Préparer son voyage en cas de maladie cardiovasculaire

Mis à jour : Mercredi 07 Février 2018

Les patients souffrant de maladies cardiovasculaires sévères peuvent avoir des difficultés à s’adapter aux conditions créées par certains types de voyage : effort, stress, chaleur ou altitude, par exemple. Il est indispensable de consulter son cardiologue ou son angiologue avant le départ pour prévenir des accidents potentiellement graves.

Préparer son voyage lorsqu'on souffre de problème cardiovasculaire

senior en voyage

Avant tout voyage, une personne souffrant de maladie cardiovasculaire sévère doit subir un bilan complet et une évaluation cardiologique (échocardiographie, électrocardiogramme, voire épreuve d'effort), surtout en cas de voyage aérien ou de séjour en altitude. Celles qui portent un stimulateur cardiaque (pacemaker) doivent faire vérifier le bon fonctionnement de leur matériel avant le départ. Il est dangereux de voyager avec une maladie cardiovasculaire insuffisamment stabilisée par un traitement, ou dans les jours qui suivent la mise en place d'un nouveau traitement. Dans tous les cas, il est préférable de voyager accompagné ou en séjour organisé.

La prévention des surinfections chez les voyageurs souffrant de maladies des valvules cardiaques ou équipés de prothèses valvulaires exige certaines précautions : visite chez le dentiste plusieurs semaines avant le départ (les infections dentaires peuvent se compliquer d'infection des valvules) et, pendant le voyage, traitement immédiat des infections de la gorge, du nez et des oreilles, ainsi que des plaies et infections de la peau.

Choisir sa destination en cas de maladie cardiovasculaire

L’altitude est souvent contre-indiquée pour les personnes qui sont malades du cœur. La raréfaction de l’oxygène en altitude peut entraîner une augmentation du rythme cardiaque et des difficultés respiratoires. Certains médicaments utilisés en cardiologie (les bêtabloquants) peuvent diminuer l’endurance physique en montagne.

Évitez les régions affichant des températures trop élevées (risque de déshydratation et de pression sanguine trop faible) ou trop basses (risque de crises d’angor et d’hypertension artérielle).

Dans certains cas, mieux vaut éviter les destinations lointaines qui vous obligeront à prendre l’avion (voir ci-dessous). Demandez conseil à votre médecin.

Prévoir ses activités physiques pendant le voyage

Ménagez vos efforts et choisissez des activités adaptées à votre maladie et à vos capacités. Restez prudent lors de vos randonnées en altitude. Les sports extrêmes (descentes en rapides, raids dans le désert, plongée sous-marine, etc.) sont déconseillés.

Si vous êtes porteur d'un stimulateur cardiaque, évitez de le compresser avec les bretelles d'un sac à dos. Discutez de vos capacités avec votre médecin.

Les vaccins du voyageur cardiaque

La vaccination contre la grippe et les infections à pneumocoques peut être recommandée aux patients souffrant d’une maladie cardiaque.

La prévention du paludisme chez les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires

En cas de maladie cardiaque sévère, un séjour en zone tropicale n’est guère recommandé. S’il est impératif, avertissez votre médecin car certains médicaments antipaludiques comme la méfloquine (LARIAM) pourraient être contre-indiqués. En dehors d’une maladie cardiaque sévère, si vous prenez des bétabloquants, vous pouvez prendre de la méfloquine à condition que votre rythme cardiaque ne soit pas trop ralenti. Dans le cas contraire, mieux vaut prendre un autre antipaludique.

Si vous faites une crise de paludisme, un traitement par halofantrine (HALFAN) est fortement déconseillé : n'oubliez pas de mentionner votre maladie cardiaque au médecin que vous consultez.

Choisir son mode de transport lorsqu'on souffre de maladie cardiovasculaire

D’une manière générale, attention à la chaleur dans les transports et au risque de déshydratation : voyagez avec la climatisation ou une ventilation, pensez à boire fréquemment, ne buvez pas d’alcool et essayez de ne pas vous exposer à la fumée de tabac.

Limitez vos efforts, n’hésitez pas à utiliser un chariot ou à vous faire aider pour transporter vos bagages.

En avion, la pressurisation de la cabine correspond, en quantité d’oxygène disponible, à une altitude comprise ente 1 500 et 2 500 mètres. Cette quantité, plus faible qu’au sol, peut avoir de graves conséquences pour les personnes qui souffrent de maladies cardiaques ou respiratoires. De plus, la sécheresse de l’air, due à la climatisation de la cabine, entraîne une déshydratation aggravée par l’alcool ou une consommation insuffisante d’eau.

Ces deux phénomènes peuvent favoriser l’apparition d’un syndrome coronaire aigu (une crise cardiaque) chez les personnes ayant certains antécédents médicaux : par exemple, un infarctus du myocarde récent, une angine de poitrine (angor) instable, des troubles du rythme cardiaque, un accident vasculaire cérébral récent, une hypertension artérielle mal contrôlée, etc. Le transport aérien est contre-indiqué pour ces patients.

Les porteurs d’un stimulateur cardiaque doivent le signaler aux services de contrôle des aéroports, avant de passer sous les portiques détecteurs de métaux. Une déprogrammation du stimulateur est rare mais possible.

Prévenir les problèmes de phlébite liés aux transports

Après un voyage un peu long, vos jambes peuvent être gonflées et lourdes. Le risque de thrombophlébite (l’inflammation d’une veine avec formation d’un caillot) n’est pas négligeable dans les heures ou les jours qui suivent, surtout si vous avez des prédispositions : accidents identiques préalables, présence de varices, jambe immobilisée par des douleurs d’une autre origine ou par un plâtre, traumatisme abdominal ou intervention chirurgicale récents, etc.

Les premiers signes d'une phlébite sont souvent discrets : légère douleur avec perte de la souplesse du mollet, voire un gonflement. Il faut consulter un médecin au moindre doute plutôt que de passer à côté d'une phlébite qui peut devenir dangereuse si elle n'est pas soignée.

Quelles précautions prendre ?

  • Marchez pendant cinq minutes dans les couloirs de l'autocar, du train ou de l'avion quand cela est possible ; faites des pauses toutes les deux heures en voiture et marchez.
  • En station assise, faites des mouvements circulaires et verticaux avec vos chevilles pour faire travailler les muscles des mollets. Certaines compagnies aériennes projettent un film pour inciter les voyageurs à faire ce type d'exercices.
  • Portez des vêtements amples pour ne pas entraver la circulation sanguine et buvez suffisamment (en évitant l'alcool). Une bonne hydratation est particulièrement importante en avion car la sécheresse de l'air en cabine augmente le risque de thrombose veineuse.
  • La prévention la plus efficace consiste à porter des bas de contention enfilés avant le départ. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien de vous conseiller sur le degré de contention adapté à votre cas. S'il existe des facteurs de risque importants, l'injection d'un médicament anticoagulant (héparine de bas poids moléculaire) peut être justifiée avant un trajet prolongé en avion (plus de six à huit heures).

Bon à savoir avant de partir si l'on souffre de maladie cardiovasculaire

  • Prévoyez de vous reposer les deux premiers jours, surtout en cas de décalage horaire.
  • Vous devrez éviter de changer d’endroit trop souvent et essayer de rester sur le même lieu de séjour pendant au moins sept jours.
  • Il vous faudra ménager vos efforts et vous aménager des temps de repos tout au long de la journée. Vous éviterez les efforts inhabituels ainsi que le stress et la fatigue.
  • Vous devrez vous protéger du soleil et de la chaleur et boire beaucoup et souvent.
  • Vous prendrez garde aux plats locaux si vous suivez un régime pauvre en sel.
  • Dès votre arrivée, pensez à avertir votre entourage ou le personnel de votre lieu de séjour de votre maladie si vous voyagez seul. Vous devrez consulter rapidement si vous vous sentez essoufflé ou fatigué.
  • Si vous suivez un traitement pour votre hypertension artérielle ou pour des problèmes cardiaques, continuez à les prendre régulièrement. Ne les arrêtez jamais sans avis médical. Les traitements contre l’excès de cholestérol doivent également être poursuivis, mais un oubli passager au cours d’un voyage expose à un risque moindre que celui d’un traitement contre l’hypertension.

La prise de certains médicaments nécessite une attention particulière :

  • Si vous prenez des diurétiques, sachez qu’en cas de grosse chaleur, de fièvre ou de diarrhée, il faudra interrompre ou diminuer votre traitement pour éviter une déshydratation.
  • Les personnes qui prennent des médicaments anticoagulants doivent veiller à adapter leur horaire de prise en fonction du décalage horaire, selon les conseils de leur médecin. Des prises de sang régulières seront peut-être nécessaires sur place pour évaluer la capacité de coagulation de votre sang : il faut donc vous assurer à l’avance que ces examens seront réalisables.
  • Certains médicaments utilisés en cardiologie exposent au risque de photosensibilisation (réaction cutanée aux rayons du soleil).
  • Certains médicaments contre les troubles cardiaques et l'hypertension artérielle (digitaliques, diurétiques, par exemple) peuvent se révéler dangereux si vous présentez une diarrhée ou des vomissements ; dans certains cas, une prévention de la diarrhée du voyageur peut être indiquée.
  • Si vous souffrez d'angine de poitrine, vos médicaments ne doivent jamais vous quitter.
Comment voyager si l'on souffre de BPCO ?
Les personnes qui souffrent de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont soumises aux mêmes restrictions que les personnes souffrant de maladies cardiaques : les voyages en avion et les séjours en altitude leur sont déconseillés, en particulier lorsqu’elles ont déjà des problèmes respiratoires dans leur vie courante.
Les vols en avion peuvent nécessiter une mise sous oxygène pendant le trajet. Dans ce cas, la compagnie aérienne fournit le matériel : les équipements courants d'oxygénothérapie ne sont pas acceptés dans les avions. Le service médical de la compagnie aérienne doit être prévenu plusieurs semaines à l'avance et, lorsque cela est justifié, un professionnel de santé sera dépêché par l'assurance complémentaire du patient pour l'accompagner.
Les personnes qui nécessitent une oxygénothérapie permanente peuvent néanmoins voyager par la route ou en train. Des sociétés spécialisées peuvent fournir aux insuffisants respiratoires de l’oxygène et du matériel à travers toute l’Europe.

Ce que vous devez emporter si vous souffrez de maladie cardiovasculaire

  • Vos médicaments avec leur emballage répartis dans deux bagages.
  • Les ordonnances de vos médicaments (rédigées en DCI) et, éventuellement, des certificats médicaux décrivant votre maladie et votre traitement ; demandez à votre médecin de rédiger ces papiers en double, avec une version en anglais.
  • Un dossier médical avec des données récentes (électrocardiogrammes, analyses biologiques, etc.), préparé par votre cardiologue.
  • Si vous portez un stimulateur cardiaque, n'oubliez pas votre carte européenne de porteur de stimulateur qui comporte tout le descriptif du dispositif, ses réglages et les examens électrophysiologiques de maintenance. Pensez à demander à votre médecin un certificat (rédigé si possible en anglais) précisant que vous portez ce type de dispositif : il vous évitera de passer sous les portiques des aéroports. En cas de petite chirurgie sur place, prévenez le médecin de la présence de ce dispositif : un bistouri électrique pourrait le déprogrammer.
  • Les coordonnées des différents services d’urgence et des médecins sur place ; demandez à votre médecin s’il connaît un correspondant local.
  • Les coordonnées de l’ambassade de France ou des services consulaires.
  • Le numéro téléphonique de l’assistance de l’assurance de rapatriement sanitaire que vous aurez pris soin de contracter avant de partir. Assurez-vous qu’elle n’exclut pas les personnes souffrant de maladie cardiovasculaire.
  • Au besoin, votre carte européenne d’Assurance maladie.