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Conseil santé au voyageur : Bassin amazonien dont Guyane

Mis à jour : Lundi 17 Juillet 2017

Continent : Amérique

Zones du continent : Amérique australe, Amérique centrale et Caraïbes, Amérique du Nord, Amérique du Sud (hors Bassin amazonien), Bassin amazonien.

Pays :

  • Nord de la Bolivie
  • Nord du Brésil
  • Sud-Est de la Colombie
  • Est de l’Équateur
  • Guyana
  • Guyane française
  • Nord et Est du Pérou
  • Suriname
  • Sud-Est du Venezuela

Comme l’ensemble des forêts équatoriales, l’Amazonie est un milieu hostile pour les touristes. On y rencontre des risques infectieux importants, un climat intense, ainsi qu’une faune et une flore parfois dangereuses. C’est une destination de vacances plutôt réservée aux aventuriers aguerris et, surtout, aux adultes.

Vaccins recommandés dans le Bassin amazonien

seringue

Problèmes liés au climat et à la géographie

  • Le Bassin amazonien se caractérise par un climat tropical, chaud et humide, avec une saison des pluies de janvier à mai (la pluie est néanmoins présente tout au long de l’année). Il est nécessaire de se protéger du soleil et de la chaleur, particulièrement étouffante pendant l’été.
  • Les pluies intenses entraînent fréquemment des inondations, des coulées de boue et des glissements de terrain. Il est préférable d’éviter la région pendant la saison des pluies.

Problèmes liés aux transports

Transports routiers

La plupart des routes d’Amazonie sont des pistes en terre mal entretenues et souvent inondées pendant la saison des pluies. Les conducteurs sont indisciplinés et parfois sous l’emprise de l’alcool ; les accidents sont fréquents. La plus grande prudence est requise au volant et la conduite de nuit est vivement déconseillée. Prévoyez une réserve d’essence suffisante lors de longs déplacements, il n’y a pas toujours de stations service sur les pistes. Vous aurez besoin d’un permis international en Colombie, au Guyana et au Surinam. On conduit à gauche au Guyana et au Surinam.

Transports maritimes

Les côtes caraïbes de la Colombie et du Venezuela, du Suriname (côté Guyana) sont déconseillées aux plaisanciers (risque de piraterie et présence d’un important trafic de drogue maritime).

Transports aériens

Au Suriname, la compagnie Blue Wings, qui opère des vols intérieurs, figure sur la liste des compagnies aériennes interdites au sein de l’Union Européenne.
Dans toute la zone, assurez-vous de la bonne renommée des compagnies aériennes locales et de la fiabilité des appareils.

Maladies transmises par l’eau ou les aliments

  • D’une manière générale, les maladies liées à l’eau et aux aliments sont fréquentes. Le risque est d’autant plus élevé que les conditions climatiques sont défavorables (pluies, inondations). La diarrhée du voyageur est particulièrement répandue, ainsi que l’hépatite A, la typhoïde et les parasitoses intestinales. Des cas de choléra ont été signalés en Équateur. Les mesures d’hygiène alimentaire et corporelle doivent être scrupuleusement respectées au cours d’un séjour dans la région. Il est déconseillé de boire l’eau du robinet, mais on peut l’utiliser pour se laver les dents. Préférez l’eau en bouteille à capsule.
  • La baignade en eau douce peut être dangereuse, surtout en cas d’inondations ou de fortes pluies, à cause du risque de leptospirose et de bilharziose (surtout au Brésil, au Suriname et au Venezuela). Renseignez-vous sur place.
  • Des cas de larva migrans cutanée sont possibles. Évitez de marcher pieds nus et de vous coucher directement sur le sable.

Maladies transmises par des insectes (hors paludisme)

  • La forêt amazonienne est propice à la multiplication des insectes. L’application rigoureuse de mesures de protection est nécessaire, notamment pour éviter la leishmaniose, transmise par la piqûre d’une mouche des sables, le phlébotome.
  • Le risque de fièvre jaune étant réel dans toute la zone, la vaccination est recommandée pour tous. Un certificat de vaccination antiamarile peut être exigé par les autorités locales.
  • La dengue sévit dans tous les pays de la région, notamment au Brésil et en Équateur. Les pays de la zone, en particulier le Brésil, connaissent depuis 2015 des cas nombreux d’infections par le virus Zika, également transmis par le moustique tigre (moustique du genre Aedes). Depuis 2013, le chikungunuya sévit en Guyane et s’est propagé sur le continent américain. La protection contre les piqûres de moustiques s’impose partout.
  • La fièvre à virus Oropouche, transmis par les insectes, touche le Pérou.
  • La maladie de Chagas, transmise par des punaises, est présente dans les régions pauvres de Bolivie.

Prévention du paludisme dans le Bassin amazonien

moustique

L’ensemble du Bassin amazonien (sauf la zone côtière de la Guyane française, à Belém au Brésil et en Équateur à Quito et Guayaquil, où il n’y a pas de paludisme) fait partie des régions avec une fréquence élevée de souches multirésistantes de Plasmodium. En complément des mesures de prévention contre les insectes, les antipaludiques recommandés sont Malarone et ses génériques (Atovaquone + Proguanil) ou Doxy/Doxypalu/Granudoxy (Doxycyline) ou Lariam (Méfloquine) dans les zones suivantes :

  • Bolivie (zone amazonienne en dessous de 2 500 m) ;
  • Brésil (dans les états de la région amazonienne : Acre, Amapa, Amazonas, ouest de Maranhao, nord du Mato Grosso, Para, Rondania, Roralma et Tocantins) ;
  • Colombie (zones rurales ou de jungle jusqu’à 1600 m d’altitude) ;
  • Équateur (dans les zones au-dessous de 1 500 m, excepté dans les provinces côtières, à Quito, à Guayaquil et dans les villes de la région inter-andine) ;
  • Guyana (excepté les zones côtières, Georgetown et New Amsterdam);
  • Guyane française (sud et est du département ; communes bornant le Brésil et le Suriname) ;
  • Pérou (dans la région de Loreto essentiellement) ;
  • Suriname (le long de la frontière est et dans les régions d’extraction de l’or) ;
  • Venezuela (zone de jungle des états d'Amazonas et de Bolivar essentiellement).

Maladies transmises par d’autres animaux

  • La rage sévit dans la région. Évitez tout contact avec les chiens errants et les animaux sauvages (attention aux chauves-souris). Votre médecin pourra vous proposer une vaccination en cas de séjour prolongé ou aventureux.
  • Les rongeurs peuvent également transmettre, par leurs excréments, des fièvres hémorragiques à arénavirus : fièvre de Mapucho, fièvre de Guanarito, par exemple. Lors de séjours prolongés en zone rurale, évitez de dormir à même le sol dans de vieilles habitations, aérez régulièrement votre lieu de séjour.
  • Évitez tout contact avec les rongeurs ou autres animaux sauvages (raton-laveur, renard, mouffette, chauve-souris, etc.) qui peuvent transmettre diverses maladies : fièvres hémorragiques à Hantavirus (au Brésil).

Autres maladies infectieuses

  • Le risque d’infection par le VIH/Sida existe. Il est conseillé d’éviter tout comportement à risque et d’utiliser des préservatifs.
  • De nombreux cas de grippe ont été enregistrés au Pérou. La vaccination antigrippale peut être recommandée.
  • L’hépatite B est très présente en Amazonie. Si vous n’êtes pas immunisé (vaccin ou contact avec le virus), pensez à vous faire vacciner.
  • Des cas de méningites à méningocoque sont régulièrement signalés en Équateur.
  • Le Brésil connaît actuellement une recrudescence de cas de rougeole, notamment dans le nord du pays. Faites-vous vacciner si vous n’êtes pas immunisé (vaccin ou antécédent de maladie).

Piqûres et morsures

  • La forêt amazonienne abrite des animaux potentiellement dangereux (piranhas, crocodiles, etc.) ou venimeux (serpents, araignées, scorpions, etc.). Portez des vêtements longs et un chapeau. Enfilez vos bas de pantalons dans vos chaussures. Ne vous baignez dans les eaux douces qu’avec l’accord d’un guide local. Vérifiez votre literie et vos chaussures avant de vous y glisser.
  • Prenez garde aux chauves-souris qui sont parfois agressives.

Restez vigilant

  • Les plantes et les arbres de la forêt amazonienne peuvent être toxiques. Attention à ce que vous cueillez et aux endroits où vous vous asseyez. L’Ayahuasca (plante hallucinogène) utilisée en Amazonie lors de cérémonies chamaniques peut avoir des conséquences graves pour la santé, voire mortelles.
  • La forêt amazonienne renferme de multiples dangers et il est facile de s’y perdre. De plus, les secours peuvent mettre plusieurs heures, voire plusieurs jours à arriver. Les voyageurs doivent se préparer soigneusement avant de partir et prévoir le matériel d’orientation et de détresse nécessaire, ainsi qu’une trousse de secours adaptée. Il est impératif de partir en excursion avec un guide local.

Problèmes liés aux situations politiques et sociales

  • Les soins sont généralement de bonne qualité dans les hôpitaux et cliniques où les médecins sont souvent formés en Europe, aux États-Unis ou à Cuba, mais ils peuvent être très onéreux. En Amazonie, les centres médicaux sont dispersés sur de grandes distances. Avant de partir, il est indispensable de contracter une assurance voyage avec couverture de vos frais médicaux sur place et rapatriement sanitaire. Si ce n’est pas le cas, prenez une extension de garantie ou faites jouer la complémentarité entre vos différentes assurances. Si vous souffrez d’une maladie chronique, assurez-vous que celle-ci soit parfaitement stabilisée par les traitements avant de partir.
  • Certains pays connaissent des pénuries de médicaments. Il est recommandé de partir avec un stock suffisant de médicaments, accompagnés de l’ordonnance. Attention, la Bolivie exige une autorisation préalable pour certains médicaments dont les substances sont considérées comme stupéfiants.
  • Les tensions sociales et politiques sont récurrentes dans les pays d’Amérique du Sud et certaines destinations sont fréquemment déconseillées par le ministère des Affaires étrangères. La Colombie et le Venezuela comportent des zones fortement déconseillées. Consultez le site www.diplomatie.gouv.fr avant de partir. En Amazonie brésilienne, certaines zones abritent des forestiers illégaux ou des braconniers qui n’apprécient guère la visite de touristes…
  • Il est vivement déconseillé de visiter les régions amazoniennes frontalières entre la Colombie et ses voisins (Brésil, Équateur, Pérou, Venezuela). Le taux de criminalité y est très élevé : trafic de drogue, guérilleros et autres groupes paramilitaires, attentats, opérations militaires, enlèvements contre rançon, attaques à main armée aux feux rouges, etc. La Guyane française est la région la plus sûre de cette zone.
  • La criminalité et la délinquance sont importantes dans certaines régions : vols, agressions, enlèvements, etc. Certaines sont à éviter absolument, renseignez-vous sur place. Conduisez portes verrouillées. Évitez le camping sauvage et les promenades nocturnes.
  • Faites preuve de discrétion, notamment dans les zones les plus reculées ou les plus pauvres. Demandez l’accord des autochtones avant de les photographier. Dans certains cas, attendez-vous à une demande d’argent en retour.
À garder à l’esprit
note
  • Protégez-vous du soleil et de la chaleur. Évitez de voyager pendant la saison des pluies.
  • Les maladies transmises par l’eau et les aliments sont très fréquentes. Les mesures d’hygiène alimentaire et corporelle doivent être rigoureusement respectées.
  • Les mesures de protection contre les insectes sont indispensables.
  • Évitez tout contact avec les animaux. Ils peuvent être dangereux, venimeux ou porteurs de maladies.
  • Méfiez-vous des contacts avec l’eau douce (lacs, étangs, rivières, etc.) si vous pratiquez un sport aquatique (rafting par exemple).
  • Prenez impérativement un guide pour vos excursions.
  • Évitez les zones où la criminalité est importante, comme la Colombie.

Les informations médicales sont en constante évolution. Ces informations ne prétendent pas se substituer à un avis médical. Suivez toujours les recommandations de votre médecin traitant ou de votre pharmacien.

Sources et références

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