites « Pagaie-Santé » destinées aux personnes souffrant de diverses maladies chroniques. En particulier, l’activité de dragon-boat « Dragon Ladies », destinée aux femmes atteintes de cancer du sein, est devenue extrêmement populaire.

Quels sont les bénéfices du canoë-kayak pour la santé ?

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Chez les personnes en bonne santé, la pratique du canoë-kayak est un moyen efficace de lutter contre les effets négatifs de la sédentarité et du vieillissement.

La pratique régulière du canoë-kayak santé développe :

  • l’équilibre statique et dynamique,
  • la force et la masse musculaire au niveau du tronc et des membres supérieurs (bras),
  • la coordination motrice,
  • la concentration et la prise de décision,
  • voire l’endurance cardiovasculaire dans certaines formes de pratique.

Les personnes qui souffrent d’une maladie chronique peuvent tirer parti de ces bénéfices généraux, mais peuvent également en connaître d’autres, selon leur état de santé.

Quels sont les patients qui peuvent bénéficier du canoë-kayak adapté ?

Les personnes qui souffrent de diabète de type 2, de surpoids ou d’obésité peuvent pratiquer le canoë-kayak dans sa forme adaptée pour équilibrer leur glycémie et contrôler leur poids, ainsi que pour diminuer leurs facteurs de risque cardiovasculaire. Parce qu’il s’agit d’un sport porté (le poids ne repose plus sur les articulations des jambes), le canoë-kayak est particulièrement adapté aux personnes obèses ou qui souffrent d’arthrose.

Les personnes qui souffrent de maladies cardiovasculaires stabilisées peuvent diminuer leur risque de complication ou de récidive grâce aux activités « Pagaie-santé ». Celles-ci peuvent également contribuer à contrôler la pression artérielle de ceux qui souffrent d’hypertension artérielle modérée.

Les personnes qui sont en traitement ou en rémission d’un cancer (sein, côlon, prostate, par exemple) peuvent bénéficier du canoë-kayak adapté pour améliorer le drainage lymphatique du côté opéré (cancer du sein), mieux supporter les traitements, soulager la fatigue et la dépression, voire diminuer le risque de récidive (cancers du sein et du côlon, en particulier).

Dans tous les cas, seules les personnes souffrant d’une maladie chronique modérée ou peu sévère, et contrôlée par des traitements équilibrés, peuvent pratiquer ces activités adaptées.

Comment le canoë-kayak s'adapte-t-il à l'état de santé des pratiquants ?

Dans le cadre des activités « Pagaie-Santé », il y a adaptation de l’intensité (longueur et surface de pagaie, rythme de pagayage, voire pauses) et du matériel (embarcation plus stable, accessible et confortable, gilet de sécurité, forme et taille de la pagaie, etc.). Pour les personnes obèses, il existe des bateaux plus larges et plus stables. Des formes ludiques comme le kayak-polo sont possibles.

Pour les femmes atteintes de cancer du sein en rémission, les clubs de Dragon Ladies proposent la pratique du dragon-boat (une longue embarcation d’origine chinoise, à tête et queue de dragon, où 10 à 20 équipières rament avec une pagaie simple adaptée, un batteur donnant le rythme à l’avant et un barreur dirigeant l’embarcation à l’arrière). Cette forme de canoë, très ludique, est plébiscitée par de nombreuses femmes qui y trouvent l’occasion de passer un bon moment et de faire de l’exercice en s’amusant.

Existe-t-il des contre-indications à la pratique du canoë-kayak adapté ?

Les risques liés aux activités « Pagaie-Santé » sont ceux des sports nautiques : noyade, coup de soleil, intempéries, etc. Il est obligatoire de savoir nager pour pratiquer ces activités. Les blessures sont essentiellement observées au niveau des épaules ou de la colonne vertébrale. Un minimum de technique permet de prévenir ces blessures.

Les contre-indications à la pratique des activités « Pagaie-Santé » sont :

  • maladie aiguë ou chronique non stabilisée par un traitement ;
  • personne ne sachant pas nager ou ayant la phobie de l’eau ;
  • vertiges et troubles de l’équilibre ;
  • sensibilité majeure au froid et à l’humidité (sauf l’été) ;
  • troubles neuropsychiatriques sévères ;
  • dans le cadre du cancer du côlon, un avis spécialisé du chirurgien est indispensable (sollicitation importante de la musculature abdominale) ;
  • ablation complète d’un poumon.

Quelques maladies pour lesquelles le canoë-kayak adapté peut apporter un bénéfice


Sources et références de l'article "Prévenir les accidents d'aviron, de canoë ou de kayak"