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Conseil santé au voyageur : Amérique du Sud dont Brésil

Mis à jour : Mardi 24 Septembre 2019

Continent : Amérique

Zones du continent : Amérique australe, Amérique centrale et Caraïbes, Amérique du Nord, Amérique du Sud (hors Bassin amazonien), Bassin amazonien.

 

Pays (hors Bassin amazonien) :

  • Bolivie
  • Brésil
  • Colombie
  • Équateur (y compris les îles Galápagos)
  • Paraguay
  • Pérou
  • Venezuela

Comme dans toutes les régions tropicales, les maladies transmises par les insectes, par l’eau et par les aliments sont fréquentes en Amérique du Sud. Le voyageur devra prendre certaines précautions. La région est également particulièrement frappée par la délinquance et la criminalité.

Problèmes liés au climat et à la géographie

  • Le climat est principalement tropical, avec une saison des pluies de novembre à mars (de mai à octobre au Venezuela). Le sud de la région est plus tempéré, avec des hivers plus froids. En altitude (cordillère des Andes), le climat est sec, très chaud la journée et très froid la nuit.
  • Protégez-vous du soleil (intense en altitude) et de la chaleur, particulièrement étouffante pendant l’été.
  • De nombreux incendies ravagent le Brésil pendant la saison sèche.
  • Les pluies intenses entraînent fréquemment des inondations, des coulées de boue et des glissements de terrain. Évitez si possible la saison des pluies.
  • Les côtes et les îles du Venezuela sont régulièrement frappées par des ouragans de mai à novembre.
  • Certaines régions sont situées en altitude (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou, Venezuela). Les aéroports de Bogotá, Sucre et Quito sont situés à plus de 2 500 m d’altitude, ceux de La Paz et de Cuzco à plus de 3 500 m. Prenez garde au mal aigu des montagnes.
  • L’activité sismique est importante dans les pays de la cordillère des Andes. Certains volcans sont en activité en Colombie, en Équateur et sur les îles Galápagos.

Problèmes liés aux transports

Transports routiers

Les routes sont parfois mal entretenues (souvent inondées pendant la saison des pluies) et les conducteurs indisciplinés. Les accidents sont fréquents. La plus grande prudence est requise au volant et la conduite de nuit est vivement déconseillée.

Transports maritimes

Les côtes caraïbes de la Colombie et du Venezuela sont déconseillées aux plaisanciers (risque de piraterie et présence d’un important trafic de drogue maritime).

Transports aériens

Dans toute la zone, assurez-vous de la bonne renommée des compagnies aériennes locales et de la fiabilité des appareils.

Maladies transmises par l’eau ou les aliments

Diarrhée du voyageur

La diarrhée du voyageur existe dans la région. Le risque est plus élevé lorsque les conditions climatiques sont défavorables (pluies, inondations). Respectez les règles d’hygiène alimentaire. L’eau du robinet est parfois potable dans les grandes villes et les hôtels de luxe. Elle ne l’est quasiment jamais dans les petites villes et les zones rurales. Elle peut néanmoins être utilisée pour se brosser les dents. Préférez l’eau en bouteille capsulée.

Hépatite A et fièvre typhoïde

Le risque d’hépatite A et de fièvre typhoïde existe. Pensez à vous faire vacciner quelles que soient les conditions de voyage (pour l’hépatite A) et en cas de séjour prolongé ou dans de mauvaises conditions (pour la typhoïde).

Leptospirose et bilharziose

La leptospirose est présente au Brésil, en Colombie, au Venezuela, en Équateur. Des foyers de bilharziose sont également signalés dans ces pays. Évitez de vous baigner en eau douce sauf avis favorable recueilli sur place.

Larva migrans

Des cas de larva migrans cutanée sont régulièrement signalés sur les plages. Évitez de marcher pieds nus et de vous allonger à même le sable.

Choléra

Des cas de choléra ont été signalés en Équateur.

Brucellose

La brucellose est présente au Paraguay. Évitez de consommer des produits laitiers non pasteurisés (risque néanmoins faible).

Ciguatera

Les poissons de mer des côtes de la Colombie et du Venezuela sont parfois porteurs de la ciguatera.

Prévention du paludisme en Amérique du Sud (hors Bassin Amazonien)

moustique

En dehors du bassin amazonien, le risque de paludisme est globalement faible et la résistance des souches aux antipaludiques varie selon les régions. La chimioprophylaxie n’est habituellement pas nécessaire pour les voyages touristiques conventionnels, mais peut être recommandée en cas de séjour prolongé avec nuits passées en zone rurale.
Le Paraguay a été déclaré exempt de paludisme en 2018 et il n’y pas de risque de paludisme sur les îles Galápagos.

La décision de prescrire, ou non, un traitement préventif du paludisme sera prise par votre médecin traitant en fonction de divers paramètres : la zone visitée et son altitude, la saison du voyage, la durée du séjour, l’hébergement (urbain ou rural), votre état de santé (votre risque de développer un paludisme grave, par exemple si vous êtes enceinte, si vous avez subi une ablation de la rate, si vous séropositif pour le VIH, si vous êtes âgé, par exemple), etc.

Les antipaludiques à utiliser varient selon les pays :

  • Pérou (zones rurales des vallées inter-andines au-dessous de 2300 m, sauf région de Loreto, voir ci-dessous) : Nivaquine (Choloroquine) ;
  • Colombie (zones rurales ou de jungle jusqu’à 1600 m), Équateur (au-dessous de 1500 m hors de Quito, de Guayaquil et des villes de la région inter-andine où le risque est faible), Pérou (région de Loreto où sont concentrés 98 % de cas de paludisme à P. falciparum), Venezuela (toute l’année dans les zones situées en dessous de 1700 m) : Malarone et ses génériques (Atovaquone + Proguanil) ou Doxy, Doxypalu, Granudoxy (Doxycyline) ou Lariam (Méfloquine).

Maladies transmises par des insectes (hors paludisme)

Dengue, chikungunya et Zika

La dengue est répandue dans toute la région, en particulier dans les villes côtières. De plus en plus de cas sont rencontrés, notamment au Brésil et en Équateur. Depuis 2013, le chikungunuya sévit en Guyane et s’est propagé sur en Amérique du sud. De nombreux pays connaissent depuis 2015 des cas d’infections par le virus Zika, également transmis par le moustique tigre. La protection contre les piqûres de moustiques s’impose partout.

Fièvre jaune

La fièvre jaune est présente en Bolivie (est des Andes à moins de 2300 m et Chuquisaca, Cochabamba, la Paz et Tarija en fonction de l’altitude), au Brésil, en Colombie, en Équateur, au Pérou (au-dessous de 2300 m sauf certaines zones), au Paraguay et au Venezuela. La vaccination contre la fièvre jaune est donc recommandée à tous les voyageurs.
Pour les zones côtières (Pacifique) de l’Équateur, de la Colombie et du nord du Pérou, la vaccination contre la fièvre jaune n’est recommandée qu’en cas de séjour prolongé, d’exposition importante aux piqûres de moustiques ou d’impossibilité d’éviter ces piqûres. Néanmoins, il est préférable de se faire vacciner contre la fièvre jaune pour ne pas se retrouver empêché de faire un séjour dans les terres.
La vaccination est obligatoire dans la majeure partie de la région si vous êtes en provenance d’un pays d’Afrique ou d’Amérique du sud où sévit un risque de transmission du virus (notamment de la Guyane française).

Leishmaniose

La leishmaniose est présente dans certaines zones du Brésil, du Paraguay, de Bolivie et d’Équateur.

Maladie de Chagas

La maladie de Chagas (Trypanosomiase américaine), transmise par des punaises, est présente dans les régions pauvres de Bolivie.

Fièvre Oropouche

La fièvre à virus Oropouche, transmise par des moustiques et qui provoque une maladie similaire à la dengue, touche le Pérou (nord de Cuzco).

Maladies transmises par d’autres animaux

Rage

La rage sévit dans toute la région. Évitez tout contact avec les animaux errants. Envisagez la vaccination en cas de séjour prolongé en zone rurale ou de séjour aventureux.

Fièvres hémorragiques

Les rongeurs peuvent également transmettre, par leurs excréments, des fièvres hémorragiques à arénavirus (fièvre de Mapucho, de Guanarito, par exemple). Lors de séjours prolongés en zone rurale, évitez tout contact avec les rongeurs et de dormir à même le sol dans des maisons anciennes. Évitez également tout contact avec les autres animaux sauvages (raton-laveur, renard, mouffette, chauve-souris, etc.) qui peuvent transmettre la fièvre hémorragique à Hantavirus (au Brésil en particulier).

Autres maladies infectieuses

Rappel important : Pour voyager en bonne santé, mieux vaut être à jour de toutes ses vaccinations usuelles : diphtérie, tétanos, poliomyélite (DTP), coqueluche, rougeole, hépatite B et, si vous êtes à risque de complications, grippe saisonnière.
La vaccination contre la rougeole est devenue particulièrement importante ces dernières années avec la recrudescence de cette maladie à travers la planète.

Diphtérie

Le Venezuela connaît depuis 2016 une épidémie de diphtérie, en particulier dans les états de Bolivar, Monagas, Sucre, Miranda et Anzoategui. Vérifiez que vous êtes bien à jour dans votre vaccination contre la diphtérie.

Infections sexuellement transmissibles (IST)

La zone est touchée par le VIH/Sida. Utilisez systématiquement des préservatifs lors de rapports sexuels. L’hépatite B est également répandue. Si vous n’êtes pas immunisé (vaccin ou contact avec le virus), pensez à vous faire vacciner.

Méningites à méningocoques

Des cas de méningites à méningocoque sont régulièrement signalés en Équateur. La vaccination contre les méningites à méningocoques doit être envisagée en cas de séjour dans une zone ou sévit une épidémie dans des conditions de contact prolongé ou étroit avec la population locale.

Piqûres et morsures

  • Vous pouvez rencontrer certains animaux dangereux, en particulier en zone rurale : serpents, araignées, scorpions, grenouilles venimeuses, chauves-souris agressives, etc.
  • Des requins sont présents sur les côtes du Brésil (Recife), du Venezuela et du Pérou (attention également aux méduses dans ce pays).

Problèmes liés aux situations politiques et sociales

Avant de partir, n’oubliez pas de consulter les recommandations aux voyageurs du Ministère des Affaires étrangères. Ce site liste les risques propres à chaque pays, selon les régions et la situation politique et sociale du moment. Une carte détaillée indique les zones formellement déconseillées, celles déconseillées sauf raison impérative et celles où la vigilance doit être renforcée. Il contient aussi des informations essentielles sur les risques sanitaires locaux. Respectez leurs mises en garde.

Restez vigilant

  • La forte pollution atmosphérique à Lima peut gêner les personnes souffrant de troubles respiratoires.
  • Des mines antipersonnel restent enfouies à la frontière entre le Pérou et le Chili (régions de Junin et Huancavelica). Renseignez-vous sur place.
  • La mer est dangereuse sur le littoral péruvien : les courants sont forts et les lames de fond fréquentes.
À garder à l’esprit
note
  • Soyez prudent au volant et ne conduisez pas la nuit.
  • Protégez-vous de la chaleur et du soleil. En altitude, protégez-vous du froid et prenez garde au mal aigu des montagnes.
  • Les maladies transmises par l’eau et les aliments sont très répandues. Respectez les mesures d’hygiène alimentaire et corporelle.
  • Les mesures de protection contre les insectes sont indispensables.
  • Évitez tout contact avec les animaux.
  • Restez sur vos gardes, la délinquance et la criminalité sont importantes dans certaines régions.

Les informations médicales sont en constante évolution. Ces informations ne prétendent pas se substituer à un avis médical. Suivez toujours les recommandations de votre médecin traitant ou de votre pharmacien.

Sources et références

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