Cancer du rein

Mis à jour : Mercredi 21 Juin 2017

Le cancer du rein est l'une des formes de cancer dont le traitement a le plus évolué au cours des dernières années. Les cancers du rein touchent environ 10 000 Français chaque année, le plus souvent des hommes. La chirurgie est le traitement de choix du cancer du rein, éventuellement associée à des traitements médicamenteux destinés à bloquer la croissance des cellules cancéreuses et à stimuler l'immunité.

Qu'appelle-t-on cancer du rein ?

coupe des reins

Le cancer du rein est caractérisé par le développement de tumeurs malignes qui grossissent souvent lentement mais ont rapidement tendance à produire des métastases dans d’autres organes. Le cancer du rein provoque des symptômes lorsque la tumeur est volumineuse, ce qui rend son diagnostic plutôt tardif. Dans la majorité des cas, ces cancers sont dépistés de manière fortuite à l’occasion d’une échographie pratiquée pour une autre raison : troubles digestifs, coliques néphrétiques, etc.

Le pronostic du cancer du rein est plutôt bon avec un taux de guérison relativement élevé. Après la guérison, la possibilité de métastases « dormantes » implique un suivi médical régulier pendant au moins cinq ans, voire toute la vie.

Quel est le rôle des reins ?
Les reins sont deux organes chargés de réguler la pression artérielle et de filtrer le sang en éliminant les sels minéraux en excès et les déchets produits par le métabolisme.
Les reins ont également une fonction hormonale : ils sécrètent l'érythropoïétine, une substance qui stimule la production des globules rouges par la moelle osseuse.
Sur le plan anatomique, ils sont très proches des glandes surrénales qui sécrètent des hormones indispensables au bon fonctionnement de l'organisme et contribuent également au maintien de la pression sanguine.
Il est possible de vivre normalement avec un seul rein et une seule glande surrénale, ce qui permet, en cas de cancer, de retirer le rein atteint sans nécessité d’en greffer un nouveau.

Les différents types de cancer du rein

Dans environ 85 % des cas, les cancers du rein proviennent des cellules du tissu rénal : on parle de « carcinome des cellules rénales ». Dans 85 % des cas, ce cancer se développe dans un seul des deux reins.

Il existe d’autres types de cancer du rein, dus à la transformation cancéreuse de cellules présentes en plus petit nombre dans les reins : néphroblastome, sarcome, lymphome primitif du rein, oncocytome, etc. Ces formes rares touchent plus fréquemment les deux reins (dans 40 % des cas), évoluent plus lentement que les carcinomes des cellules rénales et nécessitent des traitements spécifiques.

Les cancers du rein sont-ils fréquents ?

En France, en 2010, un peu plus de 10 000 cancers du rein ont été diagnostiqués. Les cancers du rein sont deux fois plus fréquents chez les hommes et sont le plus souvent diagnostiqués autour de 65 ans. Le nombre de cancers du rein diagnostiqués chaque année est en légère hausse, probablement en raison de la multiplication des examens de type échographie qui révèlent des cancers qui n’auraient été diagnostiqués que des années plus tard, voire pas du tout (si le cancer évolue très lentement).

En termes de fréquence, le cancer du rein est le troisième cancer des voies urinaires et génitales, après celui de la prostate et celui de la vessie. Il est à l’origine d’un peu moins de 4 000 décès par an, le plus souvent chez des personnes très âgées, après des années d’évolution et de traitement.


Quels sont les facteurs de risque des cancers du rein ?

Trois facteurs de risque principaux ont été identifiés pour le carcinome des cellules rénales :

Le nombre de personnes dialysées qui présenteront un cancer du rein au cours de leur vie reste néanmoins limité (2 à 3 %). D’autres facteurs de risque sont fortement suspectés : l’hypertension artérielle non contrôlée par un traitement antihypertenseur, l’exposition répétée à l’amiante ou à certains sels de cadmium ou d’arsenic, etc.

De plus, il existe des formes familiales (héréditaires) de cancer du rein liées à diverses maladies génétiques rares. Les plus fréquentes d’entre elles sont la maladie de von Hippel-Lindau et la sclérose tubéreuse de Bourneville. La maladie de von Hippel-Lindau est à l’origine d’environ 1 à 2 % des cancers du rein : un peu moins de la moitié des personnes qui souffrent de cette maladie génétique développent un cancer du rein, en général avant l’âge de 30 ans.

Peut-on prévenir les cancers du rein ?

Les mesures de prévention des cancers du rein sont peu spécifiques et concernent tous les cancers :

De plus, il semble que la surveillance de la pression artérielle et la mise en place d’un traitement adapté en cas d’hypertension contribuent à la prévention des cancers du rein.


Quels sont les symptômes des cancers du rein ?

Pendant des mois, voire des années, le cancer du rein ne provoque pas de symptômes. Pour cette raison, son diagnostic se faisait à un stade avancé. La multiplication des examens échographiques de l’abdomen ou des reins pour d’autres maladies a changé cela et les cancers du rein sont diagnostiqués plus tôt, avant l’apparition de symptômes.

Quand ce n’est pas le cas, les symptômes des cancers du rein avancés sont :

  • la présence de sang dans les urines, du début à la fin de leur élimination, et de manière répétée ;
  • des douleurs sur un côté du ventre (flanc) ;
  • une perte de poids et une diminution de l’état de santé général.

Parfois, le patient sent une masse enflée sous ses côtes, d’un côté du corps. Chez les hommes âgés, il arrive que le cancer du rein provoque l’augmentation de volume d’une veine des testicules, le plus souvent du côté gauche du scrotum. C’est la varicocèle, une varice secondaire à la pression que la tumeur exerce sur les veines situées autour du rein. Une phlébite ou un gonflement des jambes peuvent également être le signe d’une obstruction d’une veine par la tumeur.

Il arrive que les symptômes observés soient ceux provoqués par les métastases du cancer du rein, au niveau des poumons, des os, du foie ou du cerveau, par exemple.

Comment évoluent les cancers du rein ?

Les cancers du rein ont tendance à évoluer lentement. Sans traitement, la tumeur va progressivement envahir le rein, les vaisseaux qui l’irriguent (veine rénale et veine cave), les organes voisins (glande surrénale, ganglions), voire migrer sous forme de métastases dans d’autres organes : le poumon (dans 75 % des cas), le foie, les os, le cerveau, etc. C’est le cas pour environ 20 % des cancers du rein au moment du diagnostic, ce cancer ayant tendance à migrer rapidement dans le reste du corps.

Le taux de survie cinq ans après le diagnostic d’un cancer du rein varie selon le stade de la tumeur au moment du diagnostic : en moyenne, ce taux de suivie à cinq ans est de 63 %, mais il atteint 90 % pour les tumeurs qui n’avaient pas encore métastasé au moment du diagnostic (tumeurs dites « localisées », soit environ 58 % des cas).


Peut-on dépister les cancers du rein ?

Les personnes qui sont à risque de cancer du rein (personnes dialysées, obèses ou atteintes d’une maladie génétique qui augmente le risque de développer ce cancer) font l’objet d’un suivi échographique régulier pour dépister au plus vite les premiers signes de la maladie.

Comment diagnostique-t-on les cancers du rein ?

IRM

Dans 60 % des cas, le diagnostic des cancers du rein est fortuit, lors d’une échographique abdominale réalisée pour une autre raison. Néanmoins, d’autres examens sont nécessaires pour confirmer le diagnostic car il existe de nombreuses formes de tumeurs bénignes (« kystes ») du rein. De plus, les tumeurs observées sur les échographies sont souvent de petite taille ce qui rend plus difficile l’identification des tumeurs cancéreuses sans examen complémentaire.

Pour confirmer une suspicion de cancer du rein, le médecin prescrit un scanner (tomodensitométrie) de l’abdomen voire, dans certains cas, une IRM. Le prélèvement d’un fragment de la tumeur (« biopsie » faite à travers la peau et la paroi de l’abdomen) est rare et réservé à certains cas particuliers (suspicion de métastases, contre-indications d’un traitement chirurgical, rein unique, tumeur particulièrement petite ne justifiant pas forcément un traitement chirurgical, etc.).

En règle générale, l’étude microscopique de la tumeur, pour déterminer sa nature et son stade d’évolution, est faite sur le rein (ou le fragment de rein) qui a été enlevé au cours du traitement chirurgical.

Les stades d'évolution des cancers du rein

L’un des objectifs des examens complémentaires est de définir le stade d’évolution du cancer du rein. Pour cela, les médecins utilisent une classification dite « TNM » qui prend en compte le nombre et la localisation des tumeurs (T), la présence éventuelle de cellules cancéreuses dans les ganglions (N pour « nodes »), et l’existence éventuelle de métastases (M).

Une autre grille de classification prend en compte l'aspect microscopique des cellules cancéreuses (« grade nucléaire de Fuhrman »). Ces systèmes de mesure de la gravité du cancer permettent à l'équipe médicale de choisir le traitement le plus approprié aux particularités de chaque patient.


Comment soigne-t-on les cancers du rein ?

La chirurgie est le traitement principal des cancers du rein. En effet, ces tumeurs ne sont pas sensibles aux médicaments de chimiothérapie, ni à la radiothérapie (rayons ionisants). Depuis quelques années, des traitements destinés à stimuler l’immunité (immunothérapie) ou à ralentir la croissance de la tumeur (thérapies ciblées) ont enrichi avec succès le traitement des cancers du rein métastatiques.

Dans certains cas particuliers (patient très âgé ou atteint d’autres maladies graves, petites tumeurs d’origine familiale, oncocytome ou autre type de cancer à progression lente, etc.), le médecin peut décider de ne pas traiter tout de suite et de pratiquer une surveillance active du patient.

Le choix du mode de traitement dépend du type de cancer (localisé ou métastatique), de l’état général du patient (par exemple, l’état de son autre rein ou sa capacité à supporter la chirurgie) et du risque de progression de la tumeur ou de ses métastases.

Comme pour les autres cancers, le traitement des cancers du rein repose sur un ensemble de protocoles codifiés qui sont adaptés aux particularités du patient. Il est administré dans des centres de lutte contre le cancer accrédités par l’Institut national du cancer (INCa).

D’autres soins et soutiens complémentaires, appelés soins de support, peuvent être mis en œuvre pour faire face aux conséquences de la maladie et de ses traitements : fatigue, anxiété, troubles du sommeil, perte d’autonomie, problèmes sociaux, etc. De plus, le cas échéant, des mesures de soutien sont mises en œuvre pour aider le patient à arrêter de fumer.

Le traitement des cancers du rein localisés

L’objectif du traitement des cancers du rein localisés (sans métastases) est de retirer la tumeur, souvent en enlevant le rein dans sa totalité.

L'ablation du rein lors de cancer

Lorsque la ou les tumeurs du rein sont localisées et que l’autre rein est en bonne santé, le traitement consiste à retirer le rein malade (néphrectomie), le plus souvent avec la glande surrénale qui y est attachée et les ganglions voisins (ablation totale dite « élargie »). Dans certains cas particuliers (petite tumeur, rein unique), il est possible de n’enlever qu’une partie du rein touché. Néanmoins, cette ablation partielle provoque davantage de complications que l’ablation totale.

L’ablation du rein se fait soit en incisant le ventre, soit en pratiquant des orifices dans la paroi de l’abdomen et en y insérant des tubes fins munis d’outils chirurgicaux et d’une caméra (cœlioscopie). L’ablation du rein reste douloureuse et nécessite en général cinq à dix jours d’hospitalisation.

Les complications éventuelles d’une ablation élargie du rein sont celles de toute chirurgie : hématome, infection, accident thromboembolique. L’ablation partielle peut se compliquer d’hémorragie ou de fistule urinaire (une fuite de l’urine dans la cavité de l’abdomen qui nécessite la pose d’une sonde pour connecter le rein et la vessie).

La destruction des tumeurs du rein à travers la peau (destruction percutanée)

Lorsqu’un traitement chirurgical n’est pas envisageable (rein unique, maladie de von Hippel-Lindau, par exemple) et que la tumeur est petite (moins de 3,5 cm), l’équipe soignante peut décider d’avoir recours à un traitement qui vise à détruire la tumeur du rein sans ouvrir l’abdomen. Cette technique utilise la chaleur produite par des ondes électriques (radiofréquence) au bout d’une fine aiguille, la sonde.

Sous anesthésie générale, et guidé par divers appareils d’imagerie médicale, le radiologue spécialisé introduit la sonde à travers la peau et la paroi abdominale jusqu’à positionner son extrémité au centre de la tumeur. La chaleur dégagée par l’extrémité de la sonde brûle progressivement la tumeur, du centre vers la périphérie, sur quelques centimètres. La sonde est retirée lorsque l’imagerie médicale montre que la tumeur a été complètement détruite.

Cette intervention dure de 20 à 30 minutes et nécessite une journée d’hospitalisation. Ces effets indésirables sont essentiellement des douleurs au réveil qui sont soulagées par des médicaments antalgiques.

Le traitement des cancers du rein métastatiques

Quand cela est possible, le traitement des cancers du rein avec métastases repose sur la chirurgie pour enlever le rein atteint, voire certaines métastases. À ce traitement s’ajoute l’administration de médicaments spécifiques.

Le choix de ces médicaments est guidé par une évaluation du risque de progression de la tumeur et de ses métastases. Six critères (état général du patient, nombre de métastases, temps entre le diagnostic et le traitement, ainsi que divers paramètres sanguins) sont mesurés pour définir le « groupe pronostique de Motzer » auquel appartient le patient. En fonction de ce classement, le médicament à administrer est choisi. En cas d’échec de ce traitement, un autre médicament pourra être prescrit.

L'immunothérapie dans le traitement du cancer du rein métastatique

L’immunothérapie consiste à administrer des substances capables de stimuler le système immunitaire du patient : interféron alpha (ROFERON-A) ou interleukine 2 (PROLEUKIN), deux substances naturellement produites par les cellules de l’immunité. Ces substances sont administrées par injections sous la peau.

Les thérapies ciblées dans le traitement du cancer du rein métastatique

Les thérapies ciblées sont des substances qui bloquent de manière spécifique la croissance des cellules cancéreuses ou celle des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur (ce qui ralentit également la croissance de celle-ci). Ces thérapies ciblées sont réservées aux patients qui ont épuisé toutes les autres formes de traitement.

Dans le contexte des cancers du rein, cette famille de traitements se compose actuellement de cinq substances : bevacizumab (AVASTIN), everolimus (AFINITOR), sorafénib (NEXAVAR), sunitinib (SUTENT) et temsirolimus (TORISEL). Ces médicaments sont administrés sous forme de gélules ou de comprimés, sauf le bevacizumab et le temsirolimus qui doivent être injectés via une perfusion intraveineuse.

Les effets indésirables des immunothérapies et des thérapies ciblées

Les traitements médicamenteux du cancer du rein ont les mêmes effets indésirables les plus fréquents. Ceux-ci sont les troubles digestifs (diarrhées, nausées, vomissements), la fatigue, la fièvre, la perte d’appétit, des irritations de la bouche (stomatite), une baisse des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes sanguines, ainsi que une sécheresse de la peau, des démangeaisons et des rougeurs.

De plus, le bevacizumab, le sorafénib et le sunitinib peuvent provoquer une hypertension artérielle qui nécessite un suivi régulier de la tension artérielle.


Le suivi médical après le cancer du rein

Les personnes qui ont eu un cancer du rein sont régulièrement suivies pour détecter et traiter d’éventuels effets indésirables des traitements, ou pour dépister une récidive.

Ce suivi médical repose sur :

  • l’examen clinique du patient ;
  • une prise de sang pour évaluer le fonctionnement du rein restant (l’ablation élargie d’un rein augmente le risque d’insuffisance rénale chronique) ;
  • un scanner ou, éventuellement, une IRM pour rechercher des métastases ou une récidive.

D’autres examens complémentaires peuvent être réalisés en cas de symptômes.

Le calendrier de ce suivi médical varie selon le stade du cancer du rein au moment du diagnostic :

  • forme localisée peu étendue : une visite tous les ans pendant au moins cinq ans ;
  • forme localisée plus étendue : une visite tous les six mois les trois premières années, puis une fois par an pendant au moins cinq ans ;
  • forme métastatique : une visite tous les deux à trois mois.

Pour en savoir plus sur le cancer du rein

La Haute autorité de santé (HAS) et l'INCa publient des guides destinés aux patients, complets et faciles à comprendre. Découvrez le guide consacré au cancer du rein.


Sources et références de l'article "Cancer du rein"